Au cours de sa campagne, Marc Maltais a reçu l'appui d'Alexandre Cloutier, du Parti québécois.

Appuis sans influence

ÉDITORIAL / Le sujet à lui seul peut faire l’objet d’une thèse universitaire : dans quelle mesure les appuis de politiciens, de personnalités et de groupes de pression comme les syndicats ou de gens d’affaires à un candidat peuvent influencer les électeurs ? Probablement qu’un chercheur en arriverait à la conclusion qu’il faut faire du cas par cas, mais les résultats de l’élection partielle de lundi soir démontrent que le concept est à « utiliser avec soin ».

Quel (le) candidat (e), en fait, ne voudrait pas bénéficier de l’appui d’une redoutable machine comme celle du Parti québécois dans Lac-Saint-Jean et de son populaire député Alexandre Cloutier ainsi que des organisations syndicales, comme a obtenus Marc Maltais, candidat défait du Bloc québécois pendant la campagne électorale fédérale de Lac-Saint-Jean ?

Ou encore, des appuis des députés péquistes de Jonquière et Chicoutimi qui se sont rangés derrière la candidate à la mairie, Josée Néron ? Si l’impact sur l’électeur est souvent sans importance ou, au mieux, mitigé, il apparaît comme un avantage aux yeux de ceux qui en bénéficient. Ces derniers font généralement grand bruit de tels appuis au point où ça devient le sujet du jour chez les candidats. Il s’agit d’une sorte de guerre psychologique.

Les résultats de lundi, dans Lac-Saint-Jean, devraient en faire réfléchir quelques-uns. C’est devenu un euphémisme ; dans l’urne, le citoyen fait bien ce qu’il veut et envoie paître tous ceux qui ont voulu lui dire comment voter, politiciens comme observateurs des médias. À ce dernier chapitre, il existe des exemples probants : Jacques Brassard et Sylvain Gaudreault ont subi pendant des années les assauts d’un populaire morning man sans qu’il y ait une seule égratignure dans leur électorat. Cependant, la tactique laisse des marques tout de même importantes chez les individus.

Dimanche, Josée Néron, chef de l’Équipe du renouveau démocratique (ERD), a convoqué une conférence de presse, à Jonquière, pour faire savoir à la presse que Sylvain Gaudreault et Mireille Jean l’assuraient de leur soutien. Cela a chatouillé ses adversaires, notamment Jean-Pierre Blackburn et Dominic Gagnon. Sur le coup, c’est peut-être décevant, mais le 5 novembre, ça deviendra probablement une mince motivation.

Là où ces appuis comptent, toutefois, c’est dans le nombre de personnes bénévoles qui se joignent à un candidat. Dans la présente campagne municipale à Saguenay, il est connu que les organisations souverainistes ont eu le mot d’ordre d’appuyer et de travailler pour l’ERD. Plusieurs militants, passionnés par l’engagement, vont non seulement pour la cause, mais aussi pour le plaisir personnel « cabaler » pour un candidat. Cela constitue un net avantage quand il est connu que le recrutement de bénévoles représente un grand défi. En dehors de la famille et des vrais amis, ça devient difficile de s’adjoindre du monde, notamment pour installer des pancartes de nuit et prendre son auto pour faire voter des électeurs.

Dans notre petite société tricotée serré, comme il n’y a pas d’adéquation entre les différents paliers de gouvernement (municipal, provincial et fédéral), les appuis des uns peuvent créer des malaises chez les autres ou annoncer des lendemains difficiles. Un autre exemple de cette absence d’adéquation entre la foi souverainiste ou fédéraliste et le vote municipal, c’est le cas du maire sortant, Jean Tremblay. Au cours de son règne de 20 ans, il est indéniable qu’il a été supporté autant par des souverainistes que des fédéralistes. Pendant qu’il était élu, ses partisans accordaient leur vote à Sylvain Gaudreault, Stéphane Bédard et Dany Morin.

Plus souvent, Jean Tremblay, même avec sa popularité, a rarement réussi à faire élire le candidat de son choix au fédéral et au provincial. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé !

Pour paraphraser un grand de l’humour au Québec, les appuis qu’ossa donne ?