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Carrefour des lecteurs

Mon opinion sur GNL Québec

OPINION / Oui ! Bien évidemment, pour une région comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean dont le bilan démographique est négatif et dont l’économie dominante est intimement liée aux ressources naturelles, c’est plus que positif. Ces emplois de qualité vont permettre à nos jeunes, qui ont dû migrer vers les grands centres, de choisir de revenir s’ils le désirent ! Elles vont aussi permettre à des immigrants qualifiés d’avoir le choix de s’intégrer à l’une des régions les plus belles du Québec.

Dans ce contexte, je trouve extrêmement déplorable que des économistes, qui semblent pour la très grande majorité travailler dans les grands centres, soulèvent comme argument la concurrence au niveau de la main-d’œuvre en période de pénurie. Pour une des rares fois où nous pourrons diversifier notre offre pour des emplois de qualité, vous pourriez vous garder une petite gêne...

Carrefour des lecteurs

Pour le bien des travailleurs

OPINION / Chaque décès ou accident de travail qui survient au Québec sur un chantier ou en entreprise est un drame humain aux conséquences tragiques pour les familles, mais aussi pour toute la société. Ces drames, pourtant évitables, nous touchent tous. C’est un devoir collectif de trouver des moyens pour en réduire le nombre et la gravité. Cette semaine seulement (entre le 13 et le 17 octobre), cinq travailleurs sont morts en pratiquant leur métier.

Il y a 40 ans, sous l’impulsion d’un gouvernement audacieux, le Québec s’est donné la Loi sur la santé et la sécurité du travail, qui était à cette époque considérée comme la loi accordant les plus grandes protections pour les travailleurs et travailleuses en Amérique du Nord. Cette loi énonce clairement son objectif principal qui est l’élimination à la source même des dangers pour la santé, la sécurité et l’intégrité physique des travailleurs et travailleuses.

Carrefour des lecteurs

Il y a péril en la demeure... agissons!

OPINION / Au même titre qu’une préoccupation planétaire à développer face à une détérioration du climat et de l’environnement, tout le Québec est concerné par le recul de sa langue officielle.

La singularité d’une société distincte en Amérique du Nord a du plomb dans l’aile.

Allons-nous perdre à jamais cet héritage unique au monde, qu’il restera à classer au patrimoine mémorial, au créneau folklorique sur la même tablette que la ceinture fléchée, parce que, comme leurs prédécesseurs, des apprentis sorciers en matière d’application de la loi 101 gouvernent le Québec ? Le ministre Jolin-Barrette qui voulait légiférer sur le « bonjour-hi ! » pour protéger le fait français au Québec se moque de nous.

Par ailleurs, devrait-on faire confiance à François Legault pour faire appliquer rigoureusement la loi 101, alors qu’il ne tiendra pas sa promesse de nous faire voter selon un nouveau mode de scrutin, en 2022 ? 

Cela devrait commencer par le français, langue de travail, pour tout ce qui concerne les institutions fédérales publiques et privées à Montréal.

La langue française, ciment fondateur de la société québécoise, est en train de s’effriter d’abord là. Selon un sondage récent, dont a fait mention un chroniqueur au journal Le Devoir, 40 % des jeunes sont indifférents au fait qu’on leur parle en français ou en anglais. En 2013, ils étaient 32 %. 

Si on ne cartographie pas Montréal et sa couronne pour identifier les contributions actuelles à la dégradation de la langue officielle et que des mesures fortes visant à faire pénétrer le fait français partout sur ce territoire ne sont pas mises en application, la majorité francophone court à sa perte partout au Québec. De proche en proche, à partir de Montréal jusqu’à Sainte-Élisabeth-de-Proulx, l’anglicisation va faire tache d’huile.

Marcel Lapointe

Jonquière

Carrefour des lecteurs

De grands défis à relever ensemble pour la planète

OPINION / Sans approuver l’invitation à la désobéissance civile du groupe international Extinction Rebellion, je suis quand même très favorable à l’utilisation de gestes spectaculaires pour alerter la population à l’urgence de moyens concrets pour sauver la planète et assurer ainsi l’avenir de nos jeunes générations.

D’ailleurs, toutes les personnes qui ont participé au coup d’éclat pour le climat au centre-ville de Montréal, mardi après-midi dernier, ont démontré beaucoup de courage, de générosité et d’abnégation en marchant d’abord pacifiquement, en se couchant ensuite sur la chaussée, en n’offrant finalement aucune résistance aux policiers qui les ont arrêtés.

En vérité, ces militants et militantes écologistes n’ont-ils pas raison de s’impatienter devant l’inertie de nos dirigeants et de nos financiers à poser des gestes concrets suite à l’imposante et impressionnante grève ou marche pour le climat du 27 septembre dernier ?

Ici, dans notre belle région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, n’est-on pas en droit de nous demander quand GNL Québec comprendra enfin que son projet de gazoduc et d’usine de liquéfaction n’a pas l’aval de la population, du « monde ordinaire » ? Ne pourrait-elle pas diversifier ses placements et les utiliser dans des moyens de transition énergétique qui représentent l’avenir ?

Et nos gouvernants, à tous les niveaux, ne font-ils pas la sourde oreille aux messages pourtant clairs de nos jeunes qui les supplient de ne plus appuyer ou favoriser des projets qui contribuent à produire des gaz à effet de serre qui amincissent dangereusement la couche d’ozone qui nous protège ?

Les défis sont grands. Accepterons-nous de les relever collectivement ?

Florent Villeneuve

Chicoutimi

Opinions

À mes concitoyens du Saguenay-Lac-Saint-Jean

OPINION / Richard Garneau est l'ancien président-directeur général de Produits forestiers Résolu.

 En novembre 2016, un expert en analyse de contenu médiatique témoignait devant le comité permanent du Patrimoine canadien qui avait le mandat d’étudier « la façon dont les Canadiens, et particulièrement les collectivités locales, sont informés sur les événements locaux et régionaux [...] » ainsi que « sur les conséquences imprévues de la concentration des médias d’information et l’érosion du journalisme local et l’impact des nouveaux médias ».

Opinions

Un legs énorme de Serge Godin

OPINIONS /Il est certain que Serge Godin, son fondateur et encore membre de la haute direction est à l’origine de la présence, du maintien et du développement de CGI dans la région, particulièrement à Chicoutimi au Pavillon Sagamie.

Il y aurait lieu, me semble-t-il, de trouver un moyen de lui rendre hommage et de profiter de ses connaissances et de son expertise dans le développement régional des technologies numériques.

Opinions

Une vraie réforme

OPINION / Le gouvernement de François Legault a mis de l’avant son projet de loi pour le changement de mode de scrutin. Le mode de scrutin uninominal à un tour que nous avons en ce moment possède en effet quelques failles. Parmi celles-ci, la distorsion des voix et des sièges est probablement l’une des plus notables. En effet, le gouvernement Legault, par exemple, avec ses 74 sièges représentant 59,2 % de ceux-ci, n’a eu que 37,42 % des voix. À l’inverse, le PQ et QS, avec 10 sièges chacun, n’obtiennent que 8 % de la Chambre. Pourtant, respectivement, ils ont eu 17,06 % et 16,10 % du vote populaire.

Quelque chose cloche, non ?

Opinions

Elle est où la science, elle est où ?

OPINIONS / Lundi soir, à la recherche d’une passionnante activité pour égayer ma soirée, je me suis installé devant le débat des chefs, en anglais s’il vous plaît. Oui, je sais, la société actuelle éprouve un grand cynisme face à la politique, mais pour moi il s’agit d’un exercice intéressant.

Cette année encore, je fais partie de la notoire catégorie des indécis. Je suis donc à la recherche d’éléments qui me permettront de décider qui méritera mon vote.

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Liz Gagné doit-elle demeurer en poste ?

CHRONIQUE / Tout près de 600 000 $ en frais d’avocat pour la Commission scolaire des Rives-du Saguenay, paiement possible à venir pour les frais d’avocat de Chantale Cyr, remboursement rétroactif de son salaire plus les intérêts et la poursuite évidente en dommages et atteinte à la réputation qui va suivre... Pourquoi tout cela ? Tout simplement parce que le congédiement de Chantale Cyr n’était pas fondé.

En matière de relations de travail, il arrive qu’un employeur doive prendre des mesures disciplinaires – l’avertissement, la réprimande, la suspension, avec ou sans solde, et le congédiement.

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La foresterie et la séquestration du carbone

OPINIONS / Ces derniers jours, plusieurs journalistes ont traité du rôle des forêts dans la séquestration du carbone et les commentaires de mon entourage, à la suite de la lecture de ces articles, m’incitent aujourd’hui à apporter des précisions qui pourront être utiles à tous.

En raison de leur superficie, les forêts peuvent agir comme de puissants capteurs ou émetteurs de carbone, affectant le bilan du pays. D’un côté, les arbres emmagasinent du carbone pendant leur croissance. De l’autre, les arbres émettent du carbone lorsqu’ils meurent et se décomposent à la suite de vents violents, d’un feu, d’une épidémie d’insectes ou simplement de vieillesse. Ce carbone est conservé dans les arbres et dans le sol forestier.

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Ne jetons pas l’école avec l’eau du bain

Ce texte de Stéphane Allaire, professeur du département des sciences de l'éducation de l'UQAC, est une réponse à la chronique de Sébastien Lévesque, Le problème avec l'école, publiée mercredi.

OPINION / L’école est imparfaite, mais elle n’a pas besoin d’être dynamitée. Surtout si c’est pour la reconstruire naïvement selon Alice au pays des merveilles. Soyons raisonnables : ça n’arrivera pas.

À LIRE AUSSI : Le problème avec l'école, une chronique de Sébastien Lévesque

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Toute une analyse !

OPINIONS / La chronique de Sébastien Lévesque, publiée dans l'édition du 2 octobre, a suscité un nombre exceptionnel de réactions. Son sujet: l'école à la maison pouvant être une alternative au système public qui serait moins axé sur le développement des qualités personnelles des enfants, a indiqué le chroniqueur.

À LIRE AUSSI : Le problème avec l’école, chronique de Sébastien Lévesque

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Couper plus d’arbres et réduire les GES : c’est possible !

OPINIONS / Au 17e siècle, nombreux étaient les scientifiques et les fins observateurs, alliant crédibilité perceptuelle et rhétorique, qui discréditaient les tenants de l’idée que la Terre était ronde. À leur décharge, ces partisans d’une vérité confortable, qui avait toujours prévalu, suivaient le courant et s’appuyaient sur des références bien ancrées.

Au Québec en 2019, notre rapport à la coupe de bois et à l’aménagement de la forêt est encore animé par certaines images fortes. Nous avons d’ailleurs pu le constater cette semaine, à voir le cynisme avec lequel certains ont réagi à la volonté du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, de couper plus d’arbres pour réduire les émissions mondiales de GES.

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Rendre à la région ce qui lui doit

OPINION / Le fameux projet de GNL Québec, qui consiste à construire une usine de liquéfaction et un terminal maritime et ainsi transporter des marchandises sur la rivière Saguenay, est en train de générer une controverse partout dans la province à cause de son impact environnemental. En effet, ce projet ferait augmenter les émissions de gaz à effet de serre et pourrait avoir des impacts négatifs sur les bélugas dans le fjord.

Les retombées économiques seraient cependant formidables. Assez pour justifier la mise en branle du projet. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean a eu une piètre performance économique dans les années passées. Selon un rapport du gouvernement du Québec publié en 2018, l’indice de développement économique de la région a reculé, entre 2016 et 2018. Le PIB et le revenu par ménage ont crû à un des taux les plus faibles au Québec entre 2011 et 2016.

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Coupe du transport adapté

OPINIONS / La semaine dernière, monsieur Jean-Luc Roberge, directeur général de la Société de transport du Saguenay, a annoncé sa décision de refuser le transport adapté aux personnes handicapées souhaitant participer à des activités de loisirs en groupe. Ils donnent comme excuse un manque de main-d’œuvre... Utilisant un sous-traitant pour le transport adapté, avec du personnel bien moins payé que les « vrais » employés de la STS, évidemment qu’il y a pénurie !

Les usagers, leurs proches, les organismes communautaires sont sous le choc !

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Les oubliés du Lab-École

OPINIONS / C’est connu, Saguenay aura son Lab-École. On ne peut qu’être fier d’avoir été choisi pour ce projet initié par Pierre Lavoie, Pierre Thibault et Ricardo Larrivé.

L’école Antoine-de-Saint-Exupéry est une école dynamique, au personnel dévoué et qui tient à bout de bras un projet éducatif formidable. Ce n’est que le juste retour des choses qu’on offre un cadre de grande qualité à ces gens qui ont à cœur l’avenir de nos enfants et de la communauté.

Les Lab-Écoles se fixent autour de trois axes : la saine alimentation, des lieux adaptés aux besoins et des saines habitudes de vie par l’activité physique. Je m’attarderai spécialement sur ce troisième point.

L’école nouveau genre sera construite sur le site de l’actuelle école Marguerite d’Youville. La raison évoquée pour ce choix est le transport actif des enfants, la proximité du boulevard de l’Université étant jugé (à juste titre) dangereux pour le transit des élèves. Cet effort est louable, mais à mon avis il rate sa cible. 

Les élèves qui demeurent dans le quadrilatère immédiat de l’école vont pour la plupart à l’école l’Horizon et ont déjà accès au transport actif vu la faible distance entre leur maison et l’école. Pas d’amélioration, donc, de ce côté. Par contre, les élèves qui viennent des blocs Smiths, ces gros HLM près des ponts, ceux qui habitent le long de la rue Sainte-Anne et au centre-ville, eux, comment voyageront-ils ? 

L’état actuel des choses est déjà déplorable en la matière. Les élèves sont déjà dans le rayon de distance pour voyager à l’école à pieds, mais ils devraient traverser successivement la rue Racine, Jacques-Cartier et Price pour lesquels il n’y a aucun feu piéton ni brigadier malgré la circulation dense. Lorsque les parents demandent à l’école le service de transport, l’école (ou la commission scolaire, que sais-je ?) facture 300 $ par élève vu qu’il devrait marcher (ce qui est impossible à faire de façon sécuritaire pour un enfant de 6 ans seul dans ce secteur) et que l’autobus est un « luxe ». Une grande pression financière pour les foyers vulnérables, une obligation d’utiliser la voiture chaque matin pour d’autres.

Quand j’ai soulevé ce point à la rencontre d’information sur les Lab-Écoles, une représentante de la commission scolaire m’a parlé d’organiser un transport « qui ne laisserait pas les élèves directement devant la porte ». C’était évidemment une solution improvisée à la va-vite pour un questionnement que personne n’a eu. Pierre Lavoie, d’ailleurs, avait souligné qu’il désirerait que tous les élèves qui demeurent à moins de 1,6 km marchent pour aller à l’école, mais que les infrastructures nécessaires étaient du ressort de la ville. 

Maintenant, que fera la municipalité ? Laisser une école de 15 M$ rater sa cible ? Car disons-le, ce sont les jeunes les plus défavorisés qui profiteront le plus de la nouvelle école et du transport actif. Ceux-là mêmes dont les parents n’ont pas les moyens de les inscrire au soccer ou au hockey et non ceux qui vivent dans les environs immédiats de la nouvelle construction, dans un quartier plus aisé, à côté du parc et de la piscine. 

Des infrastructures piétonnes et cyclables de qualité profiteraient non seulement à ces élèves, mais aussi à toute la population. Traverser les rues du centre-ville est un vrai parcours du combattant. Le vieillissement de la population n’aidera pas à améliorer le bilan des collisions véhicule/piéton et à notre époque où le changement climatique est sur toutes les lèvres, le transport actif doit s’imposer comme solution, pas seulement comme un phénomène marginal qui serait le propre de deux ou trois « enverdeurs » endurcis. Mais encore faut-il que le citoyen lambda puisse s’aventurer à vélo sans craindre d’être écrasé. Aussi, avec l’augmentation des taxes municipales qui fait rager tout le monde, réduire la vitesse de la détérioration du pavé en diminuant le nombre de voitures sur les routes devrait sérieusement être envisagé.

Avec l’aménagement d’un nouveau stationnement juste devant l’édifice de la commission scolaire, la ville continue dans le « tout à l’auto ». L’autogare sera rénovée à grands frais et pendant que des acteurs qui souhaitent que nos jeunes aient une vie plus riche et bougent plus, nous avons le devoir de leur offrir mieux qu’un bus jaune pour parcourir une courte distance parce que la ville a privilégié la place des voitures au détriment de celle des humains.

Olivier Larocque

Chicoutimi

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Franc jeu

OPINIONS / « Si la situation observée maintenant n’est pas suffisante pour qu’un plan d’action de rétablissement ait lieu, je ne vois pas ce que l’on peut documenter de plus en tant que scientifiques. C’est plutôt exaspérant, on est pris au dépourvu parce qu’on n’est pas décisionnels. » Ces paroles sont celles du biologiste et scientifique de Pêches et Océans Canada, Daniel Ricard, au sujet d’une espèce en péril, la morue du golfe du Saint-Laurent.

Un constat identique pourrait s’appliquer à une autre espèce, elle aussi en péril : le béluga du fjord du Saguenay. Si pour la morue du golfe le phoque est dans le collimateur, les défenseurs à tout prix du projet GNL Québec pourraient provoquer l’éradication du béluga. Ce qui fait dire au biologiste Robert Michaud, du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) de Tadoussac, que les entrepreneurs et le gouvernement du Québec sont tenus à la même rigueur intellectuelle qu’eux s’ils veulent démontrer que les scientifiques ont tort. 

Alors que la science a parlé, en rescousse pour rassurer, entre autres, les industriels de la Chambre de commerce, la ministre caquiste déléguée au Transport a annoncé la formation d’un comité scientifique, un autre, visant à concilier la navigation « durable » sur le Saguenay avec le développement industriel.

Le souci est toujours le même : si les conclusions des scientifiques, même ceux du gouvernement, dérangent les grands bâtisseurs englués dans l’économie du 19e siècle, ces derniers chercheront un deuxième avis d’origine privée, pour contredire ou affaiblir le premier, remettant le jugement final entre les mains du gouvernement du Québec, dont le premier ministre a déjà annoncé ses couleurs.

Le chroniqueur au journal Le Devoir, Jean-François Nadeau, infatigable chercheur de la vérité factuelle, m’a appris que le concept de « développement durable » vient de Stephan Schmidheiny, un milliardaire suisse condamné à 18 ans de prison ferme pour catastrophe sanitaire et environnementale. Ahurissant, n’est-ce pas ? « Lancé à la ronde sur un mode incantatoire, on abuse du terme durable. (...) En s’en réclamant sans cesse, on s’évertue à faire croire qu’une croissance vigoureuse, pour peu qu’elle soit coiffée d’un petit chapeau vert, suffit à réformer les visées du monde des affaires. » Paroles, encore une fois, de Nadeau. Dans la bouche de ceux qui ne jurent que par l’économie qui a conduit jusqu’ici la planète dans l’état lamentable où elle se trouve, le terme durable n’est que façade pour atténuer les préoccupations et influencer les indécis de l’opinion publique pour qu’ils penchent du côté de ceux qui se croient seuls pourvoyeurs d’emplois de qualité. Pour ces derniers, navigation durable pourrait-elle signifier : faire durer le paradigme économique qui prévaut aujourd’hui ? J’en suis certain.

À preuve, un avertissement servit ainsi : « Si des gens veulent se servir du béluga, on ne les laissera pas faire », ont scandé deux personnages associés à Port de Saguenay, son président et son directeur général, qui veulent en découdre avec les scientifiques du gouvernement fédéral.

Le président, Stéphane Bédard, dans le journal Le Quotidien, dernièrement, a défendu l’usage de la voie maritime de la rivière Saguenay comme si on était encore au 19e siècle. Pour lui, des bateaux naviguant sur le Saguenay, on n’en aura jamais assez pour se développer économiquement.

Il a été aussi question du mythique lien privilégié du Saguenay entre la région et le fleuve Saint-Laurent. Faudrait peut-être en revenir d’un sophisme répété par un historien patenté qui s’improvise scientifique.

Non ! Je pense qu’aujourd’hui il y a assez de bateaux qui font des transits dans le fjord : ceux de Rio Tinto, ceux qui accostent au Port de Saguenay, les bateaux de croisières, en augmentation constante. Suffit ! En 2019, on a un fjord à protéger pour gagner la confiance de l’UNESCO ; s’en souvient-on ? On a une biodiversité à préserver pour ne pas déshériter les générations futures. L’urgence climatique l’impose. Les générations futures auront besoin d’argent pour consommer intelligemment, en même temps que pour ne pas vivre sur une planète en déliquescence.

Le président de Port de Saguenay dit ne pas croire que les navires qui circulent sur le Saguenay sont plus dommageables pour la faune aquatique que ceux qui le font dans le grand fleuve. Pourtant, ça coule de source : l’espace est vital pour les espèces. Lui-même, qui compare le Saguenay à une ruelle par rapport au Saint-Laurent, devrait faire le lien. Et ne sait-il pas qu’il existe des aires protégées sur le fleuve ? Par exemple, il en existe une face au Port de Gros-Cacouna ; un habitat essentiel, une pouponnière à bélugas, inviolable et contournable par les navires marchands.

Marcel Lapointe

Jonquière

Carrefour des lecteurs

Lettre à Rio Tinto

OPINION / Mme Megan Clark, membre du CA de Rio Tinto, présidente du comité de développement durable, en lien avec votre visite du 17 septembre 2019 des installations de Rio Tinto au Saguenay-Lac-Saint-Jean, je porte à votre attention les préoccupations du Comité de citoyens pour un Vaudreuil durable (CVD) concernant les impacts du projet d’expansion du site de disposition des résidus de bauxite (SDRB) de l’usine Vaudreuil. Dans une perspective de développement durable, le CVD vise à protéger les emplois, mais aussi la population et l’environnement, en assurant la pérennité de la zone verte au cœur de Saguenay. Rio Tinto et même la municipalité semblent mettre sous le radar ces préoccupations.

La phase 2 du site de disposition de résidus de bauxite est localisée dans le boisé Panoramique et nécessitera la coupe de 50 000 arbres matures. Lors des audiences du BAPE (2011) sur le projet de construction de l’usine AP50 de Jonquière, cette forêt a été reconnue comme zone tampon assurant la sécurité de la population par rapport au Complexe Jonquière eu égard aux vents dominants.

Le choix de ce site a été contesté lors de la consultation publique initiée par Rio Tinto en 2015. 

Dans le rapport de cette consultation, M. André Delisle, commissaire indépendant, afin d’atteindre l’acceptabilité sociale, recommande que la compagnie recherche, pour la phase 2 du projet, un site alternatif qui assurerait la sécurité de la population. 

Tous ces arbres coupés au cœur de la ville sont autant de puits de carbone perdus, favorisant le réchauffement planétaire. 

Pourtant, Saguenay est, depuis le 4 mars 2019, membre des Partenaires pour la protection du climat (PPC) de la Fédération canadienne des municipalités (FCM). 

La municipalité s’est ainsi engagée à des transitions rapides et de grande envergure dans le domaine de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’industrie et des déchets. Qu’en est-il des résidus de bauxite ?

Certes, la compagnie a tous les certificats d’autorisation pour procéder, mais ceux-ci contiennent des questionnements par rapport aux tremblements de terre, déluges et glissements de terrain en lien avec la localisation du SDRB. 

Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) exige des suivis techniques à ces égards. Tous ces phénomènes naturels, on les a vécus intensément à Saguenay : en 1971 (Saint-Jean-Vianney), en 1988 (tremblement de terre) et en 1996 (déluge). 

Ce projet modifie la topographie d’un secteur en plein cœur de la ville, où il y a une dénivellation importante vers la rivière Saguenay. 

On y retrouve une forêt mature, des milieux humides, des ruisseaux, de grandes coulées et des zones de tourbières ; qui plus est, de 15 000 à 20 000 personnes habitent les terrains avoisinant ce site. 

La construction de digues de 15 à 22 mètres de haut, un bassin de collecte des eaux rouges à moins de 150 mètres des résidences, la toxicité potentielle des poussières des boues rouges asséchées au cœur de la ville sont autant d’éléments qui inquiètent la population. Selon le principe de précaution maintenant enchâssé dans la loi sur le développement durable, on peut s’attendre à ce que Rio Tinto ait un plan B pour le SDRB. La bauxite provient de la Guinée et du Brésil. Il faut parcourir plus de 10 000 kilomètres par camion, par bateau et par train avant qu’elle ne parvienne à l’usine Vaudreuil. 

Il n’est pas utopique de faire quelques kilomètres de plus pour que les résidus de bauxite soient entreposés en périphérie de la ville.

L’utilisation du boisé Panoramique est la solution facile et la moins onéreuse pour la compagnie, mais la plus honteuse pour les 20 000 citoyens vivant tout autour.

Considérant toutes ces préoccupations, en tant que présidente du comité de développement durable de Rio Tinto, pouvez-vous envisager de laisser à jamais, au cœur de Saguenay, une montagne de 30 mètres de haut de résidus de bauxite ?

Plus de profits pour Rio Tinto ou un environnement sécuritaire pour la communauté et les générations futures ? Le dilemme est entre les mains de Rio Tinto.

Jean-Yves Langevin, administrateur

Comité de citoyens pour un Vaudreuil Durable

Chicoutimi

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L’échec scolaire, c’est l’échec d’une société

OPINION / Cette lettre est signée par le Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage (ROCLD).

Il y a quelques semaines, des milliers de jeunes sont rentrés à l’école. D’autres pas. Où sont-ils? Ils sont dans leur chambre, dans le sous-sol, ou même dans la rue. En connaissez-vous? Ils ont fait le choix douloureux de décrocher. N’oublions pas que d’abandonner sa scolarité est un geste souffrant, un geste de résignation. Ce ne sont pas les jeunes qui ont abdiqué. C’est nous tous, en tant que société, qui avons décroché.

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Les dangers de dérapage

OPINION / À la suite des différents événements touchant les changements climatiques, je me questionne sur les réactions d’individus ou de groupes qui, sans en douter, sont convaincus et sincères.

Cependant, la dernière sortie de Dominic Champagne concernant le rapport de Claude Villeneuve, de la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi, en lien avec le projet GNL Québec m’interpelle sur les risques d’appropriation et de dérapage.

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Le fédéral doit en faire plus

OPINION / Le niveau des transferts fédéraux pour l’enseignement supérieur stagne depuis maintenant près de 20 ans. En 2018-2019, le gouvernement canadien y a consacré l’équivalent de 0,19 % du PIB. Il s’agit d’une contribution anémique, 60 % inférieure à ce qu’elle était au milieu des années 80. Pendant ce temps, la fréquentation des établissements d’études postsecondaires a connu une forte croissance. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) note d’ailleurs qu’en 2018, 62 % des Canadiennes et Canadiens de 25-34 ans avaient complété un diplôme postsecondaire. Cette tendance n’est pas près de s’estomper alors que nous assistons à un renouvellement des qualifications requises dans plusieurs secteurs d’activité.

Cette augmentation des populations étudiantes, conjuguée à la stagnation des moyens consacrés au secteur éducatif postsecondaire, engendre une pression énorme qui est d’abord absorbée par le personnel des institutions d’enseignement. On ne s’étonnera pas dans ce contexte que de récents résultats d’enquêtes sur le terrain aient révélé d’importants signaux de détresse en provenance de ces milieux. Quand on entend que plus d’une personne sur deux est sur le point de craquer, il est temps d’agir.

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Et si la solution se trouvait ailleurs?

OPINIONS / Le 15 mai 2019, la ministre de la Sécurité publique, Mme Geneviève Guilbault, présentait un projet de règlement concernant la Loi visant à favoriser la protection des personnes par la mise en place d’un encadrement concernant les chiens.

Un projet de règlement salué par tous, dont le RQIEC, puisque la sécurité publique est un enjeu prioritaire pour les membres de notre association. Toutefois, considérant que le gouvernement adoptera prochainement son nouveau règlement en raison de la fin de la période de consultations, il nous apparaît primordial de réitérer notre avis professionnel à l’effet que le projet de règlement ne solutionne pas de manière totalement adéquate le problème des morsures de chiens.

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Distraction

OPINION / Ma lettre s’adresse à tous les candidat.e.s de cette campagne électorale. Je suis la campagne électorale, car je veux comprendre la plateforme des différents partis pour pouvoir exercer mon devoir de citoyenne le 21 octobre de façon éclairée. J’apprécie de pouvoir trouver l’information désirée sur les différents médias d’information.

Par contre, je ne suis pas une adepte de téléromans ou de nouvelles à sensation. Une campagne électorale n’est pas un feuilleton télévisé servant à divertir, n’en déplaise à certains médias.

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La culture dans l’école

OPINION / Nourris par l’effervescence de la rentrée et par l’enthousiasme des enseignants pour les activités du volet scolaire des Journées de la culture, nous prenons la balle au bond pour livrer le fruit de nos réflexions sur la place que devraient occuper, au quotidien, les arts et la culture dans les écoles primaires et secondaires du Québec.

Les études scientifiques le confirment : la pratique artistique et les compétences culturelles contribuent au développement de tous les apprentissages. Comme le cours Éthique et culture religieuse, qui inculque aux jeunes les valeurs de savoir-être, de respect de soi et d’acceptation de l’autre, les arts et de la culture ont aussi un rôle fondamental à jouer dans la construction de la personne.

Opinions

Intelligence artificielle et fonction publique

OPINION / Le Québec est devenu un leader mondial dans l’industrie de l’intelligence artificielle (IA). Or, tandis que le développement de cette technologie s’intensifie dans le secteur privé, le gouvernement du Québec est bien discret sur le rôle qu’il entend faire jouer à l’IA dans ses propres services publics. Souhaite-t-il offrir des services publics supportés par celle-ci ? Si oui, est-ce que des règles éthiques en encadreront l’utilisation ? Autant de questions pour lesquelles les élus au pouvoir ne semblent pas avoir de réponse.

Actuellement, le gouvernement applique une vigoureuse politique de subvention destinée à l’IA : des centaines de millions de dollars ont été octroyés à des entreprises et des organismes du secteur, surtout concentrés à Montréal, pour favoriser leur croissance. À l’opposé, l’État québécois peine à développer une expertise en intelligence artificielle au sein de sa fonction publique. D’ici quelques années, si cette situation perdure, l’État se retrouvera inévitablement dépendant du secteur privé, tout comme il l’est déjà dans le domaine du développement de logiciels. D’ailleurs, de nombreuses firmes privées lorgnent les lucratifs contrats gouvernementaux qui seront associés à l’intelligence artificielle.

Carrefour des lecteurs

Rétablissons les faits

OPINIONS / À titre de président d’Alliance boréale et au nom des élus, des communautés et des travailleurs que je représente, je me dois de rectifier certains propos énoncés par M. Francis Fortier, directeur général mandats stratégiques, au sein du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, et rapportés dans Le Quotidien du 13 septembre par le journaliste Denis Villeneuve dans un article intitulé Caribou forestier : le ministère veut faire preuve d’ouverture.

Je ne peux laisser sous silence les propos de monsieur Forcier laissant entendre que j’ai induit les médias et les lecteurs en erreur lorsque j’ai mentionné que le ministère avait un objectif de recensement de 1,5 caribou/100 km2, lors de mon passage au Cercle de presse la semaine dernière. 

Carrefour des lecteurs

Le mirage du carboneutre

OPINIONS / Quel que soit le produit d’une entreprise, si c’est carboneutre tout est permis ?

Que ce soit des hydrocarbures fossiles comme le gaz de fracturation, des produits venant de l’exploitation minière, des produits d’usines de fabrication d’armes, des produits cancérigènes, des produits toxiques, etc. Quelle que soit la finalité de votre production, si vos opérations sont carboneutres, tout est parfait ? Indépendamment de ce qui se passe avant et de ce qui se passe après !

Opinions

Histoire de pêche

OPINIONS / Je parle de celle que Luc Boivin a racontée dans le Carrefour des lecteurs au chroniqueur Roger Blackburn, qui venait d’écrire sur les bateaux de croisière à La Baie. C’est le moins qu’on puisse dire, M. Boivin n’a pas apprécié.

Ça m’a rappelé une histoire de pêche contée par Ti-Gus pour faire rire. Elle se termine ainsi : « Coupe ta ouananiche, m’a éteindre mon fanal. » Luc s’adressant à Roger, ce pourrait être : « Coupe ton article, m’a cesser d’inventer. »

Carrefour des lecteurs

La grenouille et la compagnie

OPINION / Monsieur Marc St-Hilaire, Votre éditorial du 5 septembre comparant le blanc de GNL Québec à celui immaculé du béluga est fort instructif à plusieurs égards. Par contre, il est réducteur d’affirmer que nous sommes peu habitués au laxisme dans les études présentées par Rio Tinto aux autorités.

Dans le projet Vaudreuil et l’accumulation des résidus de bauxite dans le boisé Panoramique, la consultation du BAPE a été vite mise de côté par l’ex-premier ministre Couillard, contrairement à l’opinion initiale émise par son ministre de l’environnement M. Heurtel.