Carrefour des lecteurs

FÉLIX LECLERC, CE GRAND OBSERVATEUR !

J’aime écouter Félix Leclerc. J’aime sa voix chaude, ses mots et sa musique. Il demeure, à mes yeux, le plus grand auteur-compositeur de langue française que le Québec ait connu ; l’un des plus grands de la francophonie.

Voilà 30 ans que le poète au regard bleu nous a quittés le 8 août 1988. J’avais 27 ans et j’aime me rappeler — avec peine, dois-je le préciser — cette journée particulière du jeune homme que j’étais et qui, en soirée, entouré d’amis dans un petit bistrot, avait rendu hommage au grand Félix en lisant un poème qu’il avait écrit en après-midi, en son honneur. En voici quelques lignes : « Enraciné à la terre en vrai paysan/ Les bras nus et le front dans la lumière/ Il cultivait l’amour d’un peuple naissant/ Dans les jardins de son île si fière/ (...) / Félix est toujours bien vivant/ Il a chanté l’essentiel, l’essentiel demeurant/ Ses p’tits bonheurs ne peuvent que fleurir/ Dans le présent des êtres en devenir. »

Le propriétaire dudit bistrot où nous nous trouvions, mes amis et moi, avait accepté, à ma demande, de ne faire jouer que des chansons de Félix Leclerc.

Puis, je lus à voix haute des passages du Calepin d’un flâneur de Félix. Heureux de faire découvrir à mes amis des extraits de son œuvre littéraire.

Des maximes parfois drôles, parfois philosophiques de ce grand observateur de notre monde et de celui qui parlait de la nécessité de rêver dans ce passage de sa chanson J’inviterai l’enfance : « Quand absent est l’amour et que tes frères sont morts/ Quand présent est le vide et que la nuit demeure/ Les rêves sont bien nécessaires. »

J’aime revoir cette fameuse photo de Félix où on le voit en pleine nature avec sa guitare, l’air pensif et un crayon posé sur sa lèvre inférieure : l’image parfaite du grand flâneur qu’il était. De celui qui créa, avec rigueur, génie et grande liberté, des chansons immortelles.

Yvan Giguère

Saguenay

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DES VALEURS QUI NOUS HABITENT

En réaction à la chronique de Sébastien Lévesque intitulée Le christianisme est un humanisme , publiée le 30 juillet dernier.

Je vous félicite pour le sujet de votre article qui fait réfléchir et qui est d’une grande actualité. Quoique présentement, je préfère profiter du soleil et manger des bleuets.

En 2018, je ne vous apprendrai pas que les trois grandes religions monothéistes, le christianisme basé sur la Bible, le judaïsme sur la Tora et l’islamisme sur le Coran sont en crise. Peut-être sont-elles allergiques aux nouvelles technologies et aux valeurs souvent superficielles et mensongères véhiculées ?

Le christianisme est une religion fondée par Jésus, venu sauver ceux qui veulent être sauvés et nous révéler que Dieu nous aime. Comme religion, elle est humaine, dirigée par des hommes avec des grandeurs et des misères, mais appuyée par une promesse de vie éternelle : « L’enfer ne prévaudra pas contre elle », affirme l’Évangile. Combien trouve-t-on d’institutions vivantes de 2 000 ans ? Et si elle n’était pas d’origine divine, des historiens n’affirment-ils pas qu’elle serait disparue depuis fort longtemps ? L’Église ne demeure-t-elle pas un mystère ?

Comme vous l’écrivez, le christianisme engendre un humanisme que je comprends dans le sens que la religion catholique a produit une doctrine sociale. « La doctrine sociale de l’église » génératrice de documents phares qui ont façonné la civilisation occidentale. Par exemple, quelle influence a eu l’encyclique Rerum Novarum de 1891 qui prône le système coopératif au détriment du communisme et du capitalisme sauvage à la Trump ? Par exemple, au Québec, quel dynamisme auraient eu nos paroisses ancestrales sans la Caisse populaire et les coopératives agricoles et forestières, nées de la coopération, et sans l’Église, promotrice de solidarité et d’entraide évangéliques ? Vous avez raison de dire à vos étudiants « que bien qu’ils n’en soient pas conscients, une part importante de leur héritage culturel et des valeurs qui leur sont chères sont issues de la tradition chrétienne ».

Maurice Larouche

Alma

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UN FESTIVAL DU CANNABIS À DOLBEAU

Pendant que la bière coule à flots dans le cadre des festivals de Chicoutimi et d’Alma, et que les microbrasseries de la région sont en pleine expansion, il fait chaud et la foule a soif.

Nous sommes bien loin des années 50-60, alors que les mouvements des Gardes paroissiales et des Lacordaire rayonnaient, et que l’alcool était dénoncé du haut de la chaire.

Autre temps, autres mœurs, direz-vous !

Dans ce contexte nouveau, compte tenu de la légalisation prochaine de la marijuana, pourquoi, à l’été 2019, n’organiserait-on pas un festival du cannabis à Dolbeau, sur les terrains du défunt Festival western ?

On pourrait alors demander de l’aide financière au gouvernement fédéral... Il a bien subventionné les microbrasseries !

De plus, comme on le fait ailleurs dans les festivals, on pourrait faire appel à la commandite d’un grand producteur canadien de cette herbe magique !

Enfin, pour inaugurer la manifestation, on demanderait la présence de M. Trudeau pour allumer la première cigarette !

Je suis persuadé qu’il serait facile de trouver des bénévoles pour organiser ce happening, pour rouler les cigarettes et donner du feu à ceux qui n’en auraient pas.

Les fabricants de briquets et de cartons d’allumettes pourraient être invités à fournir la flamme. Ce serait là une excellente idée pour relancer cette industrie dont les lois antitabac ont provoqué la déchéance.

Ouais, le Festival du cannabis de Dolbeau, un coup fumant !

André McClure

Dolbeau-Mistassini