Accès à l'hygiène dentaire

OPINION / Tous les parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec, peu importe leur allégeance politique, doivent réclamer, s’engager et collaborer de façon urgente au dépôt et à l’adoption d’un projet de loi sur la modernisation des pratiques professionnelles en santé buccodentaire afin que l’accès aux soins soit comparable au reste du Canada.

Ce retard à moderniser les champs de pratique dans ce domaine de la santé, alors que les autres professions de la santé l’ont été en 2003, cause un tort irréparable aux plus vulnérables de la société québécoise, seule province à subir ce tort. 

À titre d’organisme chargé de protéger le public et de promouvoir les meilleures pratiques en vue d’améliorer la condition buccodentaire des Québécois, l’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec demande au gouvernement et aux trois partis de l’opposition de modifier les lois du domaine dentaire afin de répondre aux besoins criants chez les aînés, les enfants et les populations les plus vulnérables. En 2007, le gouvernement de l’Ontario a permis la pratique autonome des hygiénistes dentaires. Il ne faut donc pas se surprendre que la condition buccodentaire des Québécois(es) soit la pire du Canada.

Selon une enquête de la firme Léger, réalisée du 29 mars au 2 avril 2018 auprès de 1005 répondants, les hygiénistes dentaires bénéficient d’une importante marque de confiance de la population puisque 97 % des répondants s’estiment satisfaits, dont deux Québécois sur trois se disent très satisfaits des services rendus par les hygiénistes dentaires. Toujours selon le sondage, 94 % des répondants accepteraient d’être référés à un autre professionnel de la santé sur recommandation d’un hygiéniste dentaire autonome. 

Par l’adoption de ce projet de loi, les hygiénistes dentaires pourront, comme ailleurs au Canada, se rendre à domicile, dans les établissements de personnes âgées ou handicapées, ou en régions rurales moins bien desservies. Reposant son approche sur les meilleures pratiques et les données probantes, le ministère de la Santé et des Services sociaux assure la pérennité des programmes de santé dentaire publique et amortit le coût global en santé en confiant aux hygiénistes dentaires l’évaluation du risque de détérioration de la santé buccodentaire et la prise en charge des soins en hygiène dentaire chez les plus vulnérables de notre société.

Tant que cette législation ne sera pas présentée et adoptée, aucune formation politique ne pourra prétendre vouloir privilégier un meilleur accès aux soins dentaires pour la population.

Malgré quatre années de consultations intensives et le consensus entre l’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec, l’Ordre des denturologistes du Québec et l’Ordre des dentistes du Québec, le gouvernement tarde toujours à déposer son projet de loi. 

Il est urgent d’agir. C’est une question de santé publique ! 

J’interpelle tous les parlementaires afin qu’ils mettent fin à la situation actuelle qui pénalise la société québécoise et adoptent d’ici la fin de la présente session parlementaire le projet préparé par la ministre de la Justice, Mme Stéphanie Vallée.

Diane Duval, présidente

Ordre des hygiénistes dentaires