Savoureux amarone

CHRONIQUE / L’appellation valpolicella célèbre son 50e anniversaire! Et si on prenait part à la fête en célébrant la St-Valentin avec un verre d’amarone della valpolicella?

Si le cœur vous en dit, démêlons d’abord les appellations suivantes : valpolicella, amarone della valpolicella, recioto della valpolicella et valpolicella ripasso. Toutes partagent la même zone de production, la valpolicella, dans le nord-est de l’Italie en Vénétie. Pourtant, tout un monde les sépare. Le valpolicella est un vin rouge aux arômes de fruits rouges, souple et frais. Quant au recioto della valpolicella, il s’agit d’un vin de dessert riche et concentré, élaboré avec des raisins surmûris. Le valpolicella ripasso, qui signifie « repassé », est un jeune valpolicella refermenté avec les peaux de raisins d’amarone. Toutefois, la palme de l’excellence revient sans contredit à l’amarone della valpolicella.

Le 29 janvier dernier, le gratin vénitien est débarqué à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, à Montréal, pour souligner le 50e anniversaire de l’appellation valpolicella. La Famiglie Storiche, un regroupement de 13 prestigieuses caves à valpolicella (Torre d’Orti, Tommasi, Masi, Zenato, Musella, Begali, Allegrini, Venturini, Sant’Antonio, Brigaldara, Tedeschi, Guerrieri Rizzardi, Speri), s’est donné pour mission de promouvoir et de préserver l’excellence de son patrimoine. La réalisation de ce dessein commun passe, entre autres, par des normes de production plus strictes que celles imposées dans le cahier des charges de la DOCG (Denominazone Di Origine Controllata). Pour l’occasion, chaque maison faisait déguster l’un des ses amarone pour un total de 13 vins allant de 1988 à 2010.

L’amarone, c’est deux millésimes en un. Il y a d’abord la vendange, dit le cycle végétal. Débute ensuite le cycle appassimento. Au lieu d’être envoyés à la cave pour en faire du vin, les raisins sont entreposés sur des treillis, à l’intérieur, pendant 3 à 4 mois pour être séchés. Au cours du processus, ils perdront 30 à 40 % de leur poids initial. Les raisins seront alors attaqués par le botrytis — champignon responsable de la pourriture noble. La réussite de ce « deuxième millésime » repose sur une température dépourvue d’humidité, offrant ainsi aux raisins les conditions idéales pour un séchage rapide et adéquat. À terme, si tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, les baies seront bien concentrées en sucre, en arômes et en tannins, prêtes à être vinifiées pour offrir un fin nectar.

Survient ensuite la lente transformation des sucres en alcool, après quoi le vin est élevé sous bois au moins 24 mois (30 mois minimum pour la Famiglie Storiche). Il en résulte un rouge élevé en alcool (14 % minimum pour la DOCG; 15 % minimum pour la Famiglie Storiche), soyeux, intense, tannique et légèrement sucré pour la plupart. « Une illusion de sucré dans un vin sec », comme le décrit si bien la maison Speri. Certes, cette impression reste toute relative puisque le taux de sucre résiduel oscille entre 3 g/l et 12 g/l selon les vins. Une tendance vers le sec s’est toutefois ressentie dans les plus récent millésimes dégustés.

Le plus grand constat au terme de cette dégustation, réside certes dans la qualité et la grande diversité de profils au sein même de l’appellation, mais surtout dans l’incroyable potentiel de garde de ces vins.  

Amarone della valpolicella classico, Costasera, Masi Agricola
(SAQ : 317 057 — 40,85 $)
À l’instar de nombreuses autres appellations italiennes, comme le chianti pour ne nommer que celle-là, l’aire de production de la valpolicella a été étendue en 1968. Les vins provenant de la zone originale portent la mention « classico ». Le Costasera sent bon les épices et le vinaigre balsamique. En bouche, c’est velouté et sensuel. Le genre de vin qui vous possède entièrement le temps d’une gorgée.

Amarone della valpolicella classico, Zenato
(SAQ : 879 445 — 48,10 $)
Nez profond de muscade, de clou de girofle et de sous-bois. Plutôt charnu, l’amarone de Zenato se révèle riche, élégant et présente une bonne acidité. Avec toute cette matière, il en a pour de nombreuses années devant lui.

Alexander Valley 2014, Big River Zinfandel, Ravenswood
(SAQ : 12 490 385 — 45,25 $)
Comme ce n’est pas le 14 février tous les jours, autant en profiter pour se faire plaisir! Dans la même trame, ce zinfandel de la maison californienne Ravenswood saura séduire les papilles des amateurs de vins dodus. Élevé pendant 19 mois en barriques de chêne français (dont 40 % de neuves), le Big River offre des notes de cerises et de cacao. C’est costaud, souligné par des tannins fermes et conçu pour accompagner du gibier en sauce aux fruits.

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