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Carrefour des lecteurs

L’annulation des examens ministériels et provinciaux : une mise au point

Dans les derniers jours, le gouvernement de l’Ontario, par l’intermédiaire de l’Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE), annonçait l’annulation des examens provinciaux. À l’instar de l’Ontario, le Québec a emboîté le pas en décidant que les examens ministériels de juin 2020 étaient tous annulés. Il s’agit de sages décisions compte tenu des circonstances. En effet, les écoles sont actuellement fermées et nul ne sait à quel moment elles ouvriront de nouveau. L’Alberta nous a sans doute donné un avant-goût d’une plausible décision en annonçant d’ores et déjà que les écoles seraient fermées jusqu’en septembre. À la suite de ces annonces, plusieurs personnes ont réagi dans les médias, dont nos collègues Nicole Monney et Stéphane Allaire de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), dans une lettre publiée le 24 mars 2020 dans Le Quotidien. Nous tenons à réagir à l’égard de deux arguments pour lesquels nous aimerions apporter quelques nuances.

Premièrement, nos collègues affirment qu’un examen « ne pourra jamais être représentatif de tous les apprentissages réalisés sur plusieurs mois dans une classe ». C’est vrai ! Mais avoir en main ces informations est très instructif pour les autres partenaires de l’éducation (direction, conseillers pédagogiques, etc.). Évidemment, nous pensons qu’il faille remettre en question ces examens. Par contre, il nous apparaît important de le faire pour de bonnes raisons. À titre d’exemple, on pourrait simplement mentionner que les examens, autant en Ontario qu’au Québec, n’ont presque pas changé alors que les programmes sont passés d’une approche par objectifs à une approche par compétences. Éliminer les examens, car ils ne sont pas représentatifs de tous les apprentissages des élèves, revient ni plus ni moins à « jeter le bébé avec l’eau du bain ». De plus, les traces de l’évolution des apprentissages d’un grand nombre d’élèves dans le temps sont rares et ces examens, bien qu’imparfaits, nous offrent une telle information. Rappelons aussi qu’au Québec, par exemple, les résultats aux examens ministériels sont aussi intégrés à la fameuse cote R. Bien que critiquable, ce coefficient a le mérite de tenter de mesurer l’évolution de l’élève dans le temps.

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Les gens qui travaillent durant la pandémie

OPINION / La plupart des gens ont eu droit à un long congé - forcé pour plusieurs -, à cause du coronavirus, et tout le monde trouve très dangereux et déconseille de sortir dans ces conditions.

Pourtant, plusieurs personnes continuent de travailler et risquent leur vie chaque jour... pour 2 $/h de plus. Moi-même étant livreur dans une pharmacie, je trouve que les gens ne sont pas assez informés du risque que nous prenons chaque jour pour que tout le monde ait ses médicaments en ce temps de crise.

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Mon Quotidien sur papier me manque déjà!

OPINION / Dans la foulée de la pandémie de la COVID-19 et devant les publicitaires qui ne sont presque plus au rendez-vous, Le Quotidien se voit obligé de cesser temporairement la publication de la version papier du journal du lundi au vendredi. Le même scénario s’applique pour les cinq autres journaux du groupe de la nouvelle coopérative. Cependant, l’édition papier du Progrès, avec son superbe cahier Le Mag, demeure et est donc publié et distribué.

Par solidarité, j’invite tous les lecteurs qui ne sont pas encore abonnés à la version papier du journal à le faire. J’invite la population sinon à acheter en magasin Le Progrès. Quand on y pense un peu, cela ne coûte pas plus cher que d’aller prendre un café au restaurant. Mais comme la plupart des restaurants sont fermés en ce moment, à cause de la crise qu’on connaît, voilà une raison de plus pour acheter le journal en prenant un bon café chez soi. Ainsi, on encouragera ses artisans qui nous offrent un produit d’une très grande qualité et des plumes journalistiques aiguisées. Solidarité, vous dis-je !

Voilà un beau journal qui doit continuer à perdurer le plus longtemps possible dans sa  version papier, en plus de celle en ligne tout aussi belle et bien fignolée. Tout ça en attendant, bien sûr, le retour éventuel du Quotidien version papier en semaine.

Yvan Giguère

Saguenay

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CECI N'EST PAS UNE ÉCOLE!

Un ordinateur portable, une connexion Internet, un serveur, une panoplie d’applications numériques ne peuvent pas, tant s’en faut, se substituer à l’école comme milieu de vie et encore moins au travail sur le terrain des enseignants et des enseignantes.

En cette période de crise sanitaire, sociale et économique, certains qui en doutaient encore vont l’apprendre rapidement, alors que d’autres, qui ne juraient que par ces technologies pour « réinventer l’école » ou pour « créer l’école du futur », vont perdre rapidement leurs belles illusions.

Car je vais vous faire une confidence : tout ce matériel informatique composé de plastique, de verre et de métaux est sans âme. Aucun sentiment, aucune émotion ne sont en mesure de se dégager de ce tas d’atomes. L’ordinateur peut bien dicter un ensemble de procédures des plus rationnelles, mais jamais il n’accompagnera les étudiants et étudiantes dans leur parcours scolaire, social et humain comme peuvent le faire les enseignants et enseignantes lorsqu’ils sont en relation étroite, réelle, physique et empathique avec eux.

J’enseigne au niveau collégial et voilà qu’on nous demande dans l’urgence et la précipitation de se retourner sur un dix cents afin de sauver, non pas des vies, mais la session de nos étudiants en misant le tout pour le tout sur les cours en ligne. Oui, je veux bien. Je vais « collaborer » à cet effort de guerre, je serai un bon soldat, j’irai au front. Mais attention ! Empruntant les habits du devin Tirésias, je vous préviens : les résultats seront lamentables, pour ne pas dire catastrophiques. Je fais bien sûr référence aux résultats scolaires, mais aussi, et surtout, aux répercussions que cette tyrannie numérique en cette période de crise sanitaire aura sur la santé mentale de nos étudiants, sur le taux de stress et d’angoisse qu’ils ressentiront tout au long de cette immense tentative d’improvisation technopédagogique.

À force d’entendre les chantres du tout numérique, on est porté à surestimer les vertus de ces applications et aussi la maîtrise de ces mêmes outils par nos étudiants. Bien qu’ils aient presque tous un téléphone intelligent, ils sont nombreux à ne pas posséder d’ordinateur à la maison et parfois même de connexion Internet. Mais ceci, tout compte fait, est secondaire. Ce qui est le plus préoccupant, c’est le milieu physique dans lequel ils vont se retrouver pour suivre ces cours en ligne et l’état d’esprit qui sera le leur pour entreprendre et mener peut-être cette tâche à terme.

Faut-il le rappeler : le Québec, l’Amérique, le Monde traversent une grave crise sanitaire, sociale et économique. On demande aux citoyens de rester chez eux. La plupart des commerces ont été fermés. Des millions de personnes ont perdu leur emploi. Chaque jour, le premier ministre fait une mise à jour sur le nombre d’infections et de morts causés par le coronavirus. Vous allumez la télévision et toutes les nouvelles portent sur cet événement exceptionnel et gravissime. Et nous, pendant ce temps, on demande aux étudiants de suivre des cours en ligne !

Pensez-vous qu’ils trouveront quelque part dans un recoin de leur cerveau l’attention, l’énergie et la volonté nécessaires pour remplir une pareille tâche ? Voilà quelques jours, j’ai envoyé un message à mes étudiants pour savoir s’ils connaissaient l’application Zoom dans le but de pouvoir faire des vidéos-conférences avec eux si jamais cette option était retenue. Jusqu’à maintenant, à peine 20 % de ceux-ci m’ont répondu !

C’est que, voyez-vous, ils sont ailleurs, pas physiquement, mais mentalement. Comme vous et moi, ils sont probablement très préoccupés et même perturbés par tout ce qui se passe dans leur environnement immédiat. Leurs parents – ou eux-mêmes – ont peut-être perdu leur emploi. L’argent va commencer à se faire rare pour plusieurs. Leur réseau social a été démantelé et leurs habitudes quotidiennes, chamboulées. Tous les membres de la famille se doivent de partager jour et nuit le même espace vital et peut-être même le seul ordinateur disponible dans la maison ou le petit appartement qu’ils occupent tous. Voilà autant de facteurs et de coups du sort qui sont propices à faire monter la tension psychologique et la détresse chez ces adolescents en quête de sens.

Mais pendant ce temps, on leur demande, dans un climat déjà très tendu, de suivre des cours en ligne, de se brancher pendant des heures et des heures à une technologie qui, comme on le sait, est elle-même anxiogène.

Après, on viendra nous dire qu’on se préoccupe de la santé mentale de nos jeunes...

Réjean Bergeron

Essayiste et professeur de philosophie au niveau collégial

Montréal

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Qui sont les gagnants ?

OPINION / En général, la bonne gestion de la crise par le gouvernement Legault est surprenante à plusieurs égards.

L’homme qui avait déjà en majorité conquis les Québécois par son franc-parler et pour son amour de la nation ne pouvait être au meilleur endroit au meilleur moment. Il brille par ses qualités de leader et par la rapidité décisionnelle dont il fait preuve. Il a saisi immédiatement l’urgence d’agir dans l’intérêt commun en prenant des décisions difficiles afin de protéger la population.

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Les fameux examens du ministère!

OPINION / Ce texte a été rédigé par Nicole Monney et Stéphane Allaire, professeurs au Département des sciences de l’éducation à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Dimanche, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé que les examens du ministère étaient annulés en raison de la crise du COVID-19. Les élèves de cette année seront-ils pénalisés par cette situation ? Nous en doutons ! Pour comprendre, il est nécessaire de faire un retour sur le rôle de l’évaluation des apprentissages au quotidien, et plus particulièrement celui des examens du ministère.

Carrefour des lecteurs

Les « zami.e.s »

OPINION / Nous allons tous, un jour ou l’autre, avoir des périodes de découragement, et c’est humain.

Maintenant, nous avons un combat à mener et la meilleure arme contre cet ennemi inconnu est de garder le moral, d’écouter les consignes des spécialistes et d’être patients.

CARREFOUR DES LECTEURS

Place à l’intelligence collective

OPINION / Dans chaque chose, il y a du positif.

Depuis le début de la crise du virus COVID-19, les médias font un travail basé sur les faits et la science. De leur côté, les élus et les politiciens font un excellent travail de terrain. L’information est claire et clairement diffusée, les messages faciles à comprendre.

CARREFOUR DES LECTEURS

Des scientifiques vous expliquent

OPINION / Ce texte est signé par Catherine Laprise, professeure en sciences fondamentales de l'UQAC et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en environnement et génétique des troubles respiratoires et de l'allergie à l'UQAC, avec la collaboration de Caroline Duchaine, professeure au département de biochimie, microbiologie et bio-informatique de l'Université Laval. 

Ce texte vise à partager les faits scientifiques documentés concernant le coronavirus.

Carrefour des lecteurs

Bien informée !

OPINION / Depuis quelques semaines je reçois, gracieusement, chaque matin, Le Quotidien, que je lis attentivement d’une page à l’autre.

Celui du 17 mars 2020, concernant COVID-19, m’a particulièrement intéressée. Ce que nous vivons présentement est pour le moins inquiétant. Pour la majorité d’entre nous, c’est du jamais-vu et je ne croyais pas vivre cela à mon âge.

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Progression du coronavirus et système d’information

OPINION / L’information de qualité est un enjeu majeur dans toute crise. Le gouvernement du Québec l’a très bien compris. La qualité de l’information et la cohérence des messages sont au rendez-vous. Nous comprenons mieux les messages et la pertinence des mesures qui sont prises. Nous acceptons plus facilement de modifier nos comportements pour des intérêts plus grands que les nôtres. Le leadership de notre premier ministre, de la ministre de la Santé et des Services sociaux et du directeur national de la santé publique et la cohésion et la compétence de notre communauté scientifique et médicale font honneur à notre société et ferment la porte aux fausses nouvelles que favorise la gestion par le vide.

Les mesures urgentes pour diminuer la progression de la maladie, pour mettre en place un système d’évaluation et pour adapter les services de santé ont été prises. D’autres viendront sans doute dans les prochains jours et les prochaines semaines. Les efforts pour s’assurer de leur mise en place et de leur maintien sont gigantesques et demeurent une priorité du gouvernement et de toute notre société.

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COVID-19: appel à un geste de solidarité

OPINION / Depuis plusieurs semaines déjà, nous suivons avec beaucoup d’attention ce qui se passe autour du monde avec ce virus qui nous envahit un peu plus chaque jour. Nos sentiments partagés en ce moment sont l’impuissance et, à cause du confinement, un sentiment de solitude.

Dans le but de briser notre isolement, à la lumière de ce qui se fait dans d’autres pays, notamment en Italie – malgré la lourdeur de leur épreuve –, je propose qu’à tous les soirs, à 21 heures, pour cinq minutes, nous allumions une bougie ou une lumière bien visible à notre fenêtre dans un temps de silence et de prière commune à distance.

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Pourquoi pas ?

OPINION / Cette semaine, on a attiré mon attention sur une lettre d’opinion de Louis Sormany, que vous avez publiée dans votre édition du 28 février dernier. Je tiens à y réagir !

M. Sormany, que l’on présente comme un juriste et un ex-employé du ministère du Conseil exécutif, n’a sûrement pas assisté à la rencontre sur la réforme du mode de scrutin présentée à l’UQAC le 20 février dernier. Ou s’il y était, il n’a pas bien écouté, bien entendu, ni bien compris !

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Réapprivoiser la cuisine

OPINION / On estime que le marché annuel des ventes de livres de cuisine au Québec vaut entre 15 et 18 millions de dollars. Ce qui représente près de 2 $ par Québécois dépensés pour des livres de recettes. La carrière d’auteur ou autrice de livres de cuisine au Québec semble payante. En 2019, parmi les 15 volumes les plus vendus au Québec, six étaient des livres de recettes, ou des ouvrages liés à l’alimentation. Deux d’entre eux traitaient de l’alimentation végane. Au Québec seulement, il se vend annuellement près de 450 000 livres sur l’alimentation à un prix moyen d’environ 21,50 $. Les Québécois achètent plus de livres liés à l’alimentation par tête que n’importe quel autre Canadien.

On estime que le marché annuel des ventes de livres de cuisine au Québec vaut entre 15 et 18 millions de dollars. Ce qui représente près de 2 $ par Québécois dépensés pour des livres de recettes. La carrière d’auteur ou autrice de livres de cuisine au Québec semble payante. En 2019, parmi les 15 volumes les plus vendus au Québec, six étaient des livres de recettes, ou des ouvrages liés à l’alimentation. Deux d’entre eux traitaient de l’alimentation végane. Au Québec seulement, il se vend annuellement près de 450 000 livres sur l’alimentation à un prix moyen d’environ 21,50 $. Les Québécois achètent plus de livres liés à l’alimentation par tête que n’importe quel autre Canadien.

Depuis les cinq dernières années au Québec, malgré la diminution marquée des ventes de livres en général, les ventes de bouquins liés à l’alimentation ont progressé légèrement de 1,4 %. Même si l’Internet prend plus de place, les ventes de livres de cuisine et d’alimentation se montrent résilientes en sol québécois. Cependant, même si certains livres n’ont pas à prouver leur utilité, d’autres accumulent la poussière sur les tablettes ou seront redonnés en cadeau à quelqu’un d’autre. Avec tous ces livres, les Québécois passent-ils vraiment plus de temps dans la cuisine que les autres Canadiens ?

Les Québécois aiment aller au restaurant, sans aucun doute. Selon un récent sondage de l’Université Dalhousie, 42 % des Québécois aiment aller manger à l’extérieur, au restaurant ou ailleurs, au moins deux fois par semaine. La moyenne canadienne tourne autour de 39 %, toujours selon le même sondage. Près de 4,9 % des Québécois achètent chaque jour des produits prêt-à-manger au supermarché. Ce qui constitue le plus haut pourcentage au Canada, après l’Ontario qui se situe à 5,8 %.

N’oublions pas le fait que les gens mangent de plus en plus seul. Cuisiner seul ou vouloir bien manger seul pose parfois un défi. Au total, toujours selon le même sondage de Dalhousie, 23 % des Québécois mangent chaque repas seul, et 41 % le font au moins une fois par jour. La moyenne canadienne est respectivement de 23 % et 45 %. Donc les Québécois ne font pas exception et plusieurs mangent seuls. Cuisiner pour soi-même n’est jamais très stimulant.

En contrepartie, recevoir des gens à la maison incite toujours à cuisiner. Vraiment peu de gens commanderont des produits alimentaires sans rien faire de plus dans la cuisine pour accueillir des amis ou la parenté. Selon le sondage, recevoir de la visite à la maison se fait fréquemment au Québec. À ce chapitre, la belle province se démarque pleinement. Au total, 10,2 % des Québécois reçoivent des gens à la maison chaque semaine, ce qui constitue le plus haut pourcentage au Canada. La moyenne canadienne se situe sous 9 %. Comme nous servons rarement du macaroni au fromage à nos invités, les livres de recettes offrent un portfolio d’idées intéressantes à déguster autour d’une table. 

La qualité de ces livres sur les étagères des librairies ces temps-ci sort du commun. La créativité et l’originalité des auteurs et autrices se traduisent par des contenus accrocheurs agrémentés d’images et d’idées qui stimulent les sens. Tout cela pour un petit marché comme le Québec ! Le marché anglophone, quant à lui, regorge de livres écrits par des vedettes d’Hollywood qui misent sur leur notoriété et rarement sur l’ingéniosité des recettes proposées et la mise en page. Tandis que certains livres anglophones optent pour le sensationnalisme et le superflu, l’approche québécoise demeure généralement réaliste. Cela nous rappelle que tout reste dans le domaine du possible en alimentation. Ces livres nous offrent un patrimoine gastronomique incroyable, à l’image d’une société plus moderne et plus égalitaire. L’héritage de Jehane Benoît et Sœur Berthe, par exemple, reste précieux. Mais les livres que l’on retrouve aujourd’hui permettent à tout le monde de prendre sa place dans la cuisine – hommes, femmes, enfants, véganes, gens pressés, personne à budget restreint, etc. L’offre devient très inclusive comparativement à celle d’il y a seulement trente ans. 

Même si clairement les Québécois passent moins de temps dans la cuisine malgré les ventes ahurissantes de livres, il n’en demeure pas moins que ces livres permettent à tout le monde de rêver et d’imaginer une nouvelle diète ou une tablée animée. Entre amis ou avec la famille, leur contribution sociale est palpable. Les gens parlent souvent d’une nouvelle recette proposée dans une publication signée par un chef réputé, mais le manque de temps, la vie moderne et les choix de société nous amènent à faire toutes sortes de choses, sauf cuisiner davantage. Mais la pandémie pourrait tout changer. En passant plus de temps à la maison, les Québécois seront certes incités à cuisiner davantage.

Mais si les 18 millions de dollars de ventes de livres en alimentation par année n’entraînent ne serait-ce qu’une seule personne de plus à cuisiner davantage, crions victoire !

Sylvain Charlebois, professeur

Directeur principal

Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire

Université de Dalhousie, Nouvelle-Écosse

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Lettre à la ministre Laforest

OPINION / Il y a 18 mois, vous avez été élue comme ministre de l’Habitation, champs d’intervention qui touche en plein cœur Loge m’entraide dans sa mission, ses revendications, ses combats en vue de faire avancer le droit au logement et reculer la pauvreté à Saguenay.

Depuis, nous tenons une rencontre aux 6 mois, dans votre bureau de comté à Chicoutimi, pour discuter de logement social, des enjeux, des besoins, des investissements requis en la matière, ici et au Québec.

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COVID-19 : améliorer l’école

OPINION / Ce texte d'opinion est rédigé par Stéphane Allaire et Patrick Giroux, professeurs au Département des sciences de l'éducation à l'Université du Québec à Chicoutimi. 

Le gouvernement a rehaussé les mesures de prévention pour contrôler la diffusion de la COVID-19. Entre autres, on encourage les gens à travailler à la maison. Des entreprises et organismes ont déjà demandé à leurs employés de s’y conformer.

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Aide sociale : des citoyen (ne) s de seconde zone ?

OPINION / Dans son dernier budget, le gouvernement du Québec porte une attention particulière aux personnes « vivant des situations très difficiles nécessitant un soutien accru de la part de la société ».

Il est vrai que le budget contient des mesures nécessaires pour les femmes victimes de violence conjugale, les personnes aidantes, les parents d’enfants majeurs lourdement handicapés, les aîné (e) s en CHSLD et les enfants « maltraités ou négligés ». Et c’est très bien.

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Préoccupations à l’égard de l’eau

OPINION / Après avoir bien pris connaissance et analysé les différents éléments intrinsèques à GNL Québec et Gazoduq, l’Organisme de bassin versant du Saguenay (OBV Saguenay) est préoccupé par les impacts potentiels du projet sur les enjeux de l’eau.

Le projet consisterait à l’importation de gaz naturel non conventionnel de l’Ouest canadien via un gazoduc, dont 780 km sont à construire, et qui traverserait le Québec de l’Abitibi jusqu’au Saguenay. Une usine de liquéfaction et un terminal maritime sur le bord de la rivière Saguenay, également à construire, transformeraient le gaz naturel en gaz naturel liquéfié (GNL) pour l’acheminer par voie maritime sur les marchés mondiaux.

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Langue en mutation

OPINION / Une langue est toujours en évolution et de nouveaux mots font continuellement leur apparition pour enrichir cette langue. Nous avons la chance au Québec d’avoir des gens qui nous alimentent régulièrement en nous enseignant de nouveaux mots ou expressions. Un gros merci à ces contributeurs du français, car j’ai appris dimanche soir l’expression « jet lag », qui est sûrement une nouvelle façon montréalaise de dire en français « décalage horaire » et l’expression « high maintenance » que deux dames ont partagée avec nous pendant la même émission. J’aurais souhaité cependant qu’elles puissent nous donner un équivalent en français de cette expression afin que nous, pauvres unilingues francophones, nous puissions avoir accès à leurs connaissances et savoir comment utiliser ces expressions.

Je vous remercie de penser aux gens de l’extérieur de la métropole qui aimeraient bien comprendre votre langue enrichie.

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Conseillers, gardez-vous une petite gêne

OPINION / Si on résume le débat entourant le salaire des conseillers municipaux de Saguenay, la moitié de ces représentants du peuple sont là pour le salaire. Sinon, pourquoi s’en défendraient-ils publiquement ? Pourquoi vouloir justifier un salaire si ce n’est qu’il est trop élevé ?

Surtout qu’on le prétend légitimé. Dans un contexte où on demande aux contribuables de se serrer la ceinture en augmentant les taxes, où on n’arrive pas à atteindre nos objectifs de coupes dans l’administration municipale et où le prix de nos maisons subit une dévaluation, est-il justifié d’accorder une augmentation de plus de 25 % à nos administrateurs ?

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La communication du risque, l’ère des « fake news »

OPINION / Un récent sondage démontre que 38 % des Américains évitent la fameuse bière Corona en raison de l’épidémie du coronavirus, nouvellement connu sous le nom de Covid-19. Il n’y a évidemment aucun lien entre la bière et le virus, mais il semblerait que plusieurs associent le nom du produit et la maladie. Constellation Brands, le fabricant de la bière emblématique, a rapidement envoyé une déclaration selon laquelle les ventes n’étaient pas affectées jusqu’à présent par l’épidémie, mais sans fournir de chiffres clairs. Peu importe, avec la semaine de nervosité intense des marchés boursiers et la panique qui envahit les réseaux sociaux, les Américains ont toujours une relation aussi intéressante qu’imprévisible avec le risque.

Même si les résultats de l’enquête ont été contestés par l’entreprise et par de nombreux analystes, ce qui sonne vrai, c’est la peur de la peur des Américains. À maintes reprises, l’obsession des États-Unis pour les risques et la façon dont ils les gèrent fascinent les Canadiens depuis de nombreuses années. Il suffit de penser au fait que les Américains ont littéralement érigé un mur entre eux et le Mexique ! La perception du risque relève rarement du rationnel, notamment aux États-Unis. Certains rapports suggèrent que les restaurants des quartiers chinois à travers l’Amérique, de Los Angeles à New York, ont vu leur achalandage baisser de 20 % par rapport aux ventes de janvier et février de l’année précédente. Au Canada, certains pensent que le même phénomène se produit, mais aucun chiffre n’a été communiqué avec précision. Il reste toujours difficile de déterminer la validité de ces rapports, mais un tel comportement ne surprendrait personne aux États-Unis. Avec autant de choix sur le marché, les Américains peuvent envisager d’autres options.

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L’heure juste sur la mise sur pied d’une commission du BAPE

OPINION / Cette lettre a été écrite par le président du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), Philippe Bourke.

Depuis ma nomination en novembre 2017, je souhaite que le Bureau d’audience publique en environnement (BAPE), une importante institution de démocratie participative pour le Québec, enviée partout dans le monde, soit davantage reconnu, et surtout, mieux connu du grand public.

La publication d’un article d’Alexandre Shields dans le Devoir du 3 mars dernier, et la manière dont il a pu être interprété, indique à quel point il y a encore beaucoup de travail à faire à ce chapitre.

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Pour un Québec riche et prospère

OPINION / Cette lettre d’opinion est rédigée par Claudia Fiore-Leduc, de la Coalition des Tables régionales d’organismes communautaires (CTROC), Tristan Ouimet-Savard, du Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA), Éloïse Lara Desrochers, du Regroupement des organismes en défense collective des droits (RODCD), Lucio Castracani, du Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ), et Olivier Bellemare, de la Table nationale des Corporations de développement communautaire (TNCDC).

En attente du second budget de la CAQ, les organismes d’action communautaire autonome (ACA) sont impatients de savoir si le gouvernement optera pour une solution « plaster » ou pour une solution qui viendra réellement faire une différence pour ce réseau bien ancré dans les communautés de toutes les régions du Québec.

Mais attention ! Ne vous laissez pas berner par le titre de cette lettre et n’attendez pas que nous fassions ici l’apogée de la croissance économique à tout prix. Nous en avons bel et bien soupé de ces discours vertueux qui endorment les citoyens et les citoyennes… La campagne unitaire « Engagez-vous pour le communautaire », portant la voix de milliers de travailleurs et travailleuses, bénévoles et membres des quelques 4000 organismes communautaires autonomes du Québec, a plutôt envie de parler de richesse et de prospérité réelle, celle qui existe grâce à toutes les actions quotidiennes accomplies au sein des organismes. Que l’on parle de la période d’aide aux devoirs que Monique a passée avec Karim dans un organisme de lutte au décrochage, au repas communautaire préparé et partagé par les membres d’un centre d’action bénévole, en passant par l’accompagnement de madame Côté qui tente de s’extirper des prises d’un conjoint violent, c’est cette richesse humaine qui nous permet de réellement « prospérer » et qui nous permet de tricoter maille après maille le filet social du Québec depuis plus de 50 ans.

Carrefour des lecteurs

Personne n’est plus sourd que...

OPINION / Si le patronat québécois veut maintenant la modernisation de la loi sur la Santé et la sécurité au travail (SST), il est bien mal barré en espérant voir les syndicats assumer ce qu’il appelle leur part des coûts des accidents et des maladies professionnelles. À ce que je sache, le milieu de travail appartient toujours au patron. Si un ouvrier s’enfarge dans un tapis mal disposé, qui est responsable ?

S’il y a aujourd’hui une loi sur la Santé et la sécurité au travail perfectible et modernisable, c’est grâce aux travailleuses et travailleurs syndiqués qui ont lutté pour l’avoir. Le patronat, qui a travaillé fort contre cette mesure votée à la fin des années 70 par le gouvernement péquiste de René Lévesque pour remercier la classe ouvrière de l’avoir élu en 76, s’est montré à l’époque contre la modernisation et contre la civilisation des conditions de travail dans ses propres entreprises. Tout ce qui compromettait les profits des compagnies était inacceptable par toute une frange de la société.

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GNL Québec et la dépendance des fonds publics

OPINION / Cette lettre d’opinion est signée par l’économiste de Saguenay Gilles Bergeron.

Dans leur lettre publiée dans Le Quotidien du 27 février, deux chercheurs de l’IRIS (Institut de recherche et d’informations socio-économiques) nous informent que des milliards de dollars de fonds publics ont été accordés à des projets dans le secteur de la production de gaz liquéfié. Ces fonds publics ont été accordés sous forme d’avantages fiscaux et de subventions. Les auteurs en viennent à la conclusion qu’il en sera de même pour le projet de GNL Québec.

Carrefour des lecteurs

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean rapetisse

OPINION / Pour le meilleur ou pour le pire, le projet de construction d’une usine de liquéfaction de gaz naturel (projet de GNL Québec) au Saguenay ne se réalisera probablement pas.

Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, cet autre projet économique « avorté » laissera la région à ses perspectives de déclin tranquille.

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Il faut rénover la piscine du Cégep de Chicoutimi

OPINION / Il y a plus de 50 ans, Claude Maltais créait un petit groupe de nageurs qui travaillaient chez Hydro-Québec et qui se rejoignaient dans la piscine du Cégep de Chicoutimi pour s’entraîner, se réunir tous ensemble, simplement pour le plaisir de s’activer. Toutes ces années plus tard, grâce à la piscine du cégep, leur cadran sonne toujours trois matins par semaine pour leur rappeler qu’il est l’heure de mettre leur maillot et de nager. Un tissu serré de citoyens ayant leur santé à coeur s’est créé et, longueur après longueur, la santé de ceux-ci n’a cessé de s’améliorer.

Je suis l’un de ces citoyens qui nagent dans ces eaux depuis plus de 40 ans.

Malheureusement, les installations actuelles nécessitent une revitalisation urgente. Nous sommes en mesure de le constater chaque matin.

Ce projet nécessite que la voix des utilisateurs de la piscine soit entendue auprès de la mairie.

Par la présente, j’insiste pour joindre notre voix à celles de Michel Dufour et de Pierre Lavoie afin que se concrétise la rénovation de la piscine du Cégep de Chicoutimi. 

J’insiste aussi pour parler au nom des 7000 personnes qui profitent déjà de ces installations. Sachant que les villes qui ont modernisé leurs infrastructures ont quadruplé leur clientèle, je souhaite que ma voix résonne et invite les potentiels 28 000 futurs utilisateurs de la piscine à exprimer leur désir de voir un si important projet prendre vie.

Qui plus est, puisque j’oeuvre comme médecin spécialiste à l’hôpital de Chicoutimi, je suis en état de constater quotidiennement le besoin urgent de faire bouger la population.

Soyons à la hauteur de cette ville qui se veut la capitale des saines habitudes de vie et préconisons des infrastructures inclusives qui savent répondre à l’ensemble des citoyens, de tous âges et de toutes capacités.

Au nom de mon groupe de nageurs et de notre responsable Fabienne Gravel, pharmacienne, je signe.

Sylvain Gagnon, gynécologue

Hôpital de Chicoutimi

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LE NOUVELLE RELIGION

Les temps changent et le monde aussi, comme dit la pub. Aujourd’hui, on semble avoir délaissé les religions traditionnelles pour s’accrocher à des concepts plus modernes. L’environnement et l’écologie prennent toute la place. À l’école, on n’enseigne plus le catéchisme ni les prières. On apprend l’importance de poser des actes significatifs pour sauver la planète. Les générations précédentes ont craint l’enfer; aujourd’hui, on craint le réchauffement de la planète plus justement identifié dorénavant par les changements climatiques. 

Comme toute religion, tout n’est pas mauvais, mais les religions traînent avec elles leur lot de fanatiques. L’environnement ne fait pas exception. 

Ceux qui croient et qui suivent les règles imposées par les religions deviennent, de façon générale, des actifs pour la société. Voltaire expliquait ainsi l’utilité de la religion pour la société : « Je veux que mon procureur, mon tailleur, mes valets croient en Dieu. Et je m’imagine que j’en serais moins volé », écrivait ce philosophe du XVIIIe siècle. 

Les gens souscrivent majoritairement à l’application des règles élémentaires pour la protection de l’environnement. Et c’est très bien ainsi. D’autres, cependant, font de l’environnement un combat personnel. L’idéologie environnementale prend une dimension de fin ultime. Et pour certains, ça tourne au fanatisme. 

Surtout que plus le projet est d’envergure, plus il exacerbe les pratiquants écologiques et leur intérêt à le diffamer, sachant que les médias ne demandent qu’à arbitrer ce genre de conflit générateur d’interaction médiatique.

Des politiciens opportunistes sauteront sur l’occasion pour enrichir leur capital politique. D’autres, plus terre à terre, sans être climatoseptiques, se prononcent du bout des lèvres pour ne pas déplaire aux ténors écolos qui jouissent souvent de tribunes privilégiées, comme dans le domaine de l’enseignement, par exemple. Ou encore chez ces autres employés de la fonction publique qui sont souvent plus inquiets de la fin du monde que de la fin du mois.

Faut lire ces fausses allégations sur les réseaux sociaux et le dénigrement qui se fait à l’égard de ceux qui privilégient le développement économique pour comprendre jusqu’où le fanatisme peut mener. Heureusement, il s’agit ici d’une minorité bruyante qui a sonné le réveil de la majorité silencieuse. Et quand les fanatiques religieux débordent, les fidèles cherchent rapidement à s’éloigner de ceux pour qui la fin justifie les moyens.

Richard Banford, ex-chef de cabinet de Jean Tremblay

Saguenay

Carrefour des lecteurs

Un mauvais rêve

OPINION / À suivre les événements et les opinions à propos du projet de GNL Québec, dernièrement, j’ai fait un rêve cauchemardesque. À la suite d’une guerre entre les pour et les contre, tous les robinets des énergies fossiles ont été fermés. Tous les transports en autos, camions, avions et bateaux se sont arrêtés. Seulement pouvaient circuler les privilégiés ayant des unités à l’électricité. La plupart des gens devaient se déplacer à pied, à bicyclette et à bord des transports en commun déjà convertis à l’électricité. Montréal avait rétabli la circulation des chevaux pour le transport des individus et des marchandises. C’était le retour des livreurs de pains, de lait, de viande, de fruits et de légumes.

En raison de l’hiver, plusieurs maisons étaient privées de chauffage. Pour la même raison, plusieurs hôpitaux et écoles étaient fermés. Les sportifs ne pouvaient pas se servir de leur équipement motorisé. Les militaires voyaient leurs véhicules, avions, tanks, jeeps et fusées sans utilité. Même le retour sur la Terre des astronautes de la navette spatiale était compromis. Les Autochtones retournaient à leur mode de vie ancestral.

Avec beaucoup plus de monde, nous étions revenus au siècle dernier. La nourriture et les autres biens de consommation se faisaient rares. C’était la panique généralisée, la folie furieuse, les bagarres, les vols et les meurtres. Les policiers à pied et à cheval étaient débordés, voire dépassés. 

Soudain, en pleine nuit, je me suis réveillé en sursaut. Je me suis exclamé : « Ce n’est pas possible ! »

De retour à la réalité, j’ai constaté que ce n’était qu’un mauvais rêve.

Il est heureux que l’utilisation des énergies fossiles soit à son apogée. Il a fallu, avec l’évolution, un siècle pour nous rendre à aujourd’hui. Peut-être que, d’ici 30 ans, les réserves seront épuisées et que les robinets se fermeront d’eux-mêmes. Sachant cela, les responsables des compagnies sont déjà dans la course aux énergies nouvelles. Cette course ne peut que s’accentuer.

En modernisant avec les énergies fossiles, l’humain a su faire une étape de développement importante. Tout le monde, ou presque, a applaudi. Qu’est-ce qui empêche d’avoir confiance que la transition aux énergies renouvelables se fasse à temps ? Il serait plus opportun de souhaiter du bien à ceux qui sont impliqués dans le développement et la fabrication que de manifester sa peur d’un avenir qui n’est pas là. Il va arriver ce que nous imaginons. Imaginons le bon pour tous, et l’univers l’accordera.

Se poser des questions sur les faits, peser les pour et les contre, émettre ses opinions, c’est très bien. Toutefois, nous avons élu des décideurs en qui nous avons mis notre confiance. C’est ça, la force du nombre, traiter avec respect ceux qui sont à notre service, quitte à leur rappeler, s’il y a lieu. Chialer, tempêter, s’obstiner, combattre, vouloir gagner ou avoir raison est une perte d’énergie. Jean de Lafontaine n’a-t-il pas comparé cet énervement à la mouche du coche qui s’attribuait à elle seule le mérite – dans ce cas-ci, de vouloir sauver seule la planète ? Mettre une entreprise au monde et la faire fonctionner au moins dix ans, c’est très respectable. Des créateurs d’emplois ça ne court pas les rues. Alors, le projet de GNL Québec, c’est un pensez-y-bien.

Martin Belley

Saint-Nazaire

Carrefour des lecteurs

Ne touchons plus à Félix de cette façon!

OPINION / J’ai appris, mais semble-t-il un peu plus tard que tout le monde, que Félix Leclerc avait été censuré dans une école de Montréal. À tout le moins que son texte de la chanson Les 100 000 façons de tuer un homme avait été retiré de l’étude d’une classe d’étudiants du primaire, à la suite de la demande formulée par un parent qui s’était plaint de la teneur trop ironique du texte de Félix Leclerc.

Moi, ce que je trouve le plus ironique dans cette affaire, c’est que des écoles du Québec porte le nom de notre grand auteur-compositeur et poète et voilà qu’on biffe, qu’on bafoue et qu’on rejette, du revers de la main, une de ses œuvres marquantes dans une école. Qu’on ne laisse même pas la chance à une enseignante de faire l’étude dudit texte de chanson à ses jeunes élèves. De mettre en contexte cette œuvre écrite pendant la Révolution tranquille. Qu’on ne laisse pas la chance, à cette enseignante, d’expliquer justement la grande satire et la symbolique de cette chanson de Félix Leclerc.

Du coup, on s’en prend à l’intelligence de ces enfants, en prétextant qu’ils ne sauraient pas faire la part des choses. 

Mais la meilleure façon de tuer l’imaginaire d’un enfant, c’est de l’empêcher de réfléchir, en lui fermant les yeux. 

De grâce, ne touchons plus à Félix Leclerc de cette façon.

Yvan Giguère

Saguenay

Carrefour des lecteurs

Combien de féminicides avant d’agir ?

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, qui aura lieu le 8 mars, il est pour nous important de rapporter une histoire révoltante dont a été saisie l’une des signataires de la présente lettre. Cette histoire raconte le récit d’une Québécoise qui vit, en ce moment même, un vrai calvaire.

Cette lettre a été écrite par les responsables politiques de la condition féminine de la CSN provenant de toutes les régions du Québec et de tous les secteurs d’activités