L'oeil de Lacroix

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Mario Lacroix

Carrefour des lecteurs

Un réseau sous pression

OPINION / Une population qui, grâce à l’amélioration des conditions de vie et aux progrès de la médecine, vit plus longtemps et en meilleure santé que jamais auparavant constitue un progrès indéniable pour la société. Et cet état de fait change complètement la donne : jamais l’Humanité n’a porté en son sein, en même temps, jusqu’à cinq générations et jamais autant de centenaires n’ont foulé le sol de la planète. Cette situation est des plus manifestes au Québec. En 2011, environ 17 % de la population était âgée de 65 ans et plus. Si la tendance se maintient, la proportion atteindra 25 % en 2031. Cette opportunité, qui est celle de pouvoir compter sur autant de sagesse, se double d’un grave devoir, celui d’en prendre le plus grand soin, et ce, peu importe le type d’hébergement choisi.

En vieillissant, nous aspirons tous à rester chez nous le plus longtemps possible. Les options disponibles sont heureusement variées, passant des maisons unifamiliales aux condos et aux immeubles locatifs, puis aux résidences pour aînés. Tous ces types d’habitation ont ce point commun qui fait d’eux des domiciles pour les aînés qui ont fait le choix d’y habiter.

Puis, peu à peu, lorsque la perte d’autonomie s’installe et s’accentue avec le vieillissement, qu’advient-il de la personne qui en est affligée ? Au Québec, la majeure partie du budget voué aux soins pour les aînés va à l’hébergement en institution (CHSLD). Encore trop peu d’argent est investi dans les soins à domicile. Dans les pays scandinaves (Danemark, Norvège et Suède), qui sont souvent cités en exemple pour leurs politiques sociales avant-gardistes, le modèle préconisé est tout autre, pour ne pas dire inversé. Non contraints d’avoir à se déplacer, les aînés reçoivent tous les services dont ils ont besoin à l’endroit même où ils habitent. Ce modèle a bien sûr de quoi inspirer. Des structures sont toutefois déjà en place au Québec et celles-ci pourraient contribuer à la concrétisation d’un tel projet de société, se nourrissant le plus naturellement du monde du souhait fondamental de nos aînés : celui de demeurer le plus longtemps possible chez eux.

Un modèle qui répond aux besoins

Le Québec a la chance d’être pourvu d’un réseau de plus de 1800 résidences privées pour aînés à travers tout son territoire. Celles-ci offrent un total de 133 000 unités locatives qui accueillent au moins autant de résidants. C’est donc dire qu’une solution existe déjà pour contribuer au maintien des gens à domicile, dans leur communauté de surcroît. Mais ce modèle est sous pression comme jamais. L’accumulation des exigences réglementaires, jumelée à une capacité limitée de payer des aînés, a amené ce type d’hébergement à un point de rupture. À preuve, on déplore plus de 350 fermetures survenues au cours des trois dernières années, essentiellement de petites résidences situées en région. On parle ainsi en moyenne d’une résidence qui ferme tous les trois jours. C’est donc dire que dix résidences fermeront durant la présente campagne électorale.

La solution pour stopper cette hémorragie est connue de tous les partis politiques et nous la rappelons : il faut donner les moyens à tous les aînés, principalement les moins fortunés, d’avoir le choix de rester dans leur domicile, dans la communauté à laquelle ils appartiennent, entourés de leurs proches. Les aînés en perte d’autonomie qui vivent en région, ayant fait le choix d’habiter en résidence, méritent aussi de demeurer là où ils sont, et de ne pas être déracinés.

L’argent suit l’aîné

En 2012, le RQRA a déposé une étude à laquelle a participé M. Philippe Couillard, alors consultant à la firme SECOR. On y présente un modèle de financement qui repose sur un soutien de l’État qui suit la personne, en fonction de ses revenus et de son niveau d’autonomie. Pour y arriver, il faut cependant améliorer les mesures fiscales en place, dont le crédit d’impôt pour le maintien à domicile. Le RQRA croit qu’il faut laisser aux aînés le choix de leur hébergement et des gens qui prendront soin d’eux. Nous sommes également d’avis qu’il faut cesser de séparer des couples et de déraciner les gens des lieux qui les ont vu grandir, travailler et s’épanouir. Misons donc sur le réseau des résidences privées pour aînés, une solution plus humaine et beaucoup moins coûteuse pour la société. Nous le devons à ceux et celles qui ont bâti le Québec moderne.

Yves Desjardins

Président-directeur général Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA)

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Éditoriaux

La semaine sur pause

Citation de la semaine: Pas...tellement!

Réaction de la citoyenne Raymonde Chagnon, de Mirabel, au débat des chefs, après que l’animateur Patrice Roy lui ait demandé si elle était satisfaite des réponses.


Chiffres de la semaine : 8

Le nombre de nominations que les artistes régionaux Philippe Brach (6) et Guylaine Tanguay (2) ont obtenu aux Gala de l’ADISQ.


Mot de la semaine : Plagiat

Faute d’ordre moral, civil ou commercial, qui peut être sanctionnée au pénal, elle consiste à copier un auteur ou accaparer l’œuvre d’un autre. Le candidat de la CAQ dans Jonquière, Benoît Rochefort, a été expulsé de l’UQAC pour plagiat.


Feu vert

À la municipalité de Desbiens et à son maire Nicolas Martel, qui accueillent le Championnat du monde de pétanque.


Feu jaune

À Promotion Saguenay, qui doit mieux expliquer ses décisions, surtout quand il y a des employés en cause


Feu rouge

Aux automobilistes n’ayant pas de problème de santé et qui prennent indument les stationnements réservés aux personnes handicapées.

Opinions

Une véloroute au nord du Saguenay

OPINION / Au mois d’août dernier, ma famille et moi sommes allés visiter les chutes Gagnon, situées sur la rivière Shipshaw à Saint-Ambroise. Si la municipalité de Saint-Ambroise a cru bon investir à cet endroit, c’est parce qu’elle y voyait un certain potentiel touristique, et un attrait pour les citoyens du secteur. Effectivement, avec un peu d’entretien, ce site peut faire partie d’un ensemble d’attraits qui façonnent toute la rive nord du Saguenay faisant partie de la MRC du Fjord-du-Saguenay.

Les chutes Gagnon à Saint-Ambroise ne sont qu’un exemple des dizaines d’éléments touristiques potentiels qui longent tout le secteur nord du Saguenay. Les municipalités de Saint-Honoré, Saint-David-de-Falardeau, Saint-Ambroise, Bégin et Saint-Charles-de-Bourget possèdent chacune des attraits touristiques non négligeables. Néanmoins, si vous passez par ces secteurs de la MRC du Fjord-de-Saguenay en automobile, vous risquez presque de ne rien voir.

Point de vue

Chasse: la loi du plus fort règne dans les ZEC

Je ne suis pas un chasseur, mais je reviens tout juste d’un voyage de chasse à l’arbalète à l’orignal avec deux chasseurs expérimentés dans une ZEC pas loin de chez moi. Ma présence permettait de compléter le nombre de permis requis pour avoir droit à l’abattage d’un veau ou d’un mâle. Cette expérience m’a permis d’acquérir des connaissances sur la technique d’approche moderne d’un orignal durant le rut afin de pouvoir utiliser ces préceptes pour la chasse photographique qui occupe mes temps libres durant ma retraite.

Je ne suis pas chasseur et je suis sensible à l’abattage d’un veau bien grassouillet ou parfois d’une femelle, lorsque permis, dont le veau survivant est condamné à mourir. Mais ma formation de biologiste me permet de comprendre que ce sport est une activité durable qui permet aux chasseurs d’assouvir un instinct ancestral et de stimuler l’économie à l’échelle locale tout en permettant une saine gestion du cheptel. Les efforts considérables associés à la préparation du territoire avant la période de chasse, les longues marches ou attentes dans la forêt dans des conditions météorologiques parfois extrêmes et la difficulté parfois énorme à disposer adéquatement de la carcasse m’inspirent un profond respect des activités associées à la chasse traditionnelle. 

Je ne suis pas chasseur et je suis abasourdi par la préoccupation systématiquement déplorée par les chasseurs du partage du territoire entre les occupants. La loi du plus fort prime. Premier arrivé, premier à installer des pancartes et à revendique l’usage exclusif de la portion d’un territoire en aval d’un embranchement fraichement déboisé. Je comprends que les ZEC ont des ressources financières limitées et que le partage du territoire est laissé entre les mains des usagers. Je comprends aussi que les chasseurs dominants arrachent parfois les pancartes d’autres chasseurs et peuvent les intimider. Des chasseurs dominés ne respectent plus les pancartes des autres en guise de représailles. Certains dominants louent leurs privilèges d’occupation du territoire à leurs clients. 

Bref, la démocratisation de la chasse dans les ZEC du Québec semble souvent laissée au libre arbitre. Certaines ZEC produisent des pancartes et les distribuent aux premiers occupants en éliminant les autres pancartes non autorisées. D’autres ZEC laissent les occupants placarder les embranchements de routes et revendiquer par toute sorte de méthodes le droit d’occuper et d’aménager des caches, des sentiers, des salines, etc. Ma vision de profane est peut-être mal avisée, mais si les ZEC ne gèrent pas le territoire de façon uniforme et si un mécanisme d’arbitrage des litiges n’est pas mis en place, il me semble évident que le régime d’intimidation et de frustration des chasseurs dominés se maintiendra à perpétuité. 

Étant non chasseur, je n’ai aucun risque de représailles en signant cette opinion et n’ayant rien à gagner, mon objectivité s’en trouve moins entachée. 

Simon Théberge, Québec

Opinions

ALENA : inclure la gestion de l’offre

Les négociations entre le Canada et les États-Unis sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) s’accélèrent et tout porte à croire qu’une entente pourrait être conclue incessamment. Divers intervenants au Canada proposent des concessions dans les secteurs sous gestion de l’offre pour favoriser la conclusion d’une entente.

Malheureusement, le premier ministre Justin Trudeau laisse planer le doute sur le sujet. Sa position sur le dispositif de règlement des litiges commerciaux (chapitre 19) et les subventions canadiennes dans le domaine culturel est beaucoup plus ferme que sur la gestion de l’offre, qu’il entend «protéger» tout en étant «flexible».

Opinions

La ville nourricière

OPINION / Avez-vous déjà imaginé ce à quoi pourrait ressembler la Terre dans 100 ans ? Certains pensent que la technologie aura surpassé tout et qu’elle nous contrôlera. D’autres pensent que rien n’aura vraiment changé. Certains autres encore sont plutôt d’avis que l’humanité sera sur le bord de l’extinction et que le réchauffement climatique aura eu raison de nous. Toutefois, peu d’entre nous actent pour changer la situation qui deviendra désastreuse si nous n’agissons pas. En effet, le réchauffement climatique est bel et bien réel et nous menace tous. Comment pourrions-nous changer les choses ? La solution est simple ! Il faut trouver un moyen efficace de diminuer l’émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère tout en trouvant des façons efficaces de subvenir à nos besoins sans briser la nature.

Vous avez peut-être déjà entendu parler des forêts nourricières. C’est une forêt remplie d’arbres et de plantes comestibles. De plus, c’est une chose assez simple à faire. Alors, pourquoi ne pas utiliser ce concept pour créer une ville sous le couvert des arbres ? Cela permettrait de réduire la température lorsqu’il fait chaud et de réduire le carbone puisque les arbres en consomment. Les fruits que ces plantes produiraient pourraient aussi permettre de nourrir la population bien plus facilement et empêcher les famines. Imaginez une clôture emplie de vignes, des jardins verticaux sur les murs, ou encore des arbres dans les cours de récréation. Plus de coup de chaleur en jouant dehors et collations gratuites pour tout le monde. Tout cela sans avoir à dépenser des fortunes en graines puisque les fruits que l’on mange en contiennent. En plus, quelques-uns d’entre nous ont déjà commencé le faire. On en retrouve des exemples près de l’école Jean-Gauthier à Alma. Bref, un couvert forestier au-dessus de nos villes serait un moyen efficace de protéger la planète tout en nous protégeant, nous et les générations futures. Pourquoi ne pas le tenter ? Cela ne coûte rien d’essayer.

Opinions

Convaincant ? Pas tellement

ÉDITORIAL / Jeudi soir, les quatre aspirants au poste de premier ministre du Québec ont davantage parlé de l’Ontario que des régions et de leur développement. C’est dire à quel point le sort de ces territoires est loin dans la liste des priorités.

Médecins ontariens, écoles ontariennes, économie des autres provinces… Encore chanceux qu’aucun chef n’ait proposé la bière à 1 $ pour rivaliser avec Doug Ford !

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