Appel aux gens d’affaires

Nous joignons notre voix à celle de M. Phil Desgagné. Le projet Amphithéâtre + a besoin de l’acceptabilité sociale des citoyens de la ville de Saguenay, des élus de Saguenay et des gens d’affaires de notre région.

C’est une bonne idée que suggère Phil Desgagné d’organiser un groupe élargi afin d’apporter de la crédibilité et le support nécessaire pour la réussite du projet Amphithéâtre + sur l’ancienne zone ferroviaire de Chicoutimi. C’est un projet de société qui mérite toute notre attention et, à cet effet, nous demandons à M. Phil Desgagné, président de Diffusion Saguenay, à M. Étienne Jacques ainsi qu’à Mme Joan Simard, une femme influente au sein de nos personnalités régionales, d’accepter notre demande de faire partie de ce groupe immensément important pour le développement de notre ville.

Il est temps de prendre la balle au bond. Pour l’aspect régional, nous aimerions bien que le maire de Desbiens, Nicolas Martel, qui a fait valoir que cet amphithéâtre serait un plus pour l’ensemble de la région, de se joindre à ce groupe. Nous lui lançons l’invitation.

Le groupe de citoyens « Je suis Amphithéâtre + »

Alain Potvin-Bouchard

Christian Joncas

Michel Julien

Maxime Pépin-Laroque

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LE BAZOOKA ET LA MOUCHE

De façon périodique et rythmique, nous avons droit dans les médias à la rhétorique péquiste sur la laïcité québécoise inspirée d’un projet de charte des valeurs mort au feuilleton qu’avait défendu bec et ongle le gouvernement Marois. Dans sa dernière fournée, celle de Gabriel Dallaire dans le Carrefour des lecteurs, dernièrement, tout y est ; il n’y a rien à jeter pour qui est militant péquiste assumé.

Dans notre blanche cérémonie où la neige au vent se marie, dans notre pays de poudrerie, pour paraphraser le grand poète, j’ai toujours été fasciné devant ce désir ardent, qui en démange plus d’un chez un peuple d’un blanc presqu’immaculé, à vouloir laver plus blanc que blanc en matière de laïcité.

Il y a plusieurs décennies, j’avais un coloc qui s’était mis à prendre du sel Eno après chacun de ses repas. Il disait que cela favorisait sa digestion. Mais pourquoi pas un digestif comme une crème de menthe ? Je l’ai mis en garde contre une telle pratique, susceptible d’engendrer un déséquilibre électrolytique et acido-basique. Le procédé utilisé pour un mal qu’il n’avait pas aurait pu le conduire direct à l’urgence.

Eh bien, pour les apôtres d’une laïcité pure et dure qui prônent l’interdiction de musulmanes voilées pour enseigner à l’école primaire et secondaire (direct dans le vif du sujet), cela ressemble bien à du sel Eno contre une hyperacidité qui n’existe tout simplement pas. Et cela est d’autant plus véridique quand on vit dans le Québec profond, où la blancheur de la peau n’a d’égale que celle de la neige qui recouvre le territoire présentement. Les pratiques religieuses de quelques-uns par rapport à une majorité éminemment non pratiquante et athée sont infinitésimales, voire homéopathiques au Québec.

Sauf que vous avez beau présenter des données vérifiables, rien n’y fait ; le chemin de l’intolérance est déjà tout tracé. Même si la charte des valeurs péquistes n’a jamais vu le jour, une majorité d’esprits en sont imprégnés à jamais.

Seulement, qu’à cela ne tienne, je vais réitérer des données vérifiables avancées par d’autres avant moi, parce que les mythes islamophobes et xénophobes sont tenaces. Pour ceux qui craignent l’envahisseur, sachez que quelque 3 % de la population mondiale est immigrante, dont les 2/3 ont immigré dans des pays du Sud. Dans les années 90, avant le 11 septembre 2001, plus de 60 % des Québécois étaient contre l’interdiction du voile islamique. La phrase du président Bush, « le monde ne sera jamais plus le même », avait marqué les esprits. La peste des animaux avait désormais un nom : les musulmans.

Il y a à peine 3 % de la population québécoise qui est musulmane, dont 15 % sont des pratiquants ; à Montréal pour la grande majorité. À l’intention des xénophobes, environ 85 % des musulmans sont francophones et 45 % d’entre eux possèdent un diplôme universitaire, alors que chez les francophones de souche, c’est 20 % environ.

Il y a quelques semaines, Québec solidaire a tenu des débats partout au Québec pour réfléchir sur une législation en matière de laïcité.

On a fait nos devoirs ici au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Cet exercice démocratique va culminer à la fin mars vers un débat national pour dégager une position que les dix députés solidaires auront à défendre à l’Assemblée nationale. À QS, les membres veulent en débattre, car ils sont divisés sur la question. Faut avoir le courage de se l’avouer.

Marcel Lapointe

Ancien candidat de Québec solidaire

Jonquière