À quand un salaire décent pour nos préposées à domicile ?

OPINION / En avril de l’année dernière paraissait dans ce journal un article dénonçant le taux horaire dérisoire (13,80 $) des préposées à domicile pour les personnes handicapées. La pétition du comité « maintien à domicile » du Saguenay demandait alors une rémunération de 17 $/heure. Un an plus tard, ce taux n’a toujours pas été augmenté. Et le recrutement ne cesse d’être problématique.

En effet, depuis le mois de mars, c’est-à-dire depuis le début de la pandémie, il est devenu extrêmement difficile – voire carrément impossible – de recruter du nouveau personnel. Les mesures adoptées pour sécuriser le filet social, ajoutées à l’augmentation des salaires des préposées en CHSLD (certes fort salutaire pour ces milieux de vie), démotivent par ailleurs les éventuelles candidates à ce poste à domicile, car ces travailleuses – il s’agit en majorité de femmes – n’ont reçu aucune bonification salariale.

Il est urgent que nos décideurs remédient à cette situation de plus en plus périlleuse pour bon nombre de personnes handicapées dont le maintien à domicile dépend de la présence, l’assiduité et du dévouement de cette assistance quotidienne. Afin que nous puissions continuer de bénéficier du libre choix de demeurer à domicile, tel que le prônent les valeurs québécoises – choix sans conteste réitéré lorsque l’on constate les lacunes dont les CHSLD sont affligés – il est impératif d’accorder à nos préposées des conditions de travail adéquates qui leur garantiront un niveau de vie plus décent et ainsi favoriseront leur rétention à notre service.

Brigitte Perreault

Chicoutimi