Les sentiers de vélo n’ont jamais été aussi bien conçus, aménagés et entretenus qu’aujourd’hui. La chose est particulièrement vraie à Québec. En quelques minutes, on y a accès à certains des meilleurs réseaux de la côte est nord-américaine.
Les sentiers de vélo n’ont jamais été aussi bien conçus, aménagés et entretenus qu’aujourd’hui. La chose est particulièrement vraie à Québec. En quelques minutes, on y a accès à certains des meilleurs réseaux de la côte est nord-américaine.

L’appel de la forêt

David Desjardins
David Desjardins
Collaboration spéciale
HORS-PISTES / C’est dans la boue que je suis tombé amoureux du vélo. D’abord enfant, en démolissant mes premières montures bien mal adaptées aux sentiers boisés derrière chez moi. Puis en sautant à bord du train du vélo de montagne alors qu’il venait tout juste de quitter la gare, en 1987, au début de mon adolescence. Un tiers de siècle plus tard, après m’être passionné pour la route, le cyclocross et maintenant le gravel bike, mon plaisir du vélo de montagne est non seulement intact, mais ravivé par la qualité du terrain de jeu à notre portée.

Les sentiers n’ont jamais été aussi bien conçus, aménagés et entretenus qu’aujourd’hui.

La chose est particulièrement vraie à Québec. En quelques minutes, on y a accès à certains des meilleurs réseaux de la côte est nord-américaine : Vallée Bras-du-Nord à Saint-Raymond, sentiers du Moulin à Lac-Beauport, le mont Sainte-Anne et finalement, E47 (pour Empire 47), à Lac Delage.

Idéal pour l’initiation

À seulement quelques minutes du centre-ville, ce centre s’est développé autour d’une idée : forger la prochaine cohorte de cyclistes de montagne. Le terrain a été développé en conséquence : on peut y débuter de manière totalement sécuritaire, sur des sentiers dénués d’obstacles, pour ensuite faire son chemin, étape par étape, jusqu’à des pistes pour experts, comprenant des sauts et des passages rocheux réservés aux junkies d’adrénalines et autres talentueux insouciants.

Si vous n’avez guère envie de jouer les Icare du pneu à crampons, l’offrande de niveau intermédiaire est si brillamment représentée que vous pourrez arrêter là votre progression sans avoir le sentiment d’être un raté.

Au contraire. Ici, tout est orienté autour du plaisir, peu importe le niveau.

«Nous avons des sentiers très faciles, des sentiers d’habiletés pour tous les âges et tous les niveaux, deux descentes de pratique de virages et de sauts [jumplines] : notre objectif, c’est vraiment de ramener au sport ceux qui l’avaient quitté et d’initier les nouveaux venus, peu importe l’âge», expose Louis Boissinot, président du conseil d’administration de E47.

Petits et grands peuvent s’initier au vélo de montagne dans les sentiers d’Empire 47 à Lac Delage.

Premières aventures

Je ne connaissais jusqu’à récemment que le volet hivernal des activités de E47. Mais une seule visite en début d’été a suffi pour que j’y prenne mon billet de saison : la rapide descente de la Belzébrute avec ses flancs rocheux, les grimpes techniques (Montée de la soif, Montée de lait) et la très rapide Kamasutrail avec ses nombreux virages et ses petits sauts accessibles m’ont rapidement conquis. Mais pas seulement. Les pistes moins exigeantes y sont aussi d’une remarquable qualité.

Le néophyte plutôt en forme trouvera son compte dans la Huron, qui totalise un peu plus de 7 km. La montée est progressive, la descente gérable : on peut y prendre son temps et avoir du plaisir.

La Queue de Castor est aussi accessible et comporte son lot de moments de plaisir sans craindre de s’y fracasser les os. On croise régulièrement des débutants et des familles dans ces pistes.

Avec des enfants, un tour de Nouvelle Familiale, suivi d’une Tanquàyêtre, composent un double très facile, sans obstacle, mais totalement bucolique.

Adoption massive

Le vélo de montagne connaît un engouement massif, sans précédent. Une génération d’adeptes qui avaient délaissé le sport (j’en suis) y reviennent en masse. Une nouvelle cohorte issue de la mouvance enduro (plus axée sur la descente) s’y ajoute. Mais le secret dans ce retour en grâce d’un sport qui avait connu son apogée au milieu et à la fin des années 1990 repose essentiellement sur le raffinement du développement des sentiers. Les réseaux sont plus accueillants, l’expérience de l’utilisateur de plus en plus agréable et l’ambiance nettement plus ouverte et décontractée.

C’est particulièrement le cas à E47 où l’on mise essentiellement sur monsieur et madame Tout-le-Monde et leur progéniture.

Si je voulais en faire le sujet d’une des chroniques qui me sont offertes cet été dans ces pages, c’est parce que je suis convaincu que ce sport est une véritable merveille. Une fois un minimum de niveau de confiance acquis, c’est toute une dimension ludique qui s’ajoute au cyclisme. Le vélo devient alors un jeu d’habiletés, où la forme physique est un outil parmi d’autres pour performer, ou simplement s’amuser.

Et puis il s’agit d’une occasion de marier la vitesse et le rythme du vélo avec le plaisir d’être en forêt, dans le silence des bois, loin des voitures, quoi.

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David Desjardins est chroniqueur à VéloMag. Il anime aussi la balado Radio Bidon. Chaque semaine, il propose une idée de sortie dans la grande région de Québec. Retrouvez tous ses itinéraires dans la section vélo de notre site.