À quoi sert le gaz naturel?

OPINION / À lire et à entendre les reportages dans les médias au sujet du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) sur la conduite en gaz naturel nécessaire à la zone industrielle du port de Grande-Anse, il faut conclure que beaucoup de monde ne connaît pas du tout à quoi sert le gaz naturel.

Pourquoi est-ce que des usines, comme BlackRock, demandent d’obtenir du gaz naturel, ici, au Québec? Pourquoi est-ce que la Côte-Nord, qui produit de l’électricité à pleines turbines, demande d’être raccordée au réseau de gaz naturel? Pour polluer plus ? Par esprit de contradiction parce que, eux, ça leur tente de faire différent des autres et de ne pas prendre de courant propre comme tout le monde ?

Évidemment non. C’est parce que dans beaucoup de procédés industriels, pour traiter des minerais, pour produire des métaux, il faut de la chaleur intense et des flammes, et donc absolument du gaz naturel. L’électricité ou les batteries ne suffisent pas pour ces besoins.

Donc, même au Québec, avec ses barrages et ses centrales, il faut du gaz naturel pour soutenir le développement et les activités industrielles de certaines industries importantes. Imaginez les besoins dans le reste du monde, où il n’y a pas de gaz naturel et où l’on opte pour le charbon!

Donc, demander, comme certains l’ont fait au BAPE, de ne plus permettre à de nouvelles industries de se servir de gaz naturel au Québec, c’est irréaliste et irresponsable. Ce serait comme dire à plein d’industries installées ici de ne plus investir pour créer de nouveaux emplois et innover. Ce serait dire à plein de promoteurs de laisser faire le Québec dans toutes les idées de développement intéressantes. Ce serait refuser de permettre la transformation de ressources naturelles et minières ici même et de se contenter de l’exporter sans valeur ajoutée.

Et si on pousse ce raisonnement jusqu’au bout, étant donné que pour fabriquer des éoliennes et des panneaux solaires, il faut du gaz naturel dans les procédés de traitement des composants et que pour fabriquer les métaux requis, il faut du gaz naturel, ce serait dire que nous, au Québec, on ne veut pas de projets d’usines dédiées aux énergies renouvelables. Donc pas de panneaux solaires faits au Québec ni de batteries pour stocker ces énergies dans le futur...

Est-ce vraiment ce que nous voulons pour nos enfants et petits-enfants? C’est ça, une vision durable?

Gilles Gauthier

Saguenay

Entre vous et moi...

Malgré un manque flagrant de main-d’oeuvre ici, le ministre Jolin-Barrette persistera-t-il et signera-t-il? On ne perd rien pour attendre.

Ramener à la baisse l’immigration au Québec est d’un illogisme consommé. D’ailleurs, la CAQ et le ministre de l’Immigration sont en train de se le faire rappeler, entre autres, par leurs alliés naturels, comme la Fédération des chambres de commerce du Québec. C’est un des groupes qui les ont prévenus, pourtant, lors de la dernière campagne électorale. Ce groupe avait même avancé que ce n’était pas 52 000 immigrants qu’il faudrait accueillir, comme en 2018, mais bien 60 000, au moins. Maintenant, on parle de 78 000 nouveaux arrivants pour combler les besoins de main-d’oeuvre et empêcher la stagnation du développement économique du Québec.

Non! Pour de pures raisons électoralistes, les caquistes ont promis au peuple une baisse de 20% des immigrants. Et suffisamment d’électeurs sont tombés sous les charmes du contradictoire François Legault et de son impétueux ministre Jolin-Barrette. M. Legault, qui ne se gêne pas pour se dire mal à l’aise de recevoir autant de péréquation d’Ottawa, tout en disant vouloir miser sur un développement économique fort pour le Québec. Une économie forte pour nous libérer, enfin, de la réception d’un chèque annuel chiffré en milliards de dollars que les sophistes, les désinformés et les ignorants comparent à du bien-être social.

Au fond, comme n’importe quel chef qui tient à tout prix au pouvoir, ce que cherche Legault, c’est un autre mandat de quatre ans. Pour cela, quoi de mieux que le clientélisme électoral?

Après le dossier de l’immigration, où il pourrait faire des concessions au grand capital québécois, il va s’attaquer au tant attendu dossier de la réforme du mode scrutin, aussi une promesse électorale phare de la CAQ. Même si à peu près tout le monde la veut, cette réforme, je soupçonne que le gouvernement caquiste prépare une stratégie pour ne pas qu’elle soit effective en 2022. Car son adoption risquerait de remettre en cause sa réélection.

Après tout, Justin Trudeau à Ottawa n’a-t-il pas montré l’exemple en revenant, de façon éhontée, sur une promesse électorale?

Marcel Lapointe

Jonquière