Carrefour des lecteurs

Une grappe consacrée à l’innovation

OPINION / De tous les secteurs industriels au Québec, l’écosystème qui gravite autour de la construction constitue le 4e en importance. L’apport consolidé des secteurs de la construction au Québec représente 22,4 milliards $ en PIB et 267 500 emplois directs, et crée des retombées économiques indirectes considérables, soit 12,9 milliards $ en PIB et 155 800 emplois à la grandeur du territoire. À cela viennent s’ajouter 8,3 milliards $ en PIB et 90 700 emplois induits par les dépenses des ménages.

En plus d’être une force économique majeure, les entreprises qui composent cet écosystème influent directement sur la qualité de vie des Québécois : bâtiments résidentiels, commerciaux ou institutionnels, infrastructures, mobilité, manufactures, matériaux… Leurs entreprises, entrepreneurs, architectes, designers, ingénieurs ou autres, sont à l’œuvre partout et ont contribué à édifier la société moderne en plus de soutenir l’exportation du savoir-faire québécois à l’international. 

Malgré toutes ces retombées, l’écosystème de la construction n’a pourtant jamais pu bénéficier de sa propre politique ou de stratégies économiques, contrairement à d’autres secteurs comme l’aéronautique, l’industrie pharmaceutique, la culture, ou encore la mode. C’est d’ailleurs le constat principal qui ressort d’une étude réalisée l’an passé sur la contribution de l’écosystème de la construction à la prospérité du Québec (*).

Un secteur oublié du système

À l’aube des consultations qui mèneront au budget provincial 2018-2019, dans un contexte où sont (re)négociés les termes d’accords de libre-échange nord-américain et alors que le Québec organise sa transition numérique et énergétique, dans laquelle la construction et la technologie ont un rôle majeur à jouer, plusieurs estiment que ces défis et ces occasions justifient la création d’une grappe industrielle. 

Consacrée à l’innovation ainsi qu’aux processus innovants dans les infrastructures et le bâtiment, cette grappe aurait la vocation de mobiliser l’ensemble des entreprises, des institutions d’enseignement et des centres de recherche. Fortement exposés aux grands cycles économiques mondiaux, à la volatilité des investissements publics en infrastructures, ainsi qu’à une concurrence internationale qui s’est fortement intensifiée, ces intervenants bénéficieraient ainsi d’un forum pour traiter de leurs propres enjeux et mettre en place des actions concrètes pour soutenir la compétitivité de ce secteur. 

En outre, la mise en place d’une telle grappe viendrait appuyer le développement d’une culture collaborative, la convergence de savoir-faire, l’innovation, le rayonnement international ainsi que la recherche de gains de productivité et de compétitivité, pour l’ensemble des acteurs de cet écosystème. De surcroît, cette première étape servirait de rampe de lancement à l’élaboration future d’une stratégie économique intégrée et consacrée à ce secteur qui a déjà fait l’histoire et la marque du Québec à l’international.

Les organisations à l’œuvre dans les infrastructures et le bâtiment ont besoin d’un appui pour se dynamiser, se moderniser et améliorer leur compétitivité. La mondialisation des marchés et des chaînes d’approvisionnement, la demande pour des ouvrages plus verts, plus performants et utilisant les technologies de l’information, la réduction des délais de fabrication, de construction et de livraison, au même titre que la révolution numérique, ne sont que quelques-uns des défis que ces secteurs doivent relever pour s’adapter et rester concurrentiel. 

Alors que l’on assiste à des vagues de réinvestissements dans les infrastructures, le moment est bien choisi pour positionner une priorité économique pour le Québec qui générera des retombées sur l’ensemble de ses régions! 

Plus que jamais, le gouvernement doit appuyer ce projet de grappe et attirer l’attention de toutes ses parties prenantes potentielles sur l’importance de traiter l’écosystème de la construction comme une industrie innovante à part entière. 

Yves-Thomas Dorval

Conseil du patronat du Québec (CPQ)

Anne Carrier

Association des Architectes en pratique privée du Québec (AAPPQ)

Francis Roy

Association de la construction du Québec (ACQ) 

Roger Arsenault

Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ) 

Jean Pouliot

Association des entrepreneurs en construction du Québec (AECQ)

André Rainville

Association des firmes de génie-conseil – Québec (AFG)

Luc Bélanger

Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ)

Fouad Geara

Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ)

Jean Simard

Association de l’aluminium du Canada(AAC)

Luc Bédard

Association béton Québec (ABQ)

Marc Bilodeau

Association de vitrerie et Fenestration du Québec (AVFQ)

Denis Lebel

Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ)

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Le scandale de la gestion de Saguenay

OPINION / Honte au milieu des affaires de Saguenay ! Honte surtout à ceux, professionnels, gros propriétaires, entrepreneurs et autres qui pouvaient juger de l’administration Tremblay et qui ont laissé aller… Qui ont laissé s’installer un climat de peur. Qui ont laissé le maire agir à sa guise avec des nominations arbitraires dignes du temps du Duplessisme. Qui ont laissé se détériorer les infrastructures en surface et souterraines de la ville en camouflant sous d’éphémères baisses de taxes attirant le vote d’un grand nombre de votants que sont les propriétaires de résidences. Les dommages collatéraux causés au futur de la ville et aussi de la région sont inestimables.

Il faut savoir que le coût du rafistolage des infrastructures va s’accentuer d’année en année. Le remplacement de celles-ci, et cela sur une période d’au moins une dizaine d’années. Tout cela en même temps qu’une dévaluation des propriétés en raison de milliers de propriétés en vente. 

J’ai fondé, il y a 60 ans, une entreprise connue maintenant comme Le Groupe LFL et qui est un grand bâtisseur dans le grand Territoire du Nord. Cela ne m’a pas empêché de m’impliquer dans la gestion de ma ville (Alma) et le développement économique de la région. Par exemple, en 1968, la création du premier commissariat industriel du Québec, regroupant Alma et les 12 municipalités du Lac-Saint-Jean, la route du Nord de 1984 à 1994, dossier que j’ai piloté durant 10 ans, etc. C’est aussi la responsabilité des leaders et des entrepreneurs de « veiller au grain ».

Je vous accuse d’avoir failli à vos responsabilités de citoyens ! Pendant 20 ans, vous avez fermé les yeux sur ce qui était une évidence et vous avez été complices par lâcheté, et peut-être par intérêts, de ce système presque dictatorial. D’autant plus décevant que tout ça vient entacher la réputation de tous les employés de la Ville qui, pour la très grande majorité, font un excellent travail.

La nouvelle administration de la Ville a un gros défi à relever et aura à faire face à l’augmentation accélérée de la détérioration des infrastructures et à voir à leur remplacement d’ici une vingtaine d’années. Il faut noter que le coût d’entretien (ex. : nids de poule) va s’accentuer d’année en année, jusqu’à ce que le remplacement ait atteint un certain niveau et cela en même temps que la valeur des propriétés résidentielles qui est en forte décroissance. 

C’est le temps ou jamais de redresser la situation et de faire le grand ménage qui s’impose.

Laval Fortin

Alma

Qui décide à l’hôtel de ville ?

OPINION / Au cours des quatre prochaines années, nous allons certainement vivre, dans cette grande ville du Haut-Saguenay, une tout autre gouvernance que celle que nous avons subie au cours des 15 dernières années. Mais, comme presque partout, dans cette province, les maires (ou mairesses) nous ont laissés croire que c’étaient eux qui décidaient de tout. Les médias se sont prêtés à ce jeu ; les titres dans les médias en sont la meilleure illustration : « Jean Tremblay créera le Podium Pierre Lavoie » « Régis Labeaume promet une maison des sciences », « Denis Coderre a décidé de renoncer à organiser les Jeux mondiaux policiers et pompiers », etc. 

Il est tentant, pour le premier magistrat d’une ville, d’utiliser le « Je » lorsqu’il s’agit d’annoncer, par exemple, un projet. Les maires sont-ils vraiment omnipotents ? Si on se fie à la loi des cités et villes, il n’en est rien : c’est le conseil municipal qui est souverain et qui approuve toutes résolutions ou règlements. Prenons le cas des investissements pour des projets. À l’article 52 de ladite Loi, on stipule que le maire « soumet au conseil tout projet qu’il croit nécessaire ou utile, et lui communique toutes les informations et suggestions relatives à l’amélioration des finances, de la police, de la santé, etc. ». En somme ce que tout conseiller municipal peut également faire. Par contre, l’article 53 nous informe que le maire peut apposer son veto, ce qu’un conseiller ne peut pas faire, sur toute résolution ou règlement adoptés par le conseil. Toutefois, ce veto est temporaire. Le greffier « les soumet de nouveau au conseil à la séance suivante pour qu’il les considère d’urgence et en priorité », et, « si la majorité absolue des membres du conseil approuve de nouveau tels règlements, résolutions, obligations ou contrats, le maire est tenu de les signer et approuver ».

Il est évident que le maire peut déclarer qu’il est pour ou contre tel projet ou qu’il veut aller de l’avant pour tel autre projet. Mais, lorsqu’il s’agit de déclarer que tel projet va se réaliser, c’est le conseil municipal qui décide. C’est la raison pour laquelle il est important que la population puisse assister, physiquement ou par la voie des médias électroniques, à ces rencontres mensuelles. Si les élus sont transparents, ils devront mettre en place un processus d’approbation des résolutions ou des règlements qui donnera le temps aux citoyens d’être bien informés et de pouvoir, lorsqu’il s’agit particulièrement de décisions qui ont un impact sur l’avenir de la Ville, faire partie de la prise de décision. Cela se nomme de la démocratie participative. Nous n’avons plus les moyens de nous payer des conseillers qui abdiquent leurs responsabilités. 

Jacques Pelletier

Chicoutimi

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Lettre intégrale de l'avocat Louis Coulombe

OPINION / Est-ce cela la nouvelle manière de gérer ?

Imaginez, on a été jusqu’à me donner plus de 520 000 $ brut en indemnité de fin d’emploi pour ne pas me rencontrer, pour que j’arrête de travailler !

C’est beaucoup d’argent, même si 50 % de ce montant partira en impôt. Il y avait pourtant une manière toute simple de solutionner ce dossier ! Me laisser travailler, comme je le fais, depuis mon arrivée en 2011.

Comment se fait-il qu’aucun élu n’ait questionné s’il était possible d’agir autrement ?

J’ai dû demander à au moins 15 reprises une rencontre avec la mairesse, Mme Néron, pour discuter de tout cela. Je l’ai fait en privé et j’ai même dû le faire par le biais des médias ; pas de réponse. Aussi, j’ai voulu m’inviter à la plénière du 4 décembre dernier, mais le DG m’a refusé verbalement l’accès.

Cela en dit long sur la démocratie, sur le respect du droit de parole !

Pour ma part, tout était possible, tout pouvait être négocié, tout était sur la table, notamment :

-Qu’on se donne un peu de temps pour voir comment vont évoluer les choses ;

-Que je termine mes dossiers, que je me trouve un autre emploi et que je quitte ;

-Que je travaille dans des dossiers moins sensibles temporairement à moyen ou à long terme ;

-De mettre en place, si nécessaire, des moyens permettant d’installer un climat de confiance ; 

-Rémunération, contrat, tâches ;

-etc.

J’étais ouvert à toutes les possibilités, on a préféré me faire faire le tour de la grande roue médiatique, de me mettre le maximum de pression pour que je m’écrase, de salir ma réputation, de faire mal à ma famille, à mes amis, de m’humilier, de déformer la réalité, de faire des amalgames avec des organismes et des situations qui me sont complètement étrangers. On a dénaturé mon contrat sur la place publique. 

On m’a fait une vraie job de bras et en règle à part de ça !

Moi, je ne voulais qu’une chose, continuer à travailler. Je n’ai jamais refusé un dossier, j’étais toujours disponible. J’ai ouvert plus de 700 dossiers au fil des ans et pas des faciles ! Ce n’était pas le travail qui manquait. 

On a tiré sur l’individu au début et voici maintenant que l’on attaque mon poste. Il est jugé maintenant inutile selon Mme Néron ! N’en jetez plus la cour est pleine…

C’est certain qu’ils devront engager des ressources et/ou donner le tout à l’externe, peut-être pas tout de suite, mais garder l’œil ouvert. Ça va coûter encore plus cher ! ! !

On a crié à l’indignation. Je crois, avec respect, que ce qui sème beaucoup plus l’indignation c’est de donner plus de 520 000 $ brut à une personne pour qu’elle arrête de travailler, alors que celle-ci ne souhaite que continuer à effectuer correctement son travail, que l’on a strictement rien à reprocher à cette personne, qu’elle est compétente, qu’elle connaît bien les rouages de l’appareil municipal et qu’au surplus, qu’il y avait beaucoup de travail à accomplir. 

Toutes les villes du Québec ont des dossiers juridiques, des juristes et Saguenay n’y fait pas exception, elle a même un des plus petits contentieux, son nom est d’ailleurs : Coulombe Boivin Morin-Gravel.

Non, mais est-ce que c’est parce que c’est l’argent des autres qu’on agit comme cela ? 

Nommez-moi une entreprise qui a les moyens de se payer un pareil Égo trip ?

La notion de contrat à durée déterminée ou indéterminée n’a strictement rien à voir dans le débat ! Congédier quelqu’un sans aucune raison, sans aucun motif peu importe la nature du contrat que vous avez, ça coûte cher à un employeur, très cher, trop cher ! 

Mais pas pour Saguenay qui semble avoir un budget illimité pour mettre son plan à exécution. 

Dans un communiqué de presse émis le 11 décembre, la mairesse prend la peine de préciser qu’elle a eu une rencontre avec le DG après son élection pour discuter des postes qui pouvaient être remaniés. Toutefois, elle omet de faire mention de celle qui a eu lieu le mercredi avant l’élection municipale où, selon les dires même du DG, une entente est intervenue et où son contrat d’emploi a alors pris un tout autre sens [NDLR La mairesse Josée Néron a confirmé lundi soir au Quotidien la tenue de cette rencontre]. « Moi, je suis sauvé ! », m’a-t-il mentionné à plusieurs reprises tout en commençant à agir soudainement à mon égard comme un véritable homme de main. Cette rencontre, en pleine période électorale est loin d’être anodine, respecte-t-elle la loi, l’éthique, la transparence, la démocratie ?

Est-ce que je devais cesser d’exister le 5 novembre dernier en raison de l’élection de Mme Néron ? 

La réponse est toute simple : NON, je suis, comme plusieurs, un fonctionnaire municipal apolitique. Oui j’avais des discussions, des rencontres avec des élus comme tous les autres fonctionnaires, mais cela ne fait pas de moi un employé politique. C’est d’un ridicule consommé ! J’ai toujours fait mon travail avec rigueur et compétence, je n’ai pas fait de politique partisane pendant mon emploi. Je suis également un professionnel qui est membre du Barreau du Québec depuis 26 ans, j’ai un code de déontologie qui m’oblige à être intègre et honnête. 

Ce que je trouve pour le moins étrange, c’est qu’on me demande de justifier une décision que je n’ai pas prise et que je considère complètement irrationnelle et indéfendable !

Ce n’est pas à moi de répondre, ni d’expliquer comment se fait-il que l’on me donne plus de 520 000 $ brut de fonds publics pour m’arrêter de travailler alors que moi je souhaitais uniquement continuer à exécuter mon travail de manière professionnelle. 

Depuis la mi-novembre, on a passé toutes sortes de messages à mon égard. On a menacé d’abolir mon poste à plusieurs reprises, ma présence n’était plus souhaitée. 

Quand tu veux te débarrasser de ton chien, tu dis qu’il a la rage !

On a résilié unilatéralement mon contrat. On m’a carrément congédié, et ce, tout à fait arbitrairement. Le DG m’a mentionné, en fin de journée le jeudi 7 décembre, que le conseil avait aboli mon poste lors d’une réunion tenue plus tôt le même jour. J’ai dû me résigner, je ne me voyais pas entreprendre des procédures judiciaires interminables contre un employeur qui a des moyens financiers illimités. Je n’avais plus d’alternative. Le cirque avait assez duré…

On aurait pu me rencontrer, me donner le droit de parole, on aurait pu être démocratique.

Enfin, je n’ai pas pu souhaiter mes félicitations à Mme Néron pour son élection, je ne l’ai jamais rencontrée ! Alors, félicitations Mme la mairesse…

Me Louis Coulombe

Ex-directeur exécutif 

Ville de Saguenay

Carrefour des lecteurs

Donner des services d’abord

Comme bien des citoyens de Saguenay, moi aussi j’ai la nausée concernant le scandale de Promotion Saguenay.

Selon la majorité des commentaires lus dans votre journal, à part ceux de quelques journalistes, le nouveau conseil de ville ne devrait plus subventionner Promotion Saguenay à même nos taxes. 

Les retombées économiques comparativement aux coûts exorbitants en salaires payés, primes de départs et régimes de retraite faramineux, le jeu n’en vaut pas la chandelle, non merci et en tant que payeurs de taxes c’est inadmissible et scandaleux de continuer à subventionner un tel organisme. Dans le privé ce serait la faillite assurée et on fermerait la bâtisse.

Je suis convaincu que la majorité des citoyens sont de mon avis, la cour est pleine comme l’écrivait M. Gilles Bergeron (économiste) dans votre journal du 30 novembre dernier.

En premier lieu, nos taxes doivent servir à donner aux citoyens les services auxquels ils s’attendent et doivent être à la hauteur d’une ville comme Saguenay doit être. Pourquoi nos taxes serviraient à engraisser quelques élus dans une tour d’ivoire où règnent le mutisme et la complicité.  C’est bien beau de vouloir promouvoir une ville, mais à quel prix ? Assez c’est assez!      

Où se cachent les scribes, les sépulcres blanchis dont la devise était «la poche du citoyen d’abord» ? Où sont les Ponce Pilate de cet acte odieux!  

Heureusement pour eux que nous sommes en 2017, car ils seraient voués à la crucifixion, et j’imagine le roi des sépulcres blanchis, entouré du signataire du contrat les yeux fermés et l’heureux bénéficiaire de tant de générosité, tous les trois sur une croix et le roi du Saguenay leur dire:  «En vérité, en vérité je vous le dis, aujourd’hui même vous serez avec moi au paradis fiscal! Amen! » 

Alain Lapointe

Jonquière

Pas une question de compétence

Jean Tremblay a réagi face à l’actualité entourant son ancienne administration en confirmant qu’il n’y a rien de scandaleux là-dedans. Que Ghislain Harvey et Priscilla Nemey étaient des gens extrêmement compétents qui ont beaucoup contribué à construire la ville. Or, là n’est pas la question. On ne se soucie pas de la compétence des gens, mais de la transparence et de l’honnêteté. Et ces deux éléments semblent décidément avoir été malmenés ces vingt dernières années. Ce que Jean Tremblay a affirmé se compare à quand un pays colonisateur répond à ses anciennes colonies qui se plaignent de plusieurs infractions des droits de l’homme qu’ils ne devraient pas se plaindre, car leurs colonisateurs leur ont construit des routes, des écoles, des usines, etc. Bref, peu importe si tu fais bien certaines choses, cela ne te donne pas le droit de contourner les règles établies par la société. Les citoyens ont le droit d’être scandalisés par le salaire exorbitant de Ghislain Harvey qui surpasse celui du premier ministre, une fonction hautement plus importante. Il aurait très bien pu faire son travail avec une rémunération plus modeste et ainsi épargner l’argent des contribuables pour d’autres domaines. Il y a tant de grands bâtisseurs dans notre société qui sont moins bien payés: infirmières, enseignants, ouvriers, menuisiers, etc. La différence est qu’eux se montrent (pour la plupart) honnêtes. Par conséquent, minimiser les impacts des révélations des dernières semaines s’avère être une grave insulte pour ces gens-là. Si M. Harvey est aussi compétent que l’ancien maire le prétend, alors ce dernier n’aurait eu aucun mal à soumettre sa candidature et à se faire sélectionner dans les règles. Mais encore faut-il apprendre à respecter les principes fondamentaux de la démocratie.  

Joanie Dallaire

Chicoutimi

Carrefour des lecteurs

Entrepreneur, vous dites !

Monsieur Ghislain Harvey, que l’ex-maire Tremblay nous présente comme un véritable prophète du développement économique, n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais d’aucune façon que ce soit un générateur brut de richesse. Simplement parce qu’il n’est pas un entrepreneur.

Durant des années, il s’est par contre improvisé comme tel, allant même jusqu’à considérer légitime de faire ses propres « placements » discrétionnaires à coups de subventions à on ne sait qui trop ni pour quels projets. M. Harvey et Mme Priscilla Nemey, à la tête de « pseudo entreprises » dans lesquelles ils n’ont pris aucun risque, n’ont rien investi, n’ont pas eu à se battre contre la concurrence et, cerise sur le gâteau, n’ont jamais eu à se ronger les sangs avec le financement, les échéances, les liquidités… Tous des enjeux que les vrais entrepreneurs sauront reconnaître. 

Non, car les faux dragons de Promotion Saguenay dorment en fait comme des bébés chaque nuit, bien abreuvés à la mamelle du contribuable et bien au chaud dans de douces pensées où leur salaire stable et quasi éternel n’a rien à voir avec leur chiffre d’affaires, leur marché… alouette. M. Harvey s’est tellement cru un homme d’affaires, un « vrai », qu’il conclut maintenant mériter 425 000 $, tel un commerçant qui vend sa business, la fierté en moins. Il se croit tellement méritant, qu’il est même convaincu que les contribuables doivent assurer la subsistance de son épouse si la faucheuse le frappait en premier. 

Si M. Harvey n’a pas pu épargner assez dans sa vie active (laissez-moi rire), c’est alors là seulement qu’il a un point en commun avec plusieurs entrepreneurs ! À la différence que M. Harvey n’a bâti aucun empire, si petit ou si gros soit-il, à la sueur de son front pour en récolter la valeur au bout d’une vie. M. Harvey, sans les payeurs de taxes et les braves entrepreneurs, les « vrais », vous ne seriez fort probablement qu’un quidam quelconque. Mais jamais un « moneymaker » naturel, car vous n’avez pas la fibre, vous préférez vous bercer d’illusions de réussite au crochet de la société.

 Depuis des décennies, c’est le peuple qui vous paie grassement. Avant, comme député et maintenant pour on ne sait trop quels accomplissements en fait. Et laissez-moi vous dire que si vous n’aviez pas vu le jour, les « projets » tels que BlackRock, GNL, etc., auraient tout de même trouvé leur route jusqu’au Royaume. Vous n’avez quand même pas inventé les eaux profondes navigables qui les attirent ! Et pour finir, dans le même registre, si Mme Nemey veut gérer une entreprise de navettes à la place du privé, elle n’a qu’à les acheter elle-même ! Quoi ? Ce sont des superstars de la gestion ! Des perles ! Les meilleurs ! Je ne vois pas comment ils pourraient en être incapables par leurs propres moyens!

Mélanie Boucher, Jonquière, entrepreneure de 4e génération de fiers Boucher

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Les régions et l’Autre

Dans une lettre envoyée au Quotidien, qui n’a jamais été publiée, j’avais avancé que, tenant compte de la prégnance encore très forte de Justin Trudeau, le vainqueur de l’investiture libérale en vue de l’élection partielle dans la circonscription fédérale de Lac-Saint-Jean, le remplaçant du conservateur Denis Lebel, deviendrait le député du dit-comté.

L’Autochtone Marjolaine Étienne, qui affrontait le nouveau député libéral Richard Hébert, aurait dû, à mon sens, remporter l’investiture. La participation des Premières Nations à l’essor de l’économie canadienne, souhaitée par l’ex-politicien Bob Ray, et leur reconnaissance pleine et entière pour le passé et l’avenir du pays n’en auraient été que plus bénéfiques. Mais les citoyens du haut du Lac ne sont pas encore prêts à confier leur destinée politique à un autre qu’un Blanc. Ce qui est, par ailleurs, le cas de la majorité des autres régions éloignée de la province.

La cuisante défaite de la candidate néo-démocrate Gisèle Dallaire dans cette élection partielle (quatrième) renvoie au fondamental du propos tenu plus haut. Pour descendre aussi bas, après avoir chauffé l’ex-ministre Denis Lebel à l’élection générale de 2015, il a fallu qu’il se soit passé quelque chose d’inusité dans la tête des électeurs du comté. Je pense ici à la visite dans la circonscription du nouveau chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, affublé d’une barbe hirsute, d’un turban et d’un kirpan: des signes religieux sikhs. La croix au cou d’un chef blanc aurait fait une différence, selon moi, pour la candidate Gisèle Dallaire.

Je me considère comme non-raciste et non-xénophobe, mais il y a toujours un coin de mon cerveau incapable de soutenir des signes religieux ostentatoires que ce soit la croix au cou, le turban ou le voile intégral tel que celui présenté en page 3 du quotidien Le Devoir, le 23 octobre dernier. M’habituerais-je un jour?

Marcel Lapointe, Jonquière

Carrefour des lecteurs

Oui à un nouvel amphithéâtre

OPINION / J’abonde dans le même sens que le commissaire Courteau qui prône la construction d’un nouvel amphithéâtre sportif à Chicoutimi.

S’il y a bien une infrastructure pour laquelle j’accepte d’emblée qu’on utilise mes taxes municipales et mes impôts, c’est bien la construction d’un nouvel amphithéâtre sportif et multifonctionnel. Naturellement, cette nouvelle construction servirait pour les Saguenéens de Chicoutimi dans un premier temps, mais serait aussi accessible pour l’ensemble des citoyens de Saguenay et pour ceux des villes environnantes.

C’est de plus en plus évident. On ne peut plus se permettre de faire du neuf avec du vieux. Construit dans les années 1940, le Centre Georges-Vézina n’est plus très jeune. Il a été inauguré en 1949 et a connu de nombreuses rénovations au fil des décennies. Je ne suis pas un expert en la matière, mais ce que j’observe dans mes recherches sur la durée de vie d’un bâtiment en béton, c’est qu’elle est d’environ 70 ans.

En janvier 2016, les travaux de rénovation pour le Centre Georges-Vézina se chiffraient à environ 25 millions selon une étude réalisée par Les Maîtres d’œuvre Hovington Gauthier Architectes et la firme d’ingénierie Gémel. Cette somme n’inclut pas les travaux sur la patinoire et un possible creusage pour un retour à une glace de dimension conventionnelle.

Pour justifier mon choix, je prends exemple sur la construction du nouvel amphithéâtre à Shawinigan pour un coût total d’environ 50 millions $. Cela inclut les bandes rétractables. C’est un concept de gradins et de bandes amovibles. Il faut entre 60 et 90 minutes pour faire passer la largeur de la patinoire de 85 à 100 pieds, pour lui donner ainsi des dimensions olympiques. Cette nouvelle technologie mise en place à Shawinigan permettra non seulement de repousser la bande, mais aussi une partie des gradins contenant exactement 697 fauteuils. Les bandes rétractables permettraient aussi de conserver l’ovale réglementaire pour le patinage de vitesse courte piste dans la région.

Il y a d’autres éléments qui font en sorte que nous pourrions diminuer la facture énergétique de 50 % et de 170 000 $ en chauffage par année, selon Shawinigan.

Cela permettrait aussi d’augmenter le nombre de spectateurs durant la saison régulière et durant les séries. La publicité est de plus en plus importante au niveau junior majeur et avec un nouvel amphithéâtre, ce sera plus facile d’attirer les commanditaires.

Pour ces raisons, je songe sérieusement à former une organisation citoyenne en faveur de ce projet, si la demande est au rendez-vous.

Christian Joncas, Saguenay

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Les bateaux de croisières

De nombreux citoyens posent des questions pertinentes sur le projet des bateaux de croisière, les retombées des investissements qui ont été faits, la démarche et les études qui ont guidé ces décisions d’investissement. Un fait demeure : ce projet a exigé des investissements importants de Ville de Saguenay, et les citoyens sont en droit d’exiger des explications sur sa contribution au développement de notre ville. 

Dans le contexte actuel, je ne pense pas qu’une démarche interne d’évaluation menée par Priscilla Nemey soit appropriée et qu’une évaluation des retombées soit suffisante. Une évaluation externe et compétente serait souhaitable, et l’étude des retombées devrait s’inscrive dans le cadre d’une étude avantages-coûts permettant d’évaluer la pertinence des investissements dans ce projet et de guider les décisions d’avenir.

Mme Nemey est responsable de ce projet depuis sa création. Elle a contribué à son développement, vanté ses mérites et fait sa promotion avec efficacité en faisant valoir la croissance du nombre de bateaux de croisières et de passagers. De plus, elle a fait de l’arrivée et du départ des bateaux une attraction populaire. Malgré ses compétences dans ce secteur et l’information dont elle dispose, elle n’est pas dans une position appropriée pour faire une auto-évaluation crédible de ce projet. Une évaluation externe avec la collaboration de Mme Nemey est nécessaire. 

L’étude des retombées économiques doit s’inscrire dans le cadre d’une étude avantages-coûts du fait que Saguenay a investi des sommes importantes dans ce projet, que de nouveaux investissements seront requis pour l’entretien et la modernisation des équipements, qu’un budget annuel de fonctionnement est nécessaire et que des décisions devront être prises pour réduire ou augmenter ces budgets en tenant compte de leur contribution au développement de notre ville.

Le projet des bateaux de croisière à Saguenay est une réalité. Les investissements ont été réalisés, et il faudra poursuivre le projet avec un budget annuel de fonctionnement et des investissements réguliers. Un portrait clair est nécessaire pour permettre de prendre les décisions appropriées pour la continuité de ce projet. 

Gilles Bergeron, économiste, Saguenay

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Croisières : les vraies retombées ?

Je viens de lire un rapport disponible sur Internet de Doxa Focus, mars 2015, intitulé : Rapport d’étude: Étude auprès des croisiéristes et des membres d’équipage des navires de croisière dans les ports du St-Laurent. Selon ce rapport un croisiériste dépense en moyenne 107 $ sans nuitée dans chaque port de croisière, ou alors 236 $ s’il s’offre une nuitée au port d’embarquement de Québec ou Montréal.

 Les membres d’équipage dépenseraient en moyenne 53 $. On apprend aussi que les croisiéristes ne prennent en général qu’un seul forfait dans toute leur croisière. Cela donne des retombées totales de 236 $ par croisiériste, à condition qu’il y ait nuitée au port d’embarquement.

Par ailleurs, dans un article publié dans Le Quotidien, Promotion Saguenay proclame que 300 000 croisiéristes ont amené des retombées de 80 millions, soit 260 $ par croisiériste. Ces chiffres correspondent à peu près à ceux du rapport de Doxa (236 $ par croisiériste, mais avec nuitée), mais il y a un hic : au Saguenay, les croisiéristes ne consomment pas de nuitées. Il faut donc retrancher 129 $ au chiffre moyen de dépense pour Saguenay, ce qui voudrait dire que nos 300 000 croisiéristes ont amené des retombées de 32 millions et non pas de 80 millions, ceci sans compter les membres d’équipage. Promotion Saguenay dit aussi investir 6 millions pour accueillir en moyenne 50 000 croisiéristes en 2014, 2015 et 2016 (chiffres à vérifier). C’est 40 $ par croisiéristes. Il faudrait à cet égard que Promotion Saguenay rende public son propre rapport d’étude ou nous dise qu’il a utilisé les chiffres de Doxa agrémentés d’une étude maison. Sur Internet, on ne trouve pas d’étude provenant de Promotion Saguenay.

Bref, ces chiffres laissent songeur. Soit je les interprète mal, soit Promotion Saguenay nous mène en bateau. Si un croisiériste dépense 107 $ en moyenne à Saguenay (ce dont on peut tout de même douter), cela donne des retombées de 32 millions pour 10 ans. C’est 3,2 millions par année, et il en coûterait 2 millions pour les accueillir. Il reste donc des vraies retombées de 1,2 million de $. Bien sûr, on pourrait compter l’argent dépensé par Promotion Saguenay comme des retombées, mais ce n’est pas de l’argent neuf venu d’ailleurs. C’est nous qui l’avons sorti de nos poches de citoyens payeurs de taxes. Bien sûr, quand nous allons à la Baie pour accueillir un bateau de croisière, nous dépensons de l’argent et c’est aussi des retombées. Mais cet argent serait dépensé ailleurs s’il ne venait pas de bateaux. À mes yeux, cela n’enrichit pas la région. 

Il n’y a pas de doute que les croisiéristes aiment leur passage à Saguenay et que l’investissement, dans le sens de la visibilité, en vaut la peine. Mais en même temps, comme payeur de taxes, j’aimerais que l’on me dise la vérité. Devant tout ce que l’on sait maintenant sur l’opacité qui régnait à Promotion Saguenay, il y a des doutes. Promotion Saguenay a-t-il embelli le dossier des retombées économiques pour faire mieux paraître notre maire et les investissements de 67 millions $ réalisés et aussi de 4,5 millions $ supplémentaires pour des quais flottants ? Il est question ici de la simple vérité. 

Gaétan Émond

Saguenay

Son jupon dépasse manifestement

Sans retenue, un goût amer en bouche, mais l’esprit tranquille, et n’ayant rien à se reprocher, Carolle Dallaire, propriétaire d’une compagnie de taxis à La Baie et ex-administratrice sur le C.A. de Promotion Saguenay, s’est livrée, le 4 décembre dernier dans Le Quotidien.

Selon elle, des membres du C.A. étaient manipulés. Elle a bien dit, on insiste, des membres du C.A.

Cela veut-il dire qu’elle s’exclue ? Maintenant qu’elle a commencé à lever le voile, peut-on savoir qui sont les membres qui auraient été manipulés ? Sinon, trop facile de chercher à se disculper en accusant les autres comme elle le fait.

À lire ses confidences faites à la journaliste Mélyssa Gagnon, cette membre d’un C.A. me donne nettement l’impression de ne pas avoir pris ses propres responsabilités d’administratrice. Si elle trouvait que les réunions étaient caractérisées par le vague, que des membres étaient manipulés, que certains avaient une confiance aveugle en Ghislain Harvey, à mon sens, elle a cautionné cet état de fait en ne dénonçant pas publiquement.

À part cela, les propos de cette femme d’affaires laissent entendre qu’être sur le C.A. de Promotion Saguenay constituait pour elle un tremplin qui pouvait lui rapporter. Depuis quand acceptons-nous de faire partie du conseil d’administration d’un OBNL paramunicipal financé par les deniers publics pour garnir son propre réseau de contacts ?

Nous sommes plusieurs dans la ville qui croyons que madame Dallaire a perdu sa crédibilité parce qu’elle s’est délié la langue trop tard. Dans la crise de confiance qui secoue présentement les Saguenéens, celles et ceux qui vont chercher à jouer sur les deux tableaux en même temps doivent être démasqués sans compromis. Il y a assez de cynisme ambiant comme ça.

Marcel Lapointe

Jonquière

Carrefour des lecteurs

Promotion Saguenay: un lourd fardeau

OPINION / Le conseil d’administration de Promotion Saguenay (PS) a accepté, à sa demande, de nommer Mme Josée Néron au poste de présidente, une décision qui permettra vraisemblablement à PS de conserver son mandat d’organisme mandataire du développement économique à Saguenay.

Mme Néron apporte son expérience, son réseau de contacts et son prestige à une organisation et un CA qui avaient perdu leur crédibilité dans l’opinion publique, principalement à la suite de la décision de ses membres de renouveler le contrat de Ghislain Harvey et de nommer un président et une directrice générale quelques jours avant la tenue des élections.

Comme présidente, Mme Néron pourra défendre les intérêts de PS auprès de la population et du conseil de ville et obtenir le renouvellement, total ou partiel, de son financement pour les prochaines années. À titre de mairesse qui propose une subvention à un organisme dont elle est la présidente, elle sera cependant dans une position qui s’apparente à un conflit d’intérêts. La présidente devra également rendre des comptes à un conseil de ville qu’elle dirige. Elle sera également au centre des conflits et des visions différentes des deux organisations. Comment concilier dans un avenir prévisible le conflit de la dualité des rôles qui mène à une collision inévitable ? Josée Néron sera appuyée par deux conseillers d’expérience qui seront au conseil d’administration avec elle : Michel Potvin et Jean-Marc Crevier. 

Sous sa présidence, PS pourra s’adapter plus facilement à son nouvel environnement politique en faisant une saine gestion de ses dépenses, étant plus ouverte à la diffusion d’informations et en rendant plus facilement des comptes au conseil de ville. Pour répondre aux pressions du conseil municipal dans le contexte actuel, Josée Néron réussira à imposer certaines décisions du conseil de ville au CA. Il lui faudra cependant déterminer le degré de contrôle que la municipalité veut exercer et l’espace d’autonomie de PS. Elle hérite du dossier du règlement du départ de Ghislain Harvey pour lequel le conseil d’administration avait signé une entente au coût de 425 000 $, entente qui rencontre des objections au conseil de ville pour le moment. La décision du conseil de ville de suspendre temporairement la directrice générale de ses fonctions rencontre également des résistances au sein du CA.

D’autres changements seront plus difficiles. Dans quelle mesure la nouvelle présidente pourra-t-elle modifier les statuts et l’organisation des pouvoirs à PS ? Dans quelle mesure pourra-t-elle changer la composition et le mode de nomination des membres du CA ? Dans quelle mesure pourra-t-elle redéfinir le champ d’activités et les responsabilités de PS ? Dans quelle mesure pourra-t-elle introduire les changements nécessaires dans la stratégie de développement économique définie et mise en œuvre par PS ? Dans quelle mesure pourra-t-elle introduire des mécanismes de reddition de comptes crédibles ? Dans quelle mesure pourra-t-elle introduire des règles de déontologie appropriées ? Dans quelle mesure pourra-t-elle définir de nouveaux rapports entre les pouvoirs du conseil de ville et les pouvoirs du CA de PS de sorte que, à son départ de la présidence, le conseil de ville puisse continuer d’exercer son pouvoir sur PS dans le respect de son autonomie et sa capacité d’innovation ?

Un fait demeure, PS se comporte actuellement comme un organisme privé, dont les membres du CA se nomment entre eux à partir d’une évaluation dont les critères sont mal définis. C’est le conseil d’administration qui vote ses statuts et règlements, nomme le président ou la présidente de même que le directeur ou la directrice générale. Le conseil d’administration est responsable des grandes orientations stratégiques de développement économique de Saguenay et la direction générale est responsable de leur mise en œuvre. 

Faire le grand ménage à PS est un défi difficile qui exige des changements importants dans la gouvernance de l’organisation. Une collaboration volontaire ou forcée du conseil d’administration sera nécessaire. Espérons qu’un nouvel équilibre dynamique pourra être trouvé rapidement entre le conseil de ville et PS. 

Gilles Bergeron

Saguenay

M. Tremblay, que valait votre prière ?

OPINION / Quel « slogan », M. Tremblay ! Quelle déception, quelle tristesse de constater que ce slogan n’était que foutaise dans votre tête d’administrateur. L’était-il tout autant dans votre cœur de maire ? Si oui, vous nous avez bernés durant 20 ans. Vous m’avez triché votre vraie identité. En tout cas, votre personnage d’homme public en prend tout une dans mon « personnage-marionnette » de citoyen ! Je suis AMÈREMENT déçu d’avoir cru en vous durant tout ce temps. Je le suis davantage de vous avoir vanté, de vous avoir défendu devant quelques adversaires que j’ai pu croiser au cours de vos 20 années de règne ! Que valait la prière que vous défendiez avec tant d’acharnement ? Que valait-elle sinon apparat devant l’humble citoyen que je suis et mensonge devant Dieu ! Ne dit-il pas : « À chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ses petits, c’est à Moi que vous l’avez fait. » Il est vrai qu’il nous restera quelques bonnes réalisations de votre administration, sinon, mon amertume durerait jusqu’à la fin de mes jours !

Roger Poirier

Jonquière

Carrefour des lecteurs

Des employés inquiets? Avec raison

OPINION / Voici mes commentaires à propos de l’article paru dans le Progrès Week-end du 2 décembre et titré Des employés insécures (sic).

Saguenay fait partie des grandes municipalités du Québec qui sont à la fois une ville et une MRC. La Ville a délégué à Promotion Saguenay certaines activités en matière de développement économique. Toutefois on sait, depuis 2013, que plusieurs de ces activités ne pouvaient être déléguées. Voici un extrait de ce que cite le MAMOT lors d’une vérification effectuée à Promotion Saguenay en 2013 :

« … la Loi sur les compétences municipales permet à une municipalité locale de déléguer l’organisation et la gestion de la promotion industrielle, commerciale ou touristique… (qui), de manière générale, consiste à renseigner les personnes au sujet de ce que peut offrir la municipalité. Cette notion doit être distinguée de celle plus générale relative au développement économique de la municipalité. Cette dernière expression ne se retrouve nullement mentionnée aux articles 93 et 94 (de la Loi) ».

Le MAMOT identifie plusieurs activités de Promotion Saguenay qui n’auraient pas dû lui être déléguées : contrats relatifs à l’énergie, vente et échange d’immeubles industriels, aides à différents OBNL, contrats de construction d’ouvrages, subventions à des établissements industriels ou commerciaux. Le MAMOT souligne également qu’« une municipalité ne peut faire indirectement ce qu’elle ne peut faire directement ». 

On comprend, à partir de ce constat, que les employés de Promotion Saguenay soient inquiets si le conseil de ville décide de régulariser la situation. L’article mentionne qu’il y a 53 employés (13 employés de Diffusion Saguenay non inclus) à Promotion Saguenay. Mais combien y en a-t-il vraiment qui travaillent pour la mission première de cet organisme si on exclut, entre autres, les 12 opérateurs de l’Aéroport de Bagotville, les 6 employés permanents assignés aux opérations du quai d’escale, les 5 (oui 5!) personnes de la comptabilité, le personnel pour la vente de terrains et d’immeubles et les gestionnaires de projets de construction d’infrastructures ? Cela ne signifie pas qu’il y a trop de personnel. Cela signifie que, comparativement à d’autres villes similaires, le nombre de personnes assignées au développement économique apparaît restreint. On devra donc s’interroger sur la vraie mission de Promotion Saguenay ou de son ou ses équivalents et identifier les compétences requises en ressources humaines, physiques et financières pour remplir, une fois pour toutes, sa mission de développement. 

Jacques Pelletier

Auteur du livre Saguenay sous l’administration Tremblay

Contrats secrets : une solution

OPINION / Comme tout le monde, et en particulier en tant que contribuable, j’ai été plus écœuré qu’étonné par l’affaire des contrats secrets et blindés à Ville de Saguenay, connaissant notre « tartuffe » d’ex-maire. On a proposé toutes sortes de choses sur la manière de traiter de tels « engagements », mais sans jamais remettre globalement en question leur validité. Je ne suis pas juriste, mais je pense que ces contrats, qui en réalité ont été contractés non pas entre les bénéficiaires et les contribuables, mais entre les bénéficiaires et une petite clique d’initiés, sont tout simplement invalides, même si en apparence légaux, justement parce qu’ils sont secrets. En tant que contribuable, en effet, c’est mon droit fondamental de savoir comment mon argent est dépensé, et il est clair que ce droit prime sur la présumée confidentialité de contrats faits en catimini dans un tel contexte.

Messieurs Tremblay et Harvey ont fonctionné sur la base du secret depuis qu’ils sont en poste, notamment concernant l’administration de Promotion Saguenay, dont le budget de 10 millions par année, la part du lion allant à l’autopromotion, dons et commandites, est financé à 100 % par les contribuables. On voudrait souligner à cet effet le travail admirable de Christian Joncas, qui s’est battu seul pendant des années pour obtenir la divulgation de ces activités, au détriment de sa santé face aux attaques déchaînées de Jean Tremblay et au mutisme du conseil municipal. On reconnaît également le courage de Christine Boivin, qui a finalement fait sortir le chat du sac, malgré les tentatives désespérées, indécentes et risibles de Ghislain Harvey pour préserver son secret et sa survie. Il ne faudrait surtout pas oublier la fermeté, la droiture et la sagesse de Josée Néron, la nouvelle mairesse, dans cette affaire. 

Je pense qu’il ne serait pas difficile de trouver des précédents sur la validité d’ententes secrètes dans un contexte municipal ou public. L’affaire qui nous concerne devrait être exclusivement traitée sur la base de la primauté du droit au payeur de savoir comment on utilise son argent et qu’on devrait faire appel à des juristes qualifiés pour ce faire. De plus, comme ces contrats ont été établis entre les contractants et une minuscule clique, faussement au nom de Ville de Saguenay et de ses contribuables, je suis d’avis que les membres de cette bande en soient tenus judiciables. Je crois que cette approche nous permettrait de faire table rase et éviterait à la municipalité d’avoir inutilement à traîner des boulets et à encourir des frais inutiles pendant de nombreuses années, en plus d’établir des balises permettant de mettre fin à la culture du secret dans les administrations publiques.

Denis Masson

Chicoutimi

Carrefour des lecteurs

Une équipe nouvelle, un souffle nouveau

OPINION / Le 6 novembre dernier, l’arrivée du nouveau conseil à la ville de Saguenay nous a fait l’impression d’un embarquement sur un bateau rendu au fond de la mer, entouré de requins. Sauveteurs, au secours !

La capitaine est rentrée, solennelle sur ce bateau coulé, flanquée de trois cavaliers, non élus, prêts à affronter n’importe laquelle tempête !

Qu’on se calme ! Le bateau ne peut aller plus au fond qu’il ne l’est déjà, il ne peut que remonter. Reprenons notre souffle. On a choisi, dimanche le 5 novembre, 14 membres pour cette croisière en folie, dont 10, frais embarqués, tout neufs.

Vous avez dit 14 ?

Oui, dont 10 tout frais.

Est-ce qu’on les connaît ?

Des têtes connues : Jean-Marc Crevier, Michel Potvin, Michel Thiffeault.

Puis les autres ?

En ce qui me concerne, sept inconnus, sûrement pas des 2 de pique puisque la population de leur arrondissement a coché majoritairement leur nom : Kevin Armstrong, Raynald Simard, Éric Simard, Martin Harvey, Jonathan Tremblay, Martin Bouchard, Brigitte Bergeron. Les cinq autres, dont Mme Néron, sont connus.

Où ai-je pris mes renseignements ? Petites photos, 4 po x 5 po, dans un coin, en page 17 du Quotidien du 14 novembre, serrée en sardine, leurs noms écrits en lettres minuscules en bas de leur photo respective.

C’est pour eux que 50 % de la population s’est déplacée le 5 novembre 2017. On ne s’est pas déplacé pour Arthur Gobeil, Stéphane Bédard, et (Réjean Bergeron) ; on ne s’est pas déplacé pour Éric Larouche, Priscilla Nemey, Ghyslain Harvey, Louis Coulombe…

Pourquoi sont-ce ces faces-là qui font la Une du Quotidien, de TVA, de ICI ?

Il est où le feu ?

Si feu il y a, la population a choisi 14 nouveaux et frais pompiers, une chef à leur tête. Ma confiance, comme celle de la majorité des citoyens qui en ont appris beaucoup sous le règne précédent, où pas un conseiller n’avait son mot à dire, va d’abord à eux.

Pour finir, un souhait : voir en Une de nos réseaux de nouvelles, la tête et le pedigree des 15 personnes, choisies par nous, et à qui on fait confiance.

Pauline Germain

Chicoutimi

La confusion des genres : une arme chère aux Tartufes

OPINION / Quelles différences y a-t-il entre les fonctions de commissaire à l’éthique et celle de directeur exécutif à l’éthique ?

Vous voulez un bel exemple du travail revenant à un commissaire à l’éthique ? Allez voir sur le Web les informations diffusées par TVA, le midi du 1er décembre 2017 quant aux avertissements du commissaire à l’éthique de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay servis à la présidente, Liz Gagné, une élue, qui s’est peut-être placée elle-même en conflit d’intérêts.

Là, je reconnais vraiment la raison d’être d’un vrai commissaire à l’éthique qui consiste, notamment, à surveiller et vérifier que les élus ne se mettent pas en conflit d’intérêts ou commettent d’autres exactions contraire à leur code d’éthique. Quant aux fonctions de directeur à l’éthique, j’aimerais bien qu’on me les explique, un jour.

Avec tout le pus accumulé au cours des ans qui sort ces jours-ci de l’abcès, croyez-vous que le nommé commissaire à l’éthique en 2011, Louis Coulombe, par Jean Tremblay, puis renommé subitement, directeur exécutif à l’éthique en 2016, a fait une véritable « job » de commissaire à l’éthique ? 

Poser la question, c’est y répondre.

Jean Tremblay a choisi un ami en 2011 pour être commissaire à l’éthique à Saguenay, à 150 000 piastres par année. Pensez-vous alors que Coulombe allait servir des avertissements à Tremblay de ne pas sortir de ses clous, comme il l’a fait jusqu’à plus soif ? Poser encore la question, c’est y répondre à nouveau.

Se pourrait-il qu’à Saguenay, à l’instar de Laval, il y a quelques années, les citoyens se soient fait rouler dans la farine ?

Marcel Lapointe

Jonquière