Yoan Bernier-Bourgeois veut continuer de faire de la course longtemps. L'étudiant en enseignement de l'éducation physique adore ressentir les bienfaits que lui procure le sport.

Yoan fait un pied de nez à la maladie

Toute personne qui peine à trouver la motivation nécessaire à la pratique de l'activité physique ou qui se trouve sans cesse des excuses pour ne pas faire de sport devrait s'inspirer de Yoan Bernier-Bourgeois.
Atteint de fibrose kystique, il serait sédentaire et n'aurait pas besoin de se justifier. À l'inverse, le jeune homme de 20 ans carbure au sport. Il pense avoir trouvé, en la pratique de la course, l'antidote à la maladie et la clé du bien-être.
À première vue, Yoan Bernier-Bourgeois semble en parfaite santé. Son apparence physique ne donne aucun indice sur sa condition, diagnostiquée alors qu'il n'avait que trois mois, le jour de l'anniversaire de sa mère. Cela dit, il demeure atteint d'une maladie grave pour laquelle il n'existe aucun traitement curatif. La fibrose kystique, l'une des quatre maladies héréditaires récessives de la région, affecte principalement l'appareil digestif et les poumons. Il s'agit de la maladie mortelle la plus répandue chez les enfants et les jeunes adultes au Canada. 
Yoan Bernier-Bourgeois a vécu quelques périodes d'hospitalisation lorsqu'il était plus jeune, souvent causées par des virus qu'il avait contractés. Mais somme toute, son état est bon, un phénomène qu'il attribue sans hésitation à ses activités sportives, pratiquées assidûment. 
« J'ai fait du judo pendant deux ans, mais ce n'était pas vraiment mon truc. Ensuite, j'ai découvert le basketball. J'adorais ça et j'en ai fait de la cinquième année au secondaire V », raconte celui qui a emprunté le chemin du programme Sport-Arts Études de la Polyvalente Arvida, située à un jet de pierre de sa résidence. Yoan Bernier-Bourgeois provoque la surprise de la journaliste du Progrès lorsqu'il relate son parcours en basket, lui qui ne fait que 5'6''. 
« Je suis petit alors ça m'aidait beaucoup », dit-il, sourire en coin. C'est toutefois en découvrant la course, un sport pour lequel il a résolument le profil de l'emploi, que Yoan a véritablement trouvé chaussure à son pied. Depuis deux ans maintenant, l'étudiant en enseignement de l'éducation physique à l'UQAC enchaîne les compétitions de Spartan Race et prend un malin plaisir à se fixer de nouveaux objectifs. À deux reprises, il a pris part à des « Sprints » (parcours de 5 km) à Boston. Il s'entraîne actuellement pour le volet « Super » (15 km) du Spartan Race d'Ottawa, prévu pour le début août, et n'exclut pas la possibilité d'affronter un jour la « Beast » (20 km), voire l'« Ultra Beast » (40 km). Sachons ici que les courses de Spartan sont ponctuées d'obstacles et d'épreuves très intenses physiquement. La forme est de mise. Yoan Bernier-Bourgeois adore ce type de parcours, qui le poussent sans cesse à se dépasser.
« Ma vie, c'est un peu comme une course à obstacles. Il y a toujours eu des embûches qui se sont présentées sur mon chemin et je les ai toujours surmontées », image-t-il. La métaphore illustre bien le parallèle entre son cheminement personnel et le sport dans lequel il s'investit à fond à raison d'au moins quatre entraînements par semaine. 
« Je suis certain que c'est à cause du sport que je vais aussi bien. Je prends des pompes avant de courir pour prévenir les crises et quand je reviens, je dois évacuer beaucoup de sécrétions. Mais à part ça, ça va bien et j'espère pouvoir continuer de faire du sport longtemps. Je suis chanceux de pouvoir en faire parce que je sais que je peux tomber malade du jour au lendemain et que ma condition peut basculer », convient celui qui a aussi franchi le fil d'arrivée de la mythique course des Pichous, l'an dernier. La course sur route n'est cependant pas le dada de Yoan Bernier-Bourgeois, lui qui prend manifestement son pied en participant à des défis qui lui provoquent de grandes poussées d'adrénaline. Le dynamique jeune homme s'est même entraîné pendant quelque temps avec LGX, un groupe formé par l'ex-entraîneur des Gaillards de Jonquière, Éric Paquet, un monument du Spartan Race en région.
Plusieurs médicaments 
Depuis sa tendre enfance, Yoan prend une panoplie de médicaments. En entrevue, il produit une bonne dizaine de flacons de comprimés. Chaque jour, il doit ingurgiter 40 pilules pour prévenir une myriade de problèmes liés à sa maladie. En ce moment, il combat un microbe et doit prendre une médication particulière dont les coûts sont évalués à environ 4000 $ par mois. Chaque capsule qu'il ingère quotidiennement est un rappel pour Yoan qui, autrement, pourrait facilement oublier qu'il est atteint d'une maladie grave.
«Mon but, c'est de défier les statistiques»
Yoan refuse de s'apitoyer sur son sort. Bien qu'il ait constamment l'impression de « respirer dans une paille », il a complété un défi Spartan de 12 heures en équipe et a pris part à la course à relais du Grand Défi Pierre Lavoie l'an dernier. Lors du second événement, le jeune homme estime avoir eu raison de 45 kilomètres d'asphalte à lui seul.
« Je ne me suis jamais arrêté à ça et je vis comme une personne normale. Je ne l'ai pas écrit dans le front que j'ai la fibrose kystique et ce n'est pas quelque chose que je vais dire en premier quand je rencontre des gens. Mon but, c'est de défier les statistiques », lance Yoan, un chic type au sourire contagieux qui, un peu sans le savoir, sert une belle leçon de vie aux porte-étendard, trop nombreux, de la jeunesse inactive. Sa mère, Katia Bernier, signale que son garçon a toujours été motivé par le sport.
« Il est vraiment en forme pour un enfant fibrose. Les médecins l'ont souvent cité en exemple », note-t-elle. 
À l'aventure
Récemment, Yoan a mis tous ses médicaments dans son sac à dos et est parti à l'aventure en prenant le chemin du vieux continent. Pendant deux semaines, il s'est promené seul en France et a découvert les charmes du pays de nos ancêtres, avant d'y rejoindre un ami pour la suite du périple.
« J'ai tellement tripé ! C'est sûr que je vais faire un autre voyage un jour », ajoute celui qui occupera deux emplois cet été. Les soirs, il continuera de servir la crème molle chez Méli-Mélo, un job qui le tient occupé l'été depuis six ans. De jour, du lundi au vendredi, il aura pour tâche de divertir des dizaines de tout-petits au camp de jour de Saguenay. Il faut avoir fréquenté un camp de jour en période estivale pour savoir exactement de quoi il en retourne et connaître la dose titanesque d'énergie requise par les moniteurs pour assouvir le besoin d'amusement et de divertissement d'une kyrielle d'enfants. 
En attendant la Spartan Race d'Ottawa en août, Yoan Bernier-Bourgeois ne manquera donc pas d'action et a bien l'intention de continuer de courir. Il jongle aussi avec la possibilité de prendre part à la course Bootcamp de Dolbeau-Mistassini. 
La recette miracle étant le sport, dans le livre de Yoan Bernier-Bourgeois, il est impératif qu'il puisse s'assurer de pouvoir le pratiquer longtemps. Pour ce faire, l'atteinte de l'équilibre devient essentielle. Tout jeune, mais plein de sagesse, Yoan croit y être arrivé. Il est clair que dans sa tête, s'il doit ultimement y avoir un vainqueur entre lui et la fibrose kystique, c'est lui qui triomphera.