Carrefour des lecteurs

Hommage à Bernard Landry

OPINION / En rendant hommage à M. Bernard Landry, plusieurs ont mentionné l’intérêt et l’enthousiasme à l’égard du développement des régions du Québec, qui ont animé et marqué sa vie politique. Formé en droit et en économie à Montréal et à Paris, député de la région de Montréal et premier ministre à Québec, il voyait tout de même le grand pays au-delà des couronnes de Montréal et Québec, et avait son développement à cœur.

M. Bernard Landry a fait beaucoup pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean en accordant des crédits d’impôt (abolis depuis plusieurs années) aux entreprises émergentes dans la transformation de l’aluminium. J’ai été un témoin privilégié de l’impact important de cette mesure dans le succès de plusieurs entreprises maintenant bien établies chez nous.

Point de vue

Nous nous souvenons d’un visionnaire: Bernard Landry

Le Québec a rendu hommage cette semaine à un grand serviteur de l’État : le premier ministre Bernard Landry. Je suis l’un des cofondateurs de La Guilde des développeurs de jeux vidéo indépendants du Québec, la plus grande coopérative au monde dans ce secteur. J’étais au Club Soda le 10 novembre dernier lorsque nous avons gardé une minute de silence à la mémoire de ce visionnaire qui a permis l’essor du jeu vidéo au Québec.

Notre initiative a été amplement diffusée sur les médias sociaux, et s’est même invitée dans plusieurs bulletins de nouvelles. Lorsqu’on parle de notre industrie, on en parle souvent en chiffres. Ça permet de prendre la mesure de ce que nous avons accompli en 20 ans : 206 studios de jeux vidéo à propriété québécoise, 12 000 emplois et des retombées de 145 millions $. Les chiffres, c’est bien, mais ils masquent souvent l’essentiel. Je voulais prendre cette occasion pour vous partager, qu’au-delà des statistiques, le legs du jeu vidéo au Québec, c’est ceci :

1- Un espace d’intégration : Nous étions au festival MEGA cette fin de semaine et s’il y avait bien une tendance, c’est que tous les Québécois, de toutes les origines et de tous âges sont capables d’échanger et de collaborer lorsqu’on leur met une manette dans les mains et un défi à relever. D’ailleurs, les jeux vidéo, ce n’est plus que l’affaire des jeunes! Ma mère, qui est à la retraite, passe beaucoup plus d’heures par semaine à jouer que moi, et c’est rassurant. Plusieurs études démontrent que jouer à des jeux permet de travailler la mémoire, retarde le parkinson et d’autres maladies dégénératives.

2- Des outils d’apprentissages : Une délégation de studios de jeux du Québec est en Inde à l’heure où vous lirez ces lignes. Ils y sont, à la demande de l’UNESCO, pour expliquer comment on crée des jeux éducatifs. L’UNESCO reconnaît que les jeux vidéo et autres logiciels de simulation seront essentiels à l’éducation au 21e siècle.

3- L’art et la technique : notre industrie est toujours à l’avant-garde de l’intégration de nouvelles technologies. La prochaine fois que vous jouerez à un jeu, observez : il y a du dessin, des effets spéciaux, de la musique, du design, de l’intelligence artificielle, de la programmation…

4- Un produit qui permet à la culture québécoise de rayonner à l’international. On a des créateurs de jeux vidéo qui sont autant connus à l’international que le Cirque du Soleil. Nos jeux connaissent des succès retentissants partout dans le monde. Ainsi, le jeu The Messenger du studio Sabotage est nominé au Game Awards, l’équivalent des Oscars au cinéma.

5- Une industrie qui a puissamment contribué à revitaliser des quartiers entiers, à Montréal (Mile-End) et à Québec (St-Roch).

Nous comptons donc honorer la mémoire de M. Landry. Des délégations viennent de partout dans le monde s’inspirer de son modèle, notre modèle. Nous nous devons de poursuivre son œuvre en ouvrant de nouveaux programmes de jeu-étude, en incitant les petites filles et les petits garçons à jouer plus et à poursuivre une carrière dans cette industrie captivante menée par des créateurs passionnés. Nous devons élargir la portée des toutes mesures nous permettant de produire les jeux du futur et de les exporter partout sur la planète.

Alors que M. Landry était exposé en chapelle ardente, l’artiste Anthony Vaucheret a créé une toile hommage à son effigie qui a été signée par plus d’une trentaine de studios de jeux québécois présents et qui sera remise à la famille au moment opportun. 

Merci, M. Landry. Nous nous souvenons.

Pascal Nataf 
Président d’Affordance Studio (développeur de jeux éducatifs), cofondateur et vice-président de la Guilde des développeurs de jeux vidéo du Québec

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Blanc bonnet, bonnet blanc

OPINION / M. Michel Potvin, conseiller municipal de Saguenay et trésorier,

Cette lettre qui vous est adressée nous permet du même coup de remettre publiquement les pendules à l’heure avant que cette fausse information se répande comme une trainée de poudre.

Opinions

Petit conte apocalyptique sur l’environnement

Tout a commencé lorsqu’on s’est mis à manipuler quelques pierres, des os ou de longs morceaux de bois.

Au début, c’était pour casser des noix ou ouvrir certains crustacés. Toutefois, on a vite appris à se servir de ces objets pour attaquer un prédateur qui, rapidement, a fini par prendre un visage humain semblable à celui du voisin. L’outil qui nous avait permis de survivre s’est ainsi métamorphosé en une arme meurtrière.

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Notre vie… pour vrai

OPINION / Nous sommes parents de deux magnifiques filles nées quelques jours avant Noël, il y a presque huit ans déjà. Quel intense moment de bonheur, de crainte, d’émotions que d’être parents pour la première fois, doublement en plus ! Les premiers mois de vie passent sans que l’on s’en rende compte, étourdis, épuisés, mais combien heureux.

Et puis un jour, le monde s’écroule. Un nom qui fait mal, qui explique pourquoi notre petite Madeleine, dix-huit mois, ne marche pas. Un nom qu’on veut oublier : amyotrophie spinale… une maladie génétique rare et dégénérative caractérisée par la faiblesse et l’atrophie des muscles.

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Le nom Saguenay

OPINION / À l’occasion d’une conférence de presse, le Mouvement Chicoutimi vient de lancer sur son site Web un sondage qu’il adresse non seulement aux résidants de Saguenay, mais à tous les intéressés, peu importe où ils résident. Pourquoi l’adresser aussi aux résidants d’ailleurs ? Parce que tous les toponymes qui ont jalonné l’histoire du Québec et qui en sont les plus porteurs appartiennent à tous les Québécois. Le nom de Québec est loin de m’être indifférent, car il fait aussi partie de mon histoire. Ainsi en est-il particulièrement du nom Chicoutimi. Voilà pourquoi on ne peut balayer ces noms du revers de la main.

L’objectif est simple : vider cette question du nom une fois pour toutes. Le nom choisi par consultation en 2002, un nom choisi dans la controverse, a-t-il rempli les promesses que certains faisaient miroiter ? Un nom qui nous rassemblerait renforcerait un sentiment d’appartenance et auquel une grande majorité de notre population s’identifierait, affirmaient-ils. Seize ans se sont écoulés. Qu’en est-il vraiment ? Qu’en pense la population ? Très nombreux sont ceux qui croient que le toponyme Saguenay était déjà utilisé de façon outrancière. 

On entend de loin la clameur de ceux qui diront : pourquoi revenir 16 ans plus tard sur une affaire réglée ? Qu’on nous laisse la paix ! Notre esprit de clocher a été mis en échec. Un changement de nom risque de coûter cher. L’affaire est-elle vraiment réglée ? De toute évidence, non ! Le sondage pourrait le démontrer. 

Qui croit vraiment que ce malheureux esprit de clocher qui nous colle à la peau depuis si longtemps a été mis k.o ? Ne soyons pas naïfs. L’ancienne administration a dépensé plus de 10 M$ pour l’éléphant blanc qui se profile à côté de l’hôtel de ville, un bâtiment bancal qu’on peine à animer. Plusieurs autres millions ont été dépensés vainement en poursuites engagées par ou contre cette administration. Que sont aussi 16 ans dans l’histoire d’un peuple ? Rien ! Vraiment rien ! Que répondre à ces nombreuses sommités de l’extérieur, les Paul Arcand, les Jacques Lacoursière, les Serge Bouchard qui tour à tour nous ont mis sur le nez cette «grave erreur de parcours» que nous avons commise en 2002. 

Le Mouvement Chicoutimi n’est pas l’ogre qu’on imagine… prêt à dévorer ses voisins. Au contraire, il désire que toutes les constituantes de cette communauté conservent leur identité propre. Il y a de multiples façons de le faire. Arvida nous en fournit un fort bel exemple. Reconnaître l’erreur est une attitude noble. On pardonne plus facilement à ceux qui la reconnaissent. Il convient donc d’inviter nos gens à répondre à ce sondage et de façon objective en gardant à l’esprit que nous sommes bien plus voisins et amis que concurrents. 

Pierre Côté

Chicoutimi

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SE SOUVENIR

OPINION / La vie sur notre planète implique son lot de tragédies. La nature elle-même nous rappelle notre fragilité. Trop de froid ou trop de chaud et nous pouvons perdre notre propre vie. Maladies, virus, accidents, désastres naturels s’ajoutent à ces catastrophes.

Mais les tragédies les plus abjectes, inadmissibles, sont celles que nous créons. L’une d’entre elles est la guerre. Et pourtant elle existe et se manifeste de façon ininterrompue depuis que nous existons. Par protection, agression, mésentente, ressentiments, impulsivité, désir de pouvoir, protection, elle existe.

Le jour du Souvenir, célébré dimanche dernier, commémore la fin de la Première Guerre mondiale en 1918. Pour cette occasion, on a pu voir un peu partout des gens qui portaient le coquelicot rouge. Car durant la Première Guerre mondiale, ces plantes se mirent à pousser dans des endroits inusités, dont les Flandres, où elles ne poussaient que très rarement. En effet, les bombardements créèrent d’importantes quantités de poussière de chaux qui, se mêlant aux sols crayeux de la région, donnèrent un sol propice à ce que la fleur se développe pour une courte période.

Je constate que certaines personnes ressentent un malaise à porter ce symbole, l’associant à la guerre. Cela me rappelle la nécessité de justement se souvenir, de porter un intérêt à notre histoire. Pour ainsi rétablir la véritable symbolique de ce jour, la fin de la guerre et non pas sa promotion. L’honneur porté aux soldats qui ont donné leur vie, soit plus de 117 000 Canadiens qui, à ce jour, ont fait ce sacrifice.

Certes, en 2018, les réalités politiques internationales sont plus complexes. Il est parfois difficile de comprendre la finalité et le but des interventions militaires. Certains critiquent les enjeux économiques ou les aspirations néo-colonialistes des pays occidentaux. D’autres se montrent dubitatifs devant le recrutement de jeunes hommes ou femmes qui ne comprennent pas toujours les risques de la carrière qu’ils choisissent.

Je crois que c’est précisément une raison de respecter le jour du Souvenir, cette liberté fragile dont nous jouissons. Nous avons toutes les libertés de critiquer nos élus, contester leurs choix en matière de politique nationale et internationale. Nous pouvons débattre ouvertement, même si cela nous semble parfois sans issue.

Cette liberté critique, nous la devons, entre autres, aux hommes et femmes qui acquiescent à faire le sacrifice ultime, qui s’engagent à une responsabilité illimitée. Qui eux-mêmes mettent de côté leurs préférences idéologiques, politiques et personnelles pour servir, parfois pour des causes qu’ils n’endosseraient pas.

Capitaine Nicolas Rivard

aumônier du 12e Régiment blindé du Canada à Trois-Rivières.

Opinions

Flexitarisme au menu

L’auteur, Sylvain Charlebois, est doyen de la Faculté en Management et professeur en Distribution et politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie.

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L’influence féminine en montagne russe

OPINION / D’entrée de jeu, je tiens à rendre hommage à toutes ces femmes qui sont sorties du lot et ont réussi à défoncer leur plafond de verre. Quelques mairesses par ci, une présidente de compagnie et de conseil d’administration par là , une directrice du génie industriel dans une compagnie, une procureure de la Couronne dans une commission. Bravo ! Une ministre du tourisme, mes hommages, Madame la Vice-première ministre.

Si on en croit les médias, la graine est montante et productive. Mais attention à l’arbre qui cache la forêt, en matière de discrimination positive, parce que la réalité nous invite trop souvent à changer de chaîne. De telle sorte qu’en matière de femmes à des postes clés et au pouvoir, la société est encore bien loin de la coupe aux lèvres.

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Québec a tout à gagner

OPINION / Difficile de trouver un grand projet urbain, structurant ou immobilier au Québec qui n’a pas tout d’abord soulevé les critiques les plus vives et qui n’a pas fait l’objet d’indignation d’une partie de la population. Celle de Québec n’échappe pas à cette règle, force est de constater, et peut-être plus que dans n’importe quelle autre ville du Québec.

Mais à Québec la différence réside peut-être dans la fibre réfractaire d’un bon nombre de ses citoyens qui, dès qu’ils apprennent qu’un nouveau projet d’envergure est mis sur la table, soulèvent ardemment le bouclier de leurs appréhensions.

Mais s’il fallait s’en tenir à ces élans rébarbatifs face à tous les nouveaux projets qui sont mis de l’avant à Québec, rien ne se ferait et la ville vivrait en mode statu quo et n’aurait pas le rayonnement mondial qu’elle a su acquérir ces dernières décennies et même ces dernières années.

Pensons entre autres au 400e de Québec, à la promenade Samuel-de Champlain et au rayonnement de l’Université Laval. Pensons au Centre Vidéotron ou encore aux sommes investies pour la promotion de la ville à l’international. Pourquoi Québec a-t-elle été désignée joyau du patrimoine mondial par l’UNESCO ? Ce n’est certainement pas juste à cause de ses remparts, de ses vieux canons, ou encore du Château Frontenac. Et si Québec jouit en 2018 d’un rayonnement mondial et est reconnue par les plus grands magazines touristiques de la planète comme étant l’une des destinations privilégiées par les touristes du monde entier, c’est que des efforts ont été déployés pour aller en ce sens. C’est que des sommes ont été placées à la bonne place. C’est que des gens de Québec ont rêvé leur ville et lui ont donné les moyens de grandir et de s’inscrire en lettres majuscules dans le 20e siècle et le début du 21e. C’est ce qui s’appelle avoir de la vision.

Sans vision et sans grandes idées d’urbanisme ou d’architecture, les administrateurs d’une ville ne font que s’occuper des taxes de leurs citoyens, du déneigement des rues, de la collecte des matières résiduelles et de la bonne tenue de leurs séances publiques. Ils ne font que gérer une ville en s’assurant que leur budget ne dépasse pas les prévisions, quitte à maintenir en place des infrastructures qui sont parfois obsolètes.

Le tollé soulevé présentement par une partie de la population de Québec envers le projet Le Phare est un bon exemple d’une certaine mentalité de méfiance que cultivent certains habitants de la ville. Les critiques soulevées en ce qui a trait l’ampleur de ce complexe urbain, avec sa tour projetée de 65 étages, ont bien sûr leur place et sont tout à fait légitimes. Les assemblées publiques tenues dernièrement se sont déroulées de façon démocratique et des dizaines de citoyens ont pris la parole en émettant parfois les critiques les plus folles, allant même jusqu’à comparer la grande tour du Phare à un doigt d’honneur adressé à la population de Québec. Mais le maire Régis Labeaume est resté de marbre en indiquant aux médias que malgré les critiques de quelques citoyens, la grande majorité de la population était en faveur du Phare. Il ne pouvait mieux dire, il me semble, et il a réaffirmé que l’administration de la ville donnait son aval pour la mise en chantier dudit projet dont la construction débutera en 2019 et qui s’étalera sur dix ans. Et 6124 emplois seront créés durant sa construction. Le coût estimé présentement pour sa réalisation est fixé à 755 millions $. Au départ, il était projeté à 600 millions avec sa tour principale qui était alors prévue à 45 étages.

Et plus on retarde la mise en forme d’un projet immobilier de l’ampleur du Phare, plus on perd du temps. Et le temps c’est de l’argent. Les remises en question incessantes formulées depuis l’annonce du projet en 2015 n’ont fait que ralentir sa mise en forme. Elles n’ont fait que porter ombrage à un autre projet d’envergure qui viendra à son tour donner du prestige à Québec tout en dynamisant son économie et en lui offrant une autre porte ouverte sur le monde.

J’ai habité quelques années à Québec et je ressentais une grande fierté de vivre dans une ville où le passé se mariait au présent, où l’histoire m’interpellait dès que je foulais les rues du Vieux-Québec. Dans une ville où la culture et le patrimoine étaient mis à l’honneur avec, entre autres, son Festival d’été et son Carnaval d’hiver. Dans une ville où la modernité était également inscrite dans son architecture avec ses quelques grands édifices comme le complexe G. Une modernité qui était aussi dignement représentée par le talent des hommes d’affaires, des sportifs et des artistes qui contribuaient à définir le visage de Québec.

Aujourd’hui quand je vais à Québec, je ressens toujours cette modernité malgré les 410 ans de la cité. J’ai une impression de grandeur dans laquelle je reconnais le peuple québécois.

Alors, quand Québec propose des projets d’envergure à sa population, je me dis que cela risquera assurément de porter encore plus loin sa renommée internationale. Cela contribuera indéniablement aussi à nommer et à inscrire les gens de Québec comme des citoyens du monde, dans cette ville ancestrale qui se renouvelle et qui s’inscrit fièrement dans la modernité, en ligne droite vers les plus beaux et les plus grands horizons.

Yvan Giguère

Saguenay