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Jacques Pelletier
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Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
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OPINION / Les alumineries font partie du paysage du Haut-Saguenay depuis près de 100 ans. Attirée par l’énorme potentiel hydroélectrique, la compagnie Alcoa, devenue rapidement Alcan, construit le plus gros complexe industriel : barrages hydroélectriques, port de mer, usine de transformation de la bauxite en alumine, usine d’aluminium primaire et autres usines connexes pour ses besoins en anodes, cathodes, produits pour le bain électrolytique dans ses salles de cuves et même une ville pour plusieurs de ses employés. Au fil des ans s’ajoutent un centre de recherche, les alumineries d’Alma, de Laterrière et de Grande-Baie, une usine de laminage et une autre de fils d’aluminium jusqu’à ce qu’elle vende le tout à Rio Tinto en 2007. Et là s’arrête le développement !

Ce secteur névralgique est en grande partie responsable de l’accroissement phénoménal de la population qui passe de quelque 32 000 personnes en 1921 à plus de 150 000 personnes en 1981 sur le territoire correspondant à la ville actuelle de Saguenay.

Pendant toutes ces années s’est développée une culture industrielle axée directement sur les besoins de cette industrie, entre autres des fournisseurs de matériel spécialisé, des sous-traitants, des manufacturiers, des services de génie-conseil. Cet apport économique s’est nécessairement répercuté sur l’ensemble des autres activités commerciales, financières, institutionnelles, universitaires, hôtelières et autres.

Mais depuis quelques années, le développement s’essouffle, on rationalise les opérations, on ferme les vieilles installations. On ne peut plus se permettre des fermetures d’usines et s’en remettre à la fatalité.

Et pourtant, contrairement à ce qui se passe normalement lorsque certaines villes industrielles dépérissent, les conditions gagnantes sont toujours présentes : les besoins et les prix du marché pour l’aluminium sont toujours aussi forts, la technologie n’est pas dépassée, au contraire, la disponibilité en énergie verte hydroélectrique est assurée, les usines en opération sont très performantes malgré leur petitesse relative. À ceci s’ajoute la disponibilité des moyens de transport, que ce soit le transport routier, ferroviaire ou via un port en eau profonde, un environnement et une qualité de vie exceptionnels.

Alors, pourquoi cette hésitation ou ce refus d’initier un projet d’augmentation de la production d’aluminium primaire alors qu’on est à l’approche imminente de voir disparaître les dernières anciennes cuves à l’usine d’Arvida ? Allons-nous la voir devenir une usine fantôme alors que toute l’infrastructure est en place pour accueillir une usine moderne de 500 000 tonnes ou plus, ce qui est aujourd’hui la norme en termes de capacité de production ?

Le gouvernement du Québec clame sa foi dans le créneau de l’aluminium comme outil privilégié pour le développement de notre région. Le gouvernement du Québec, via sa SGF ou Investissement Québec, est actionnaire de l’usine Alouette à Sept-Îles et de celle de Bécancour.

On ne peut plus laisser une compagnie décider du sort de toute une région. On ne peut plus accepter que nos taxes contribuent à donner des conditions très avantageuses à ces entreprises et qu’en retour on se contente de nous offrir une Usine Vaudreuil améliorée. La Caisse de dépôt et placement du Québec aurait enfin un projet qui serait une garantie de bénéfice pour accroître le bas de laine des Québécois. Elle peut amplement se permettre d’investir 50 % dans un tel projet et de trouver les partenaires qui sont prêts à investir, Rio Tinto ou autres. Et n’hésitons pas, la deuxième étape sera la transformation secondaire de l’aluminium. Monsieur Legault, Monsieur Girard, Madame Laforest, il est grand temps d’agir ; une région se meurt.

Jacques Pelletier

Candidat dans le district 10 de Saguenay