Musée national des beaux-arts du Québec

Québec

Musée national des beaux-arts du Québec: cap sur le renouveau et la découverte

Si 2018 marque le 85e anniversaire du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), la réouverture du pavillon Gérard-Morisset et le redéploiement des collections promettent de souligner l’événement de belle façon. Avec la présentation des nouvelles expositions «Fait main / Hand Made et Berthe Morisot, femme impressionniste», la saison estivale s’amorce également sur une note excitante.

Fermé aux visiteurs depuis le 25 septembre, le pavillon Gérard-Morisset a fait peau neuve. L’actualisation du bâtiment, réalisée à l’occasion de la troisième et dernière phase du redéploiement des collections du MNBAQ, se traduira par l’ouverture de cinq nouvelles salles destinées à la mise en valeur du travail d’artistes d’ici. Dès le 15 novembre, 350 ans de pratiques artistiques au Québec proposera un regard neuf sur leur apport à la société. 

De l’art ancien à la contre-culture des années 1960, ce grand renouvellement comprend près de 800 pièces – peintures, sculptures, orfèvrerie, mobilier, arts graphiques et photographiques –, lesquelles suggèrent une vision inédite sur des œuvres distinctives et parfois méconnues de la collection du MNBAQ. Une mise en espace originale, combinée à une utilisation créative de la médiation numérique, permettra d’offrir une expérience unique.     

«Nous avons choisi de travailler les salles de manière différente, confirme Anne-Marie Bouchard, conservatrice de l’art moderne au MNBAQ. Les œuvres ont été sélectionnées et disposées de façon à favoriser la redécouverte des moments importants de notre histoire. L’approche consiste à se détacher du discours habituel, à établir une mise en contexte, à dépeindre la réalité de l’artiste comme humain à travers cinq parcours chronothématiques.»   

Plus beau et plus lumineux

Bâtiment de style néoclassique datant de 1933, le pavillon Gérard-Morisset se révèle désormais plus beau et plus lumineux que jamais. La mise à niveau effectuée a rendu possible son harmonisation avec les trois autres pavillons du MNBAQ: le pavillon Pierre Lassonde, inauguré en 2016; le pavillon central, restauré pour l’occasion; de même que le pavillon Charles-Baillairgé qui, lui, a fait l’objet d’une cure de jouvence il y a quatre ans.

Au nombre des améliorations notables figurent non seulement la réfection complète des salles d’exposition, mais aussi l’ajout d’éclairage, l’intégration de nouvelles percées visuelles offrant une vue imprenable sur le parc et ses environs, la création d’un nouvel espace détente, la restauration de l’escalier d’origine, la mise en valeur du fer ornemental et du laiton des garde-corps et la restauration de la porte en bronze ornée de bas-reliefs.

Des œuvres restaurées

Au fil du temps, de nombreuses œuvres ont été acquises par le MNBAQ. Plusieurs d’entre elles ont dû séjourner un long moment dans les réserves du Musée et pourront enfin, grâce au redéploiement des collections, être offertes à la vue du public. Une cinquantaine de peintures, d’œuvres sur papier, de sculptures et de pièces de mobilier, notamment, ont ainsi fait l’objet d’une remise en valeur après une vérification soigneuse de leur état de conservation.

«En collaboration avec le Centre de conservation du Québec, des œuvres appartenant à toutes les catégories d’art ont été restaurées. L’ampleur des travaux réalisés varie d’une cinquantaine d’heures à 200, voire 300 heures, précise Claude Belleau, restaurateur au MNBAQ. Exposée au Salon des artistes français de 1906 à Paris, la toile Olé! du ­peintre Clarence Gagnon – que détient le Musée depuis près de 70 ans – compte parmi celles-ci.»       

Probablement endommagé par l’eau, le tableau présentait des signes de contraction de la peinture. Rapidement, des problèmes de soulèvement ont été remarqués si bien qu’à l’époque, de la cire a été appliquée. Le travail de restauration, qui a nécessité quelque 160 heures, a entre autres consisté à retirer la couche de saletés, l’excès de cire et les retouches qui ne font pas partie de la toile originale, puis à faire disparaître les craquelures de séchage. 

Napoléon Bourassa La Peinture mystique, 1896-1897, huile sur bois, 178,5 x 119 cm. Collection du Musée national des beaux-arts du Québec, don de la succession Bourassa en 1941. Restauration effectuée par l’Institut canadien de conservation du ministère du Patrimoine canadien.
Restauration de la toile Olé! du peintre Clarence Gagnon.

Trois journées gratuites

Pour célébrer en grande pompe ses 85 ans, le Musée ouvrira gratuitement ses portes au public les 23, 24 et 25 juin. Pour l’occasion, des guides-animateurs raconteront l’histoire du pavillon Gérard
Morisset et commenteront son architecture unique à l’aide de projections de photos d’archives. Organisé de concert avec le Fonds de solidarité FTQ, l’événement permettra de voir ou de revoir les expositions des collections dans l’ensemble des pavillons.  

Sous le thème Constellation, une nouvelle présentation des Nuits MNBAQ orchestrée par Unïsounds sera également proposée aux amateurs de musique le 24 juin dès 17h. Le parvis du pavillon Pierre Lassonde sera quant à lui animé par Les Postes du futur. Des postiers aux allures futuristes iront à la rencontre des gens afin d’offrir des cartes postales inédites, livrées aux destinataires de leur choix dans 15 ans pour souligner le 100e anniversaire du Musée.

«Les amoureux d’art et les fidèles du MNBAQ pourront ainsi inscrire leurs meilleurs souvenirs et partager leurs réflexions aux visiteurs de demain… les visiteurs de 2033! Dès 22h, le soir du
24 juin, ce sera place à la musique et à la danse dans le pavillon Pierre Lassonde. En passant d’une scène à l’autre, le public aura la possibilité de voir performer une quarantaine d’artistes au total», complète la porte-parole du Musée, Linda Tremblay. 

Sous le thème Constellation, une nouvelle présentation des Nuits MNBAQ orchestrée par Unïsounds sera proposée aux amateurs de musique le 24 juin dès 17h.

Fait main/Hand Made – jusqu’au 3 septembre

Tout un pan de la production contemporaine au Canada se dévoile à travers l’exposition Fait main/Hand Made. Haute en couleur et en réflexions, cette nouvelle aventure s’intéresse au geste artistique associé aux pratiques populaires. Artisanat, savoir-faire, folklore: des notions qui reprennent le haut du pavé de l’art contemporain en regardant du côté de l’art populaire, de l’art brut, du pop-surréalisme, mais aussi de la technologie.

De la sculpture sur bois à la courtepointe, en passant par la céramique et la broderie, un large éventail de pratiques est abordé. À travers les procédés artisanaux mis en œuvre selon cinq thèmes, la maîtrise de la matière est placée à l’avant-scène. Au menu de ce parcours qui ne manquera pas d’attirer l’attention et d’étonner: une chaise sculptée dans le papier journal, des objets couverts de tricots, des vidéos textiles et de l’impression 3D. 

«Voilà le fruit d’une recherche originale, un coup de cœur qui remet en question les catégories traditionnelles des beaux-arts et qui nous amène ailleurs, lance la directrice des expositions et de la médiation au MNBAQ, Christine Conciatori. Fait main/ Hand Made réunit plus de 30 artistes canadiens et se veut porteuse de leurs préoccupations sociales. Une programmation variée a été élaborée pour accompagner ce grand déploiement.» 

Jean Dallaire, Coq licorne, 1952, huile sur toile, 126,5 x 91 cm. Collection du Musée national des beaux-arts du Québec, achat.
Carla Hemlock, Skywoman Descent, 2009 , coton, perles de verre, appliqués, 147,3 x 180 cm. Collection du Musée national des beaux-arts du Québec, achat  © Carla Hemlock.

Berthe Morisot, femme impressionniste – du 21 juin au 23 septembre

Organisée conjointement par le MNBAQ, la Fondation Barnes (Philadelphie, Pennsylvanie), le Dallas Museum of Art (Dallas, Texas) et le Musée d’Orsay (Paris, France), l’exposition itinérante Berthe Morisot, femme impressionniste constitue la toute première consacrée à l’artiste en Amérique du Nord depuis 1987. Composée de toiles provenant d’institutions publiques et de collections privées du monde entier, c’est à Québec qu’elle s’amorce.  

«Il faut savoir que Berthe Morisot (1841-1895) se pose comme l’une des fondatrices de l’impressionnisme. Restée fidèle au mouvement, elle représente également l’une de ses figures les plus novatrices. Facile d’accès, séduisante, élégante et raffinée, l’œuvre de cette peintre quelque peu oubliée est proposée à travers un choix de 55 toiles issues de prêteurs de neuf pays différents», résume le coordonnateur de l’exposition, André Gilbert.  

Par l’entremise de sept thèmes, le visiteur est convié à un tour d’horizon de la carrière de l’artiste. À rebours des usages de son temps et de son milieu, Berthe Morisot met en scène son univers personnel et familial. Tout en brouillant les frontières entre intérieur/extérieur, privé/public et fini/non fini, elle explore l’intimité de la vie bourgeoise de l’époque, le goût de la villégiature et des jardins, l’importance de la mode et le travail domestique féminin. 

Berthe Morisot, Jeune ­femme en gris étendue, 1879, huile sur toile, 
60 x 73 cm. Collection ­particulière, Paris.

MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUÉBEC
Québec
418 643-2150
www.mnbaq.org