ADISQ : une fête et un moment de réflexion

OPINION / Un autre gala de l’ADISQ se déroulera dimanche soir et sera présenté sur les ondes d’ICI Radio-Canada Télé. Un autre moment pour célébrer l’industrie du disque et pour souligner le talent des artisans de la chanson québécoise. Un autre moment également pour réfléchir aussi justement à la place accordée à la chanson francophone au Québec et particulièrement sur les ondes de nos stations de radios. Après tout, ce sont bien des Félix qu’on remettra lors de cette soirée aux récipiendaires des différentes catégories en liste. Qui dit Félix dit Leclerc.

Félix Leclerc fut le pionnier de la chanson québécoise. Celui qui aura composé des chansons magnifiques en français et qui les aura fait connaitre et aimées aussi bien en Europe qu’ici au Québec. Félix Leclerc était un fervent défenseur de la langue française et son plus fidèle représentant. Il ne serait sans doute pas trop fier de voir la grande place accordée à la chanson anglophone au Québec en 2017. Et surtout de constater que la chanson en français ne trouve pas preneurs plus qu’il ne faut sur les ondes de nos radios dites commerciales.

Mais bon, sans vouloir relancer le débat, j’ajouterai que ce ne sont pas toutes les radios commerciales qui boudent la chanson québécoise soit dit en passant.  Mais les radios qui préfèrent mettre en onde de la chanson anglophone aux heures de grande écoute le font sans doute pour des raisons commerciales justement, pour ne pas déplaire à ceux qui leur paient des espaces publicitaires, se disant que les tubes anglophones ont la cote auprès de leurs auditeurs.

De passage dernièrement dans le Bas-Saint-Laurent, j’écoutais une radio à une heure de grande écoute et il aura fallu entendre huit chansons en anglais avant d’en entendre une en français. Les trois suivantes étaient encore des tubes anglophones. Et ce scénario est sensiblement le même dans bien d’autres radios commerciales du Québec aux heures de grande écoute.

Pour entendre pour la peine des chansons francophones dans ces radios, il faut  attendre le moment creux de l’après-midi ou le soir après 21 h.  Sans parler de la nuit où s’y enchainent une après l’autre des chansons en français qu’elles soient de chanteurs du Québec ou de la France. Mais les auditeurs dorment pour la plupart. Hélas !

Alors je me dis que de toute façon,  ces radios ne méritent sans doute pas que des auteurs-compositeurs-interprètes de talents du Québec y soient entendus. Si ces radios n’étaient pas obligées de respecter les quotas de diffusion de musique d’expression française fixés à 60 %,  elles n’en feraient jouer que 30 % .

La solution serait sans doute d’instaurer au Québec des stations de radio qui ne feraient jouer que des chansons francophones. Mais ces radios, pour pouvoir survivre, devraient être subventionnées entièrement par l’état.  Un peu comme la radio de Radio-Canada qui elle se fait un devoir de mettre à l’honneur la chanson d’expression française.  Sans parler des radios communautaires du Québec qui dans l’ensemble respectent les quotas de diffusion et qui bien souvent nous font découvrir les nouveaux talents de notre relève en chanson.

Yvan Giguère, Saguenay

Je me souviendrai

Quand cela fait l’affaire du gouvernement Trudeau de ne pas tenir ses promesses électorales, il ne se gêne pas. Par exemple, sur la Réforme des institutions démocratiques tant souhaitée par la majorité, question de reconnaître à chaque parti un nombre proportionnel de députés au Parlement, correspondant au nombre de votants pour ledit parti, Trudeau s’est défilé d’une façon insultante pour les citoyens.

Il avait aussi promis en 2015 de ne pas obliger le géant américain du divertissement, Netflix, à prélever la TVA, pour éviter de taxer davantage les Canadiens; surtout les anglophones, c’est connu, qui consomment beaucoup plus de Netflix que les Québécois. Pour faire appliquer cette promesse-là, il s’est servi malhabilement de sa ministre, Mélanie Joly, de telle sorte que tout le monde ou presque au Québec a vu venir le coup.

Imaginez comment le contenu canadien et surtout le contenu québécois aurait pu être enrichi grâce à l’argent de la TVA sur les produits Netflix importés des USA. Des produits culturels et divertissants qui ne font que nous assujettir davantage à l’envahissante culture américaine. Mais monsieur le Premier ministre, qui faites tout pour noyer les Québécois dans la sauce multiculturaliste inventée par votre père, ceux-ci savent avoir la mémoire longue, le moment venu.

Marcel Lapointe, Jonquière