Roger Filion et sa conjointe, Lucie Guérin, roulent fréquemment sur la Véloroute des Bleuets. Sur cette photo, prise par le directeur général David Lecointre, le couple se trouve entre Saint-Gédéon et Métabetchouan. « On roulait un peu large pour la photo, mais il n’y avait personne d’autre sur la Véloroute ! »
Roger Filion et sa conjointe, Lucie Guérin, roulent fréquemment sur la Véloroute des Bleuets. Sur cette photo, prise par le directeur général David Lecointre, le couple se trouve entre Saint-Gédéon et Métabetchouan. « On roulait un peu large pour la photo, mais il n’y avait personne d’autre sur la Véloroute ! »

La Véloroute des Bleuets, d'une utopie à un franc succès

« C’est une des plus belles au Québec, c’est évident ! »

Une seule question. C’est tout ce qu’il faut à Roger Filion, surnommé « Monsieur Vélo », pour parler avec passion de la Véloroute des Bleuets, qui fête cette année son 20e anniversaire. Des anecdotes – qu’on ne peut pas toutes écrire ! – et même une vache nommée Liberté... en l’honneur de Liberté à vélo. Tout y passe.

D’ailleurs, qui de mieux pour en parler que celui qui en a fait la promotion, en 1992, lors du Congrès mondial du vélo, qui s’était tenu à Montréal ?

La présentation a eu lieu devant 700 personnes originaires de 30 pays. La façon de procéder était la suivante : les intervenants se dirigeaient deux par deux à l’avant et M. Filion s’est retrouvé sur la scène avec un monsieur de la Norvège qui, lui, montrait une piste cyclable qui existait déjà.

« C’était tellement beau ! Il nous donnait vraiment le goût d’y aller. Moi, j’avais des photos et des diapositives du Lac-Saint-Jean, mais j’étais tellement vendu et enthousiaste ! , dit-il, précisant toutefois qu’il n’était pas seul dans le projet. Des gens ont travaillé pas mal plus fort que moi ! Mais j’étais à la conférence parce que j’étais bien connu pour le vélo. »

La première fois que l’idée d’un circuit cyclable autour du lac Saint-Jean avait été évoquée, c’était quelques mois plus tôt, lors du Sommet économique régional de 1992, à Saint-Félicien.

Il s’est donc écoulé huit années entre les premières discussions et les premiers coups de pédales.

« Les gens n’y croyaient pas beaucoup à part les cyclistes. On disait qu’il n’y aurait pas de retombées. Même les hôteliers du temps n’étaient pas enthousiastes. C’était utopique comme projet. »

Mais ceux qui y croyaient n’ont pas abandonné. « Des gens ont travaillé sur le financement, comme Michel Lacroix », rappelle M. Filion.

Après l’arrivée de la Véloroute des Bleuets, et devant son succès, ceux qui étaient contre au départ se demandaient maintenant pourquoi le circuit ne passait pas plus près de leur attraction, site ou hébergement !

Roger Filion pose avec Lucie Guérin, à une halte de la Véloroute des Bleuets.

Beaucoup de familles

Roger Filion, qui roule encore fréquemment avec sa conjointe, Lucie Guérin, se réjouit de voir de plus en plus de familles, que ce soit en vélo ou en patins à roues alignées.

« Ma femme est aussi une mordue du vélo. On en fait encore souvent. Avant, on partait en groupe, mais là, c’est plus souvent nous deux. On part à l’heure qu’on veut, on va où l’on veut et on revient quand on veut. »

Aujourd’hui, les sorties atteignent une soixante de kilomètres. Sa section préférée ? Entre Saint-Gédéon et Desbiens. Et après réflexion, il ajoute la portion vers Chambord.

« On n’est pas sur le bord de la route. Vers Chambord, c’est surélevé et on voit le lac. Ça offre même un des plus beaux points de vue sur le lac et on n’entend pas le bruit des voitures », explique-t-il.

Les gens apprécient d’ailleurs le fait qu’il y ait de plus en plus de sections de pistes cyclables. Selon lui, on peut faire plusieurs sections sans problème et même si l’on circule le long de la route 169, il n’y a aucun danger, assure-t-il.

De belles rencontres

Quand on demande à Roger Filion quels sont ses plus beaux moments ou ses plus beaux souvenirs liés à la Véloroute, il parle sans hésiter des rencontres qu’il a pu y faire, notamment lors des Randonnées Hydro-Québec, organisées par Liberté à vélo, qu’il a fondée en 2001. Même s’il a pris sa « retraite » il y a deux ans et demi, il participe encore et en profite même plus. « On a accueilli jusqu’à 750 personnes de partout au Québec et même de l’Ontario. Ça m’a fait connaître des gens de partout et j’ai gardé contact avec eux. »

M. Filion parle notamment du passage à la Ferme Gaston Morin et fils de Sainte-Jeanne-d’Arc, qui provoque toujours de belles anecdotes.

« On y fait toujours un arrêt avec des gens qui, parfois, n’ont jamais approché de vaches et là, on passe dans la ferme pendant environ 200 mètres. C’est toujours très propre. Une année, il y avait beaucoup d’Ontariens. Quand on est arrivés à la ferme, on nous a dit qu’une vache s’apprêtait à vêler. Nous avons attendu et nous avons pris plein de photos. Je m’en souviendrai toujours ! »

Et le nom de la vache ? Liberté... comme dans Liberté à vélo !

Cette année, la Randonnée Hydro-Québec, qui devait avoir lieu en fin de semaine passée, a été annulée, mais M. Filion ne s’en désole pas trop. En pleine canicule, il juge que ça aurait été difficile pour plusieurs, voire même dangereux.

« Quand j’organisais la Randonnée Hydro-Québec, je me disais toujours qu’on était chanceux d’avoir une belle Véloroute comme ça. Ce n’est pas comparable à ce qu’on peut voir ailleurs... »