Accélérer le rythme pour augmenter la croissance

OPINION / La performance de l’économie québécoise des dernières années nous donne de nombreuses raisons de nous réjouir : rebond du PIB, taux de chômage à un creux historique, un taux d’emploi qui dépasse celui du Canada et la moyenne de l’OCDE. En matière de diplomation au secondaire, grâce à un rattrapage chez les 20-25 ans, nous avons comblé notre écart avec le reste du Canada.

Nous avons maintenant un marché des capitaux dynamique qui répond en majeure partie aux besoins de financement des entreprises. Le gouvernement du Québec a éliminé son déficit, tandis que ceux de l’Ontario et du Canada n’y sont pas encore parvenus.

Collectivement, pourtant, nous disposons encore d’un immense potentiel inexploité. Notre productivité est à la traîne par rapport à celles du Canada, des États-Unis et de nos principaux partenaires commerciaux. Notre PIB par habitant nous relègue encore parmi les parents pauvres des pays du G20. Ici, au Canada, notre PIB par habitant ne dépasse pas 85 % de la moyenne nationale, ce qui donne une mesure réaliste de notre potentiel d’amélioration à moyen terme : nous serions 18 % plus riches si nous n’atteignions « que » la moyenne canadienne. 

Nous sommes une société développée dont le développement… n’est pas à la hauteur de son immense potentiel. Autrement dit, avec un verre à moitié plein, nous devons persévérer, nous n’avons plus d’excuses et surtout beaucoup de possibilités.

Embrasser le changement

En outre, des changements accélérés s’opèrent dans le monde qui menacent de nous appauvrir si nous ne les embrassons pas avec énergie et réalisme : le vieillissement de la population, encore plus prononcé au Québec que dans la plupart des pays occidentaux : l’émergence de technologies qui bouleversent la consommation, la production et les modèles économiques, les changements climatiques et la nécessité de les gérer, ainsi qu’un sursaut de protectionnisme et de concurrence fiscale aux États-Unis.

Pour relever ces défis, pour maintenir la croissance du Québec en matière économique, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) propose un double objectif : d’abord consolider et pérenniser les bases de nos succès récents, ensuite, accélérer l’adaptation de notre économie pour profiter des changements en cours dans l’économie mondiale.

Pour y arriver, voici les actions que présente la FCCQ, dans un horizon de cinq ans :

1) La main-d’œuvre : dans un Québec vieillissant, dans une économie où les emplois rémunérateurs demandent toujours plus de savoirs et de savoir-faire, il faut accroître les compétences et la mobilité des travailleurs jeunes et moins jeunes, inciter les travailleurs d’expérience à rester au travail et accueillir plus d’immigrants qualifiés. 

2) L’offre de capital : il faut garder notre fiscalité concurrentielle et assurer la disponibilité de capitaux pour les entreprises qui entrent dans une phase de croissance. 

3) La technologie : il faut inciter les entreprises à y investir davantage pour accroître leur productivité. 

4) Les infrastructures : il faut d’une part mettre au point des stratégies de financement viables pour soutenir, dans la durée, un niveau adéquat d’investissements publics et, d’autre part, combler le retard du Québec en matière de disponibilité et d’utilisation de l’infrastructure numérique. 

5) La transition énergétique : nécessaire et porteuse d’opportunités, notre transition vers une économie moins énergivore et moins polluante doit être résolument poursuivie tout en assurant la compétitivité des entreprises québécoises.

6) Le climat social et réglementaire : d’abord, ne pas nuire à la création de richesse par une réglementation qui étouffe l’innovation ; ensuite, favoriser une culture qui appuie l’entrepreneuriat.

Notre enrichissement collectif est une responsabilité collective. Les propositions que nous mettons de l’avant interpellent tous les Québécois — pouvoirs publics, entrepreneurs et travailleurs — afin d’accélérer le rythme et assurer la croissance économique durable du Québec. Pour lire le Plan de développement économique de la FCCQ : accerlererlerythme.ca 

Stéphane Forget, MBA

Président-directeur général

Fédération des chambres de commerce du Québec