Carrefour des lecteurs

La vanille et le nickel

OPINION / L’été arrive à grands pas et nous incite souvent à visiter les comptoirs de crèmes glacées. Le choix populaire d’une année à l’autre demeure la vanille, la saveur la plus en demande au monde, sans contredit. Mais produire la vanille n’est pas de tout repos. Le prix de la vanille a tellement grimpé que l’on se demande si les produits que nous adorons contiendront toujours de la vanille naturelle, la reine des épices.

Ces dernières années, le kilo de vanille est passé de 70 $ à plus de 780 $. Une augmentation sans précédent qui rend cette épice la plus dispendieuse au monde. 

Le safran n’arrive que bon second au palmarès des épices les plus dispendieuses. 

La vanille se vend même plus cher que le nickel ! Le prix de la vanille a toujours beaucoup fluctué, mais sa valeur sur le marché de la transformation alimentaire vient d’atteindre un niveau record.

Bien sûr, plusieurs d’entre nous se contentent de saveurs artificielles pour les plats cuisinés à la maison, ou même lors d’achat d’aliments ou de mets en magasin ou au restaurant. 

Mais après avoir apprivoisé le goût de la vraie vanille, il devient extrêmement difficile de retourner aux saveurs artificielles. 

Certaines entreprises ont dû reformuler leurs recettes afin de maintenir le prix de leurs produits à un niveau acceptable pour les consommateurs. 

En effet, en raison de la hausse du prix de la vanille, le Canada en importe beaucoup moins. 

Plusieurs entreprises se consacrent désormais à la reformulation des produits, remplaçant la vanille par de l’essence artificielle. 

En 2013, le Canada importait à peine pour 10 millions de dollars de vanille. L’an dernier, le montant passait à 43 millions $, même si le prix au kilo était dix fois plus élevé. 

Mais pour les entreprises qui ne jurent que sur les ingrédients naturels, le coût de la vanille fait mal, très mal.

La production de vanille sur la planète n’est pas très répandue. Le plus grand producteur de vanille au monde l’an dernier était l’Indonésie. Mais historiquement, plus de 75 % de la production de la vanille se récoltait au Madagascar. 

Les deux tiers de la quantité de vanille consommée au Canada proviennent du Madagascar, et, une année sur deux, les Malgaches subissent le passage d’un cyclone qui détruit une grande partie de leur production.

La vanille a toujours été une production hautement vulnérable aux changements climatiques. Tout comme le café et le cacao, la culture de la vanille se fait principalement autour de l’équateur, une zone procurant une température stable toute l’année, mais qui comporte son lot de défis. Cette culture intensive requiert une attention manuelle de haut niveau. 

La production est assurée par des producteurs paysans qui n’ont pas les ressources nécessaires pour contrer les effets des changements climatiques. Un vanillier peut prendre jusqu’à cinq ans avant de produire sa première floraison et récolte de fruits. 

De plus, la recherche n’a pas les mêmes effets qu’en Occident, où les méthodes évoluent d’année en année. Sans protection, les vanilliers tombent facilement au combat en raison d’invasion de pestes nuisibles, d’insectes, de moisissure et de virus. Les équipements modernes se font rares, et les producteurs paysans s’en tiennent souvent aux traditions et aux croyances pour contrecarrer les aléas de la nature. 

La pauvreté crève les yeux dans ces régions où l’agriculture est vraiment une question de survie.

Le climat ne représente qu’un des problèmes, puisque le prix très élevé attire les pilleurs qui volent sans merci la vanille des agriculteurs. La corruption et la politique mettent en péril la sécurité des paysans.

Alors, pourquoi le Canada ne produit-il pas de vanille ? Vu la volatilité du prix, il devient extrêmement difficile d’attirer des investisseurs. 

Soit, cela n’empêche pas la Chine, entre autres, de produire de la vanille. D’ailleurs, les Chinois occupent le 5e rang des plus grands producteurs de vanille au monde. 

Un projet canadien de production de vanille pourrait voir le jour, mais il faudra que la vanille vaille son pesant d’or, et non pas seulement celui du nickel.

Sylvain Charlebois

Professeur en distribution et politiques agroalimentaires

Facultés de Management et d’Agriculture

Université Dalhousie (Nouvelle-Écosse)

L'oeil de Lacroix

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Mario Lacroix

Opinions

La semaine sur pause

MOT DE LA SEMAINE | Vapoteuse

Cigarette électronique. Le mot a fait l’actualité cette semaine quand une vapoteuse a explosé et blessé son utilisateur.

Évènements marquants de la semaine 

Vert: à Produits forestiers Résolu qui, par une série d’investissements, envoie un message positif à la région et à ses employés.

Jaune: à la division Roberval-Saguenay de Rio Tinto, qui tarde à partager son réseau ferroviaire avec le projet de Métaux BlackRock.

Rouge: à la fermeture des Halles, sur la Zone portuaire de Chicoutimi, à une époque où les produits locaux sont de plus en plus populaire

Le chiffre de la semaine

80 millions : Le nombre de fois que la vidéo Suavamente, de l’artiste Elvis Crepo, qui sera aux Rythmes du monde cet été, a été vue sur le réseau YouTube.

Citation de la semaine

« Ce n’était pas logique de rénover cette bâtisse, qui présentait des signes de délabrement.  »

- Lynda Gagné, gérante du restaurant Joachim, voisin du 21 Price Est

Carrefour des lecteurs

Concilier besoin identitaire et fusion

OPINION / Dans cette ville du Haut-Saguenay, nous reconnaissons tous l’importance de satisfaire les besoins identitaires des citoyens de chacune des municipalités fusionnées en 2002. Dans son projet de loi, le législateur visait la rationalisation des opérations et des relations avec les municipalités et, en aucun temps, la disparition des noms des municipalités concernées. La majorité des habitants des anciennes municipalités, tant celles fusionnées en 2002 qu’en 1975, sont fiers, et avec raison, de dire encore qu’ils demeurent dans le secteur de Grande-Baie, Port-Alfred, Bagotville, Laterrière, Rivière-du-Moulin, Chicoutimi, Chicoutimi-Nord, Canton Tremblay, Saint-Jean-Eudes, Arvida, Lac Kénogami, Jonquière, Kénogami ou Shipshaw. Ils tiennent à la visibilité de leur secteur. Rien ne les empêche de le faire si l’administration municipale et le gouvernement du Québec y adhèrent.

Dans la vie de tous les jours, il se produit, entre autres, des événements sociaux, culturels, politiques ou sportifs, des accidents ou des crimes que les médias peuvent facilement associer à ces secteurs, tout en faisant abstraction du nom de la ville ou de l’arrondissement, à la condition, bien sûr, que ces médias n’obligent pas les professionnels de l’information à s’en tenir au nom de la ville ou des arrondissements.   

Par contre, au niveau légal, la ville possède deux niveaux décisionnels : le conseil municipal et les trois conseils d’arrondissements. C’est à ces niveaux seulement qu’on doit plus spécifiquement utiliser, tant par les élus que les médias d’information, les noms de Jonquière, Chicoutimi et La Baie en ce qui concerne les arrondissements et le nom de la ville, dans ce cas, Saguenay, pour les désigner et rapporter leurs décisions. Toutefois, dans le cas du nom de la ville, toutes les autres villes issues des fusions ont choisi le nom d’une de leurs anciennes municipalités, qui avait la plus grande valeur pour les situer géographiquement et comme siège de leur mémoire collective. Aucun de ces choix historiques et logiques n’a dû passer par une consultation populaire et n’est actuellement contesté.  

Ici, le gouvernement du Québec s’en est lavé les mains et le conseil municipal a fait de même malgré l’avis de la Commission de toponymie du Québec qui favorisait le nom Chicoutimi et malgré l’opposition de la Société historique du Saguenay pour l’utilisation du nom Saguenay. Le conseil municipal n’a pas pris le leadership de la situation, en laissant les partisans du nom Saguenay et ceux du nom Chicoutimi s’entredéchirer deux mois avant de procéder à une consultation populaire. Consultation bâclée, parce que la population n’a reçu, au préalable, aucune information objective et non partisane qui aurait dû découler d’audiences publiques, pilotées par un commissaire indépendant qui aurait publié les mémoires ou témoignages déposés. Ceci aurait permis à la population, pour faire un choix éclairé, de connaître les recommandations du commissaire et les raisons qui ont motivé son choix. Loin de prendre le leadership, le conseil municipal publicisait, à grands frais, à la télé, le nom « Saguenay ».

Considérant que le conseil municipal de 2002 n’a pas fait ses devoirs, le Mouvement Chicoutimi considère qu’il n’est pas trop tard pour corriger la situation et qu’il y a moyen de concilier les besoins identitaires de chaque citoyen, d’une part, et d’autre part, la reconnaissance d’un nom pour la ville qui soit le plus approprié. Qu’ils soient pour le nom Saguenay ou Chicoutimi, les citoyens devront irrémédiablement corriger cette absence de consultation démocratique qui aurait dû être à la hauteur du sujet concerné : quel est le nom le plus approprié pour cette ville du Haut-Saguenay ? De quelle façon préserver et mettre en évidence les noms des municipalités fusionnées ?      

Jacques Pelletier, président 

Mouvement Chicoutimi

Éditoriaux

Les 50 chandelles d'ATM

ÉDITORIAL / Ce soir, quelque 600 anciens étudiants de partout au Québec se réunissent à Jonquière pour célébrer les 50 ans du programme d’Art et technologie des médias. Ces noces d’or témoignent d’une formation qui s’est constamment renouvelée selon les époques et les changements qui ont bouleversé l’information. Des générations de journalistes ont usé leurs premières mines ici, à raconter le Saguenay-Lac-Saint-Jean sous tous ses angles, uniquement parce que le Cégep de Jonquière était pour eux un passage obligé.

Maintes fois menacée ou remise en question, l’exclusivité d’ATM a permis non seulement à des centaines de jeunes adultes de découvrir un coin de pays qui leur était inconnu, mais elle a aussi contribué à l’émergence d’une importante activité médiatique dans la région. Encore aujourd’hui, malgré les difficultés qui frappent l’industrie à l’échelle planétaire, le nombre de plateformes et de professionnels de l’information est impressionnant au Saguenay-Lac-Saint-Jean, toutes proportions gardées.

La victoire de Gauthier

Il y aurait lieu de s’inspirer davantage de programmes tels que celui d’Art et technologie des médias, qui transcendent au-delà des établissements et marquent leur communauté de façon indélébile. 

En 2003, les cégeps du Vieux-Montréal et de Limoilou sont passés bien près de créer une brèche et d’offrir des cours dispensés en ATM, notamment en production vidéo et en postproduction. La députée de l’époque, la libérale Françoise Gauthier, avait alors interpellé publiquement son confrère péquiste Sylvain Simard, ministre de l’Éducation, afin qu’il colmate cette brèche potentielle. 

« On sait que plusieurs de ces étudiants ne viendraient jamais dans la région s’il n’y avait pas une exclusivité, avait-elle déclaré. Quand ils retournent travailler dans les grands centres, ils savent au moins ce qu’est le Saguenay-Lac-Saint-Jean et ils ont le goût de découvrir d’autres régions. »

Un mois plus tard, les libéraux prenaient le pouvoir sous Jean Charest et Françoise Gauthier, nommée ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, usait de son influence pour garantir l’exclusivité du programme, pavant ainsi la voie à des investissements de 27 millions de dollars au Cégep de Jonquière.

Retour aux sources

Aujourd’hui plus que jamais, les étudiants disposent d’équipements et d’infrastructures dignes des plus grandes salles de nouvelles. Les jeunes finissants qui, année après année, se succèdent ici au journal pour leur stage, possèdent les compétences requises pour amorcer une carrière de journaliste à l’ère du numérique et de l’instantané. Sans doute le constat est-il le même dans les autres salles de presse du Québec. 

Mais au-delà du volet académique et des instruments qu’ils ont apprivoisés au cours de leurs trois années passées à Jonquière, la plupart de ces jeunes journalistes ont appris à voler de leurs propres ailes en quittant le nid familial. Conserver des programmes exclusifs en région, c’est encourager l’autonomie et nourrir la maturité. 

Ce soir, les anciens se souviendront avec nostalgie leur séjour collégial ; le point de départ de leur parcours professionnel et leur entrée dans le monde adulte. Certains ont appris sur la dactylo, d’autres ont connu les balbutiements de l’Internet, l’évolution des communications ou l’avènement des appareils mobiles. 

Certains ont porté les couleurs des Éponges, d’autres ont encore en mémoire le goût de la poutine de Chez Pauline ou l’écho du professeur Luigi Napoli : « Mesdames, messieurs, vous êtes la crème des étudiants ». 

Chacun a ses propres anecdotes, mais un tronc commun les unit : tous ont écrit une page d’histoire du programme d’Art et technologie des médias.

Carrefour des lecteurs

Engagements demandés

OPINION / Dans le cadre de l’élection partielle dans Chicoutimi-Le-Fjord qui a été déclenchée le 13 mai 2018, vous aspirez à devenir député le 18 juin prochain. Loge m’entraide vous demande de prendre deux engagements électoraux majeurs en faveur des locataires à faible revenu que nous défendons et représentons de par notre mission.

Mme Lina Boivin, Parti libéral du Canada

M. Éric Dubois, Nouveau Parti démocratique

M. Richard Martel, Parti conservateur du Canada

En premier lieu, êtes-vous prêts à vous engager à intervenir auprès du gouvernement fédéral afin que les sommes prévues dans la Stratégie canadienne sur le logement (30 milliards sur 10 ans) servent au développement de nouveaux logements sociaux ? En second lieu, êtes-vous prêts à intervenir pour que le gouvernement fédéral adopte une loi garantissant le droit au logement ?

Au moment d’écrire ces lignes, vous avez déjà entre les mains la documentation et les détails rattachés à ces deux engagements. Pour vous aider à bien saisir l’ampleur du problème, vous avez aussi le documentaire « Loge m’entraide : 20 ans de combat » dans lequel des locataires expriment leur joie d’avoir un logement social, d’autres leur besoin d’obtenir un logement social afin d’être logés dignement. Les chiffres sont éloquents pour justifier ce besoin à Saguenay : 7655 ménages consacrent plus de 30 % de leur revenu au logement, dont 660 ménages plus de 80 % (recensement de 2016). Quoi dire de plus devant un tel constat ?

Au nom du droit au logement et de la lutte à la pauvreté, vous avez été par le fait même invités à venir nous rencontrer afin de discuter de cet enjeu majeur dans le cadre de cette élection partielle. Les engagements que vous déciderez de prendre en faveur des locataires à faible revenu seront pour eux une preuve tangible de votre intention de leur venir en aide si vous devenez député le 18 juin prochain. À vous maintenant de faire un premier pas vers cette portion vulnérable de notre société ! Notre porte vous est grande ouverte.

Sonia Côté

Coordonnatrice, Loge m’entraide

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Donner du «love»

OPINION / On a entendu au début du gala Artis les deux jeunes animateurs dire : « On vous donne du “love” ».

Sommes-nous en train d’aliéner notre langue ? Un peu plus tous les jours, et ce, dans l’indifférence la plus totale ?

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Grandeur et beauté pour le G7

OPINION / Charlevoix est une véritable oasis de beauté et un havre de paix. Région qui a inspiré bons nombre de nos plus grands peintres et où ont séjourné de grandes écrivaines telles Laure Conan et Gabrielle Roy.

Pour y être allé à plusieurs reprises pour le travail, ou encore pour les vacances, j’ai toujours eu un faible pour Baie-Saint-Paul, pour son aspect culturel et son événement Rêves d’automne. Mais selon moi, c’est à La Malbaie, dans le secteur Pointe-au-Pic, où l’on peut apprécier l’un des plus beaux points de vue au Québec sur le fleuve Saint-Laurent. Particulièrement le long du chemin du Quai, où l’on peut marcher allégrement jusqu’au petit port de la ville tout en appréciant la magnificence du lieu et de ses superbes couchers de soleil.