19 contre un pour Trump?

OPINION / C'est en tout cas le sentiment que l'on a à la suite du communiqué officiel diffusé après le sommet des pays du G20, qui se tenait à Hambourg.
S'il est vrai que 19 pays sur 20 ont reconfirmé leurs convictions et engagements envers l'Accord de Paris sur le climat, il reste que le président américain, Donald Trump, en est sorti tout aussi victorieux, comme cosignataire, faisant admettre par le reste du monde son entière autonomie pour exploiter les ressources fossiles.
Victoire pour les États-Unis, peut-on conclure, en effet. Mais, surtout, désolante complaisance et presque humiliation chez les 19 autres partenaires du G20. Attendez de voir, demain, le sourire moqueur et la fierté narcissique de cet indomptable Trump à son retour chez lui avec cette victoire inattendue de 19 contre 1.
Yvon Côté
Sherbrooke
Les salaires des joueurs sportifs
OPINION / À bien penser, il est inconcevable de payer des joueurs de football, baseball, hockey, tennis ou autres, plusieurs millions de dollars par année. Qui paie à ces adultes des salaires faramineux, même si, il va sans dire, ils jouent avec habilité ? 
Ce sont tous ceux qui achètent les produits annoncés subliminalement lors de ces spectacles présentés dans des temples où ces joueurs sont considérés comme des dieux. Ces produits que nous achetons contiennent un pourcentage de frais de publicité et de plus, déductible d'impôts aux compagnies. Il n'en coûte rien à celles-ci. Mais à nous, oui !
Conscients ou non, nous participons à payer ces adultes grassement qui s'amusent avec un ballon, un bâton, une rondelle, une raquette, etc. Il y en a qui mettent leur vie en danger en conduisant des autos à des vitesses vertigineuses, et ceux qui frappent la tête de l'adversaire avec des gants de boxe. De plus, nos gouvernements, avec nos taxes, leur paient des temples qui ont remplacé les cathédrales.
Le 30 mai dernier, [on apprenait que] le Québécois David Whittom avait été victime d'une hémorragie cérébrale après un combat . En victime dites-vous ? Il a couru après ! Ça va coûter combien à la société ? Ce n'est pas grave, on veut du sang ! Et c'est nous qui payons.
On oublie que la plupart sinon la totalité de ces athlètes consomment des stimulants pour être plus performants qu'une personne normalement constituée. Lorsque ces héros vénérés comme des veaux d'or se tuent ou se blessent gravement, tout est mis en plan pour nous les faire oublier le plus vite possible ! Sur le fond, nous en sommes encore à l'âge où les dictateurs romains obligeaient des humains à se comporter comme des animaux sauvages. Le combat devait se terminer par la mort d'un des deux belligérants. Une très grande partie de la population se rend dans ces temples ou regarde sur le petit écran ces spectacles qui permettent un défoulement par le phénomène de la projection et s'identifie à la puissance, le temps d'un moment.
À écouter ceux qui font la description des exploits et des banalités de ces soi-disant héros, le langage utilisé est celui de guerriers qui s'affrontent. Les mots utilisés comme attaque et défense, pour ne mentionner que ceux-là, sont ceux de l'ego. Je suis allé une fois au Forum de Montréal lors d'un voyage d'affaires. Le spectacle n'était pas sur la patinoire, mais devant mon siège. Une femme dans la trentaine, accompagnée de son conjoint, n'arrêtait pas de s'époumoner en appui à son héros. Même si ça fait plus de 25 ans de cela, je me rappelle d'une phrase qu'elle criait : « Envoye, tue-le ! ». Son préféré frappait à coups de poing le joueur de l'équipe adverse étendu sur la glace.
Si ces rencontres où les joueurs que nous rendons plusieurs fois millionnaires n'avaient pas lieu, il y aurait de la casse dans les rues ou entre voisins. Elles répondent encore à un besoin de défoulement collectif. Ça démontre le niveau d'éveil de conscience d'une grande partie de la population qui, même debout, continue de dormir, comme le disait si bien Aristote, il y a de cela, trois mille ans. Le bon salarié qui, avec toute sa compétence et son utilité, va trimer toute sa vie et n'atteindra pas la rémunération que son héros ou ses héros vont gagner en une saison. Ça fait réfléchir, les sports élevés au rang des religions. Celles-ci ont un côté caché pour garder leurs ouailles sous leur domination et faire de l'argent à même celles-ci.
Les vrais sportifs, ce sont ces jeunes qui s'amusent sainement en participant et que les parents consentent à payer pour leur épanouissement et aussi en les accompagnant. Aujourd'hui, il est fort heureux qu'il y ait de ces éveilleurs de conscience tel un Pierre Lavoie qui donne l'exemple dans la sagesse de l'exercice physique sain. L'attaquant du boxeur québécois David Wittom remet en cause sa carrière de boxeur !
Et nous, que remettons-nous en cause ?
Martin Belley
Saint-Nazaire