Spiritualité
Mgr René Guay a présidé la célébration du dimanche de Pâques en direct sur la page Facebook du Diocèse de Chicoutimi. Plus de 3900 personnes ont regardé la vidéo.
Mgr René Guay a présidé la célébration du dimanche de Pâques en direct sur la page Facebook du Diocèse de Chicoutimi. Plus de 3900 personnes ont regardé la vidéo.

Une Église branchée!

Maintenant que la Semaine sainte est derrière nous, que reste-t-il de la présence de l’Église sur Internet et dans les médias sociaux ? N’y a-t-il que des messes à proposer ?

Il est vrai que dans les dernières semaines, tant dans cette page que dans ce journal, nous vous avons annoncé que pour la période de la Semaine sainte, notre diocèse proposerait des célébrations sur le Web, présidées par Mgr René Guay. Un des objectifs que nous avions était de permettre aux gens de notre région de célébrer « virtuellement » avec un visage connu, soit celui de notre évêque. Pour cette même période, en élargissant mon regard sur ce qui s’est fait dans l’ensemble des diocèses du Québec, je n’ai pas été surpris de voir que les messes ont envahi les médias sociaux. Notons que depuis les débuts du confinement, pour répondre à une demande, un prêtre de notre diocèse célèbre quotidiennement en direct sur le site Web et la page Facebook de l’Unité pastorale où il oeuvre.

L’impression qui peut demeurer ancrée dans nos esprits est que ce qui a été proposé ne l’a été que pour les « pratiquants », pour reprendre une expression très connue. On ne peut nier le contraire. Or, il faut revenir sur le fait que cette période de l’année liturgique est un moment important pour les chrétiens. Nous y célébrons le coeur même de notre foi. Comme le dit si bien saint Paul : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi. » (1 Cor 15, 14)

Des propositions autres que la messe

Que ce soit dans notre diocèse ou ailleurs au Québec, j’ai vu depuis quelques semaines des capsules, enregistrées parfois avec des moyens très basiques, dans lesquelles des gens – évêques, prêtres, agents pastoraux – ont pris la parole afin d’exprimer un mot d’encouragement, ajoutant ainsi leur voix à tant d’autres dans la société. On ne pouvait que s’y attendre et de par le nombre de visionnements que j’ai relevés sur une page ou sur une autre, je ne pouvais que constater que ce message était attendu.

Accès à un vaste continent numérique

Étant présent personnellement sur les médias sociaux depuis plusieurs années, j’ai constaté avec grand intérêt que ces derniers sont devenus un chemin donnant accès à un vaste continent numérique sur lequel l’Église est bien présente. Elle l’est certes à travers les célébrations, mais elle l’est davantage dans des écrits spirituels fort intéressants, dans des enseignements bien enracinés dans la vie quotidienne, selon les événements et selon les cultures. Elle l’est également à travers des magazines électroniques aux propos très éclairants, parfois décapants. Elle l’est par la présence des textes bibliques, par les commentaires exégétiques, homélitiques et catéchétiques. Elle l’est à travers le chant religieux et la prise de parole des youtubeurs religieux. Notons également les propositions de ressourcement spirituel et de retraite spirituelle animés par des communautés religieuses auxquelles s’associent d’autres personnes.

Le Web nous propose aussi des émissions de radio et de télévision religieuses d’ici et d’ailleurs, dans lesquelles sont abordés différents sujets, dont les enjeux sont ceux de la société et ceux de l’Église d’aujourd’hui, sans oublier des segments dont l’objectif est de nourrir la vie spirituelle des gens.

Le Web nous permet d’ouvrir nos connaissances à ce qui se vit ailleurs dans le monde sur le plan ecclésial et nous informe également des défis qui sont rencontrés. Que ce soit sur nos cellulaires ou sur nos tablettes, des applications nous sont proposées, nous permettant d’avoir accès aux textes bibliques ou de prier là où nous sommes, à la maison, dans un parc, au chalet ou en voyage.

Si je sais m’émerveiller devant tout ce qui nous est offert, je ne peux m’empêcher de le faire sans un esprit plus critique, parce que là comme ailleurs, il y a des choses discutables. De plus, je crois que derrière cette panoplie d’offres à caractère spirituel, que nous propose ce vaste continent numérique, se profilent à mon avis des enjeux importants. Assistons-nous à une vaste proposition d’offres spirituelles dans laquelle on peut plonger comme on le fait quand on plonge la main dans un panier de bonbons, nous donnant ainsi accès à une consommation à outrance ? Ou essayons-nous d’y puiser quelque chose qui vient nous nourrir spirituellement et nous pousse vers la rencontre avec Dieu, avec une autre personne, voire avec une communauté de personnes ? Est-ce que ces offres nous orientent vers un engagement concret dans ce vaste chantier qu’est notre humanité ? Qu’en est-il de la question du sens : sens des événements, de mes engagements, de mon choix de vie, de ma vie elle-même ?

Voyager sur le continent numérique est très enrichissant. Mais je souhaite que cette expérience nous branche et nous stimule sans nous débrancher de la réalité, sans nous distancer les uns des autres.

Jean Gagné, prêtre

Responsable diocésain des communications