Point de vue

Crise des médias et incohérences de la ministre Nathalie Roy

POINT DE VUE / Il y a une dizaine de jours, la ministre de la Culture et des Communications du Québec publiait dans les médias une lettre pour faire état du travail accompli depuis sa nomination. Son besoin de se livrer à l’exercice à ce moment-ci de son «règne» découle peut-être des nombreux doutes émis publiquement depuis son entrée en fonction.

Le tsunami que représente l’arrivée des géants du numérique dans notre écosystème médiatique nécessite aujourd’hui une réponse musclée des pouvoirs législatifs, et les attentes pèsent lourd sur les épaules de la ministre.

Rappelons que les GAFAM (les Google-Apple-Facebook-Amazon-Microsoft de ce monde) ont siphonné, depuis les années 2000, une part gargantuesque des revenus publicitaires qui allaient jadis à nos entreprises médiatiques. Les médias québécois sont à sec, mettent des professionnels à pied ou ferment leurs portes. On peut se demander si nos gouvernements auraient pris autant de temps à réagir si c’était des fabricants d’avions qui étaient menacés de faillite.

Il ne s’agit pas que de jobs menacées. Il s’agit de la qualité de la conversation collective d’un peuple. La pression financière inédite à laquelle sont soumis nos médias a obligé ceux-ci à faire des choix qui ont nui à leur qualité. Moins d’argent, c’est moins de reporters sur le terrain, moins de professionnels pour faire de la recherche approfondie, pour vérifier les sources. 

Afin de pallier ce manque et pour remplir les temps d’antenne et les pages de journaux, les médias ont mis de l’avant une pléthore de faiseurs d’opinion rapide. Une formule peu coûteuse qui rapporte en clics et en cotes d’écoute. Si la qualité de l’information s’en trouve diminuée, c’est aussi la confiance des citoyens envers leurs médias qui est amochée. Moins d’enquêtes fouillées et nuancées, plus d’idées fast-food. 

Si nous laissons cette tendance s’amplifier, à qui pourrons-nous faire confiance pour héberger cette conversation publique qui a tant d’impact sur nos vies? Aux médias étrangers? Aux plateformes de contenu comme Facebook, qui relaient le meilleur comme le pire? C’est là-dessus que j’ai questionné en chambre la ministre la veille de la publication de sa lettre. Quelle est sa vision face à cette crise majeure? Je n’ai obtenu comme réponse que des lieux communs et des attaques personnelles.

En lisant sa lettre, j’ai eu espoir d’y trouver des réponses réfléchies. 

D’abord, la ministre écrit que le Québec devrait avoir pleine compétence sur les télécommunications et la radiodiffusion (aujourd’hui dans le camp d’Ottawa). Idée magistrale, d’autant plus qu’Ottawa est dans l’à-plat-­ventrisme complet devant les GAFAM depuis le début. Mais si telle est la volonté de la ministre, pourquoi m’a-t-elle répondu en chambre qu’Internet était dans la cour du fédéral et qu’elle ne pouvait rien y faire? Pourquoi la CAQ a-t-elle voté contre une motion qui suggérait que Québec perçoive lui-même sur les GAFAM l’équivalent de la TPS qu’Ottawa refuse de percevoir? L’incohérence est profonde. 

Ensuite, elle écrit que son gouvernement proposera des mesures concrètes aux défis de l’ère numérique. De l’argent pour nos médias, donc. Mais d’où viendra cet argent? 

La ministre a suggéré en février, en réponse à une autre de mes questions, qu’on impose le chiffre d’affaires de Netflix au Québec. C’était une ouverture majeure et enthousiasmante. Pourtant, cette semaine, le ministre des Finances a affirmé qu’il était impossible d’imposer les géants numériques étrangers sans le faire en même temps que tout l’OCDE et le G20. Ce qui est faux : la France vient de décider d’imposer Google et autres géants sur leur chiffre d’affaires dans ce pays, et va récolter des centaines de millions d’euros. Elle n’a pas attendu l’OCDE ni même l’Union européenne et demande aujourd’hui au reste du monde de suivre son exemple. 

Il faut conclure que, comme Ottawa, c’est avec l’argent des seuls contribuables québécois que Québec mettra l’épaule à la roue. Le plan de sauvetage d’Ottawa est très insuffisant : 595 millions $ pour toute l’industrie, quand on sait que du côté des journaux imprimés seulement, on a perdu plus de 1,3 milliard $ depuis 2005 et que ça continue. Le Québec ajoutera un petit montant au respirateur artificiel. Dans quel état cela permettra-t-il aux médias de vivoter? Veut-on des médias québécois qui survivent aux soins intensifs, avec tous les maux pour la santé de notre conversation collective décrits plus haut?

La discussion qu’entretient un peuple avec lui-même à travers ses médias est un bien public extrêmement important. Nous sommes tous victimes de sa mauvaise santé. La CAQ aura-t-elle le courage d’exiger que les géants du numérique paient leur part, eux qui sont à l’origine de la crise et qui font aujourd’hui des millions chez nous?

C’est l’essentiel de l’information que j’essaie d’obtenir de la ministre depuis des mois. En période de questions, cette dernière répond souvent, sans plus de précisions : «Nous agissons». C’est ce qu’elle dit aussi dans sa lettre au Devoir. Mais ses réponses sont si incohérentes avec son gouvernement qu’on en vient à se demander si ce n’est pas que du vent pour gagner du temps. «Oui, oui, je vais le faire», disait ce coloc qui ne faisait jamais la vaisselle, quand on lui tombait sur la poire. Une semaine plus tard, la vaisselle était toujours là... 

Carrefour des lecteurs

La femme de mon frère, mais pas ici

OPINION / Comme j’avais hâte au début juin pour aller profiter un peu de mon temps libre pour aller voir quelques bons films au cinéma, chose que je ne fais pas assez souvent, je l’avoue. On doit se le dire, pour plusieurs, aller au cinéma n’est pas une sortie quotidienne, mais plutôt une sortie spéciale motivée par une bande annonce qui nous a donné des émotions. En tout cas, pour ma part, c’est pas mal comme ça que ça se passe.

 Vous devinerez que j’avais plus que hâte d’aller voir Rocketman et La femme de mon frère, et ce, à quelques jours d’intervalle, ce qui allait devenir la plus belle semaine cinématographique de ma vie (en excluant les semaines de REGARD, évidemment). Quelle ne fut pas ma déception de constater que La femme de mon frère n’était pas présenté à Chicoutimi ni à Jonquière, Alma ou Roberval. Misère, ça ne se parle pas ce monde-là… j’ai peine à croire que toutes les salles qui présentent Godzilla II et X-men : Dark Phoenix sont pleines depuis leur sortie. Il me semble qu’avec le nombre de salles dans la région, il pourrait y en avoir pour tous les goûts. Pour l’instant, ça ressemble plutôt à quelques cinémas situés à quelques dizaines de kilomètres les uns des autres qui se font compétition en présentant les mêmes films… Honnêtement, j’irais voir La femme de mon frère s’il était projeté à Roberval. Il me semble que ce serait même un choix stratégique qui pourrait encourager les gens à sortir un peu de leurs habitudes et de leur arrondissement pour consommer de la culture partout dans la région. Peut-être qu’on y a déjà pensé et que ça n’a pas fonctionné, mais bon… Je « brainstorme » tout haut, parce que je le répète : je serais allée à Roberval pour voir La femme de mon frère.

Carrefour des lecteurs

Véloroute des Bleuets : viser l’excellence

OPINION / Dans son éditorial du 14 juin dernier sur la Véloroute des Bleuets, Marc Saint-Hilaire fait, à mon avis, une analyse très juste – la Véloroute est à plus ou moins à l’abandon – et appelle très pertinemment la communauté concernée à l’action. Mon propos vient en appui total à cet éditorial de très haute qualité, voire, je veux en rajouter.

J’ai roulé sur la Véloroute dans un sens et dans l’autre des dizaines de fois, perdant le décompte des tours complets, en un jour, deux jours, trois jours. Au gré des années, j’ai logé et mangé partout le long de la Véloroute. Bref, j’écris en connaissance de cause : M. Saint-Hilaire a raison.

Carrefour des lecteurs

L’amour du café

OPINION / Les Canadiens adorent le café, peu importe le prix on dirait. Son prix sur les marchés mondiaux a atteint son plus bas niveau depuis 13 ans, mais les prix au détail augmentent et les Canadiens en achètent toujours de plus en plus.

Le café, cette denrée unique en soi, se révèle indispensable pour bon nombre de Canadiens. Populaire et désiré, il nous fait commencer la journée du bon pied, et ce, jour après jour. Selon un récent rapport de l’Association canadienne du café, 72 % des Canadiens boivent au moins une tasse de café par jour, comparativement à 64 % pour les Américains. Plus de 87 % de la population canadienne se considère comme des buveurs de café. Les plus grands adeptes au Canada se retrouvent au Québec, puis en Colombie-Britannique, toujours selon ce même rapport. Le buveur de café moyen consommera 2,3 tasses par jour comparativement à 1,7, en 2011. Le café a donc de plus en plus la cote.

Opinions

L’effet de François Legault et de l’entente chez Alcoa Baie-Comeau

OPINIONS / L’auteur, Jean-Claude Bernatchez, est professeur titulaire en relations de travail à l’Université du Québec à Trois-Rivières et directeur de l’Observatoire des relations de travail.

L’Aluminerie de Bécancour (ABI) a placé ses 1000 travailleurs en lockout depuis maintenant 17 mois. Puis il a quelques semaines, une entente intervient chez Alcoa Baie-Comeau faisant suite à une négociation de moins de quatre mois. Acceptée par 87% des salariés, elle renouvelle la convention collective pour une durée de six ans.

Carrefour des lecteurs

Le happening GDPL

J’ai participé, jeudi dernier, à titre de personne bénévole, au rassemblement des participants au Grand défi Pierre Lavoie. Beaucoup de mes proches y participent depuis les débuts et ma belle-fille tenait à ce que je découvre l’ambiance qui s’y dégage.

Carrefour des lecteurs

GNL, un projet à notre image

L'auteur de cette lettre d'opinion est l'ancien maire de Saguenay, Jean Tremblay.

Il y a 100 ans, Alcoa (qui deviendra Alcan puis Rio Tinto) annonçait vouloir transformer la région en réalisant un projet gigantesque.

Carrefour des lecteurs

Carrefour des lecteurs

Soyons cohérents

Les écologistes au Québec semblent malheureusement incapables de sortir de leurs ornières et de comprendre qu’en matière de GES, la lutte est mondiale et ne se limite pas à notre région.

Carrefour des lecteurs

OPINION / Quelques réflexions sur GNL

Éthique mondiale : face à la crise climatique mondiale, le Canada et le Québec ont pris des engagements de réduction de GES, notamment dans le cadre du Protocole de Kyoto et de l’Accord de Paris ; l’appui des gouvernements du Canada et du Québec aux projets GNL, Gazoduc et les projets d’extraction des sables bitumineux sont en contradiction avec ces engagements.