La basilique du Saint-Sépulcre, grand édifice où nous retrouvons le calvaire, témoin de la crucifixion de Jésus, et le tombeau dans lequel on a déposé son corps.

Une expérience riche de sens

CHRONIQUE SPIRITUALITÉ / Fraîchement arrivé d’un pèlerinage en Terre sainte (Israël), je me permets de vous partager une expérience riche de sens. Depuis notre tendre enfance, nous connaissons les évangiles de Mathieu, Marc, Luc et Jean. Lorsque nous arrivons en Terre sainte, nous découvrons l’existence d’un cinquième évangile.

Ce «livre», nous le lisons à travers la géographie et la nature qui ont été le théâtre des événements de la vie de Jésus, voire de l’ensemble des livres bibliques. Savoir lire ce cinquième livre à travers les paysages bibliques ouvre notre esprit et notre cœur à une meilleure compréhension des quatre évangiles. Loin d’être un cliché, celles et ceux qui reviennent d’un pèlerinage en Terre sainte ne lisent plus les évangiles de la même façon. Leur compréhension est teintée de tout ce qu’ils ont vu, et surtout, d’une riche expérience spirituelle.

Visiter des lieux comme Jéricho, la plus vieille ville du monde qui compte plus de 10 000 ans d’histoire, ville dont il est dit que les murs sont tombés au son des trompettes, ville qui a été témoin de la guérison de deux aveugles et de la rencontre entre Zachée et Jésus; le Jourdain dans lequel Jésus a été baptisé par Jean-Baptiste; la mer Morte dans laquelle on flotte littéralement lorsqu’on s’y baigne et qui est à une altitude de moins de 429 mètres sous le niveau de la mer; le mont des Béatitudes, sur lequel Jésus a souvent enseigné aux foules, notamment, comme son nom l’indique, les béatitudes; le lac de Tibériade sur lequel Jésus a marché et où il a calmé les tempêtes; la ville de Capharnaüm, lieu de la demeure de Jésus chez Pierre, mais aussi le théâtre de quelques miracles et le témoin des enseignements de ce dernier, notamment dans la synagogue; Cana, lieu de son premier miracle où il a changé l’eau en vin.

Tous ces lieux, donc, et tous les autres que je n’ai pas nommés ici aident à notre compréhension de la lecture des Évangiles.

Vue sur la ville de Jérusalem, prise à l’occasion d’un pèlerinage en Terre sainte.

témoins d’événements importants

Lorsque nous visitons des endroits comme la basilique de l’Annonciation à Nazareth, endroit où Marie a reçu la visite de l’ange Gabriel lui annonçant qu’elle allait être la mère du Messie; lorsque nous nous retrouvons à la basilique de la Nativité à Bethléem, lieu de la naissance de Jésus; lorsque nous traversons du côté du mont des Oliviers et que nous nous retrouvons là où se sont déroulés des événements, comme celui où Jésus a appris la prière du Notre Père aux disciples, ou il a pleuré sur Jérusalem, ou encore, où il a prié au jardin de Gethsémani, juste avant d’être livré aux gardes par Judas; lorsque nous sommes à Jérusalem, au Mur des Lamentations le jour même du Sabbat, où des milliers de Juifs se réunissent pour la prière et la lecture des textes sacrés; lorsque nous faisons le Chemin de la croix à travers les ruelles animées par les boutiques et les marchands, et que nous parvenons à la basilique du Saint-Sépulcre, grand édifice où nous retrouvons le calvaire, témoin de la crucifixion de Jésus, et le tombeau dans lequel on a déposé le corps de ce dernier après l’avoir descendu de la croix; lorsque nous célébrons l’eucharistie dans ces différents lieux, que nous lisons les textes de l’évangile et que nous prions en ajoutant ces mots « ici, en ce lieu », c’est alors que quelque chose se passe en nous.

Nous sommes là, en ces lieux, là où se sont déroulés des événements importants de la vie de Jésus, mais aussi des événements qui ont donné naissance à notre foi.

Riche de sens, sont les moments où, personnellement, je me suis retrouvé devant le calvaire et devant le tombeau. Combien de temps ai-je été là? Je ne le sais trop. Le temps s’est arrêté. Aucun mot ne montait en mon esprit.

Que le silence. Un silence respectueux de ces lieux qui ont marqué l’histoire de l’humanité et du christianisme. Un silence habité. Un silence, parce qu’en fait, il n’y a rien à dire, tant les lieux eux-mêmes sont audibles. Ce tombeau, contrairement à tous les autres tombeaux, est vivant! S’il a autant de valeur pour celles et ceux qui s’y rendent et le visitent, c’est qu’il est ce qu’il prétend être, c’est-à-dire, le seul témoin de ce qui s’est réellement passé au matin de Pâques, soit la résurrection de Jésus-Christ.

L’Édicule renfermant ce qui reste du tombeau de Jésus.

Quel privilège pour un croyant, que d’être là! Car ce tombeau est porteur d’un message d’espoir. Et lorsque nous y sommes, nous sommes submergés d’une paix, d’une paix profonde, signe inévitable de la présence du Ressuscité.

Jean Gagné, prêtre