Dominic Gagnon

«2019, l'année des grands projets!», vraiment?

OPINION / Pour quiconque suit la politique municipale, cette déclaration de Josée Néron, le 7 janvier 2019, raisonne encore. La mairesse de Saguenay venait de faire adopter un plan triennal de 275 millions de dollars, soit plus du triple de celui des années précédentes. Du même souffle, elle imposait une seconde augmentation de taxes, portant à 9,2 % la hausse depuis son élection, alors qu’elle avait promis en campagne électorale de s’en tenir à l’inflation – environ 2 % par année. Cette décision avait soulevé l’ire des résidants de Laterrière, de Shipshaw et de Lac-Kénogami qui, vêtus d’un gilet jaune, avaient nolisé trois autobus afin d’affirmer leur mécontentement au conseil de ville de janvier 2019. Du jamais-vu à Saguenay !

Un an plus tard, dans un soubresaut de lucidité, l’ensemble des conseillers indépendants, de moins en moins obnubilés par l’augmentation de leur salaire, se sont enfin opposés à un troisième budget Néron, lequel prévoyait de nous endetter encore davantage. Heureusement, on a senti cette fois une volonté nette de mettre fin aux grands projets mirobolants promus par Josée Néron.

À l’heure du bilan 2019, notre réseau d’aqueduc est dans un piteux état, l’usine de filtration d’eau potable d’Arvida est à refaire, nos pistes cyclables comportent des sections dangereuses, le patrimoine bâti se trouve, selon le rapport de la vérificatrice générale, dans un piètre état et nos routes n’ont jamais atteint le 40 km de réfection annuelle promis – 38 km en 2018 et 25 km en 2019 (et non pas 45) – dans ce qu’il est désormais convenu d’appeler « le cafouillage de l’asphalte ».

Le déménagement de la Maison de Quartier se fait toujours attendre ;

Le terrain de la Consol recèle un passif environnemental très coûteux et s’érode continuellement ;

Le Théâtre Palace d’Arvida a vu ses coûts de restauration bondir de 45 % aux frais des contribuables ;

Le tarmac de l’aéroport n’est plus fonctionnel et a été le théâtre d’au moins deux accidents en 2019.

Pourtant, le projet d’amphithéâtre au centre-ville de Chicoutimi, lequel au dernier sondage fut désapprouvé par plus des deux tiers de la population, continue de nourrir, maintenant en sourdine, les ambitions politiques de la mairesse.

Bref, s’il devait exister un seul « grand projet » pour 2020, ce serait certainement celui de la réfection de nos infrastructures de base tout en amorçant l’assainissement de nos finances publiques.

Dominic Gagnon

Saguenay