Assez la société distincte sur le dos des mal-logés

OPINION / Madame la ministre Andrée Laforest,Quand votre gouvernement cessera-t-il de se traîner les pieds par idéologie quant à une entente possible fédérale-provinciale pour loger décemment ceux qui doivent débourser plus de 30% de leur maigre budget pour y arriver?

Dans le domaine de l’habitation, la situation est alarmante et scandaleuse avec un taux d’inoccupation des loyers égal à 1,8% selon la SCHL, dans l’ensemble du Québec. Toutes les autres provinces, sauf bien sûr le Québec, ont commencé à utiliser l’argent rendu disponible en vertu de la Stratégie nationale sur le logement du gouvernement fédéral. Le Québec, sans son traînage de savates, aurait déjà droit à 1,5 G$ du fédéral; si combiné à la même somme venant de Québec, ce sont 3 G$ qui seraient mis à la disposition des industries du bâtiment pour aider des milliers de familles précarisées à se loger, décemment. 

Il faut qu’il y ait une entente fédérale-provinciale qui pourrait contribuer à enrichir des programmes d’accès au logement du Québec; en outre, qui pourrait relancer un peu l’économie dévastée par la COVID-19. On parle ici de la construction de près de 5000 logements abordables. 

Madame la ministre, cela fait déjà plus d’un an que l’argent est rendu disponible par Ottawa; les mairesses et les maires des grandes villes du Québec trépignent d’impatience devant l’inertie de votre gouvernement. Alors, au cabinet ministériel, il apparaît souhaitable que vous ne fassiez pas simplement office de plante verte.

Marcel Lapointe

Jonquière

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AU FRONT, AVEC LA LANGUE FRANÇAISE!

Depuis deux ou trois semaines, j’ai le grand bonheur de constater de visu dans les médias du Québec - les journaux plus particulièrement - que l’expression distanciation physique semble damer le pion à la plus que douteuse expression distanciation sociale qui vient de l’anglais «social distancing».

Il m’apparaît tout à fait normal, sensé et grammaticalement redevable à notre belle langue française que nous employons l’expression distanciation physique, dorénavant et de plus en plus. Bien sûr, nous pourrions aussi parler d’éloignement sanitaire, mais cela me semble moins évocateur, voire limitatif. Distanciation physique me semble être une locution tout à fait appropriée dans les circonstances.

Dommage qu’au début de la pandémie, on ait aveuglement et d’une façon trop empressée opté pour une expression choisie à la va-vite et qui ne correspondait en rien à la nature véritable de ce qui devait être décrit, soit l’espace qui sépare des êtres humains et non pas ce qui les séparent sur le plan des classes sociales comme le commande la distanciation sociale. Hélas, cette dernière expression continue d’être encore employée.

Que l’on soit en temps de guerre, de pandémie, de crise du verglas ou encore en pleine période d’inondations, nous avons à notre disposition une langue qui nous porte et nous décrit admirablement au fil des événements heureux ou malheureux que nous sommes appelés à vivre. Eh oui, le français est cette langue.

Libre, disponible et savante, elle n’attend que nous pour aller au front en sa compagnie. Car la langue française est une fière combattante.

Yvan Giguère

Saguenay