À l’attention de Martine Ouellet

OPINION / Pardonnez-moi, Mme Ouellet, de devoir passer par les médias pour vous livrer mes réflexions sur ce que vous vivez actuellement au Bloc. Dans une de vos interventions, vous demandiez carrément aux anciens de vous laisser toute la place prétextant que votre génération peut faire autrement les choses. Je trouve ça insultant que vous demandiez aux fondateurs de ce parti de se taire ! Ça me rappelle que l’un de vos confrères à Québec m’a suggéré de ne plus intervenir publiquement quand (M. Péladeau) a remercié cavalièrement mon ami Stéphane Bédard de ses services. Cet intervenant me demandait poliment de me taire au nom de la cause quand je savais que c’était pour sa cause.

Vous allez faire revivre au Bloc ce que l’on a appelé le « Renérendum » au PQ. Comme président de comté à cette époque, j’ai appuyé M. Lévesque par respect et admiration. La conséquence a été que la majorité des membres de mon exécutif ont démissionné pour me renverser. Le national a dû me nommer comme tuteur de mon comté afin de rétablir un semblant de normalité. 

J’ai compris beaucoup plus tard que l’on ne bâtit pas un parti en le divisant et en le fragilisant. Je ne croyais pas ressasser ce malheureux épisode du Parti québécois, mais je vous suggère de vous en inspirer afin de réanalyser vos prises de décisions. 

Quand on demande aux gens de nous respecter, il faut d’abord respecter ces gens.

J’aurais préféré vous dire tout ceci en personne, mais vous ne semblez pas intéressée à nous entendre, nous les anciens. 

Finalement, dites-vous bien que personne ne me fera taire.

Yvon Lavoie

Granby, autrefois de Chicoutimi

Immigrer au Québec et travailler en région

OPINION / On parle beaucoup des problématiques de main-d’œuvre des entreprises québécoises. Le taux de chômage est si bas que l’on commence à vivre l’envers de la médaille du plein emploi dans plusieurs régions, c’est-à-dire le manque de travailleurs. Nous arriverons rapidement au constat que pour la première fois depuis longtemps, le défi du Québec n‘est plus de créer assez d’emplois pour ses chômeurs, mais plutôt de trouver assez d’employés pour les emplois à combler ! Le manque de main-d’œuvre est le principal obstacle à la croissance des entreprises québécoises et représente une problématique encore plus criante pour les employeurs à l’extérieur de la région métropolitaine.

Le Québec doit tirer avantage du fait qu’un nombre sans précédent de personnes à travers le monde souhaite acquérir des expériences de travail à l’étranger. De nombreux employeurs dans pratiquement tous les secteurs doivent faire appel à des travailleurs étrangers pour pourvoir leurs postes vacants et les entreprises n’ont pas toutes besoin de main-d’œuvre hautement qualifiée. Il y a donc des possibilités pour des profils variés. En ce sens, la diversité et l’inclusion, ce n’est pas un enjeu, c’est une nécessité. Une étude de l’Institut du Québec, réalisée pour la FCCQ, démontre d’ailleurs que le Québec devait viser un solde migratoire minimum de 60 000 immigrants, alors qu’il est actuellement à près de 30 000. Il faut donc à la fois accueillir plus d’immigrants qui répondent à nos besoins de main-d’œuvre et assurément mieux les retenir.

Plusieurs questions ont été soulevées quant à la capacité du Québec à bien intégrer ces futurs concitoyens. Notre conviction profonde est que l’emploi constitue l’outil d’intégration le plus efficace. La FCCQ a maintes fois rappelé qu’il est essentiel que les profils professionnels des nouveaux arrivants répondent davantage aux besoins du marché du travail et que les critères de sélection soient conséquemment ajustés. 

Nous avons également souligné l’importance de faciliter l’implantation des familles des travailleurs partout au Québec, là où les entreprises ont besoin d’eux. Alors que 86 % des immigrants s’installent à Montréal, 55 % des emplois disponibles sont en région. Une condition essentielle pour une intégration professionnelle réussie est donc de faire en sorte que les nouveaux Québécois répondent à la fois aux compétences recherchées, mais également à la localisation géographique de cette demande de main-d’œuvre. 

Il faudra augmenter de façon importante le nombre d’immigrants qui arrivent avec une offre d’emploi validée ; ce qui nécessite que le ministère de l’Immigration fasse en sorte que les employeurs obtiennent un accès simplifié au profil des candidats immigrants avant même leur arrivée au Québec. Par ailleurs, plusieurs personnes immigrantes souhaitent créer leur entreprise et contribuer à la vitalité de notre économie, devenant créateurs de main-d’œuvre et générant d’importants bénéfices financiers, sociaux et culturels pour la société québécoise. Selon Statistique Canada, la tendance des immigrants à posséder une entreprise après 4 à 7 ans dépasse celle de la population née ici. Loin de prendre l’emploi « des autres », plusieurs nouveaux arrivants créeront non seulement le leur, mais celui de nombreux concitoyens. Le Québec doit mieux accompagner ces entrepreneurs dans le démarrage de leurs entreprises.

Le Québec accueille des immigrants depuis très longtemps, mais le contexte a rarement été aussi favorable à leur pleine participation à l’économie québécoise. À nous de relever ce défi.

Stéphane Forget, MBA

Président-directeur général

FCCQ