Le Québec et les tarifs américains sur l’aluminium

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Le Québec et les tarifs américains sur l’aluminium

OPINION / Le gouvernement du Québec demande au gouvernement fédéral de prendre des représailles à la suite de l’imposition de la part du gouvernement américain d’un tarif de 10% sur l’aluminium canadien. Tout en étant d’accord avec cette demande, je pense que le gouvernement québécois devrait prendre une position plus ferme dans ce dossier.

Voici les pistes d’intervention que je propose.

Les sophistes sont minoritaires

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Les sophistes sont minoritaires

OPINION / Une chance, mais qu’à cela ne tienne. Pour les «savants» dénigreurs des mesures anti-COVID, voire de l’existence même d’une pandémie à l’échelle mondiale, rien n’est à leur épreuve pour tenter de convaincre d’un complot, d’une méga-arnaque, d’une attaque maléfique d’extraterrestres.

Lors d’une manifestation, deux hurluberlus se croyant tout permis ont même poussé l’audace d’une grossièreté sans nom jusqu’à forcer une journaliste masquée, accomplissant son travail, à se faire photographier avec eux. Une agression purement et simplement.

La considération

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La considération

OPINION / Mme la mairesse de Saguenay, les locataires appauvris de Saguenay, par l’entremise de Loge m’entraide, ont récolté 12 400 $ pour leur septième campagne de dons. Voilà un total amassé de 217 400 $ sur les 900 000 $ requis pour fonder la Coopérative d’habitation La Solidarité, combat débuté en 2013 au nom du droit au logement et de la lutte à la pauvreté.

Parmi les donateurs, on retrouve le pape François, les huit députés du Saguenay-Lac-Saint-Jean, les députés d’opposition en matière d’Habitation au Québec (Parti québécois, Parti libéral du Québec, Québec solidaire et Bloc québécois), la ministre de l’Habitation du Québec, le ministre fédéral et député de Québec, le chef du Bloc québécois, le chef et le chef adjoint du Nouveau Parti démocratique, le chef du Parti conservateur, le Nonce apostolique du Canada, 14 communautés religieuses du Québec, 51 entreprises, 252 individus, 1050 clients du IGA Chicoutimi et 333 clients du Super C de Jonquière. Le projet a aussi reçu l’appui moral de la reine et du roi de Belgique, l’appui signé de 5600 pétitionnaires et a fait l’objet de 23 actions collectives pour faire entendre le besoin des mal-logés auprès de la municipalité.

[VIDÉO] Le transport nolisé en autocar survivra-t-il à la COVID-19?

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[VIDÉO] Le transport nolisé en autocar survivra-t-il à la COVID-19?

OPINION / La COVID-19 frappe tout le monde. Tous les secteurs économiques sont affectés, certains sont plus touchés que d’autres. Le transport nolisé en autocar est l’un de ces secteurs qui aura peine à se relever. Jamais dans son histoire, cette industrie n’aura connu une crise aussi intense qui met en péril près de 160 entreprises québécoises spécialisées dans le transport des personnes en autocar. Nos opérations ont ni plus ni moins été réduites à zéro, occasionnant des pertes de revenus colossales.

Stéphane Lefebvre est président-directeur général de Groupe Autocar Jeannois et président de la Fédération des transporteurs par autobus

Le poids de la pandémie

Opinions

Le poids de la pandémie

OPINIONS / On ressent le poids de la pandémie partout au sein de la population, même par notre propre tour de taille. En effet, environ 40 % des Canadiens ont pris du poids depuis la mi-mars, si l’on en croit certains sondages. Le gain de poids peut s’expliquer de multiples façons, mais certains gouvernements choisissent d’agir maintenant, durant la pandémie, pour conscientiser leurs citoyens.

C’est précisément ce que l’Angleterre a décidé de faire cette semaine. Les nouvelles initiatives gouvernementales dans le pays incluent l’interdiction des publicités télévisées et en ligne pour la malbouffe avant 21h. Les menus en restauration devront aussi indiquer les calories, tandis que les promotions exagérées de produits calorifiques devront cesser. Fini les barres de chocolat près des caisses enregistreuses qui incitent les gens à acheter sous l’impulsion du moment. La campagne prévoit même des consultations afin d’évaluer la possibilité d’afficher les calories sur les produits alcooliques. La campagne « Better Health » sera introduite avec des plans de gestion du poids élargis au service des citoyens du pays. La campagne durera neuf mois.

De bien curieux manifestants anti-masques!

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De bien curieux manifestants anti-masques!

OPINION / Lors d’une manifestation anti-masques à Montréal samedi, le journaliste Yves Poirier de LCN n’a eu droit à rien de moins que des insultes de la part de quelques manifestants qui ne semblaient pas apprécier sa présence. Mais pourquoi participer à une manifestation si votre message ne peut être transmis par les médias? Voilà ce que je me dis fort naïvement.

À Québec, dimanche, lors d’une autre manifestation anti-masques, des journalistes présents ont aussi subi les foudres – sous forme d’insultes encore une fois – de quelques manifestants. Alors ces citoyens manifestent pour qui et pourquoi au juste, suis-je en droit de me poser comme question, s’il faut qu’à chaque fois ces derniers chahutent les reporters présents, même si ces derniers portent le masque?

Comment rester debout?

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Comment rester debout?

OPINION / À mon sens, il n’y a rien comme un voyage culturel, expérience d’une époque révolue, pour prendre conscience que tous les humains sont une seule et même race. La pandémie de COVID-19 le montre bien, frappant sans distinction, quelle que soit la couleur de la peau.

Le Québec de demain sera multiculturel ou ne sera pas. Ne pas admettre cette évidence, c’est pratiquer le déni, la crispation xénophobe, refuser de voir la réalité en face. C’est la première chose que la majorité francophone encore composée des natifs doit reconnaître pour être en mesure d’assurer la survivance du peuple québécois francophone.

Michel Potvin doit changer de registre

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Michel Potvin doit changer de registre

OPINION / À un peu plus de 15 mois des prochaines élections municipales à Saguenay, les rumeurs de candidatures pour accéder à la mairie se font de plus en plus persistantes. Les noms de Serge Simard (l’ex-conseiller de La Baie et ex-ministre libéral), Dominic Gagnon (médecin) et Richard Martel (député conservateur fédéral) font déjà partie des conversations numériques.

On doit cependant en ajouter un autre: Michel Potvin, ex-candidat à la mairie et actuel conseiller municipal qu’on a promu au titre de gardien des finances de Saguenay. Potvin profite de toutes les tribunes pour défendre avec vigueur, mais pas toujours avec rigueur, les décisions de l’administration Néron.

L’embouteillage d’eau est dépassé et polluant

POINT DE VUE

L’embouteillage d’eau est dépassé et polluant

OPINION / Nous avons félicité Pierre Lavoie qui a cessé la distribution de petites bouteilles d’eau lors de ses évènements. Nous savons tous que ces bouteilles sont une énorme source de pollution. Et voilà que Pierre Lavoie s’associe à un projet de production d’eau embouteillée. Que ce soit en canettes ou en bouteilles, l’eau de source n’a plus à être détournée à des fins de profits privés; c’est un bien collectif précieux.

Que Laterrière achète les droits sur cette merveilleuse source, la mette accessible à tous via une ou des fontaines, crée des évènements artistiques et festifs autour de cette richesse. Car l’eau de source de qualité est un trésor national, elle ne doit pas servir des intérêts privés; dans ces temps de changements climatiques, l’eau deviendra énormément plus précieuse que le pétrole, le gaz, l’or, etc.

Les Québécois muselés

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Les Québécois muselés

OPINION / Les Québécois sont passés «graduellement» par l’obéissance, la docilité et, avec le masque, ils se sont laissés museler. Depuis six mois, on a tellement répété que le coronavirus tue que la peur d’en mourir est entrée au plus profond du subconscient de la plupart des individus et dans l’inconscient collectif des Québécois.

On dirait un lavage de cerveau, tellement les médias sont investis de la malédiction COVID. Le grand Messmer peut bien aller se rhabiller, jamais il ne pourra atteindre le nombre de Québécois hypnotisés par l’état major du gouvernement qui a «décrété l’état de guerre».

Imposer les mots anglais

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Imposer les mots anglais

OPINION / Les dernières dénonciations publicisées montrent bien que certains comportements non désirés continuent de faire des victimes qui, bien souvent, dans le passé, n’osaient pas dénoncer ces gestes. Aujourd’hui, les réseaux sociaux semblent être la tribune par excellence pour dénoncer.

Lors de cette série de dénonciations, nous avons appris qu’un membre de la colonie artistique a envoyé une photo de son pénis à une autre artiste. Ce qui est regrettable, dans une moindre mesure que le geste, est l’utilisation de l’expression anglaise [dick pic] au lieu d’utiliser, tout simplement, l’expression «photo du pénis».

Voulons-nous encore vivre dans un État de droit ?

Opinions

Voulons-nous encore vivre dans un État de droit ?

L’auteur de cette lettre d’opinion est le professeur titulaire Daniel Gagnon, de l’Université du Québec à Chicoutimi.

OPINION / Le fonctionnement au quotidien d’un État de droit est déterminé par des règles légales. Celles-ci proviennent principalement des lois votées par les élus du peuple réunis en assemblée parlementaire et au terme d’un débat. Advenant contravention à la loi, un tribunal impartial et indépendant du pouvoir politique décidera ce qu’il en est. S’il s’avère qu’une majorité de citoyens n’est pas en accord avec la loi votée, elle aura l’opportunité d’élire un nouveau représentant qui préconisera sa position lors du scrutin suivant (ce qui amorcera le changement de la loi). Pareil système politico-légal porte un nom: une démocratie parlementaire.

Pourquoi fait-il plus chaud au Saguenay-Lac-Saint-Jean qu’ailleurs en été?

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Pourquoi fait-il plus chaud au Saguenay-Lac-Saint-Jean qu’ailleurs en été?

OPINION / Si la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean est l’objet en été des chaleurs les plus élevées du Québec, cela s’explique notamment par la topographie. En effet, la circulation atmosphérique en Amérique du Nord amène des masses d’air venant du Bouclier canadien (généralement de l’Ouest) et celles-ci passent alors au-dessus des basses terres du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Or, les basses-terres du Saguenay-Lac-Saint-Jean constituent une dépression orographique appréciable dans laquelle l’air au sol passe de l’altitude de 1000 m à 100 m (et même à 0 m au niveau de la rivière Saguenay). Cette descente de l’air, la subsidence, occasionne une augmentation de la pression atmosphérique par la compression de la colonne d’air; donc un réchauffement.

Saumon bien élevé?

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Saumon bien élevé?

OPINION / L’auteur, Sylvain Charlebois, est professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie et directeur du Laboratoire de recherche en Sciences analytiques agroalimentaires.

Pour une raison ou une autre, la croyance populaire adhère au principe selon lequel le saumon sauvage serait meilleur pour la santé. Une nouvelle étude de l’Université Dalhousie déboulonne complètement ce mythe. Publiée dans le Journal of Agriculture and Food Research, l’étude révélait qu’au point de vue nutritif, le saumon d’élevage de l’Atlantique se comparait à certaines espèces de saumon sauvage.

La COVID-19, relativisons

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La COVID-19, relativisons

OPINION / Au Québec comme ailleurs, depuis le début de 2020, il n’y a qu’un problème, qu’un sujet de discussion, la COVID-19. Sans blâmer qui que ce soit, il semble que les autorités gouvernementales ont été prises au dépourvu même si depuis l’avènement des grippes virales, on peut en compter 26 sortes. Pour en nommer quelques-unes, un nombre considérable de personnes en meurent chaque jour dans le monde: 3014 de tuberculose, 2430 d’hépatite B, 2216 de pneumonie, 2110 du VIH, 2002 de malaria, 1027 de grippe saisonnière, 573 de grippe H1N1.

Pourtant, il y a des vaccins pour ces maladies. Ces 26 maladies virales font par jour dans le monde un total de 16 128 décès et, par année, 588 690 décès. Avec ce qui précède, et avec la COVID, cela devrait nous amener à relativiser. En effet, à la fin juin 2020 et, au Québec, on dénombre 55 458 personnes qui ont été affectées de la COVID. Un nombre de 24 798 en est rétabli, et cela sans qu’il n’y ait de médicament ni de vaccin appropriés. On compte 5503 décès dont 4300 personnes âgées, en CHSLD, et 1193 décès ailleurs au Québec, dont 50 % à Montréal. Les personnes décédées sont âgées et, pour la très grande majorité, 90 % sont de 80 ans et plus et que l’on dit de santé précaire, sans parler de l’inconfort et de l’insalubrité de certains CHSLD. Aussi, les statistiques du Québec nous informent que «la grippe saisonnière tue 3500 personnes au Canada par année, et cela, bien qu’il y ait un vaccin». Cela devrait aussi nous amener à relativiser.

Lettre à Norah et Romy

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Lettre à Norah et Romy

OPINION / Quand j’ai appris la terrible nouvelle, celle de votre décès, j’ai pleuré. Et j’ai pleuré aussi en voyant votre mère parler de vous au mémorial qui fut inauguré en votre honneur dans un parc de Lévis. Elle nous a fait partager tout l’amour qu’elle ressentait pour vous et tout ce que vous représentiez pour elle. Et bien sûr, tout ce que vous lui inspirez encore, malgré le fait que vos deux âmes aient quitté la Terre. Elle sanglotait à chaudes larmes tout en vous évoquant. Cela fut déchirant ! Et je crois bien que le Québec tout entier a pleuré aussi avec elle. Le deuil de votre départ est national.

Chère Norah, chère Romy, je ne sais pas la cause de votre mort. Je ne chercherai probablement pas à la savoir, de peur d’en être encore plus chagriné, encore plus déchiré. Mais somme toute, pas autant que le sera votre mère devant le destin qui vous a arrachées de ses bras, qui vous a arrachées à la vie. Quitter le monde si jeunes, à 6 et 

11 ans, cela ne devrait jamais arriver, peu importe les circonstances.

Pourquoi ne pas vous imaginer maintenant, telles deux colombes sillonnant désormais le ciel? Deux petites soeurs soudées pour l’éternité. Norah et Romy, que la paix guide à jamais votre envol.

Yvan Giguère

Saguenay

À visage non découvert?

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À visage non découvert?

OPINION / Avec la mise en vigueur, samedi, du nouveau règlement qui obligera le port du masque dans tous les lieux publics fermés du Québec, nous serons en mesure de voir le vrai visage des Québécois dans la crise sanitaire que nous traversons, et ce, quatre mois après le début de la pandémie. Ce sera le moment de constater, de visu, si une véritable solidarité se créera autour de l’effort de guerre exigé par le gouvernement du Québec .

Bien que la majorité des Québécois respectent les consignes de santé publique, c’est encore une fois une minorité d’entre eux qui pourrait semer la pagaille. Une minorité arborant un visage insouciant face à la propagation de la COVID-19 qui perdure et dont on annonce pour l’automne une potentielle deuxième vague. Voilà le genre de visage à découvert dont il faut se méfier. Un visage d’indifférence face au danger qui court toujours, hélas.

Un beau sermon sur la montagne

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Un beau sermon sur la montagne

OPINION / Contrairement à Sébastien Lévesque, je pense qu’on n’a pas le droit d’aimer, de pardonner, d’avoir de la compassion pour des personnes qui frayent dans ce que Victor Hugo a appelé la lie de la société. Ce serait leur faire une fleur qu’ils ne méritent aucunement.

L’amour inconditionnel prôné par Sébastien Lévesque dans sa dernière chronique hebdomadaire dans Le Quotidien (Le pouvoir de l’amour) est courageux, mais naïf, et relève de la fantasmagorie; ça fait «mèrethérèsane». C’est sûr que si des humains se mettent à aimer ceux qui les persécutent et vice versa, il y aura un jardin qu’on appellera la terre qui sera assez grand pour des millions d’enfants. Seulement, d’emblée, Trump, Kim Jong Un, Erdogan, al Assad, Salman, Poutine, Bolsonaro, etc. Beurk! Pas capable.

Le patrimoine bâti mérite mieux

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Le patrimoine bâti mérite mieux

OPINION / Et voilà la chose expédiée. Désormais, trois conseillers municipaux étudieront les demandes de démolition des bâtiments. Ça fait longtemps que cela aurait dû être fait. Une question me vient: si pour construire cela prend un permis, pour démolir alors, non?

Par ailleurs, est-ce seulement cela, la protection du patrimoine bâti? Étudier des demandes de démolition? Quand on parle d’une maison de 150 ans et plus, peut-on laisser l’étude de la démolition entre les mains d’amateurs en la matière? Non, assurément! Surtout pas entre les mains d’élus municipaux, même bien intentionnés et bien représentatifs de leur arrondissement, mais si souvent préoccupés par des intérêts personnels. Entre les mains de quelqu’un qui, en matière de patrimoine bâti, se contredit dans un même propos comme l’a récemment fait le conseiller Marc Pettersen? Non plus.

Prévention de la COVID au travail: un système à deux vitesses

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Prévention de la COVID au travail: un système à deux vitesses

Dominic Lemieux est le directeur québécois du Syndicat des Métallos

On apprenait cette semaine que le nombre de plaintes à la CNESST a explosé pendant la pandémie. Plusieurs travailleurs et travailleuses se sont tournés vers la CNESST pour rendre leurs milieux de travail sécuritaires, avec des résultats souvent mitigés puisque l’organisme a été débordé.

Un mur vaut-il tout le précieux sang d’un homme?

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Un mur vaut-il tout le précieux sang d’un homme?

OPINION / Selon l’agence de notation Moody’s, si une ville comme Saguenay a des réserves, elle devrait s’en remettre à une combinaison de ces réserves, une réduction des dépenses courantes, le report des dépenses d’investissement non essentielles et les transferts des ordres gouvernementaux supérieurs dans un contexte où il faudra faire des sacrifices. C’est tiré du Devoir du 3 juillet.

Le Camp des hommes du parc de la Colline est mal en point, selon un ingénieur consulté ; un mur risque de s’effondrer. Ce dernier suggère soit la démolition, soit la rénovation, soit la reconstruction à neuf.

Sondage sur le développement du centre-ville de Kénogami

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Sondage sur le développement du centre-ville de Kénogami

OPINION / C’est un classique en politique : faire un sondage rapide en plein été, où l’intérêt populationnel est à son plus bas niveau, pour ensuite pouvoir justifier des décisions souvent déjà prises en arrière-scène avant même ledit sondage en faveur de ci, en défaveur de ça, pour inclure tel projet ou exclure tel autre... Bref, « on connaît l’tabac » comme le dit l’expression québécoise.

Saguenay invite la population à se prononcer jusqu’au 12 juillet sur « le développement économique, culturel et communautaire du centre-ville de Kénogami ». Déjà, dans le titre, le mot « habitation » n’apparaît pas... Est-ce un présage que la naissance de la coopérative d’habitation La Solidarité, réclamée justement à Kénogami depuis sept ans, sera encore ignorée par la Ville?

Horreur droit devant !

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Horreur droit devant !

OPINION / Sur les trois-mâts d’autrefois, perchées dans leur nid-de-pie, les vigies scrutaient l’horizon pour signaler tout danger à l’équipage. De nos jours, les vigies du vaisseau Terre – scientifiques et écologistes – crient à s’époumoner que nous fonçons à pleines voiles sur la catastrophe. Sur le pont, bien peu de gens les écoutent, et surtout pas ceux et celles qui tiennent la barre, les responsables politiques. Ces derniers font tout pour remettre au plus vite le cap sur cette bien étrange « normalité », qui, soumise aux diktats d’une économie totalitaire, « oublie » d’internaliser les coûts environnementaux de ses projets.

À Ottawa, le gouvernement fédéral de Justin Trudeau s’emploie toujours à résoudre la quadrature du cercle, en appuyant le développement du secteur des énergies fossiles, tout en visant la carboneutralité pour 2050. À Québec, une fuite permet d’anticiper que le fameux Plan vert promis par le gouvernement Legault sera d’un vert bien pâle. Dans la valse des millions et des milliards investis par les deux paliers de gouvernement pour la relance économique, on cherche en vain ce qui permettrait de donner une impulsion décisive à cette transition juste et verte dont dépend notre avenir collectif. Nous ne pouvons pourtant pas nous permettre de laisser passer cette occasion unique ! Le manque d’imagination ou d’idées ne peut être invoqué pour ne rien faire. En effet, au moins trois plans concrets sont sur la table : Québec-Zen, promu par le Front commun pour la transition énergétique, 101/idées pour la relance, du Pacte pour la transition, et les propositions du G15+ portées par quinze leaders économiques, syndicaux, sociaux et environnementaux. Je pourrais aussi mentionner le plan Marshall du XXIe siècle, proposé par notre député de Jonquière, Sylvain Gaudreault. Toutes ces propositions vont dans le même sens, même si elles se déclinent chacune selon ses propres nuances. Elles recueillent l’adhésion d’un grand nombre de scientifiques, de spécialistes de plusieurs disciplines, de gens d’affaires, d’artistes, d’écologistes et de simples citoyens. Une seule chose manque : la volonté politique.

Chanter en français au Québec, un acte de résistance!

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Chanter en français au Québec, un acte de résistance!

OPINION / À la suite du spectacle de la Fête nationale du Québec qui s’est déroulé le 23 juin sur la belle scène de l’Amphithéâtre de Trois-Rivières, plusieurs Québécois ont déploré le fait qu’il n’y avait eu aucun drapeau du Québec visible sur scène. Oui, effectivement, cela fut déplorable. Je ne veux pas revenir sur la polémique soulevée par cet impair. Mais je dirai ceci : il ne faudrait pas oublier que le Québec a tout de même été à l’honneur lors de ce spectacle. On y a chanté uniquement en français. Ainsi donc la langue française a été à l’honneur.

Pendant le spectacle du 23 juin, j’y ai entendu une chanson de Félix. J’en aurais demandé plus, mais tout de même. J’ai entendu vibrer les mots de nos grands paroliers, ceux entre autres de Robert Léger, de Danièle Faubert (Repartir à zéro, chanson popularisée par Joe Bocan), les mots aussi de Pierre Huet qui a écrit pour Beau Dommage et le groupe Offenbach. Ceux de Plamondon également.

L’amphithéâtre

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L’amphithéâtre

OPINION / Comme on le dit au hockey, Joan Simard vient de compter dans son propre filet. Elle nous propose l’amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières comme source d’inspiration pour le projet d’amphithéâtre multifonctionnel de Saguenay, projet qui pour l’essentiel comprendrait une patinoire où se produiraient les Saguenéens, et qui se transformerait en grande salle de spectacle.

Or, Mme Simard devrait savoir qu’à Trois-Rivières, on achève de construire un aréna tout neuf, le Colisée de Trois-Rivières, au coût de 55 millions $ près du pont Laviolette. Donc en périphérie du centre-ville, mais dans l’axe des autoroutes 40 et 55.

Le numérique aspire sinon, écrase

Opinions

Le numérique aspire sinon, écrase

OPINION / Le progrès est parfois impitoyable envers le patrimoine encore vivant. À vrai dire, il n’a pas grand respect pour ces choses qui jusqu’à date ont si bien vieilli. Le plus que centenaire journal Le Quotidien en est l’exemple éloquent. S’il est une institution régionale que, je ne sais quoi, aurait dû préserver de l’occupation numérique, à l’instar de la Fromagerie Perron, par exemple, c’est bien notre seul et unique quotidien régional qui tient le coup, malgré les affres du temps, comme le roseau fabuleux. Trouvez-en dans le monde des entreprises médiatiques qui, contre vents et marées, sur fleuve tranquille ou mer agitée, ont traversé tant d’années en accomplissant leur vitale mission: l’information régionale.

Je lis aujourd’hui des journalistes issus d’une école régionale de renommée internationale découlant quand même un peu de notre entreprise médiatique; l’exemple parfait d’une intégration horizontale réussie ici au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Des journalistes qui, pour la plupart, n’existaient pas alors que depuis bien des années je lisais le journal. Fascinant! Plus d’un siècle d’existence, ce n’est pas peu dire, pour une entreprise loin des grands centres. C’est bien simple, j’aime les belles vieilleries. Ma relation avec le journal en fut une d’amour et de haine, par ailleurs. Trop longue à expliquer ici. Mais cela n’empêche...

Chez moi pour la vie

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Chez moi pour la vie

OPINION / Si on vous propose de recevoir du soutien pour vieillir chez vous ou de vieillir dans un centre d’hébergement, que choisirez-vous ?

Personnellement, je considère qu’il est préférable de continuer de vivre chez soi, le plus longtemps possible, là où nous avons nos habitudes, nos amis, nos voisins et nos souvenirs. Ce choix peut sembler évident. Nous sommes nombreux à le vouloir pour nous et pour nos proches. Comme vous, je pense que le vieillissement ou la perte d’autonomie ne devraient pas être synonymes de déménagement forcé.

Une Fête nationale sans ses piliers fondateurs

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Une Fête nationale sans ses piliers fondateurs

OPINION / Comme notre mémoire identitaire est courte et nos racines peu profondes! Pourquoi suis-je obligé de prendre la plume aujourd’hui en ma Fête nationale pour revendiquer notre devoir de mémoire ?

J’ai bien aimé le grand spectacle de notre Fête nationale du 23 juin et tous conviendront combien ce spectacle n’était pas évident en cette période si exceptionnelle et historique de cette pandémie qui continue à hanter nos lendemains.

Le 24 juin au Saguenay–Lac-Saint-Jean

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Le 24 juin au Saguenay–Lac-Saint-Jean

OPINION / Pour nous tous, Québécois, le 24 juin est notre fête nationale. Pour tous les habitants du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le 24 juin représente un autre événement d’importance : l’installation officielle des Français dans cette région, jusqu’alors uniquement occupée depuis des millénaires par des autochtones. Ceci se passait le 24 juin 1676.

Le commerce de la traite des fourrures était en sérieux déclin à Tadoussac, poste de traite fondé par Pierre Chauvin, qui avait obtenu, du roi de France Henri IV, le 15 janvier 1600, le privilège d’être seul à commercer avec les «Indiens» à 100 lieues à la ronde. Tout concourait à éloigner les chasseurs du poste de traite : la guerre que livraient les Iroquoiens aux peuples autochtones commerçant avec Tadoussac, la contrebande pour avoir de meilleurs prix et surtout dans les années 1660, un ennemi invisible, la variole. Il s’agissait qu’un autochtone de l’intérieur des terres descende à Tadoussac pour que l’année suivante sa bande soit décimée par cette maladie infectieuse causée par un virus, propagée inconsciemment par les Français qui en étaient immunisés et qui se transmettait d’une personne à l’autre par inhalation de gouttelettes dans l’air. Cela vous dit quelque chose?

Depuis 1647, plusieurs jésuites missionnaires avaient voyagé jusqu’au lac Piékouagami (Saint-Jean) et même jusqu’au lac Nicabau. Jean Dequen fut le premier, suivi, entre autres, du père Albanel en 1650 et des pères Dablon et Drueilletes en 1661, ces derniers mentionnant pour la première fois le nom « Chicoutimi ». Voyages éphémères pour le salut des âmes des autochtones et le désir de les guérir du fléau.

En 1674, un certain Jean Oudinette, marchand de Paris, obtint la concession de Tadoussac et s’associa à Charles Bazire, seigneur et négociant de Québec, qui avait de l’expérience en cette matière. Ils convinrent qu’il fallait, pour rencontrer les Indiens, se rendre à l’intérieur des terres jusqu’au lieu nommé Chicoutimi. C’est ainsi qu’au début de juin 1676, Nicolas Juchereau de Saint-Denis, propriétaire du navire La Sainte-Catherine, seigneur, colonisateur, commerçant, membre du Conseil de la colonie pour la traite, directeur de la Traite de Tadoussac et militaire, jeta l’ancre au bassin de la rivière Chicoutimi. Selon le père Crespieul, il était accompagné du commandant Pierre Bécard de Grandville, des charpentiers Jean Langlois et Joseph Caron, des ouvriers menuisiers Olivier Gagné, Louis Gagné et Jean Groudin, avec l’aide de Charles Cadieux, M. de Maur et M. de la Vallée; Joseph et François Du Buisson faisaient le grand cimetière et le chemin. Après avoir préparé les matériaux de construction, le 24 juin 1676, le site était déterminé et on y construisit une chapelle de 30 pieds et un magasin prêt à recevoir les marchandises. Dès le 6 septembre, des autochtones érigèrent 13 cabanes. En plus de Chicoutimi, un autre site avait été choisi, soit celui de Métabetchouan et, au cours du même mois, on y construisit une chapelle et deux maisons. Ce poste dépendait de celui de Chicoutimi pour son approvisionnement. Dès 1677, plus de 400 chasseurs vinrent au poste de traite de Chicoutimi pour échanger leurs pelleteries.

La traite des fourrures est une période importante de notre histoire et il vaut la peine qu’on la souligne et pour en savoir plus, qu’on consulte des livres tels Histoire du Saguenay de Victor Tremblay, Le poste de traite de Chicoutimi de Lorenzo Angers, Feu, fourrures, fléau et foi foudroyèrent les Montagnais de Nelson-Martin Dawson. Le livre de Russel-Aurore Bouchard, Naissance d’une nouvelle humanité au cœur du Québec, nous présente une autre page de notre histoire que nous aurions intérêt à mieux connaître.

Jacques Pelletier

Auteur du livre Le toponyme Chicoutimi, une histoire inachevée

Rester à l’affût, sans négliger l’essence de l’éducation

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Rester à l’affût, sans négliger l’essence de l’éducation

OPINION / L’auteur de cette lettre est Jean-François Audet, enseignant au département de littérature au Cégep régional de Lanaudière de Terrebonne. Il répond à la chronique de Sébastien Lévesque, Le problème avec l’école.

À lire : Le problème avec l'école

Je me permets de répondre au texte que vous avez fait paraître récemment au sujet de l’école. Je dirais d’emblée que je partage en grande partie vos vues au sujet du modèle éducatif qui structure la pédagogie dans nos écoles, mais j’aurais aussi quelques objections ou quelques bémols à apporter.

Comme vous le dites si bien, le modèle éducatif actuel n’est pas indissociable de la société dans laquelle nous sommes. C’est précisément la raison pour laquelle des intellectuels avertis, comme Normand Baillargeon ou Martha Nussbaum notamment, qui observent et critiquent les pratiques des institutions à vocation éducationnelle, dénoncent le fait que les écoles, les collèges, les universités sont de plus en plus assujettis à un modèle de croissance économique. Il faut « produire » des diplômés de façon à répondre aux demandes du marché du travail. Les finalités humanistes de l’éducation, que semble reprendre votre conjointe dans son école à la maison selon vos propres dires, sont de plus en plus occultées par ces objectifs de rentabilité et de productivité. C’est ce qui explique aussi que dans le réseau collégial et dans les universités, les facultés de littérature, d’arts, de philosophie aient des difficultés de recrutement et soient parfois considérées comme des disciplines où le savoir et les compétences qu’on y transmet sont peu utiles pour d’éventuels citoyens (qui devraient être actifs avant tout en tant que rouage de l’économie). Selon une pensée qui emprunte des raccourcis qui font fi de bien des données, on croit que l’art, la philosophie n’apportent rien dans l’immédiat à l’humain. Aucune retombée « concrète ». Et pourtant.

Vous dites justement que l’éducation doit être synonyme d’épanouissement et de bonheur. Vous affirmez toutefois que, pour le moment, les écoles ne font de nos enfants que des « machines à apprendre ». C’est ici où j’apporterais un premier bémol. Que peut sous-entendre une telle expression ? Inutile de dire que savoir, apprentissage et éducation sont indissociables, évidence avec laquelle vous ne seriez certainement pas en désaccord. Peut-être vous faites-vous l’écho du discours de certains pédagogues, qui affirment que la transmission de savoirs, telle que l’avait conçue l’école traditionnelle (pour reprendre votre expression), repose sur une vision pédagogique dépassée, qui n’est plus en phase avec les réalités actuelles. Ce qu’on nomme de façon plutôt péjorative comme du « prêt-à-apprendre » et du « prêt-à-digérer », du contenu qui serait acquis avec comme seule finalité d’être recraché aux examens, serait à bannir de nos institutions scolaires, selon les tenants d’une telle approche. Or, si on revient aux modèles préconisés par Baillargeon, Nussbaum ou d’autres écoles aux États-Unis, c’est plutôt l’inverse qui prévaut : il faut mettre de l’avant les connaissances. Pourquoi ? Parce que ce savoir, qui doit être multidisciplinaire et s’inspirer notamment de ce qu’on nommait autrefois les arts libéraux, conduit à un élargissement des perspectives, au développement d’un esprit créatif et polyvalent, à l’émergence de la pensée critique. En effet, sans connaissance de l’histoire, de la politique, des arts, comment juger adéquatement du monde dans lequel nous évoluons ?

Je suis professeur au collégial en littérature. Je vous dirais, après près de quinze ans d’expérience dans le milieu, que les collègues que je côtoie, et ce, dans bien des disciplines, restent animés par cette vision noble de l’éducation. Or, comme vous le disiez si bien, l’école reste tributaire d’un modèle de société. Si vous avez l’impression que l’école participe à ce modèle en formant avant tout des travailleurs et des consommateurs, il serait important d’aller voir sur le terrain ce qu’enseignants et professeurs font pour tenter de lutter contre ce formatage des esprits, contre toute cette culture qui systématise pour bien des sphères de la vie la mentalité de l’utilisateur-payeur. Sans vouloir dédouaner entièrement le système éducatif de la part de responsabilité qui lui revient, il faut se demander aussi dans quel « état de réception » nous arrivent nos jeunes. Sont-ils tous ouverts à ce savoir qui leur permettrait de s’interroger sur leur rôle en tant que citoyens, sur leur être-au-monde ? 

Dans Les émotions démocratiques, Martha Nussbaum précise un fait souvent relayé comme une évidence par le discours social : si l’éducation est le lieu par excellence de la formation des esprits, il ne faut pas exclure le rôle prépondérant que doivent jouer la famille et le milieu social. Vous avez compris, en ce qui vous concerne, l’importance de la famille dans l’équation, en choisissant l’école à la maison. Cela dit, il ne faut pas condamner pour autant tout le système éducatif. Ni, par la même occasion, ceux qui en demeurent les principaux piliers, c’est-à-dire enseignant.e.s et professeur.e.s. La foi dans les connaissances, la créativité et le développement de la pensée critique demeure vivace. Et leurs efforts soutenus pour susciter l’enthousiasme et ne pas étouffer la « curiosité naturelle » des jeunes demeurent tout aussi présents. En cherchant notamment à renouveler les stratégies d’apprentissage, en misant sur la technopédagogie, en restant à l’affût des transformations du monde. Mais sans pour autant mettre de côté l’essence même de « l’école traditionnelle » : transmettre des savoirs. Et, pour suivre la pensée d’un grand philosophe et humaniste de notre temps, George Steiner, en misant notamment sur le par coeur. Au risque de faire de nos jeunes des « machines à apprendre ».