Un appel au diaconat

Bonjour, y a-t-il quelqu’un ?

Dieu appelle tout le monde à répondre à son appel, mais la réponse nous appartient. Comme la plupart, j’ai cheminé dans la foi en suivant les modèles qui ont parsemé ma route. Il y a eu des moments où Dieu n’avait pas la plus grande place. Mais je me disais : tout d’un coup que cela serait vrai et qu’à la fin de ma vie, je me retrouve à la porte du ciel et que ce qu’on m’avait raconté soit vrai. Alors, il m’arrivait de prier seul, mais d’autres fois, j’avais un désir d’aller à l’église. J’ai traversé, comme tout le monde, des périodes plus difficiles et ma mère me disait : je vais prier pour toi. Je sentais alors que je n’étais plus seul à porter mon fardeau. Il y avait ma mère qui, avec Dieu, était au courant de mon problème et les choses finissaient par s’améliorer. Était-ce à cause des prières de ma mère ou le hasard ? Je suis convaincu maintenant que c’est la prière de ma mère qui m’a aidé à continuer d’avancer.

J’ai élevé ma famille dans cette tradition chrétienne, en conservant une foi pas toujours convaincante, je l’admets, mais omniprésente, même si je n’allais pas souvent à l’église. J’ai toujours eu cette certitude de l’existence de Dieu.

Un appel

Mon appel à servir Dieu est arrivé au début de ma cinquantaine, après avoir vécu une fin de semaine de Cursillo. Mon épouse avait remarqué un changement en moi et un intérêt à être plus actif auprès de gens dans le besoin, des pauvres et des oubliés. C’est le Seigneur qui est venu m’interpeller en passant par mon épouse qui m’a demandé : as-tu déjà pensé que tu pourrais faire un bon diacre ? Ô que non, avais-je répondu, et on n’en parle plus. Mais, pendant un an, tous les jours, cette idée m’est passée par la tête. Chaque fois je me disais : je ne suis pas assez bien pour cela, je n’ai pas les compétences, il y en a d’autres bien meilleurs que moi. Je pensais : je vais aller voir, mais je refermais vite la porte. Comme le Seigneur est patient, au bout d’un an c’est un diacre qui m’a invité à discerner si cet appel venait bien du Seigneur. Dans Jean 15, 16, Jésus s’adresse ainsi à ses disciples : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais c’est moi qui vous ai choisis et établis pour que vous alliiez et portiez du fruit et que votre fruit demeure ». 

Une année de discernement m’a permis de comprendre que le Seigneur ne choisit pas ceux qui sont capables, mais qu’il rend capables ceux qu’il choisit. C’est alors que la grâce a commencé à travailler, en mettant dans mon cœur un désir de le suivre, de le servir et de l’aimer. Il a fallu que j’écoute et que je discerne dans le silence l’appel de Dieu. Un appel au diaconat permanent qui ne doit pas m’éloigner de ma famille qui demeure ma priorité. Un appel pour me faire proche des malades, des pauvres et des démunis, pour réconforter les personnes seules et les prisonniers ; pour célébrer les sacrements du baptême et du mariage ; pour le ministère liturgique et les funérailles ; pour le service de l’Évêque. Un appel à servir à la manière de Jésus. 

Interpellations à servir

Mais il n’y a pas que l’appel au diaconat, il y a celui au mariage, à la prêtrise, à la vie consacrée ! Il y a aussi toutes ces interpellations pour un service bénévole auprès, par exemple, de gens démunis ou malades. Comment en faire le discernement ? Je dirais, par expérience, lorsque tout cela prend de plus en plus de place dans notre cœur et notre esprit. La réponse nous appartient, mais je crois que le Seigneur nous invite à servir chacun et chacune à notre manière et selon nos possibilités, pour que nous nous occupions les uns des autres, en témoignant ainsi de l’amour de Dieu pour le monde.

Denis Tremblay, diacre permanent