À titre d’évêque de Chicoutimi, René Guay a prononcé ses voeux pour l’année 2019.

Voeux de Mgr René Guay: allons de l’avant!

La Tournée des voeux de l’Évêque s’est tenue le 13 janvier, à Chicoutimi et Jonquière, puis le 20 janvier, à Saint-Félicien et à Alma. Voici le texte des voeux que Mgr René a prononcés à la population.

CHRONIQUE / Mon premier souhait est celui de vous vouloir heureux et heureuses tout au long de l’année 2019. C’est le souhait de toute personne qui aime. C’est aussi celui de votre évêque, qui aime le Christ, qui aime son Église, la région et ses gens. Ce bonheur souhaité et désiré se veut concret. Que vous soyez heureux et heureuses dans votre vie de chaque jour, entourés de ceux et de celles que vous aimez, dans vos engagements, au travail, dans les loisirs, en Église ou dans les différents services que vous rendez à la société.

L’année 2018 a connu de bons moments pour notre Église et pour notre région. Elle a aussi été une année des plus difficiles pour l’Église catholique universelle. Et nous savons tous pourquoi. Ici, même au diocèse, pour des raisons semblables, nous vivons des temps incertains. Comment nous situer dans cette Église face aux nombreux scandales qui viennent d’un peu partout dans le monde ?

La lettre du pape François, le 20 août, portant sur les abus sexuels, à la suite de la divulgation de nombreux cas aux États-Unis, est « un véritable cri du coeur où le pape exprime sa douleur et sa honte. Il va très loin dans sa dénonciation des abus au sein de l’Église, commis surtout il y a quelques décennies. L’objectif est de mobiliser le peuple de Dieu pour mettre fin à une culture du silence et du secret, appelant chacun et chacune à dénoncer tout abus. […] François fait son mea culpa au nom de toute l’Église ». (Gauthier, Jacques. 2018. Prions en Église. Montréal : Novalis, 183.) Il propose plusieurs attitudes à adopter : compatir à la douleur des victimes, nous engager à la protection des plus vulnérables, demander pardon, agir de manière communautaire et globale, collaborer à la transformation personnelle et ecclésiale, nous convertir par la prière pour mieux vaincre l’appétit de domination et de possession.

Comme membres de cette Église, nous souffrons en ce moment difficile. Mais se pourrait-il que le Seigneur soit en train de nous interpeller fortement comme Église et qu’il soit en train de nous amener ailleurs dans notre marche à sa suite ?

Guidés par la Parole, ayons l’audace missionnaire

Le thème de ces voeux, « Guidés par la Parole, ayons l’audace missionnaire », est étroitement lié aux efforts pastoraux que nous déployons pour être une Église « qui ne peut plus faire les choses comme avant », selon l’invitation du pape François. Notre projet pastoral nous invite À allez vers... nos efforts de restructuration, que sont les Unités pastorales, ainsi que vers le leadership d’accompagnement que nous mettons de l’avant, avec l’objectif de mieux servir le peuple de Dieu. La prise en charge des milieux, avec les équipes d’animation locale, veut nous assurer que l’Évangile soit annoncé et que l’Église soit présente, vivante et au service. Le projet catéchétique vise la formation des enfants et de leurs parents, ainsi que des jeunes adultes à la vie chrétienne.

Devant les efforts déployés et le peu de succès, est-ce la fin de l’Église ? Non, et j’en suis convaincu. Notre manière d’être Église doit constamment s’ajuster aux nouvelles conditions historiques, sociales, démographiques, afin de nous assurer que l’annonce de l’Évangile soit adaptée à chaque génération. Le modèle ecclésial change, mais c’est toujours la même Église, celle du Christ. Cependant, il y a des conditions pour que nos projets pastoraux et nos visions d’Église soient porteurs des fruits espérés. Ces dernières semaines, en méditant la Parole de Dieu, j’ai pu saisir encore davantage, de l’intérieur, que dans les situations de mort et de péché qui affectaient l’Église des premiers siècles, seul un retour à Jésus-Christ et à sa Parole pouvait lui donner un nouvel élan et la resituer dans sa véritable mission. Il est impossible d’être une Église vivante, engagée, fidèle à Jésus, sans cette fréquentation de la Parole. Peut-être qu’à l’exemple de Pierre et des disciples, avons-nous pêché trop longtemps de nuit, comptant trop sur nos propres efforts, sur nos plans bien intentionnés, sans écouter le Seigneur qui nous invitait à lancer le filet à droite ? Il serait bon de relire et de méditer Jean 21, 1-14.

Notre Église a plus de deux mille ans d’histoire avec de belles réalisations, mais est aussi aux prises avec le mal qui s’introduit malicieusement et qui veut détourner la mission de l’Église. Ne pactisons jamais avec le mal ! Nous en connaissons douloureusement les conséquences aujourd’hui. Cependant, je vous en prie : ne rêvons pas d’une Église parfaite, sans histoire et sans péché. L’Église n’est pas un rassemblement sectaire d’hommes et de femmes sans défaut, mais une assemblée de fidèles que le Christ invite à la conversion et à marcher à sa suite. Dans les temps difficiles que l’Église a rencontrés au cours des siècles, les plus grands réformateurs ont été des amoureux et des amoureuses du Christ, de l’Église et des Écritures, y cherchant les lumières pour aller de l’avant. Mentionnons François d’Assise, Catherine de Sienne, Jean XXIII, et pourquoi pas le pape François.

Mon souhait le plus cher

Mon souhait le plus cher, en ce moment, c’est que nous goûtions la joie d’être ensemble Église de Jésus-Christ. Guidés par la Parole, retrouvons et ayons cette audace missionnaire qui nous fera nous approcher de nos soeurs et nos frères pour partager notre foi et notre espérance. Les temps sont difficiles. L’heure n’est pas à la division, à nous éloigner les uns des autres, mais bien à répondre à l’appel de Jésus qui nous invite à être ses disciples aujourd’hui pour notre monde. Soyons « sel de la terre » et « lumière du monde ».

Vous trouvez sans doute que ce message est peu festif en ce début d’année. Les circonstances actuelles nous obligent à assumer ce moment difficile de notre Église. Aidons-nous les uns les autres à avancer avec confiance, nous appuyant sur Celui qui nous rassemble. Allons de l’avant ! Il y a encore du présent qui est beau et de l’avenir qui s’annonce plein d’espérance.

Que Jésus et la Vierge vous accompagnent tout au long de cette Nouvelle Année !

Mgr René Guay, évêque de Chicoutimi

(On retrouve le texte intégral au www.evechedechicoutimi.qc.ca)