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Le Quotidien
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À propos de la bibliothèque de La Baie

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OPINION / Je ne sais pas si nos humbles conseillers municipaux de La Baie le savent, mais depuis trois ans, nos taxes municipales, en tous cas les miennes, ont augmenté de 11,7 %. Je ne sais pas non plus si nos humbles conseillers ont réalisé que depuis plusieurs mois, nous vivons dans un climat économique extrêmement fragile, pandémie oblige, mais pandémie réelle, et nos concitoyens et concitoyennes ont vécu et vivent encore de fortes secousses financières. Chômage, pertes d’emplois, fermeture temporaire sinon permanente de commerces et de nos restaurants, des écoles et fortes inquiétudes pour l’avenir.

Par Ghislain Harvey, La Baie, ex-chef de cabinet de Jean Tremblay et ancien directeur général de Promotion Saguenay

Et voilà qu’ils acceptent, ces timides conseillers municipaux, que la Ville de Saguenay propose une taxe indirecte, injuste et sournoise. Un surplus de taxes de plus d’un million $ pour aller puiser encore dans les poches des contribuables dans le but d’obtenir l’appui du conseil municipal de Saguenay dans le projet de bibliothèque.

C’est du jamais-vu dans cette ville depuis sa création le 18 février 2002. La Ville n’a jamais imposé une « taxe de secteur sournoise et injuste » comme celle qu’est la taxe de la bibliothèque à La Baie. Et voilà des exemples : construction neuve d’une bibliothèque sur Saint-Dominique à Jonquière de plus de 12 millions $ et rénovations majeures à celle d’Arvida, de Kénogami et de Laterrière. Et je ne ferai pas ici la litanie de projets réalisés par la Ville dans tous les arrondissements, ce serait trop long et ce n’est pas l’objet de mon propos. Mais jamais la Ville, depuis sa création, n’a imaginé une telle taxe envers une partie de ses citoyens.

L’affaire étant que nos humbles conseillers furent certainement dans l’obligation de faire ce bizarre de compromis, n’étant pas assez forts pour faire triompher l’argumentaire des décisions antérieures de la Ville en la matière. Par exemple, est-ce que les projets futurs seront aussi soumis à une taxe aussi folle que celle que l’on nous impose ici ? Est-ce que le projet de centre sportif subira le même sort ? Pourquoi pas celui du soccerdôme ?

Une contribution des citoyens et citoyennes de chaque secteur sera la voie de l’avenir de cette ville ? Dangereux précédent.

Je comprends bien les efforts qu’a faits le comité pour implanter une bibliothèque moderne dans l’église Saint-Édouard. Le nouveau gouvernement de la CAQ permet ce que le gouvernement Couillard refusait par le biais d’une directive (qui m’avait été apportée à mon bureau par le directeur général de la Ville) voulant que Québec refusait de subventionner un projet de bibliothèque à l’intérieur d’un site religieux, n’étant pas dans les normes. Le projet peut maintenant être l’objet de subventions et c’est tant mieux. Le comité a fait son travail.

Malheureusement, nos timides conseillers ne l’ont pas fait.

Revenons sur la construction de la bibliothèque dans un immeuble complètement neuf à Jonquière.

Le conseil de Saguenay a pris la décision de construire malgré le refus de Québec de nous subventionner. Nous n’avons pas lâché. Jamais. Le maire Jean Tremblay a plutôt agi pour faire changer la décision de Québec. Il n’a jamais réfléchi à demander aux citoyens de Jonquière 10 % du projet sous forme de souscription populaire. L’arrondissement non plus. Il m’a donné le mandat de faire des représentations supplémentaires au cabinet de la ministre des Affaires culturelles et au bureau du premier ministre et nous en sommes ressortis avec une subvention de 2,5 millions $. Pas 50 % du projet, car il avait été refusé antérieurement par les Affaires culturelles, mais quand même, ça payait le voyage à Québec.

Faites de même et vous n’aurez pas besoin d’imposer cette taxe indirecte à des citoyens et citoyennes qui sont durement frappés par des circonstances et évènements inhabituels. Je termine en vous laissant réfléchir sur la situation que nous vivons ici. La pandémie continue avec toutes ses retombées sur la situation sanitaire et économique. Pas de bateaux de croisières en 2020 et 2021, donc pertes de revenus pour nos artisans, nos marchands et même nos musées, parcs nationaux, commerçants. Des centaines de milliers de dollars de pertes directes pour Port Saguenay et la Ville.

N’est-ce pas assez ? Faut-il en demander plus à notre monde ?