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Carrefour des lecteurs

À quand les priorités au bon endroit à Saguenay?

OPINION / Alors qu’ici, certains élus s’entêtent à vouloir nous imposer un amphithéâtre dont une grande partie de la population ne veut pas sous prétexte de redonner un « nouveau souffle à la ville », lequel risque en fin de compte de devenir un éléphant blanc, d’autres municipalités cherchent à développer ce qui constitue un véritable moteur de développement social et économique : le transport en commun.

Car ailleurs, on a compris depuis longtemps qu’investir dans le transport en commun, loin d’être un « puits sans fond », rapporte. En effet, les avantages de posséder un service de transport en commun efficace ne sont plus à démontrer : élévation de la qualité de vie par une mobilité et un enrichissement accrus des personnes – les moindres coûts de déplacement augmentent leur pouvoir d’achat –,

lutte contre l’isolement, création d’emplois, recrutement facilité pour les employeurs, lutte contre les changements climatiques, économie d’espace, réduction de la congestion routière, diminution des accidents de la route, hausse de la valeur foncière des bâtiments situés près du service, attractivité rehaussée du milieu pour les entreprises. 

Pour les établissements d’enseignement, la qualité du réseau de transport peut influencer le recrutement et le maintien des effectifs étudiants. De fait, il a été démontré que les villes les plus compétitives sont celles possédant le plus haut taux de déplacements en transport en commun. C’est pourquoi, tandis qu’ici, la Société de transport du Saguenay détériore le service et investit de l’argent public dans des terminus dont le milieu n’a aucunement besoin, la Ville de Montréal, la Communauté métropolitaine de Montréal, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, mais aussi l’Union des municipalités du Québec, multiplient les demandes aux deux paliers de gouvernement pour qu’ils augmentent massivement leurs investissements dans le transport en commun et dans l’exploitation des réseaux de transport.

Bus O Saguenay, un comité de citoyens pour l’amélioration du transport en commun au Saguenay, milite depuis plus d’un an pour la remise en place du réseau de transport tel qu’il existait avant sa refonte en avril 2018, pour l’augmentation de l’offre de transport en commun, pour l’obtention d’une reconnaissance à part entière par la Ville et pour l’instauration d’une tarification sociale, établie avec de bons résultats à la Société de transport de l’Outaouais. Nous demandons donc à la Ville de Saguenay de revoir ses orientations stratégiques, de cesser d’être à contre-courant de tout ce qui se fait ailleurs et de participer activement à la création d’une économie verte, alors que le secteur des emplois verts est actuellement en essor au Canada.

Un service de transport en commun de qualité accroît l’attractivité d’une ville et mousse son économie bien plus que ne le fera jamais une nouvelle salle de spectacles.

Sylvie Dussault

Louise Bouchard

Martine Girard

Lucie Bouchard

Rick Marvin Jean-Pierre

Bus O Saguenay, comité de citoyens pour l’amélioration du transport en commun au Saguenay

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FINANCEMENT DE L'AMPHITHÉÂTRE

Une autogare de 350 places – sûrement payantes – et un amphithéâtre de 4000 places. Vous les stationnez où, les 3000 places qui manquent ? Vous êtes partis de 90 millions $. On est rendus à 60 millions $. Attendez encore une couple d’années et on vous payera pour réaliser votre projet qui, selon moi, a toujours été n’importe quoi. Reportez-vous au Théâtre Palace Arvida : les frais ont doublé et cela a pris cinq ans pour une subvention manquante de 5 millions $. Bonne chance.

Claire Tremblay

Falardeau

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CRÉER DES ATTENTES À SAGUENAY

Bon, ça y est ! On a un projet pour la Ville de Saguenay. Ce n’est pas la mairesse, ce ne sont pas les conseillers, mais bien un ex-cadre de Rio-Tinto qui a soumis ce beau grand projet qu’on va construire à coût nul, paraît-il. Mais quand va-t-on comprendre qu’on peut en présenter tant qu’on veut des projets, mais tant que tout n’est pas ficelé, on ne fait que susciter des attentes ? Allez chercher le financement, trouvez l’endroit qui répond aux exigences de la majorité et annoncez-en la réalisation. Mettez fin à l’amateurisme et prenez vos responsabilités, sans quoi nous aurons besoin de bien plus d’un mandat pour voir se poindre quelque projet que ce soit à Saguenay...

Richard Banford

Ex-chef de cabinet de Jean Tremblay

Saguenay

Carrefour des lecteurs

Odes à M. Price

OPINION / Vous qui avez donné du travail à plusieurs personnes ;

Vous qui avez fait de Kénogami une ville ;

Vous qui avez laissé en héritage une usine ;

Vous qui avez laissé votre nom au joli parc Price ;

Nous qui nous rappelons de tout ça aujourd’hui ;

Nous nous prosternons devant toutes vos œuvres ;

Par un arrêt « stop » devant votre mausolée ;

Tout, c’est peu dire : les citoyens de Shipshaw, de Saint-Jean-Vianney, Saint-Léonard, Saint-Charles, Saint-Ambroise, Bégin, du Lac-Saint-Jean, les compagnies de transport, tout le monde quoi ;

Faisons un arrêt pour remémorer votre mémoire ;

Il est malheureux que peu de personnes aillent visiter votre site qui a coûté si cher ;

Essayez de reposer en paix malgré tous les arrêts et départs de tout ce monde ;

Peut-être qu’un jour, quelqu’un changera le stationnement de côté pour que vous ailliez enfin la paix. 

Bonne chance M. Price,

Gérard Claveau

Saint-Charles-de-Bourget

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JEAN LAFLAMME, UN HOMME D'HONNEUR

Pour rendre un hommage juste et équitable à Jean Laflamme, il faudrait écrire un roman tellement il s’est impliqué socialement et surtout toujours bénévolement.

Il a été un mentor pour moi et un protecteur aussi. On s’est connus en politique conservatrice, moi à Montréal et lui à Chicoutimi. De retour à Chicoutimi, toujours en politique, nous avons eu des assemblées houleuses en haut de son appartement, une foule incontrôlable, de l’escalier jusque sur la rue Racine, l’enjeu Joe Clark et Brian Mulroney, pour le choix des délégués. C’était une assemblée démentielle, quels beaux souvenirs nous avons eus en politique sans oublier les anciens joueurs comme Jean-Marc Lavoie, Rodrigue Bégin, André Harvey, Robert Stanfield, Claude Wagner, Joe Clark, Kim Campbell, Brian Mulroney et Jean Charest, pour ne nommer que ceux-là. Grand organisateur de levée de fonds, j’admirais son courage de cogner aux portes du Tout-Chicoutimi à la recherche d’un financement pour le Carnaval-Souvenir, pour le 150e de la Ville de Chicoutimi, pour les Soeurs du Bon-Conseil, pour l’hôpital, pour ne nommer que ceux-là, des 100 $ et plus, il en a ramassé sûrement des millions… Qui sera capable, aujourd’hui, d’en faire autant ? Personne et personne ne pourront le remplacer, j’en suis certaine.

Toujours à l’affût de l’information et de par sa grande expérience, il parlait en toute sagesse et parfois avec des sauts d’humeur éclatants devant une injustice. Ces derniers temps, je le voyais plus souvent à cause de la Fondation Timi où il m’avait nommée, suggérée par mon amie Pâquerette. Je remarquais, lors des réunions qu’à titre de président de la Fondation Timi, il avait le souci d’être à l’écoute de ce que chacun des membres du CA avait à dire. Toujours très respectueux des opinions des autres. Généreux dans son approche, fallait entendre ses petits laïus de présentation lors des remises de bourses aux sports et à la culture, il n’oublie jamais son ami Marcel Claveau, le fondateur de TIMI.

Du haut de ses 6,3 pieds, imposant par sa structure, mais combien agréable, intentionné avec tout le monde et facile d’accès, il était capable d’écoute, de reconnaître et d’encourager les bonnes idées.

Parfois, il venait me voir à la Galerie D’Art La Corniche où je travaille certains jours pour parler, discuter et me raconter des trépidantes anecdotes de son vécu, il en avait des sucrées ! Il me disait qu’il était en train de faire du ménage dans ses affaires et qu’il serait tenté d’écrire ses mémoires, sous forme de chroniques, etc. Il n’aura pas eu le temps de finir ce projet. J’espère que quelqu’un proche de lui prendra la relève.

En terminant, ça me crève le cœur d’accepter son départ, il va tellement me manquer puisqu’un pan de ma vie s’enfuit avec lui. Je pense que d’où il est, avec sa grandeur d’âme, il est capable de partir une fondation… la Fondation du Cœur, La Flamme.

À ses enfants, à ses proches, à ses amis, acceptez mes plus sincères condoléances et mes sentiments douloureux du départ d’un papa, d’un frère, d’un ami si généreux, si aimable, un homme d’honneur. Au revoir, mon grand ami, et bon voyage.

Une amie inconsolable, 

Lucie Fortin

Saguenay

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ÇA VAUT LE DÉTOUR AU TBN

La fusion solistes-choristes s’opère lentement, mais sûrement.

Samedi dernier, l’entraînement de l’avant-midi était dédié à l’atmosphère guindée d’une soirée mondaine avec la barcarolle Belle nuit en point d’orgue. Celui de l’après-midi, qui s’est poursuivi dimanche, fut d’une tout autre couleur.

À la taverne du brave maître Luther, le Bacchus du coin, s’est invitée, jusqu’au matin, une folle et tumultueuse beuverie de fêtards à rouler sous les tables enveloppées d’un nuage clair émanant de pipes.

Le point culminant de l’orgie – dans le sens large du terme – fut la savoureuse et désopilante Légende de Kleinzack l’avorton, racontée avec brio par le ténor Steeve Michaud dans le rôle d’Hoffmann, entouré de choristes ébahis. C’est pas mêlant, on rit sans peine à s’éclater. Une géniale idée de mise en scène d’Étienne Cousineau, le gars aux mille ressources. Un autre moment de la pièce fort comique de son cru, mais nommée par la choriste Sylvie est celui de Traire ta vache. Un numéro qui va sans doute dérider les visages les plus austères et les spectateurs qui ont la vague à l’âme.

À quoi les choristes doivent-ils s’attendre pour la suite de la part de l’architecte de la production ? Nous le saurons d’ici quelques jours ; à notre retour dans les locaux du Bon Conseil mis volontiers à la disposition de la Société d’art lyrique du Royaume.

Marcel Lapointe

Jonquière

Carrefour des lecteurs

Pourquoi Je crois en ma région ?

OPINION / En tant que citoyen de Saguenay, j’ai décidé en décembre dernier d’adhérer au mouvement Je crois en ma région lancé par les organismes de développement de la région.

Avant de le faire, j’ai pris le temps de lire les valeurs véhiculées par le mouvement ainsi que les objectifs pour mieux comprendre. Je voulais savoir à quoi exactement je donnais mon appui. C’est pourquoi j’ai été très surpris par certaines lettres ouvertes récemment publiées dans votre journal, sans compter la chronique de madame Isabelle Brochu, qui ni plus ni moins assimile mon appui à un appui déguisé à GNL Québec.

Carrefour des lecteurs

Louis Hémon, 40 ans plus tard

L’auteur de cette lettre est Gilbert Lévesque, A.L., conservateur fondateur du Musée Louis-Hémon de Péribonka.

OPINION / Ce 23 janvier 1980 – année du centenaire de la naissance de l’auteur de Maria-Chapdelaine – je me dirigeais vers le monastère Notre-Dame de Mistassini aux fins d’y interviewer Dom Veilleux ocso, l’incontournable matière grise de la Trappe locale. J’étais alors scripteur-recherchiste à l’émission Second regard de Radio-Canada. Or, sur place, j’allais découvrir quelques ouvrages que l’on mettait là en vente, dont la somme biographique qu’allait produire le journaliste Alfred Ayotte, consacrée à l’écrivain, L’aventure Louis Hémon, paru chez Fides, en 1974. 

Carrefour des lecteurs

De la vraie nature du gaz naturel

OPINION / Que penser du dossier de GNL Québec ? Grosse question. Les avis et les opinions se contredisent et les « pour » aussi bien que les « contre » semblent tous aussi convaincus les uns que les autres du bien-fondé de leurs arguments. Il faut dépasser ce genre de clivage qui verrouille la recherche de solutions.

Pour ma part, j’ai toujours tendance à prendre du recul lorsqu’il s’agit d’intérêts étrangers que nous ne connaissons pas bien, qui arrivent d’on ne sait où et qui affirment haut et fort que c’est dans notre plus grand intérêt. Il y a toujours le risque d’avoir devant soi une sorte de vendeur de balayeuses itinérant. Mais bien entendu, ce n’est pas assez non plus.

Carrefour des lecteurs

Un tournant important à ne pas manquer

OPINION / Il n’est pas étonnant que le ministre de l’Éducation veuille modifier ou abolir les cours d’éthique et de culture enseignés dans nos écoles depuis 2008. Plusieurs signes nous disent que nous sommes dans un tournant important de l’histoire de l’humanité. Les femmes émergent de la relation infantilisante où on les a maintenues depuis des siècles ; les Églises sont moins triomphantes et leurs représentants plus humbles et moins doctrinaires ; la laïcité des organismes publics est reconnue ; les différences entre les personnes mieux accueillies ; l’instantanéité des nouvelles et le mélange des cultures font du monde un village ; et bien d’autres signes.

Tout tournant majeur ne peut se faire sans heurts, sans crispations, sans remises en question, sans échanges. Et plus il est rapide, plus il nécessite de revenir sur l’orientation à donner. Comme point de départ, il nous faut accueillir les thèmes proposés pour l’élaboration de ces nouveaux cours. Mais plus important encore, il faut nous entendre sur l’objectif. Jusqu’ici, on questionne beaucoup les thèmes et les partenaires à impliquer, et bien peu la cible à atteindre.

Carrefour des lecteurs

Juger avant la comparution

L’auteur de cette lettre d’opinion, Stéphane Allaire, est professeur au Département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

OPINION / Des collègues ont récemment invité la collectivité de l’UQAC à se positionner contre le projet GNL Québec. Le contenu de la missive devrait être accessible publiquement dans une semaine. Pourtant, il est déjà au banc des accusés. Manque de rigueur ou stratégie de court-circuitage ? Les deux.

Carrefour des lecteurs

Restaurer les structures existantes

OPINION / Afin de diminuer la dette de la ville, les échevins indépendants ont fait front commun et ont rejeté le budget présenté par la mairesse et le conseiller aux finances. Dans la deuxième version du budget, une augmentation du taux des taxes municipales et un arrêt des grands projets (aréna au centre-ville, «soccerdôme» et conversion d’une église en bibliothèque) ont rallié les élus.

À ma grande surprise, les promoteurs de ces projets n’ont pas lâché le morceau et la galère des mégas projets est repartie avec l’accord de la mairesse. Avant de se lancer dans la construction de nouvelles structures, ne vaudrait-il pas mieux restaurer celles qui existent et qui ont été négligées depuis plusieurs années, dont le pont de Sainte-Anne qui a été donné à la Ville (structure et entretien) par le ministère des Transports à la demande de feu le maire Henri Girard, et le centre de ski Mont-Fortin, pour ne nommer que ceux-ci.

Carrefour des lecteurs

Pour la décentralisation de la fonction publique

OPINION / Le 15 janvier 2020, l’éditorialiste Marc St-Hilaire publiait un texte titré «Allons chercher nos fonctionnaires». Il y plaidait, à raison, l’importance pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean d’obtenir sa juste part des emplois de la fonction publique.

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) demande une décentralisation des emplois de la fonction publique vers les régions depuis bien longtemps. En 2015, nous avons parrainé une étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) qui démontrait tous les avantages économiques des régions, vivant en partie du tourisme ou de l’exploitation des ressources naturelles, d’obtenir leur part des emplois de la fonction publique. Le SFPQ a toujours dénoncé, à travers les dernières décennies, les multiples suppressions de postes dans les régions par les différents gouvernements, tout en déplorant la perte de services de proximité que cela représentait pour celles-ci.

Nous avons toujours appuyé la volonté du premier ministre François Legault de créer 5000 postes supplémentaires en région. Cependant, le gouvernement estime qu’il aura de la difficulté à recruter le personnel nécessaire dans les différentes régions. Dans un document interne du Secrétariat du Conseil du trésor destiné à la préparation de la mise en œuvre de ce projet, on retrouve, dans la section « Enjeux », les deux éléments suivants : plusieurs emplois restant vacants en région et la difficulté à recruter. Cela s’explique par la conjugaison de la rareté de la main-d’œuvre pour plusieurs corps de métier et de la faible compétitivité des rémunérations offertes dans la fonction publique québécoise. Ce retard salarial, démontré année après année par une étude de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), rend difficile le recrutement pour les postes offerts par la fonction publique du Québec partout sur le territoire.

En bref, même si le gouvernement souhaite profiter des départs à la retraite, actuels et futurs, à Québec et à Montréal, pour transférer ces 5000 postes dans les régions, il fait part de son incertitude à pouvoir les combler. Nous souhaitons vivement que les régions puissent compter sur de bons services publics et sur les emplois stables qu’ils représentent. En outre, étant donné que nous payons tous les mêmes impôts, il nous semble normal que toutes les Québécoises et tous les Québécois reçoivent les mêmes services publics, peu importe où ils se situent sur le territoire.

Christian Daigle

Président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec

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HOMMAGE À UN GRAND CITOYEN

Permettez-moi de rendre un hommage bien senti à un grand citoyen de Chicoutimi-Nord. Marc Laflamme s’est éteint, il y a quelques jours, à l’âge de 62 ans. Propriétaire de la Boulangerie Chicoutimi-Nord pendant une trentaine d’année, il a toujours eu à cœur le développement et l’animation du centre-ville au bas de la rue Roussel. À cet effet, il a été l’artisan principal, en 2019, d’un projet qu’il caressait depuis assez longtemps, soit la réorganisation et la modernisation de l’Éco-Fripes Roussel dans l’ancienne Quincaillerie Brassard, en même temps que la relocalisation du Service Budgétaire et communautaire dont il a été un membre très actif du C.A., pendant au-delà de vingt ans. Il mérite de se reposer, mais c’est un peu tôt pour les personnes qui l’aiment encore. Il nous manquera.

À son épouse et à sa fille et à tous les siens, mes plus sincères condoléances et l’assurance de mon amitié

Sœur Marlène Proulx

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TOUT DU MONT VALIN

L’annulation récente du tour du mont Valin en ski de fond peut sembler sans importance à plusieurs personnes. J’entends plutôt à cette occasion une sonnette appelant à des actions urgentes de la part des organismes leaders dans notre ville.

Je connais bien l’événement, car j’y ai participé 26 fois. Pour apprécier son importance, il faut se placer haut et regarder loin. De haut apparaît un objectif plus ou moins en cours de réalisation, dont la pertinence est évidente : Saguenay, métropole nordique, lieu de prédilection pour les sports de neige et de glace, dotée dans ces sports d’événements à caractère national, voire international (par rapport au nord-est américain proche, quelque 30 millions de personnes).

En regardant loin, dans l’espace et le temps, on voit de par le monde les lieux de sports nordiques traditionnels très affectés par le réchauffement climatique. D’où, un relais à prendre, ici, maintenant, en vue de retombées futures sur l’économie et la qualité de la vie dans notre ville.

C’est dans cet esprit que j’invite la Ville, l’UQAC, les cégeps, la Sépaq (soit le gouvernement québécois), Le Quotidien, à agir, ensemble, selon cet objectif. Suis tanné de voir des leaders (telle la directrice du Tour du mont Valin) ramer tu-seuls (sic) à contre-courant.

Pierre Tremblay

Chicoutimi

Carrefour des lecteurs

Le Nord

OPINION / Excellent et pertinent article de Roger Blackburn, paru dans notre Quotidien, le mercredi 11 décembre 2019. Il y était question des sorties des jeunes du secondaire, de les amener vers nos territoires boréaux, nos barrages, la Baie-James, entre autres. Leur faire connaître 80 % de nos territoires. Qui pense descendre vers le Nord ? On dit « descendre » à cause du fleuve, de son eau qui descend vers le Nord, si je ne me trompe pas.

Le Nord. Cette attirance que j’ai et ai toujours eue pour le Nord. Je me l’expliquais par mon admiration inconditionnelle pour Gilles Vigneault, notre chantre national. Je voulais voir quels paysages avaient inspiré un si grand artiste et qui nous racontaient tant.

En 1995, la route 138 arrêtait à Havre-Saint-Pierre. En 1997, on pouvait se rendre jusqu’à Natashquan.

Natashquan, une musique à l’oreille, les galets, les bouleaux de la rivière Mingan – même si Serge Bouchard écrit qu’il n’y a pas de bouleaux sur la rivière Mingan –, voir le pays du fringant et « sauvage » Jack Monoloy, que disait le vent, que la Mariouche est pour un blanc.

L’espace, la ligne d’horizon à perte de vue, du ciel, encore du ciel, des arbres aussi.

Les décors des profondes respirations.

Le nombre de fois qu’on nous a dit, à mon conjoint et moi : « Pas encore par là ! Pour y faire quoi ! »

On ne va pas au Nord pour faire ; on va pour « être ».

On s’est promenés sur la 5e à Val-d’Or, à cause de Richard Desjardins, on a vu Malartic et son trou immense d’un minerai précieux. Rouyn-Noranda aussi et son usine en plein centre de la ville, revenus par le Témiscamingue.

On s’est rendus à Fermont, à la limite du Labrador par une route, la 389, une route « casse-gueule » que l’on prend à Baie-Comeau. On y a rencontré à l’aller et au retour une demi-douzaine de camions – on ne rencontre que ça, de toute façon –

qui ont dévié dans le fossé plutôt que de causer un grave accident à des voyageurs ignorants et inconscients comme nous. La route à bien des endroits courbe à 90 degrés, parfois à moins que cela.

Fermont, où une grande partie de la population vient de notre région. La preuve, on peut y voir Roger Lemay et Sonia Lavoie aux nouvelles à la télé, le midi, aussi le soir, à 18 h.

Fermont, ouvert à la fermeture de Gagnon-Ville à moins d’une heure de là. La route passe encore là, mais faut le savoir, rien ne l’indique. Suis allée fêter Noël à Gagnon en 1967. Quel beau souvenir !

Fermont, la ville du mur, inspiration scandinave. Fermont, nous a-t-on dit, serait plus proche de la Scandinavie que de nos régions, encore plus de Québec et de Montréal. À vérifier. J’affirme cela avec des réserves.

La Gaspésie, les Maritimes, les Îles-de-la-Madeleine, à voir, à revoir.

Amener nos « secondaires » là-bas. Whoah !

Quel beau cadeau à leur faire

Il nous reste Anticosti, Terre-Neuve. Faut s’en garder pour les prochaines sorties.

Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’immensité.

Chanceux que nous sommes.

Pauline Germain

Chicoutimi

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RENDS-NOUS HOFFMAN!

« Venez le rencontrer en février dans ma salle », répondit en écho le Théâtre Banque Nationale du Cégep de Chicoutimi.

Sans avoir été pénible à décourager, l’ascension vers le sommet de notre fabuleuse aventure ne fut pas de tout repos. L’automne à apprendre et répéter jusqu’à plus soif nos partitions et la gestuelle appropriée destinées à accompagner les protagonistes de la scène. Bien que notre rôle de faire-valoir soit modeste, nous allons le jouer avec classe et sérieux. Comment pourra-t-il en être autrement ?

Notre groupe amalgame l’expérience et la jeunesse ; l’opiniâtreté et la détermination. Et surtout, l’enthousiasme, pour montrer, encore cette fois, que la région peut être fière de ses ambassadrices et ambassadeurs culturels. 

Cependant, comment aurions-nous pu atteindre ce que je qualifierais de camp de base en vue de la prochaine étape très exigeante pour atteindre le sommet, n’eût été l’accompagnement indéfectible des professionnels qui nous entourent ? 

Annie, notre directrice musicale ; Jean Michel, notre pianiste-accompagnateur ; Lyne, notre régisseuse ; le dernier et non le moindre : Étienne, créateur et metteur en scène aux multiples talents de comédien, de danseur et de chanteur « contre ténor ». Oui, monsieur Spalanzani, rien de moins ! Sans passer sous silence qu’il vient de mettre en scène une version concert en français du Fantôme de l’opéra. Sans oublier toutes celles et tous ceux qui travaillent dans l’ombre ; je pense, entre autres, à la direction et aux costumières, sans lesquels pareille production ne pourrait se tenir en nos murs. Entourés de la sorte, seul le mauvais sort, comme la tempête du siècle ou une catastrophe naturelle serait en mesure de faire dérailler la production. 

Le trek du camp de base derrière lui, le chœur de la Société d’art lyrique régionale attend maintenant avec impatience et fébrilité l’impressionnante brochette de solistes régionaux et d’ailleurs en province. Dans quelques jours, ils viendront nous rejoindre pour accomplir ensemble l’étape préparatoire à la première de cette singulière opérette de Jacques Offenbach : Les Contes d’Hoffmann.

Vivat à toutes celles et tous qui nous appuient en venant nous voir ! Vivat aux produits culturels du Saguenay–Lac-Saint-Jean !

Marcel Lapointe

Choriste à la SALR

Jonquière

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VISION COMMUNE

Merci et bravo pour Florent Villeneuve dans le carrefour du lecteur du vendredi 17 janvier. Il livre mot pour mot le message et la suggestion que je voulais transmettre afin de rassembler le conseil autour d’une vision commune et l’opportunité de faire place nette aux différends et ressentiments via un lac-à-l’épaule !

Diane Bolduc

Jonquière

CARREFOUR DES LECTEURS

Savoir en qui et en quoi placer sa confiance

OPINION / Dans un article du Quotidien publié en novembre dernier, le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida et ambassadeur du mouvement Je crois en ma région, Alain Gagnon, exhorte les citoyens du Saguenay–Lac-Saint-Jean à se prendre en main pour déterminer leur avenir au lieu de « se faire dicter la marche à suivre par les gens de Montréal ». Cette affirmation pour le moins exagérée masque l’intention véritable qui sous-tend l’initiative de M. Gagnon, dont je ne doute cependant pas des bonnes intentions.

Sur son site Web comme dans sa publicité, Je crois en ma région ne parle que de trois grands projets industriels basés sur l’exploitation et la transformation des ressources naturelles, dont deux, Métaux BlackRock et Arianne Phosphate, ont déjà reçu toutes les autorisations nécessaires. Ce que cherche à promouvoir ce mouvement est en fait le méga projet Énergie Saguenay de GNL Québec, dont le processus d’approbation environnemental suit présentement son cours, tant au fédéral qu’au provincial.

Opinions

L’importance des milieux humides

L’assouplissement de la loi sur les milieux humides constitue un recul inacceptable en regard de l’importance de ces écosystèmes dans le maintien d’un équilibre dont nous profitons tous. En effet, leur rôle dans le maintien de la biodiversité, la régularisation du régime des eaux et en tant que superficies à considérer dans la lutte aux changements climatiques n’est plus à démontrer.

Une exemption de taxes sur les superficies visées qui n’étaient pas en culture au moment de l’entrée en vigueur de la loi, parce qu’elles sont d’utilité publique, serait le seul compromis acceptable.

Carrefour des lecteurs

Prendre le temps de bien faire les choses

OPINION / Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur a lancé le 9 janvier dernier une consultation au sujet du programme d’Éthique et culture religieuse, un programme qu’il souhaite réviser « en profondeur ». Cette annonce ne doit pas nous surprendre, puisque la révision, voire la suppression de ce programme – qui fait l’objet de controverse depuis son implantation en 2008 – est depuis plusieurs années revendiquée par la Coalition avenir Québec. Elle semble également s’inscrire en continuité avec l’adoption du projet de loi n° 21 sur la laïcité de l’État en évacuant du curriculum toutes formes de manifestations religieuses. Sachant que le gouvernement réalisera très probablement cet engagement, l’enjeu n’est pas tant de savoir s’il est pertinent ou non de réviser ce programme, mais plutôt de réfléchir à ce qui peut le remplacer et, surtout, à la manière de s’y prendre pour le déterminer.

D’emblée, il est appréciable que le gouvernement ne précipite pas les travaux et qu’il prenne le temps de consulter la population et les parties prenantes. Il aurait toutefois été préférable qu’il mène cette réflexion sur l’ensemble du curriculum, ce qui aurait éloigné le danger d’en faire un programme fourre-tout. Quoi qu’il en soit, il importe que le gouvernement s’inspire des meilleures pratiques en matière de consultation et d’élaboration de programme afin d’assurer que la prise de décision finale s’appuie sur la recherche scientifique, sur l’adhésion de la population et sur une vision de la société à construire. Pour y arriver, il est essentiel de prendre le temps de bien faire les choses.

Carrefour des lecteurs

Pour le « vivre ensemble »

OPINION / Bonjour M. Sébastien Lévesque, Votre écrit, publié le lundi 13 janvier, est fort intéressant et très juste à mon avis. Ce cours Éthique et culture religieuse (ECR) m’a toujours interpellée. On doit respecter les religions, mais on ne peut pas les critiquer. Eh misère... Je n’en croyais pas mes oreilles, comme ma défunte mère disait.

Oui, faire une petite place à la connaissance des religions ; cependant, comme vous dîtes (et Platon l’avait déjà dit), la religion est capable du meilleur comme du pire. Et ça, il faut le signifier aux jeunes étudiants. On l’a vu à une certaine époque où l’on tuait, violait et pillait au nom du Christ ! Et ça revient aujourd’hui sous une autre forme tout aussi meurtrière, avec le groupe armé État islamique ou autres fanatiques qui se disent les « envoyés d’Allah ».

Carrefour des lecteurs

La Maison de Quartier, un atout pour Jonquière

OPINION / En réponse à la lettre parue dans la section Carrefour des lecteurs du 7 janvier dernier, intitulée Kénogami, un bidonville, et signée par Noëlla Aubut, dans laquelle vous affirmez que la venue de la Maison de Quartier dans le secteur Kénogami contribuerait au développement d’un bidonville, permettez-moi de vous apporter quelques précisions.

Dans un premier temps, rappelons que La Maison de Quartier de Jonquière est active sur le territoire de Jonquière depuis 1976. Au cours de toutes ces années, tout en aidant la population, elle a réussi à devenir propriétaire de ses installations dans lesquelles elle était de plus en plus à l’étroit et auxquelles il fallait apporter des améliorations. Dans cette optique, l’idéal était de trouver un autre emplacement pour notre organisation et de disposer de nos bâtiments actuels. De son côté, la Ville avait, depuis plusieurs années, un projet de développement autour de la rivière aux Sables qui exigeait un déplacement de la Maison de Quartier. Lorsque nous avons appris que l’édifice de Gagnon Frères Liquidation deviendrait disponible, nous avons démontré notre intérêt pour en faire l’acquisition. C’est ainsi qu’après discussions avec les représentants de la Ville, cette dernière a fait l’acquisition de nos installations de la rue du Vieux-Pont, ce qui a permis à la Maison de Quartier de se relocaliser. Comprenez bien que l’achat de l’édifice de la rue Sainte-Famille est le résultat d’une transaction entre la Maison de Quartier de Jonquière et Gagnon Frères. Les frais de mise aux normes et d’aménagement seront assumés en totalité par la Maison de Quartier grâce à un prêt hypothécaire. À la lumière de ces informations, je ne crois pas qu’on puisse dire que la Ville a voulu relocaliser la Maison de Quartier pour s’en débarrasser, comme vous le mentionnez.

De plus, bien que la mission première de la Maison de Quartier soit d’offrir des biens de première nécessité à bas prix, son rôle social et économique dépasse largement cet énoncé. La Maison de Quartier est fréquentée par une clientèle provenant de toutes les classes sociales. Des gens soucieux de l’environnement désirant donner une deuxième vie à différents articles jusqu’aux personnes désireuses d’y faire des trouvailles intéressantes y viennent, sans oublier la clientèle étudiante particulièrement friande de ce genre de commerce.

Au cours des dernières années, nous avons développé des partenariats avec différentes organisations, dont la mission est d’aider les personnes ayant plus de difficultés à intégrer le marché du travail. Nous travaillons avec le Centre de formation générale des adultes de Jonquière, avec le Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et avec Emploi-Québec, pour ne nommer que ceux-là. Ces partenariats contribuent à maximiser les retombées sociales dans le milieu.

D’un point de vue économique, nos entreprises sont en expansion constante et les installations actuelles nous empêchent d’assurer efficacement notre croissance. Le futur emplacement offrira des espaces de vente plus grands. De plus, la présence d’un stationnement sécuritaire et plus spacieux permettra d’attirer une clientèle de l’extérieur de Kénogami. Enfin, cette acquisition permettra de consolider une trentaine d’emplois directs en plus de la création de plusieurs autres.

L’arrivée de la Maison de Quartier et de ses partenaires contribuera davantage à dynamiser le secteur qu’à en faire un bidonville. C’est l’ensemble de la population et les commerces environnants qui profiteront de notre présence.

Marc Gagnon

Directeur général de la Maison de Quartier de Jonquière

Carrefour des lecteurs

L'importance d'un allergologue

OPINION / J’ai aujourd’hui 60 ans. Je souffre de dégranulation mastocytaire ou mastocytose (trouble immunitaire rare) depuis ma petite enfance. Je suis aussi atteinte de sclérose en plaques, autre maladie auto-immune qui doit être prise en considération dans mon plan de traitement de la mastocytose (et la mastocytose dans celui de la SEP).

Mon tableau clinique est très atypique. Je présente des allergies et/ou des intolérances à certains médicaments, aliments, produits de conservation, colorants, arbres, graminées et allergies croisées. Le suivi de ma problématique nécessite des contrôles réguliers et des ajustements de la médication et des visites chez un allergologue.

Depuis la prise en charge de mon dossier, il y a quatre ans, par le Dr Harvey, en collaboration avec le Dr Boursiquot (Québec) et ma neurologue (Chicoutimi), je suis enfin soulagée significativement de mes symptômes allergiques. La qualité et l’accessibilité à une clinique de proximité améliorent ma qualité de vie. Déjà que la gestion des symptômes associés à la sclérose en plaques représente pour moi un défi au quotidien, l’éventualité d’avoir à me déplacer à Québec pour voir un allergologue est une source de stress supplémentaire. Stress qui ne peut qu’aggraver ma condition médicale.

Je comprends la problématique du service de pédiatrie du centre hospitalier d’Alma, les règles du PREM et du CIUSSS.

Je demande que les besoins des personnes allergiques ou qui souffrent d’autres troubles immunitaires priment toute autre considération du système de santé. Une solution acceptable pour les patients et tous les autres intervenants dans ce dossier existe. Soyons créatifs !

Monique Routhier

Alma

Carrefour des lecteurs

Les patients ne sont pas la cause de la congestion des urgences

OPINION / La saison grippale frappe encore une fois avec force cette année. On constate de nouveau que notre système de santé est complètement débordé par les événements. Nous, les urgentologues, voyons les patients languir dans les salles d’attente et les corridors. Nous voyons les soignants travailler sans relâche et se faire imposer des heures supplémentaires, sans parvenir à suffire à la demande.

Nous voyons encore nos départements bondés de patients admis, déjà passés au triage, diagnostiqués, avec des plans de traitement, mais qui n’ont nulle part où aller et qui empêchent les nouveaux patients en détresse d’être soignés dans la dignité. Il a été maintes fois démontré que la congestion des urgences affecte négativement la qualité des soins et la sécurité des patients.

Il faut plus de lits

Nous avions déjà lancé un signal d’alarme en octobre dernier pour prévenir que le réseau n’était pas prêt pour la saison grippale. Le système était alors déjà engorgé et les soignants à bout de souffle. L’ouverture de 900 nouvelles places par le ministère de la Santé pour libérer des lits dans les hôpitaux a aidé, mais trop peu.

En fait, c’est sans doute jusqu’à 3000 lits de plus dont il faudrait disposer en soins alternatifs pour que les hôpitaux fonctionnent mieux.

De plus, les cliniques de grippe sont moins nombreuses que l’an dernier. Elles diminuent l’attente des patients requérant des soins mineurs, mais n’ont que très peu d’impact sur les patients attendant pour des hospitalisations. Elles ne diminuent pas la pression d’avoir du personnel supplémentaire dans les urgences.

Ce qu’il faut faire pour corriger la situation est bien connu :

augmenter la capacité en lits d’hospitalisation ;

• diminuer significativement le nombre de patients en fin de soins actifs occupant un lit ;

créer des unités de débordement ;

engager du personnel supplémentaire pour répondre à la demande ;

créer des corridors de soins avec la première ligne et les soins à domicile.

Les patients doivent pouvoir être soignés aux urgences

Il est certainement encore possible d’aller chercher des gains de productivité à travers le réseau. Mais lorsque plus de 50 % des lits des départements d’urgence sont occupés par des patients hospitalisés, c’est qu’il faut augmenter la capacité du réseau.

La population doit pouvoir se présenter aux urgences, voir un médecin et avoir un endroit décent pour être hospitalisée. La révision des budgets des centres hospitaliers en fonction de la demande de soins ainsi que l’encouragement à la performance nous apparaissent comme des avenues à explorer sérieusement.

Les patients ne sont pas la cause de la congestion de nos urgences. Ils s’y présentent pour recevoir des soins et s’y retrouvent à y attendre pour être vus, y attendre pour être soignés, y attendre pour être hospitalisés.

Merci aux équipes soignantes de continuer à être résilientes dans ces temps si difficiles. Nous nous souhaitons une direction claire pour 2020 avec les moyens pour y arriver.

Gilbert Boucher, M.D.

Président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec

Carrefour des lecteurs

Les victimes… d’Amazon

OPINION / La véritable colonne vertébrale de notre économie agroalimentaire est la distribution. Nous l’avons bien vu l’automne dernier avec la grève du CN. En un instant, notre économie se retrouvait paralysée. Elle est d’une importance capitale, mais aussi bien cachée, loin des consommateurs. Ce concept quasi invisible de la distribution aux yeux du grand public est devenu un véritable champ de bataille pour les grandes bannières, et non par hasard.

Le géant de la distribution Loblaw annonçait cette semaine la fermeture de ses centres de distribution de produits non périssables à Laval et à Ottawa, ce qui entraînera la suppression de près de 800 emplois. Environ 545 employés au nord de Montréal seront touchés d’ici la fin de 2021 alors que la distribution des produits non périssables se verra relocalisée vers un complexe automatisé d’un sous-traitant de Cornwall en Ontario.

Carrefour des lecteurs

Valoriser les travailleurs de la Sépaq

OPINION / Monsieur le ministre Dufour, il faut régler.

Pour vouloir défendre la nature, il faut la comprendre. Pour pouvoir la comprendre, il faut quelqu’un pour nous l’enseigner. C’est précisément le mandat des travailleuses et des travailleurs de la Sépaq : protéger et mettre en valeur nos beaux espaces naturels. À l’heure où nos écosystèmes sont de plus en plus menacés, la contribution que ces employées et ces employés apportent à notre société devrait être valorisée. Or, à ce jour, le gouvernement ne semble malheureusement pas considérer qu’il s’agit d’une fonction suffisamment importante pour mériter d’en vivre décemment. Protéger nos réserves naturelles semble toujours être considéré comme un travail de second ordre.

Courrier des lecteurs

Lettre ouverte à mon premier ministre

OPINION / Cher Monsieur Legault, le 27 septembre dernier, nous avons été plus de 500 000 personnes au Québec à réclamer des actions fortes pour lutter contre les changements climatiques. Plus de 250 municipalités au Québec ont déclaré l’état d’urgence climatique et 285 000 personnes ont signé le Pacte pour la Transition. Dans votre lettre du 27 septembre à la jeunesse québécoise, vous avez dit avoir entendu le cri du cœur de cette jeunesse.

Au train où vont les choses, nous n’atteindrons pas nos cibles déjà modestes de réduction de gaz à effet de serre (GES). Comme société, nous avons tout misé sur l’énergie fossile – pétrole, gaz, charbon –, une énergie commode que nous utilisons pour d’innombrables usages, mais qui souille notre planète, entraîne des conflits meurtriers et dérègle notre climat. Nous avons très peu de temps pour réduire drastiquement nos émissions de GES. Il nous faut agir dès maintenant avec vigueur pour éviter l’emballement du climat dû au dégel de l’Arctique et ses conséquences incalculables sur la santé, l’économie et la paix dans le monde. Sinon, le coût des catastrophes naturelles va exploser et mettre à mal notre économie et miner la confiance de nos concitoyens envers les institutions et la démocratie.

Carrefour des lecteurs

Financement de l’ERD: fausseté

OPINION / Le 4 janvier dernier, le citoyen Mishell Potvin écrivait sur cette tribune que les trois conseillers de l’ERD bénéficiaient d’une « subvention de 945 000 $ ». Cette information est complètement fausse, les conseillers de l’ERD ayant droit exactement aux mêmes budgets que les conseillers indépendants.

Le 945 000 $ auquel M. Potvin fait référence est le calcul du montant auquel la personne qui occupe la fonction de maire a droit annuellement pour le fonctionnement de son cabinet, et est exclusivement réservé à ces fins. Ce montant n’a aucun lien avec l’appartenance ou non à un parti politique. Tous les maires de villes de plus de 100 000 habitants y ont droit, selon les articles 114.4 et suivants de la Loi sur les cités et villes.

Carrefour des lecteurs

Kénogami, un bidonville

OPINION / Je n’ai rien contre la Maison de quartier, mais vous avez eu l’occasion rêvée de vous en débarrasser afin d’investir à Jonquière. Quelle richesse pour Kénogami en ruine ! Kénogami est pauvre et vous avez décidé d’y créer un bidonville : la Maison de quartier, L’Escale et l’épicerie communautaire, alors qu’il existe déjà la Soupière, le Kéno R.O.C.K Café, la Saint-Vincent de Paul… Il manque juste un banc de quêteux.

Vous prenez les gens de Kénogami pour des imbéciles. Vous dites répondre à nos besoins, mais de quels besoins parlez-vous ? Je peux vous en nommer un : notre bibliothèque que vous avez décidé de fermer en douce sans tenir compte des besoins des usagers et du personnel.

Une bibliothèque, c’est un service essentiel qui devrait demeurer facilement accessible à tous, peu importe le revenu, des enfants jusqu’aux personnes âgées. 

Je constate que la culture ne fait pas partie de vos priorités. Je serais curieuse de savoir combien d’entre vous, chers conseillers, avez déjà fréquenté une bibliothèque. Si vous aviez été à l’écoute des gens, la bibliothèque de Kénogami existerait encore. N’est-ce pas une honte de dépouiller un secteur aussi pauvre ? Pensez-vous que la population est composée uniquement non seulement de personnes défavorisées, mais aussi de personnes analphabètes ? Je répète que, comme tout le monde, je suis pour l’aide aux plus démunis, mais qu’avez-vous à offrir au reste de la population de Kénogami, à part une dépendance encore plus grande à l’automobile pour un service longtemps accessible à pied ?

Depuis plusieurs années, certaines personnes voulaient fermer notre bibliothèque, alors je suppose que des conseillers de l’ancienne administration se sont tenus debout et ont réussi à la maintenir ouverte. J’aimerais que l’administration actuelle réponde à mes questions. Qui a décidé de fermer notre bibliothèque ? Pour quelle raison ? Qui prend les décisions, des fonctionnaires du fond de leur bureau ou les conseillers élus par la population pour la représenter ? Lesquels d’entre eux sont des usagers de la bibliothèque ? Lesquels y ont déjà amené leurs enfants ? 

Gens de Kénogami, 

souvenez-vous-en ! 

Noëlla Aubut

Kénogami

Carrefour des lecteurs

De Publisac et d'avenir

OPINION / Cette année, j’ai eu 65 ans. À la blague, je dis que j’ai enfin atteint l’âge de raison. Un petit plaisantin m’a répondu que c’était plutôt l’âge où il faut se faire une raison ! Ouais… peut-être, mais c’est aussi un âge où on a vu couler pas mal d’eau sous les ponts. J’ai fait l’essentiel de ma carrière dans le domaine de la récupération et du recyclage. J’ai débuté à la fin des années 70, à une époque où c’était vu comme un retour en arrière. Où nous étions perçus comme de doux rêveurs décrochés de la réalité.

À cette époque, je faisais le tour des papetières régionales pour trouver des marchés aux papiers et cartons que nous récupérions. Je me souviens encore très bien d’une rencontre avec le responsable des approvisionnements de l’usine d’Abitibi-Consol de Port-Alfred. Après m’avoir écouté distraitement, il m’avait répondu avec condescendance et amusement que jamais ses clients n’accepteraient d’acheter un papier fabriqué avec « des ordures ».

Après lui avoir parlé des succès de recyclage de la compagnie Cascades, qui était encore modeste à l’époque, il s’était employé à ridiculiser les frères Lemaire et leurs « machines à déchets ». On connaît la suite. L’usine de Port-Alfred a fermé ses portes au début des années 2000 tandis que Cascades est devenue chef de file, avec une centaine d’usines en Amérique du Nord et en Europe.

Dans le débat au sujet du Publisac, j’ai l’impression de revivre le jour de la marmotte. Je comprends très bien comment peuvent se sentir les employés qui fabriquent avec compétence un papier de grande qualité et qui ne veulent pas que les choses changent. Mais pour paraphraser la devise d’un célèbre fabricant d’outils, débrancher les horloges n’arrête pas le temps de passer. On aura beau dire ou faire, tôt ou tard, on va cesser de produire les circulaires qui remplissent les Publisac. Tout comme on a cessé de produire des annuaires téléphoniques, bien qu’ils aient été imprimés sur un papier d’une qualité remarquable.

Mais qu’on ne s’y trompe pas pour autant. L’exploitation durable de la forêt boréale est promise à un bel avenir. Un avenir qui se prépare aujourd’hui, même partout autour de nous. Un avenir qui passe par une période de transition, laquelle implique des déchirements et des deuils, mais aussi des opportunités et des occasions à saisir, comme c’est aujourd’hui le cas dans bien des domaines d’activités de nos sociétés. Un avenir d’innovations, mais qui ne consistera pas seulement à mieux faire ce que nous faisons actuellement, mais plutôt à faire autrement. Des innovations de rupture, qui nous amèneront ailleurs ; sinon, nous resterons sur la touche.

Dans cette perspective, je ne vois vraiment pas quel avenir ou quelle fierté il y aurait à s’obstiner à vouloir être la ville (ou la région) qui verra fermer la dernière usine fabriquant du papier pour les circulaires du Publisac.

Gérald Tremblay

Alma

Carrefour des lecteurs

PFK: mal vieillir

OPINION / L’auteur de cette lettre d’opinion est le Dr Sylvain Charlebois, professeur titulaire au Laboratoire des sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, à Halifax.

Le dernier restaurant PFK à Québec a fermé ses portes quelques jours avant la fin de l’année 2019. La fermeture cavalière a surpris la vingtaine d’employés de l’établissement du boulevard Wilfrid-Hamel, qui se retrouvent maintenant sans emploi. Il y a déjà eu plus d’une douzaine de restaurants PFK dans la région de Québec. La chaîne a rassuré sa clientèle en mentionnant qu’elle avait l’intention d’ouvrir d’autres restaurants et de posséder au-delà de 600 restaurants au pays. Il y a cependant eu près de 30 fermetures de restaurants PFK au Canada en 2019, et plus de 1400 pendant la dernière décennie à travers l’Amérique du Nord. En résumé, au cours d’une année, la chaîne ouvre à peu près le même nombre de succursales qu’elle en ferme, et ce, depuis 2004. Visiblement, la chaîne avec son baril emblématique de renommée mondiale en arrache et elle ne semble pas au bout de ses peines.

Carrefour des lecteurs

Couper le budget de l'ERD

OPINION / Comment la Ville pourrait économiser facilement près d’un million de dollars sans couper dans les services aux citoyens lors de son budget annuel ?

es citoyens de Saguenay ont beaucoup dénoncé les augmentations de rémunération des conseillères et conseillers municipaux. Et le président du Comité des finances, Michel Potvin, leur a fait des menaces dernièrement en proposant de couper leurs émoluments de 10 000 $ pour une économie de 150 000 $ s’ils n’approuvaient pas son budget.

Pourtant, comme il a parlé de courage, aurait-il le courage de couper la subvention de 945 000 $ aux trois conseillers de l’Équipe du Renouveau démocratique (ERD) alors qu’aucun autre conseiller indépendant ne bénéficie de cette subvention ? Certes, comme ils sont un parti ; c’est tout à fait légal, mais complètement immoral et inéquitable, même indécent. Peut-être à la satisfaction des 956 membres de l’ERD, mais au détriment des 145 044 autres citoyens.

Cette incohérence crée un déséquilibre démocratique au conseil de ville. Les conseillers du parti se réunissent régulièrement pour « comploter » alors que si les indépendants font de même, la mairesse fait les gorges chaudes et crie au scandale.

Les partis politiques n’ont vraiment plus la côte à Saguenay ; les dernières élections partielles l’ont clairement démontré.

Mishell Potvin

Jonquière

Carrefour des lecteurs

Notre panier d’épicerie en 2020

OPINION / Durant les Fêtes, les gens aiment se gâter, et pourquoi pas. La plupart d’entre nous mangeront toute sorte de choses, et parfois un peu trop. Durant cette période de festivités, le coût des aliments devient un élément secondaire. Mais tôt ou tard, la réalité des dépenses nous rattrape.

Le rapport annuel sur le prix des aliments, présenté par les universités Dalhousie et Guelph, nous révélait de mauvaises nouvelles au début décembre. Chaque famille devra dépenser environ 500 $ de plus en 2020 pour se nourrir. Le taux d’inflation alimentaire dépassera vraisemblablement celui de l’inflation générale pour une quatrième année consécutive. Et les consommateurs le remarquent.

Carrefour des lecteurs

«2019, l'année des grands projets!», vraiment?

OPINION / Pour quiconque suit la politique municipale, cette déclaration de Josée Néron, le 7 janvier 2019, raisonne encore. La mairesse de Saguenay venait de faire adopter un plan triennal de 275 millions de dollars, soit plus du triple de celui des années précédentes. Du même souffle, elle imposait une seconde augmentation de taxes, portant à 9,2 % la hausse depuis son élection, alors qu’elle avait promis en campagne électorale de s’en tenir à l’inflation – environ 2 % par année. Cette décision avait soulevé l’ire des résidants de Laterrière, de Shipshaw et de Lac-Kénogami qui, vêtus d’un gilet jaune, avaient nolisé trois autobus afin d’affirmer leur mécontentement au conseil de ville de janvier 2019. Du jamais-vu à Saguenay !

Un an plus tard, dans un soubresaut de lucidité, l’ensemble des conseillers indépendants, de moins en moins obnubilés par l’augmentation de leur salaire, se sont enfin opposés à un troisième budget Néron, lequel prévoyait de nous endetter encore davantage. Heureusement, on a senti cette fois une volonté nette de mettre fin aux grands projets mirobolants promus par Josée Néron.

À l’heure du bilan 2019, notre réseau d’aqueduc est dans un piteux état, l’usine de filtration d’eau potable d’Arvida est à refaire, nos pistes cyclables comportent des sections dangereuses, le patrimoine bâti se trouve, selon le rapport de la vérificatrice générale, dans un piètre état et nos routes n’ont jamais atteint le 40 km de réfection annuelle promis – 38 km en 2018 et 25 km en 2019 (et non pas 45) – dans ce qu’il est désormais convenu d’appeler « le cafouillage de l’asphalte ».

Le déménagement de la Maison de Quartier se fait toujours attendre ;

Le terrain de la Consol recèle un passif environnemental très coûteux et s’érode continuellement ;

Le Théâtre Palace d’Arvida a vu ses coûts de restauration bondir de 45 % aux frais des contribuables ;

Le tarmac de l’aéroport n’est plus fonctionnel et a été le théâtre d’au moins deux accidents en 2019.

Pourtant, le projet d’amphithéâtre au centre-ville de Chicoutimi, lequel au dernier sondage fut désapprouvé par plus des deux tiers de la population, continue de nourrir, maintenant en sourdine, les ambitions politiques de la mairesse.

Bref, s’il devait exister un seul « grand projet » pour 2020, ce serait certainement celui de la réfection de nos infrastructures de base tout en amorçant l’assainissement de nos finances publiques.

Dominic Gagnon

Saguenay

Carrefour des lecteurs

Réponse à une personne qui se dit athée

OPINION / Je vous trouve bien courageux, monsieur Sébastien Lévesque, de vivre sans croire en une puissance bienveillante, vivante et agissante au plus profond de vous. Et je vous admire sincèrement, sans ironie aucune, de ne compter que sur vos ressources humaines pour donner sens et saveur à votre existence. Pour ma part, je me sens trop vulnérable et avec trop de limites pour y arriver. Je rends grâce chaque jour d’être capable de mettre de côté ma rationalité pour croire en un Dieu vivant. Vous dites qu’il n’y a pas de preuves scientifiques de l’existence de Dieu ni de raisonnements assez concluants pour y croire ? Je vous en prie, n’épuisez pas vos énergies à chercher avec votre tête ; vous n’en trouverez pas. La véritable expérience de Dieu est une rencontre du cœur. Elle demande un abandon complet dans la confiance. C’est pourquoi elle est folie pour les sages de ce monde.

Vous qualifiez l’athée de non croyant ! En raison de mon respect pour lui, je n’y crois pas. Déjà, ne croire qu’aux preuves est une croyance. Qu’il cherche plutôt ce qui le fait vivre, ce qui donne du sens à son existence et lui donne le goût de la vivre. Vous-même, cherchez ce qui vous motive à écrire vos chroniques fort stimulantes. Cherchez avec patience, vous trouverez quelles sont vos idoles.

La fête de Noël offre chaque année l’occasion d’alimenter cette recherche. On y célèbre la naissance d’un enfant né vulnérable, sans faste ni puissance, pauvre parmi les pauvres, avec la mission d’annoncer la richesse de l’amour. Une mission qui féconde encore des fruits après deux mille ans, comme le manifestent les nombreux élans de générosité envers les plus démunis.

Je termine avec ces citations de Saint-Exupéry, puisée dans Terre des hommes. « Des réflexions sur la puissance et la relativité des croyances. La vérité n’est point ce qui se démontre, mais ce qui simplifie. […] Tous, sous les mêmes mots contradictoires, nous exprimons les mêmes élans. […] Ce sont les terres qui savent reconnaître le blé. »

Ces citations invitent à ne pas juger la richesse des croyances sur leur objet, mais sur leurs fruits. Si elles produisent des fruits de justice, d’entraide et d’amour et contribuent à construire un monde de paix, elles sont crédibles parce que profondément humaines. Parfois, elles sont en communion avec le visible et l’invisible, parfois non. Quelle importance si les fruits regorgent d’humanité !

À vous ainsi qu’aux lecteurs et aux lectrices du Quotidien, je souhaite une année ressourçante et féconde en joie, paix et amour. Et longue vie à la nouvelle coopérative !

Robert Gaudin

Saint-David-de-Falardeau

Carrefour des lecteurs

Théo, celui qui donnait trop

OPINION / Théo était un grand chef d’entreprise et il menait la grande vie. Jet privé et résidence secondaire dans tous les Hilton de la Terre, comme dit si bien la chanson. Il avait des milliers d’employés qu’il chérissait et qu’il rémunérait fort bien. Théo était bon et il était aimé de tous. Théo avait le coeur sur la main.

L’homme était conscient de sa chance et se savait privilégié. Certes, il avait travaillé fort pour en arriver là, mais il se foutait bien de cette évidence. Il était riche à craquer. Puis après ! Trop riche, se disait-il souvent. Voilà pourquoi Théo donnait. Il ne pouvait endurer de voir tant et tant de misère autour de lui. Alors, il faisait des dons à gauche et à droite, à de multiples œuvres de charité. Il finança des dizaines de soupes populaires. Il agissait à titre de bénévole lors des guignolées.

Il descendait souvent de sa limousine pour donner un 10 $ ou un 20 $ aux quêteux le long des trottoirs des grandes métropoles. Il était philanthrope. Voilà pourquoi on le surnommait Théo le « philanthrope » ! Du moins, c’est ainsi que dans son entourage – ses confrères de travail et richissimes amis – le nommaient. « Ah, sacré Théo ! , se disaient-ils. Il va se ruiner. Il a trop bon cœur. Trop sensible, ce Théo. »

Mais Théo se fichait bien de ces moqueries. Il était philanthrope, point à la ligne. Chaque année, à l’approche de Noël, il en avait marre de voir que cette fête en était une trop mercantile, sans véritable esprit de partage et de fraternité. Théo, plus que quiconque, savait ce qu’était la misère, l’ayant vécue dans sa jeunesse, lui qui était issu d’une famille dont le père avait grand-peine à offrir trois repas par jour à ses enfants. Voilà pourquoi notre homme savait reconnaître qu’il vivait dans un monde où l’écart entre les riches et les pauvres était trop grand. Parfois même, il se sentait coupable d’être un de ceux à qui tout réussit et qui jouissent d’une vie dorée. Tel était Théo.

Mais un jour, notre Théo fit faillite. Fallait-il s’y attendre ? Avait-il trop donné sans crier gare ? Était-il malheureux d’être riche ? Toujours est-il qu’il fut rejeté de tous, décrié sur toutes les tribunes, même par ceux à qui il avait tant donné. Puis, Théo disparut de la circulation.

Des années plus tard...

À l’angle de deux grands boulevards d’une grande ville, au premier jour de grand froid de décembre, un homme avait grand-peine à refermer sa main droite, tant il l’avait laissée ouverte à la vue des passants sur le trottoir achalandé. Cet itinérant quêtait comme à son habitude, et ce, depuis quelques années sur ce même trottoir.

Il avait une drôle d’allure. Son accoutrement détonnait du lot de ses semblables. Il portait un complet trois-pièces un peu sale, certes, avec des déchirures. Un vieil habit neuf usé, pourrait-on dire avec ironie. Cela lui donnait une certaine fierté, une prestance, bien malgré lui. On l’avait surnommé Chic Clodo. Les passants, qui lui faisaient l’aumône, restaient parfois bouche bée lorsqu’ils constataient que Chic Clodo redonnait la moitié de ce qu’il avait reçu à d’autres quêteux sur le même trottoir.

Ces autres sans-abri n’en revenaient tout simplement pas et se demandaient si, sous le complet trois-pièces déchiré de Chic Clodo, ne se cachait pas le Bon Dieu en personne. Mais Chic Clodo ne faisait voir de rien et malgré cette vie de chien qu’il menait, il gardait la tête haute et arborait souvent un sourire chaleureux. Ce qui faisait qu’il était aimé de tous. Un clochard qui donne ce qu’il reçoit à d’autres clochards, ça sort de l’ordinaire. Mais Chic Clodo aimait donner. C’était dans sa nature. Mais il se souvenait trop souvent de son ancienne vie.

On le voyait parfois pleurer, Chic Clodo. Et c’était un spectacle déconcertant de le voir ainsi, lui qui savait rendre son entourage heureux et qui était si bon. Mais on voyait très bien qu’il y avait dans son regard une lueur brumeuse de tristesse. Lui qu’on avait traîné dans la boue. Lui qu’on avait renié et abandonné. Lui qui, pourtant, avait tant donné à ses proches. Mais on l’avait jeté à la rue par la force des choses. Le grand philanthrope était devenu une sorte de roi déchu. Théo était devenu Chic Clodo.

Mais peu importe, puisque Théo, vivant dans la rue, continuait à donner. Bien que réduit à une misère extrême, il gardait en lui cette notion de partage et de fraternité qui l’animait lorsqu’il était un homme d’affaires riche et célèbre. Théo continua de donner. Un don de soi dans sa plus pure expression !

Yvan Giguère

Saguenay