Chroniques

Ces petites tapes dans le dos

Stimuler l’économie de sa région en optant pour des biens et services locaux est une politique de plus en plus répandue dans les foyers du Saguenay-Lac-Saint-Jean et ailleurs. Le professeur de l’UQAC Damien Hallegatte, spécialiste en marketing, ainsi que le promoteur saguenéen Hugues Harvey se prononcent sur le sujet.

Je peux aussi imaginer le risque et le stress que cela suppose pour sa propriétaire d’ouvrir une nouvelle succursale. Les investissements en argent et en temps, le personnel, le risque d’un nouveau local. Et je peux aussi comprendre que celle-ci a bien été ébranlée par l’annonce de l’ouverture d’un Chocolats Favoris dans les environs de son nouveau commerce. 

Il me semble que c’est encore le temps des résolutions de nouvelle année et qu’un peu de nationalisme économique devrait être au menu, non ? C’est une belle occasion pour les gens du Saguenay d’encourager quelqu’un de chez nous dans son nouveau projet et par la même occasion, de nous aider nous-mêmes… J’irai avec grand plaisir y acheter mon chocolat en 2018, aussi souvent que possible. 

Sans vouloir le cacher, j’étais (et je suis toujours) un adepte de Chocolats Favoris lors d’un passage dans la Vieille Capitale, et je continuerai de m’y rendre. Du côté de Vaudreuil, ils auront aussi ma préférence sur le Dairy Queen, situé quelques rues plus loin. Autant encourager une entreprise québécoise. Le but étant toujours d’encourager l’initiative locale, en premier lieu, quand c’est possible.

Mais c’est cette affection des gens de Québec pour leur chocolaterie, poussée par la soif d’entreprendre de son président, qui a permis à cette entreprise de se développer. Je trouve que nous avons, nous aussi, une belle occasion de donner encore ici une chance à une entreprise de chez nous, qui n’est peut-être qu’au début de son développement. 

Je ressens toujours une certaine fierté lorsque je vois La Voie Maltée se développer du côté de Québec. J’ai un sourire à toutes les fois que je passe sur le boulevard Laurier ces jours-ci et que je remarque leurs travaux d’expansion dans l’ancien Beaugarte. C’est quand même tout un défi que ses propriétaires relèvent, on leur souhaite que ce ne soit que le début ! 

Même chose maintenant du côté de Drummondville. Clairement que la Fromagerie Lemaire, depuis son acquisition par la famille Boivin, mérite un arrêt lorsque c’est possible. La fromagerie familiale est rendue plutôt importante dans le paysage québécois. Encore une fois, il faut applaudir et continuer à encourager le succès d’entreprises de chez nous. 

C’est par ces petites décisions que nous, consommateurs, pouvons vraiment faire la différence dans la vie d’entreprises et par ricochet, dans la vitalité de notre région. L’économie de succursales, ce n’est pas juste un problème à l’échelle du Québec… J’ai aussi beaucoup plus de chance de voir les entrepreneurs locaux venir acheter des produits et services dans mes entreprises qu’Anheuser-Busch (Budweiser) ou Parmalat. 

Je ne peux pas spéculer sur les plans d’avenir de la propriétaire de cette chocolaterie, que je ne connais pas. Mais qui sait, c’est peut-être le début d’une autre belle aventure ? Elle vient de prendre tout un risque, il faut quand même le reconnaître et l’applaudir. 

Ce sont des petites tapes dans le dos qui finissent par nous porter au début de nos entreprises. Imaginons ce que quelques milliers d’encouragements, à coups de petits achats dans une boutique de chez nous, pourraient faire. Imaginons aussi l’impact sur ces mêmes entreprises lorsqu’on les oublie. Ça peut malheureusement ébranler des passionnés… 

Alors, Mlle Lavoie, j’espère que votre chocolat remplira ses promesses pour 2018, ce dont je ne doute pas du tout… Avant même d’y avoir goûté, vous avez gagné un client. Bonne année 2018 et bonne chance avec votre nouveau projet ! 

Tribune

À qui s’adresse l’achat local ?

Stimuler l’économie de sa région en optant pour des biens et services locaux est une politique de plus en plus répandue dans les foyers du Saguenay-Lac-Saint-Jean et ailleurs. Le professeur de l’UQAC Damien Hallegatte, spécialiste en marketing, ainsi que le promoteur saguenéen Hugues Harvey se prononcent sur le sujet.

Le temps des fêtes vient de se terminer. C’est le moment de l’année le plus stressant pour les consommateurs et consommatrices que nous sommes. Nous avons magasiné des cadeaux qui devaient plaire à nos proches, sans se ruiner, mais sans apparaître radin non plus. Peut-être avons-nous tenté de faire des gestes pour l’écologie. Mais quelle place avons-nous accordée à l’achat local ? Si on essaie de l’évaluer, le lendemain de veille du temps des fêtes risque d’être difficile.

En effet, chacun connaît les vertus de l’achat local. Cela stimule l’activité économique, crée des emplois et génère des taxes. Mais pas seulement. Décider d’acheter des produits de la région, dans des commerces locaux, participe à l’aménagement de notre territoire. Un tel choix favorise un tissu commercial et industriel dense où l’on peut habiter, travailler et magasiner à proximité, et créer des liens. Bref, acheter local permet de mieux vivre ensemble. 

Mais qui devrait encourager l’achat local ? Le consommateur ? L’économie classique nous dit que les entreprises commerciales ne font que répondre aux demandes des consommateurs. Il suffirait donc que nous nous mettions tous à acheter des produits régionaux pour améliorer la situation. En suivant ce raisonnement, nous, consommateurs, sommes la cause de la majorité des problèmes du marché, dont le manque d’achat local. Et nous en sommes aussi la solution.

Cependant, cette logique ne tient pas la route. Selon l’Observatoire de la consommation responsable (OCR) de l’ESG UQAM, 67 % des Québécois auraient « privilégié l’achat local » et 59 % auraient même « privilégié l’achat de produits fabriqués localement » en 2017. Vue la quantité de produits que nous achetons qui sont fabriqués loin d’ici, il semble que les bottines ne suivent pas très souvent les babines. La faute au consommateur, toujours ? Essayons de nous habiller ne serait-ce que made in Canada pour voir. 

En fait, la responsabilité des détaillants et des fabricants est importante dans la faiblesse de l’achat local, et peut être considérée comme étant proportionnelle à leur taille. Les Costco et Walmart de ce monde devraient prendre l’initiative de proposer une large sélection de produits locaux, de les annoncer adéquatement et se faire concurrence sur cet aspect de leur offre, et pas seulement en offrir quelques-uns pour bien paraître. Mais, à cela, ils répondront probablement que la majorité des consommateurs ne sont pas prêts à payer plus cher pour des produits locaux, ce qui semble le cas. 

Nous sommes donc dans une impasse. 

Pour en sortir, peut-être faudrait-il se poser une grande question, délaissée par les économistes : d’où viennent nos désirs de consommation ? Et, spécifiquement, pourquoi veut-on souvent acheter des choses le moins cher possible ? Pour pouvoir consommer toujours davantage en quantité, peut-être. 

Alors, il pourrait s’agir d’une question de valeurs. Il faudrait qu’il devienne plus important d’acheter des produits de meilleure qualité, plus durables, originaux, qui nous ressemblent, plutôt qu’une grande quantité d’objets moins chers. Dans ce cas, l’achat local pourrait connaître un vrai essor. Mais, pour ce faire, les détaillants doivent inlassablement distribuer et faire la promotion de produits d’ici pour patiemment faire changer nos habitudes et finalement nos valeurs, plutôt que d’attendre qu’une demande hypothétique n’émerge. 

Peut-être encore plus important, il faudrait que nous nous mettions à apprécier plus les avantages des petits commerces locaux, dont la proximité et l’adaptabilité à nos besoins spécifiques. Mais, pour ce faire, les villes doivent entreprendre une politique urbanistique de longue haleine, centrée par exemple sur une revitalisation de leur centre-ville, afin de créer l’achalandage requis pour le développement d’un commerce local économiquement viable.

L'oeil de Lacroix

L'oeil de Lacroix
Mario Lacroix

Carrefour des lecteurs

Un projet novateur

OPINION/ Dans quelques semaines, les étudiants de l’UQAC vont se prononcer par référendum sur la possibilité d’obtenir un accès universel au réseau de la Société de transport du Saguenay (STS). Un accès qui leur permettra de profiter du réseau de transport de la STS pour 40 $ par session, à des vélos électriques et à des voitures électriques en libre-service, ainsi qu’à des espaces de stationnements incitatifs.

Le CREDD est convaincu que le projet nommé « Accès libre » par la STS est très intéressant. Le défi à Saguenay est de rejoindre les grands générateurs de déplacements tels que l’UQAC, les cégeps et même les hôpitaux. Ce sont, entre autres, ces grandes institutions que nous devons mobiliser afin d’améliorer d’offre de transport sur le territoire. Pour l’instant, chacun de leurs employés ainsi que leurs usagers empruntent généralement leur propre véhicule pour s’y rendre. La conséquence est que ces aires de stationnement débordent.

La solution qui a été mise en place dans les dernières années est l’augmentation de la tarification. Les droits de stationnement plus élevés forcent, en quelque sorte, les usagers à envisager des moyens alternatifs tels que le covoiturage ou le transport collectif. Ce qui démarque ce projet, c’est que ce sont des mesures facilitantes qui vont permettre d’améliorer l’offre de transport sur le territoire plutôt que de les restreindre. 

Au Québec, c’est le transport qui est responsable de la plus importante part des émissions de gaz à effet de serre (GES). Si nous voulons lutter contre les changements climatiques, nous devrons inévitablement multiplier ce type d’initiatives et ainsi, diminuer notre consommation de pétrole.

Précisons également que le projet « Accès libre » répond aux objectifs établis dans le plan de développement durable de la Ville de Saguenay (2016-2026).

L’accessibilité au transport collectif à Saguenay est un enjeu de taille, mais le CREDD est d’avis qu’il sera possible de multiplier ce genre de partenariats et ainsi de repenser le transport dans la ville.

Tommy Tremblay, directeur général

CREDD Saguenay–Lac-Saint-Jean

Encore beaucoup de travail à faire

M. Roger Blackburn,

Suite à votre article « Saint-Paul interdit aux piétons », je tiens à préciser que la piste cyclable du boulevard Barrette est entretenue uniquement pour les motoneiges et que les piétons y circulent péniblement si la dameuse du club n’a pas corrigé la surface. D’ailleurs, les piétons ne peuvent avoir accès également au bouton de déclenchement afin de pouvoir traverser le boulevard Barrette à partir de la rue des Cent Associés et essayer d’escalader le mur de neige pour pouvoir avoir accès à la piste de motoneige et tenter d’y marcher. 

À l’intersection du Maxi et de Corneau Cantin, il n’y a pas de lumière pour les piétons. La situation est également très difficile pour les usagers du transport en commun. Un bel effort a été fait pour aménager le boulevard Talbot, mais il reste beaucoup à faire pour faciliter et sécuriser la vie des piétons. 

Pierre Jacques

Saguenay

Nouveau lieu de culte

Le dimanche 12 décembre, la communauté chrétienne de Saint-David-de-Falardeau marquait une très belle et touchante possession de leur nouveau lieu de culte pour une célébration eucharistique digne et sobre à I’image des fondateurs de cette paroisse.

Bravo et félicitation à Mme Carole Larouche et son équipe de marguillers, à Mme Catherine Morissette et son équipe de conseillers, à M. Léon-Maurice Houde et son équipe pastorale, à Mme Odette Tremblay et son groupe de chorale, à Mme Lorraine Tremblay et son équipe de bénévoles et enfin à l’ébéniste Jérôme Bilodeau pour les magnifiques œuvres d’art.

Nos fondateurs et « leurs épouses inqualifiables sans devoir y être obligé d’y consacrer un volume entier », les Arcade Bezeau, Patrick Munger, Dominique Grenon, Jean-Charles Duchesne, Lucien Savard, Jean Rannou, Léopold Lapointe, Almanzar Lapointe, Jules-Emile Lapointe, Antoine Larouche, Jéroboam et Étienne Xavier, David Simard, Napoléon Tremblay, David Gauthier, Joseph, François et Edgard Lavoie, Gérard Tremblay, Adéodat et Odéon Migneault, François Dionne, Almas et Joseph Fortin, David Tremblay (Jules), Arthur Briand, Wilfrid Tremblay, Pitre Tremblay, Joseph Briand, Joseph-Eugène Gauthier, Roméo Gaudreault, Samuel Manning, Thomé Lagacé, Charles-Eugène Allaire, Louis Desbiens, Léonidas Lavoie, Lucien Mercier, j’en oublie et j’en passe de tout aussi méritant, sont, n’en doutez pas, très fiers de vous et de vos actions!

Sincèrement et amicalement vôtre de cœur et d’âmes.

Ferdinand Lavoie

Chicoutimi

Environnement

Chaud-froid

CHRONIQUE / Détrompez-vous, je ne parlerai pas de cuisine ! La masse d’air polaire qui nous affecte depuis le début de l’hiver en fait râler plus d’un et gonfle les profits des agences de voyage. C’est l’hiver, il fait froid, quoi de plus normal au Québec ? Mais là, sans qu’on batte de records absolus, le mercure se blottit tranquillement en boule dans le fond du thermomètre. Le croiriez-vous ? Cette vague de froid s’explique par les effets du réchauffement climatique, si on en croit un article scientifique paru la semaine dernière dans le Bulletin de l’Association météorologique des États-Unis (http ://journals.ametsoc.org/doi/abs/10.1175/BAMS-D-16-0259.1). Pas banal comme paradoxe !

L’explication proposée par les auteurs de l’étude est fort intéressante. L’Arctique est la région qui se réchauffe le plus rapidement sur la planète. Depuis près de 40 ans qu’on mesure la surface des glaces par satellite sur l’océan arctique, celle-ci diminue constamment à la fois en épaisseur et en étendue. Résultat ? La surface d’eau libre permet que l’énergie solaire, au lieu d’être reflétée en été par un couvert blanc, est absorbée par un océan bleu. Plus d’énergie, donc plus de chaleur. Plus de chaleur emmagasinée dans l’eau retarde la prise des glaces à l’automne. Jusque là, ce n’est pas sorcier. Mais pour fabriquer la glace, il faut que l’énergie de l’eau soit transférée dans l’atmosphère. L’Arctique connaît donc des automnes plus doux qu’autrefois. Et c’est là que le bât blesse. En effet, à l’automne se met en place un courant d’air dans la stratosphère (plus de 15 kilomètres d’altitude). Ce courant circulaire (appelé vortex polaire) qui fait le tour de la planète tend à créer une zone de haute pression qui explique que l’air très froid reste emprisonné au-dessus de la région polaire pendant l’hiver. C’est du moins ce qui se passe habituellement.

Avec le réchauffement de la région arctique depuis 40 ans, le vortex polaire s’affaiblit. Au lieu d’être circulaire, il fait des ondulations. Des poches en quelque sorte. Et c’est ainsi que des masses d’air qui autrefois étaient confinées aux plus hautes latitudes de l’hémisphère nord descendent vers chez nous et, à la faveur des dépressions tropicales qui affectent l’Atlantique, nous amènent des temps froids et venteux. L’explication rassure, mais ne réchauffe pas !

En effet, il n’y a rien de catastrophique pour nous qui sommes adaptés à l’hiver. Pour certains, c’est désagréable parce qu’ils sont mal habillés (à qui la faute ?). Pour d’autres, rien de plus pressé que d’arroser la glace pour la faire épaissir. Il faut reconnaître qu’il y a des priorités dans la vie. La pêche sur la glace en est clairement une. 

Selon l’article, le vortex polaire fait beaucoup plus de poches depuis 40 ans. Donc, lorsque cela se produit, il y a des périodes où l’hiver ressemble plus à l’hiver. Malheureusement ou heureusement, les hivers moyens continueront d’être toujours plus chauds, avec de temps en temps une longue période qui donnera le goût de se construire un igloo.

Depuis plusieurs années, les pêcheurs pestent parce que la glace tarde à épaissir. N’allons pas les contrarier cette année ! Une fois n’est pas coutume. Et, pour ceux et celles qui se plaignent du froid, rappelez-vous qu’il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais vêtements. Vendredi, je regardais mes petits enfants jouer dans la neige. Ils n’avaient surtout pas froid ! 

Nous avons des fabricants de vêtements de plein air dans la région et au Québec qui équipent des expéditions polaires et des alpinistes. Pourquoi ne pas faire rouler l’économie locale ? 

Pour apprécier l’hiver pendant qu’il en reste, suivez le conseil de l’Abominable Charles des Neiges (deux ans et demi) et allez jouer dehors. Ça vous donnera des couleurs.

Joël Martel

Le Joël du futur

CHRONIQUE / Je vais vous faire une petite confidence : je crois que je suis en train de traverser ma crise de la quarantaine.

Le truc, c’est qu’au moment où je vous écris ces lignes, je m’approche dangereusement du jour où il ne me restera exactement que deux ans avant de franchir ce cap.

Maintenant, je vous donne peut-être l’impression d’être une tragédie grecque sur deux pattes, mais soyez rassurés, je vis beaucoup mieux ça que lors de ma crise de la trentaine.

Alors hop, ça ressemble à quoi une crise de la quarantaine ?

Eh ! bien !, le premier symptôme que j’ai identifié est plutôt éloquent. Voilà donc que depuis déjà 6 mois, je suis constamment convaincu que j’aurai 40 ans lors de mon prochain anniversaire, alors que c’est 38 ans que j’aurai. J’imagine qu’il s’agit là d’une ruse de mon cerveau afin que l’atterrissage se fasse plus en douceur au moment venu.

Sinon, comme dans toute situation de « crise », j’en suis à analyser les avenues qui s’offrent à moi dans le futur et bien entendu, tout ça est accompagné de questionnements très clichés comme « Suis-je vraiment heureux professionnellement ? », « Est-ce que je m’accomplis à ma juste valeur ? » et bien sûr, ma question préférée qui m’accompagne depuis une bonne vingtaine d’années « Suis-je un raté et si oui, à quel point ? ».

D’ailleurs, il y a cet exercice que j’essaie de faire le plus régulièrement possible et qui consiste à m’imaginer ce que le jeune Joël idéaliste des années 90 se dirait du Joël qui doit maintenant faire de l’exercice parce que « tsé, faudrait pas que le cœur me lâche tout de suite ».

Tout d’abord, il serait certainement déçu d’apprendre que ses rêves de célébrité et de gloire ne se sont pas vraiment concrétisés. Non, jeune Joël, le Joël du futur n’a toujours pas son émission de ligne ouverte pendant la nuit à la radio et il n’est pas animateur d’une émission de télé débile où « des gens font des gags pas si drôles que ça, mais câline que ça me fait toujours rire pis je sais pas pourquoi ». Et puisque tu es déjà en train d’encaisser le choc jeune Joël, le Joël du futur n’est pas riche du tout.

Et puis hop, quand même que je lui expliquerais que dans le futur, il aura une amoureuse qu’il aimera à la folie et un garçon qui lui fera battre le cœur si fort que ça en fera mal des fois, le jeune Joël sera probablement déjà allé se faire voir ailleurs.

Je vous le dis, chaque fois, c’est un exercice amusant à faire et chaque fois, j’espère sincèrement que le prochain Joël du futur trouvera le Joël d’aujourd’hui un peu con. 

Alors juste question de rigoler, voici ce que j’espère que le Joël du futur pourra me dire. Tout d’abord, ça serait très cool qu’il soit toujours en vie. Même que je vais pousser ma chance, mais ça serait très apprécié qu’il soit en bonne santé.

Sinon, je souhaite grandement que le Joël du futur ne soit pas un gars amer et désillusionné. Raisonnable, pourquoi pas ? Mais pas un de ces types qui brisent les rêves de tout le monde parce que « c’est pas comme ça que ça fonctionne dans la vraie vie ».

J’aimerais aussi que ma blonde et mon gars soient fiers du Joël du futur et qu’ils ne soient pas obligés de chuchoter quand ils parlent de moi quand je suis dans les environs.

Et puis hop !, je serais vraiment ravi d’apprendre que le Joël du futur a plus de temps à lui et qu’il ait trouvé une ruse pour ne pas se sentir comme la pieuvre qui parle dans quatre téléphones différents en même temps.

Je vous dis tout ça et ça me fait penser à un type que j’ai vu par hasard en zappant à la télé l’autre fois. Le type qui s’occupait d’une espèce de bistrot racontait que jusqu’à 25 ans, les garçons ne pensaient qu’à ce qu’il y a entre les jambes des filles ou des garçons. Puis, qu’à partir de 75 ans, on risquait fortement de partir en vrille. Ainsi, nous n’avions que 50 ans pour réussir sa vie.

En partant de cette théorie, j’ai encore 37 ans devant moi pour faire quelque chose de cette existence. Ça ne presse pas encore, mais la pente va toujours en s’accélérant.

Une chance que je préfère marcher que de courir.

L'oeil de Lacroix du 7 décembre

L'oeil de Lacroix du 7 décembre
Mario Lacroix

Carrefour des lecteurs

Croisières : les vraies retombées ?

Je viens de lire un rapport disponible sur Internet de Doxa Focus, mars 2015, intitulé : Rapport d’étude: Étude auprès des croisiéristes et des membres d’équipage des navires de croisière dans les ports du St-Laurent. Selon ce rapport un croisiériste dépense en moyenne 107 $ sans nuitée dans chaque port de croisière, ou alors 236 $ s’il s’offre une nuitée au port d’embarquement de Québec ou Montréal.

 Les membres d’équipage dépenseraient en moyenne 53 $. On apprend aussi que les croisiéristes ne prennent en général qu’un seul forfait dans toute leur croisière. Cela donne des retombées totales de 236 $ par croisiériste, à condition qu’il y ait nuitée au port d’embarquement.

Par ailleurs, dans un article publié dans Le Quotidien, Promotion Saguenay proclame que 300 000 croisiéristes ont amené des retombées de 80 millions, soit 260 $ par croisiériste. Ces chiffres correspondent à peu près à ceux du rapport de Doxa (236 $ par croisiériste, mais avec nuitée), mais il y a un hic : au Saguenay, les croisiéristes ne consomment pas de nuitées. Il faut donc retrancher 129 $ au chiffre moyen de dépense pour Saguenay, ce qui voudrait dire que nos 300 000 croisiéristes ont amené des retombées de 32 millions et non pas de 80 millions, ceci sans compter les membres d’équipage. Promotion Saguenay dit aussi investir 6 millions pour accueillir en moyenne 50 000 croisiéristes en 2014, 2015 et 2016 (chiffres à vérifier). C’est 40 $ par croisiéristes. Il faudrait à cet égard que Promotion Saguenay rende public son propre rapport d’étude ou nous dise qu’il a utilisé les chiffres de Doxa agrémentés d’une étude maison. Sur Internet, on ne trouve pas d’étude provenant de Promotion Saguenay.

Bref, ces chiffres laissent songeur. Soit je les interprète mal, soit Promotion Saguenay nous mène en bateau. Si un croisiériste dépense 107 $ en moyenne à Saguenay (ce dont on peut tout de même douter), cela donne des retombées de 32 millions pour 10 ans. C’est 3,2 millions par année, et il en coûterait 2 millions pour les accueillir. Il reste donc des vraies retombées de 1,2 million de $. Bien sûr, on pourrait compter l’argent dépensé par Promotion Saguenay comme des retombées, mais ce n’est pas de l’argent neuf venu d’ailleurs. C’est nous qui l’avons sorti de nos poches de citoyens payeurs de taxes. Bien sûr, quand nous allons à la Baie pour accueillir un bateau de croisière, nous dépensons de l’argent et c’est aussi des retombées. Mais cet argent serait dépensé ailleurs s’il ne venait pas de bateaux. À mes yeux, cela n’enrichit pas la région. 

Il n’y a pas de doute que les croisiéristes aiment leur passage à Saguenay et que l’investissement, dans le sens de la visibilité, en vaut la peine. Mais en même temps, comme payeur de taxes, j’aimerais que l’on me dise la vérité. Devant tout ce que l’on sait maintenant sur l’opacité qui régnait à Promotion Saguenay, il y a des doutes. Promotion Saguenay a-t-il embelli le dossier des retombées économiques pour faire mieux paraître notre maire et les investissements de 67 millions $ réalisés et aussi de 4,5 millions $ supplémentaires pour des quais flottants ? Il est question ici de la simple vérité. 

Gaétan Émond

Saguenay

Son jupon dépasse manifestement

Sans retenue, un goût amer en bouche, mais l’esprit tranquille, et n’ayant rien à se reprocher, Carolle Dallaire, propriétaire d’une compagnie de taxis à La Baie et ex-administratrice sur le C.A. de Promotion Saguenay, s’est livrée, le 4 décembre dernier dans Le Quotidien.

Selon elle, des membres du C.A. étaient manipulés. Elle a bien dit, on insiste, des membres du C.A.

Cela veut-il dire qu’elle s’exclue ? Maintenant qu’elle a commencé à lever le voile, peut-on savoir qui sont les membres qui auraient été manipulés ? Sinon, trop facile de chercher à se disculper en accusant les autres comme elle le fait.

À lire ses confidences faites à la journaliste Mélyssa Gagnon, cette membre d’un C.A. me donne nettement l’impression de ne pas avoir pris ses propres responsabilités d’administratrice. Si elle trouvait que les réunions étaient caractérisées par le vague, que des membres étaient manipulés, que certains avaient une confiance aveugle en Ghislain Harvey, à mon sens, elle a cautionné cet état de fait en ne dénonçant pas publiquement.

À part cela, les propos de cette femme d’affaires laissent entendre qu’être sur le C.A. de Promotion Saguenay constituait pour elle un tremplin qui pouvait lui rapporter. Depuis quand acceptons-nous de faire partie du conseil d’administration d’un OBNL paramunicipal financé par les deniers publics pour garnir son propre réseau de contacts ?

Nous sommes plusieurs dans la ville qui croyons que madame Dallaire a perdu sa crédibilité parce qu’elle s’est délié la langue trop tard. Dans la crise de confiance qui secoue présentement les Saguenéens, celles et ceux qui vont chercher à jouer sur les deux tableaux en même temps doivent être démasqués sans compromis. Il y a assez de cynisme ambiant comme ça.

Marcel Lapointe

Jonquière

L'oeil de Lacroix

L'oeil de Lacroix
Mario Lacroix

Éditoriaux

La boîte de Pandore

ÉDITORIAL / La mairesse Josée Néron en a suffisamment vu et entendu pour comprendre qu’il lui sera impossible, à elle seule, de faire maison nette de Promotion Saguenay et des autres corporations au sein desquelles l’ancienne administration municipale s’est immiscée, les détournant parfois de leur mission pour en faire des véhicules politiques et des refuges pour les proches du régime. Aussi a-t-elle opté pour la décision la plus sage : faire appel au gouvernement afin qu’il décrète la tutelle de Promotion Saguenay et qu’il enquête sur cette organisation, sa gouvernance et les individus qui l’administraient jusqu’ici.

Dans la dernière édition du Progrès, la conseillère Julie Dufour a jeté un pavé dans la marre en suggérant que le vérificateur général de la Ville fasse le diagnostic complet de Promotion Saguenay et toutes autres ramifications de l’hôtel de ville. À peine 24 heures plus tard, la mairesse Néron doublait la mise en sortant l’arme nucléaire. Sa démarche aboutira sans doute par la prise en charge de l’organisation par l’État, mais ultimement, il est souhaitable qu’elle mène à une commission d’enquête publique qui mettrait en lumière la culture qui s’est implantée à Saguenay sous le règne de Jean Tremblay. La population pourra ainsi mesurer l’influence dont jouissaient certains non élus, notamment Ghislain Harvey, dans les affaires courantes de la Ville.

La saga entourant le contrat de Ghislain Harvey a provoqué l’indignation d’une vaste partie des contribuables au cours des derniers jours. Il ne s’agit toutefois que d’un dossier, et il serait peu étonnant que d’autres scandales éclatent lorsque l’équipe de Josée Néron s’intéressera à l’une et l’autre des nominations sans appel de candidatures qui ont été effectuées sous l’ancienne administration. Du responsable du développement durable au vérificateur général, Jean Tremblay se gardait jalousement le loisir de nommer les personnes qu’il souhaitait. Maintes fois, il s’est justifié en prétextant qu’il savait reconnaître les meilleurs. Mais, les règles ont changé à la Ville et les « champions » de l’ancien maire doivent maintenant prouver qu’ils sont, en effet, les plus compétents de tous, dans leur discipline respective. 

Ce sera le cas pour Julie É. Guérin, la belle-fille de Ghislain Harvey qui a été élevée au rang de cadre supérieur de la division environnementale de la Ville. Idem pour Danielle Godin, ancienne attachée du maire Tremblay à qui on a offert la direction générale de l’arrondissement de Jonquière ; et pour Fabien Hovington, ancien conseiller municipal reconnu coupable d’avoir voyagé à Nice aux frais des contribuables, aujourd’hui directeur de la corporation de la Zone portuaire. 

Toutes ces personnes, et sans doute bien d’autres, doivent faire la démonstration qu’ils ont non seulement les qualités requises pour occuper leurs fonctions, mais bien qu’elles étaient les meilleurs prospects disponibles lors de leur embauche. S’il y a eu du népotisme à Saguenay, les gens doivent en être informés et des mesures doivent être entreprises.

Le grand nettoyage que promettait Josée Néron s’amorce et visiblement, la mairesse n’entend pas mettre ses gants blancs. Le gouvernement du Québec doit accueillir favorablement la demande qui lui est faite et accompagner le conseil de ville dans sa quête de vérité. 

Il y a fort à parier que la mairesse obtiendra l’appui inconditionnel de ses conseillers municipaux de même que celui des électeurs pour assainir l’appareil public, et ce malgré les frais découlant de cette démarche. La démocratie n’a pas de prix ; la clairvoyance non plus. Et à terme, c’est toute la population de Saguenay qui en sortira gagnante et qui pourra mieux évaluer le legs de Jean Tremblay, un homme qu’elle a maintenu au pouvoir pendant deux décennies. 

Âmes sensibles s’abstenir : la boîte de Pandore vient de s’ouvrir.