Arrêtons de financer la recherche sur le bruit aquatique

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
OPINION / Pourquoi cette sortie des scientifiques à demander un moratoire ? Est-ce par clientélisme face aux environnementalistes et opposants aux grands projets ? Pour prendre la peine de dire que ça n’a rien à voir avec le BAPE sur le projet GNL sans qu’on pense que c’est pour lui mettre des bâtons dans les roues, c’est nous prendre pour des idiots considérant que ces scientifiques n’en sont qu’à 20 % de leur échéancier d’études.

Pour nous arriver avec des raisonnements de la sorte pour un bateau de plus par jour dans le Saguenay qui est de 1 % du trafic du Saint-Laurent, on parle donc d’une part de 1/10 000e d’augmentation d’exposition totale des bélugas. C’est ridicule et c’est manquer de respect à l’intelligence du public, car cette augmentation reste largement à l’intérieur de la marge de fluctuation économique. En conséquence, je demande au gouvernement qu’on reconsidère le financement de ces groupes de recherche maintenant qu’on a compris que leurs observations sur le bruit aquatique font du sens, au moins pour ça, car l’industrie a déjà commencé à mettre en application des solutions en ce sens.

L’industrie a toujours fait preuve de bonne volonté, contrairement aux vacanciers qui nous ont montré leur savoir-vivre en Gaspésie cet été, parce que les gens qui y travaillent ont une responsabilité environnementale et se valorisent de laisser les choses derrière eux en meilleur état qu’elles l’étaient avant. Cela les opposants crachent là-dessus. Pourtant, les navires de GNL seront de deuxième génération, voir génération 2+, car on va apporter immédiatement à la conception des mesures réductrices de bruit acoustique parce qu’on a compris leur discours. Et cela est le point de départ des changements de l’industrie. Dire non au projet, c’est laisser faire l’industrie dans son immobilisme et priver les bélugas d’un meilleur avenir par pur entêtement idéologique.

Les bélugas sont affectés par d’autres causes qui n’ont pas fait l’objet de recherches appropriées et le gouvernement devrait réaffecter les fonds dans ces domaines parce que le temps presse. Pendant que tout le monde focalise sur un aspect du problème, les autres causes passent inaperçues et des opportunités sont ratées, car le seul bruit aquatique n’est qu’une variable dans la grande équation. Il faut se libérer de l’emprise médiatico-activiste qui attire l’attention de tout le monde dans la direction qu’eux veulent, pour regarder là où il le faut, parce que ce faisant, on se laisse mener par leur incompétence globale qui nous fait passer à côté des solutions les plus rentables pour la survie du béluga.

Le domaine de recherche qui urge, c’est celui de la présence des molécules interférentes hormonales dans les eaux, issues des rejets d’effluents municipaux dans le bassin hydrographique de l’est de l’Amérique du Nord, des Grand-Lacs au fleuve Saint-Laurent. La population vieillissante consomme de plus en plus de médicaments dont les rejets se retrouvent dans l’eau après avoir passé à travers les usines d’épuration qui ne les filtrent pas. Ce bouillon très complexe est un danger insoupçonné pour la reproduction de l’espèce, car il est affecté par des dérèglements hormonaux et est probablement la cause principale de leur difficulté de redressement de l’espèce, ce qu’on observe rarement chez d’autres qui se sont redressés après des mesures de protection.

Il faut faire de la recherche pour caractériser la pollution biomédicale, ses effets et les solutions pour y remédier et ensuite observer les améliorations futures. Il faut nous lâcher avec l’acoustique, car on a bien compris le principe et les solutions commencent. Cherchons ailleurs maintenant, car le temps compte.

Je demande donc à la ministre Andrée Laforest de porter le message au gouvernement et de reconsidérer le financement avec leurs homologues fédéraux vers de nouveaux groupes de recherche.

Pierre Charbonneau

Arvida