Gilles Potvin

À quelles conditions ?

OPINION / Lors de la première séance de 2017 du conseil de Saint-Félicien, le maire Gilles Potvin y est allé de ses souhaits pour l'année qui commence. En substance, il nous a souhaité que collectivement nous développions trois qualités qui lui semblent fondamentales : la tolérance, la solidarité et la confiance.
À première vue, cela me semble aller de soi un peu comme l'on souhaite santé et prospérité à nos amis et voisins. De façon plus terre à terre, je voudrais ici que l'on envisage ces souhaits dans la perspective du projet de loi 122 que vient de déposer le gouvernement Couillard. Ce qui nous est présenté comme une tentative historique de décentralisation vise principalement à reconnaître que « les municipalités sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce titre leur autonomie et leurs pouvoirs ».
En tant que citoyen d'une région éloignée des grands centres, j'ai tendance à saluer les initiatives favorisant la prise en main du développement régional par ceux qui occupent le territoire. Cependant, j'ai de la difficulté à faire abstraction d'événements récents dont certains ont été mis en lumière par la Commission Charbonneau. Et, conséquemment, je me demande quels sont les mécanismes qui garantissent que l'autonomie que l'on nous promet profitera réellement à la collectivité.
Or, le projet de loi 122 a ceci d'inquiétant qu'il tend à limiter, dans certains cas, la capacité d'intervenir des citoyens. Cela peut aller jusqu'à annuler l'obligation de soumettre à un référendum des modifications aux règlements d'urbanisme. « Tout au plus, exige-t-on dans le projet de loi 122, de toute municipalité qui veut limiter le recours au référendum, que celle-ci adopte une politique d'information et de consultation. »
Plus près de nous, mon inquiétude tend à se matérialiser dans l'intervention de Saguenay devant la Commission d'occupation du territoire la semaine dernière au chapitre de la reddition de comptes aux citoyens. Principe qui va de pair, dans l'esprit du projet de loi, avec l'accroissement de l'autonomie municipale.
Je souhaite pour ma part que les élus de Saint-Félicien n'aient pas la même attitude que ceux de Saguenay. Je reviens aux trois qualités fondamentales que M. Potvin veut voir fleurir.
Face à des projets de développement, la tolérance souhaitée permettra-t-elle l'expression de différents points de vue ? J'ose croire qu'en plus, on mettra tout en place pour favoriser les débats.
La solidarité est à mon avis la faculté de se sentir concerné par les enjeux auxquels fait face la communauté dont je fais partie et de participer aux institutions et outils démocratiques qui sont à ma portée. Il ne s'agit pas d'adhérer benoîtement aux points de vue majoritaires ou aux visées des promoteurs.
Quant à la confiance que l'on espère des citoyens, elle est fonction des outils que l'on mettra à notre disposition pour prendre part au développement de notre milieu. Je verrais mal que nos municipalités et MRC, qui obtiennent plus de pouvoir et d'autonomie, le fassent en limitant (davantage) la possibilité pour leurs citoyens de questionner, de manière structurée, sous une autorité indépendante, les orientations, les objectifs et les projets qui leur sont présentés. Face au projet de loi 122, il faut, dans chacune de nos villes, rénover le processus décisionnel en y intégrant une nouvelle politique de consultation publique.
JF Robert
Saint-Félicien
Parlons-en des armes
Si la maladie mentale n'a pas de sexe, les actes de tuerie collective que le Québec a vécus au cours des dernières années sont l'oeuvre de mâles haineux et vengeurs. Ne vous en déplaise M. Dany Gauthier, vous qui dans cette rubrique en a fait même la liste. Vos propos sont démagogiques pour défendre le moins de contrôle possible sur les propriétaires d'armes. Allant jusqu'à laisser croire que si ça avait été des femmes à la place des Fabrikant, Lépine, Gill, personne n'en parlerait depuis des années. Mais comment pouvez-vous en être si sûr ? Et quel sexisme primaire ! Du trumpisme, rien de moins. Comme si, de surcroît, l'importance de l'acte avait quelque chose à voir avec le sexe.
Dans le débat sur la possession d'armes à feu, ce que je trouve franchement déplorable, c'est la mauvaise foi.
Cela dit, je suis à 100 % en accord avec le chroniqueur du Soleil, Gilbert Lavoie ; en particulier, quand il suggère que les armes de tir sur cibles devraient demeurer sous clé dans les salles de tir. Voilà au moins des fusils qui ne seraient pas à portée de mains de détraqués éventuels ou d'enfants qui aiment bien fouiner dans les affaires à papa. En outre, M. Gauthier, personne ne vous empêche de posséder des armes à feu. La loi voudrait juste encadrer et responsabiliser les propriétaires de fusils. Vous déplorez une supposée crainte maladive du journaliste envers les armes à feu. Si M. Lavoie est comme moi, ce n'est pas des fusils dont il a peur, mais bien de ceux qui les ont entre les mains : un malade mental barricadé avec des otages ; un enfant dont le père n'a pas eu l'intelligence de mettre sous clés armes et munitions ; un Alexandre Bissonnette. Et la cerise sur le gâteau de la mauvaise foi : « Pourquoi pas un registre pour les armes blanches, tant qu'à y être ? » Un nouvel argument des défenseurs de la libre possession d'armes à feu ? Ben justement, Alexandre Bissonnette ne serait jamais entré dans une mosquée pour y tuer six personnes avec un couteau.
Stéfanie Brassard
Saguenay