La Traversée internationale du Lac-Saint-Jean en est à sa 64e édition cette année.

64 ans de souvenirs!

CHRONIQUE - Sur Facebook, j’ai demandé à mes contacts de se remémorer la Traversée. Faisant référence à la huitaine de gaieté, plusieurs se rappellent des soirées à la Brassette des Sportifs pendant lesquelles il y avait tellement de monde que le boulevard était bloqué. « Dans les années 80 et 90, pendant les biscottes ou les déjeuners des placoteux, on dansait sur les cadres des fenêtres et dans la rue. Pas de cellulaire, là ! Juste du gros fun noir », se souviennent Michèle, Sandra et Édith, en énumérant des restaurants ou des bars fermés depuis longtemps. « Souvent, les employés enlevaient les chaises. On n’en avait pas besoin. On dansait sur les tables. Je me rappelle que les serveurs faisaient le service avec des caisses de 24 sur l’épaule », a ajouté Isabelle.

Les belles années !
D’autres, comme Jean-Guy et Jean-François, ont rappelé le temps où la Traversée se déroulait sur le boulevard Saint-Joseph, au centre-ville, alors que la soirée se terminait avec des DJ locaux qui faisaient danser des foules à l’extérieur, derrière l’école Notre-Dame. « Dans les années 70 et 80, Plume venait souvent faire son tour et il y avait des chansonniers. Ouf ! Nous fêtions fort jadis », a confié Martin qui a ajouté que les festivités sont beaucoup plus tranquilles aujourd’hui.

Plusieurs ont mentionné le fameux mercredi soir qui reçoit parfois plus de 10 000 invités quand le climat s’y prête. «Elle en aura carreauté des patates, ma grand-mère. Elle cuisinait pour la tablée et nous étions une cinquantaine dans notre famille. Mon Dieu ! Quels magnifiques souvenirs », s’est emporté Michel qui a renchéri avec les soirées mémorables qui se terminaient au bar La Turlutte.

Évidemment, en plus de faire mention de la station de radio CHRL et des animateurs qui ont marqué les époques, certains ont parlé des textes de la chanson Piekouagami, écrite en 1961. Aussi, plusieurs se sont remémoré des shows tels que Marjo, Ginette Reno, Niagara, Céline Dion, Ti-Gus et Ti-Mousse, Paul Piché, Pierre Lalonde, Les Colocs et la plupart des artistes québécois.

Tant d’anecdotes
La visite qui arrive de partout, les festivités, les gageures sur les nageurs, les copains qu’on n’a pas vu depuis des siècles, les athlètes qui deviennent des amis pour toujours, les histoires d’amour qui naissent pendant la Traversée, les nuits à Péribonka, le magnifique travail des bénévoles, les larmes qui surgissent quand tel ou tel nageur touche la plaque d’arrivée… Encore ? Les longues parades de la Traversée quand il y avait des fanfares de toutes les communautés et les rues bondées pour saluer les nageurs…

Bien sûr, des internautes ont fait référence aux compétitions. « Pendant les traversées, les guides ont beaucoup à y voir. Sans aucune donnée scientifique, je pense que les Autochtones sont de grands guides. Ils ont un GPS sur le cœur ! », a estimé Luc qui a lui-même été guide. D’une ligne à l’autre, depuis le rêve de Martin Bédard, les moments historiques ont refait surface. Les nageurs cités furent Jacques Amyot, Greta Anderson, John Kinsella, Robert Lachance, Xavier Desharnais, Petar Stoychev, Irene Van Der Laan, Marc-André Girard, Ronnica Christie et le très charmant Claudio Plitt.

Pour ma part, quand je pense à la Traversée, mon plus impérissable souvenir me ramène en 2004, alors que Robert Cossette, à l’âge de 74 ans, traversait le lac en solo. J’étais dans une chaloupe, tout près, quand sa fille, Christine Cossette, qui fut la première à compléter l’aller-retour, a sauté pour nager avec lui le dernier kilomètre. Pendant ces minutes émouvantes, j’ai profondément compris le sens du mot courage.