Selon l'auteure de cette lettre d'opinion, il est important que les villes adoptent des approches centrées sur la réduction des méfaits du cannabis, sans basculer dans des restrictions excessives.

Cannabis: ne confinez pas les gens à leur logis

L’Association des spécialistes en médecine préventive du Québec (ASMPQ) souhaite prendre position quant à la décision de certaines municipalités au regard de la légalisation du cannabis. Ces décisions pourraient avoir des effets nuisibles sur la santé de la population.

Il ne faut pas enfermer les consommateurs dans leurs logis!

À la veille de l’entrée en vigueur de la loi 157, l’ASMPQ souligne l’importance de ne pas contraindre davantage la consommation au-delà de la Loi encadrant le cannabis. Cette loi interdit déjà la consommation de cannabis dans les lieux publics intérieurs, mais également sur les terrains sportifs, de jeux, d’établissement d’enseignement, de garderie, de centre de santé et autres lieux.

Interdire la consommation au-delà de ces emplacements pourrait forcer les gens à fumer dans leur domicile. Pour les experts de santé publique, l’exposition à la fumée secondaire cause un réel problème pour la santé des enfants et des non-fumeurs vulnérables. Les gens sortent fumer dehors de plus en plus et préservent ainsi la santé de leurs proches. Pourquoi alors revenir en arrière avec le cannabis, en exposant de nouveau la population à la fumée secondaire intérieure?

De plus, pour les personnes marginalisées qui vivent et dorment dans la rue, consommer du cannabis les gardera en situation d’illégalité, soit le contraire de l’intention visée par sa légalisation.

Il est important que les villes adoptent des approches centrées sur la réduction des méfaits du cannabis, sans basculer dans des restrictions excessives. La loi protège mieux que le statu quo de l’interdiction. La loi permettra un accès, sans commercialisation, à du cannabis moins nocif pour la santé. Dans plusieurs villes, qui appliqueront la loi sans restrictions supplémentaires, les consommateurs pourront fumer dehors, et non dans leur domicile, sans nuire à leurs proches et sans craindre d’amendes.

L’ASMPQ est une association qui représente près de 200 spécialistes en santé publique et médecine préventive et en médecine du travail. Plusieurs de nos membres peuvent accompagner les municipalités sur cet enjeu.

Dre Isabelle Samson, Présidente de l’Association des spécialistes en médecine préventive du Québec (ASMPQ)