500 emplois, vous dites ? Pas vraiment...

OPINION / J’aimerais commenter le premier paragraphe de l’article qui apparaît dans votre dépliant « Découvertes, La Baie et Bas-Saguenay », page 10, distribué le 16 novembre 2017 avec Le Quotidien, et qui porte sur les retombées économiques des croisières internationales à La Baie. L’auteur anonyme de cet article mentionne, entre autres, que l’industrie des croisières « avait généré des retombées de 100 M $ et la création de 1000 emplois dans la province, dont la moitié au Saguenay-Lac-Saint-Jean ». Ceci fait donc 500 emplois dans notre région !

Je vous recommande de consulter le site web des Croisières du Saint-Laurent qui fournit toutes les statistiques concernant la fréquentation des 9 ports qui font partie du circuit des croisières au Québec. Vous constaterez que les quelque 65 000 croisiéristes de La Baie ne représentent que 17 % du total des 387 000 croisiéristes enregistrés. 

Si on tient compte des dépenses des lignes de croisières et des touristes, ce sont Québec et Montréal qui s’accaparent la part du lion (des études du ministère du Tourisme le démontrent) puisque ce sont deux endroits d’embarquement où les touristes passent 2 ou 3 jours dans les hôtels avant ou après leur croisière et dépensent ainsi le double de ce qu’ils dépensent dans les ports d’escale comme celui de La Baie. 

La part du quai d’escale de La Baie ne représente alors plus que 8,7 % des retombées ou des nouveaux emplois qui seraient par conséquent de l’ordre de 87 emplois et non de 500. 

Toutefois, ces 87 emplois ne sont pas tous au Saguenay puisque la moitié des retombées bénéficie aux gouvernements du Québec et d’Ottawa et qu’une autre partie est attribuée aux fournisseurs extérieurs à la région. Saguenay a investi plus de 32 M $ après avoir soustrait les subventions du fédéral et du provincial. 

On ne sait même pas si elle couvre ses frais d’exploitation. Les retombées pour la ville ne correspondent, pratiquement, qu’aux taxes foncières obtenues pour une trentaine de maisons supplémentaires, la plupart de ces emplois étant occasionnels. 

On peut donc qualifier cette affirmation de 500 emplois par cet auteur anonyme de fumisterie. 

Il est temps qu’on sache la vérité sur ce beau projet de quai d’escale qui cache un montage financier catastrophique pour les citoyens. 

Jacques Pelletier, Chicoutimi

Le ridicule qui tue la démocratie

L’élection de Josée Néron à la mairie de Saguenay aura, pour le moment, servi à évincer deux individus indésirables de l’organisme paramunicipal, Promotion Saguenay. Mais, à mon sens, il y en a d’autres. Il ne faudrait pas tourner la page trop vite et faire l’impasse sur cette sordide histoire. 

S’il peut s’avérer éternellement long, improductif, périlleux pécuniairement parlant, d’entreprendre des démarches devant les tribunaux pour démontrer l’illégalité du contrat de l’ex-PDG de Promotion Saguenay, cela ne signifie pas qu’il faille poursuivre en oubliant les turpitudes abondamment médiatisées, ces derniers jours, à PS.

Les citoyens, qui depuis les origines de cet organisme, ont engagé au minimum 150 M $ de leurs poches en espérant un retour intéressant sur leurs investissements sont en droit de connaître tous les tenants et aboutissants de l’aventure Promotion Saguenay, afin de prendre une décision éclairée quant à son avenir. Ce sont eux qui doivent avoir le fin mot de l’histoire. 

M’est avis que pour les choses se fassent efficacement, la ville de Saguenay doit mettre le cadenas sur la porte de l’édifice du bas de la Racine ; sans mettre la clé sous la porte, par ailleurs. Par la suite, qu’elle engage une enquêtrice et un enquêteur indépendants pour faire toute la lumière sur les activités, les décisions et leur justification, l’atteinte des objectifs. Et surtout, surtout les résultats concrets depuis que PS existe. 

Attendre l’assemblée générale de PS dans six mois pour en revoir la gouvernance, comme désiré par la mairesse, Josée Néron, c’est à mon sens laisser prendre le ciment ; et quand le ciment est pris... 

Il en va de l’avenir de Promotion Saguenay. Les citoyens de Saguenay ont d’abord ont le droit de savoir si leur argent investi dans PS en a valu la peine. Ou dans le cas contraire, y mettre fin, parce qu’elle n’aura servi presque exclusivement à enrichir quelques individus au détriment des contribuables.

Marcel Lapointe, Jonquière