Charles Simard n’en sera pas à son premier voyage de longue durée. Il y a 10 ans, il a passé neuf mois sur des bateaux de croisière comme danseur professionnel, lui qui a commencé à danser avec les Farandoles à l’âge de trois ans.
Charles Simard n’en sera pas à son premier voyage de longue durée. Il y a 10 ans, il a passé neuf mois sur des bateaux de croisière comme danseur professionnel, lui qui a commencé à danser avec les Farandoles à l’âge de trois ans.

Six mois autour du monde en solitaire

Charles Simard partira à la recherche d’il ne sait trop quoi, le 3 janvier prochain, quand il s’envolera vers l’Argentine. Ce sera le début d’un périple de six mois à travers le monde qui le mènera dans une douzaine de lieux en Amérique du Sud, en Océanie, en Asie, en Afrique et en Europe.

Pour y parvenir, il a dû quitter son appartement et déménager chez une amie, vendre sa voiture, entreposer ses biens. Le coiffeur originaire de Chicoutimi, qui habite maintenant à Québec, voyagera seul aux quatre coins du monde avec son sac à dos et son appareil-photo. Célibataire, sans enfant et sans hypothèque, il juge que c’était le moment ou jamais de tenter l’aventure.

Charles Simard voyagera seul aux quatre coins du monde avec son sac à dos et son appareil-photo.

Le projet est né il y a un an et demi, au retour d’un voyage en Inde. Il y avait passé un mois.

«C’était tellement percutant que je me demandais quel voyage pourrait accoter ça», a expliqué le voyageur de 33 ans lors d’une rencontre avec Le Progrès.

En Inde, il avait passé les deux premières semaines à visiter le sud du pays et les deux autres à faire du yoga plus au nord. Les membres du studio Lighthouse Yoga School de Brooklyn, avec qui il se trouvait, changeaient de ville tous les trois jours. Ce rythme lui a permis de voir du pays.

«C’était impressionnant. J’ai même fait de la méditation devant le temple du Dalaï-lama.»

Randonnées, plongée et photos

À partir de janvier, Charles visitera donc l’Argentine, le Chili, l’île de Pâques, la Nouvelle-Zélande, le Myanmar, le Japon, la Turquie, la Jordanie, l’Égypte, le Maroc et le Portugal, il fera le tour du Mont Blanc et complétera son périple aux îles Grecques, où il pourra refaire le plein d’énergie avant de revenir dans le brouhaha estival, en plein Festival d’été de Québec, et avant de retrouver un appartement. Il a aussi étiré le temps pour certaines correspondances afin de pouvoir visiter différentes villes.

«Je voulais un voyage qui allait me permettre de faire des activités en solitaire, comme le plein air, les randonnées, la plongée sous-marine. J’évite un peu les grandes villes, je privilégie la nature. J’ai vraiment envie de faire un voyage sans compromis, d’où l’idée de le faire seul. Je pense que les erreurs que je vais faire dans mon voyage, c’est ce qui va rester de l’fun en revenant.»

Charles Simard a déjà fait l’ascension du Kilimandjaro.

Il passera environ trois semaines dans chaque pays, sauf en Nouvelle-Zélande et au Japon où il prévoit passer un mois. En Nouvelle-Zélande, parce que c’est «la plus belle place du monde pour la randonnée», et au Japon, pour le ski de printemps, les randonnées et les cerisiers.

Même si le gros du voyage se fera en solitaire, Charles pourra quand même compter sur la présence de ses proches à quelques reprises pendant son périple. Ses deux meilleures amies viendront le rejoindre au Portugal, où ils profiteront des vignobles et des plages, et sa collègue, amie et coloc se rendra en Turquie et en Jordanie. Ses parents pourraient quant à eux aller visiter le Japon avec lui.

Voici une pose de danse que Charles Simard fait partout dans le monde. Cette fois, on le voit devant le Taj Mahal, en Inde.

Dans certains pays, où c’est plus compliqué de voyager seul, Charles Simard devra sortir de sa zone de confort, lui qui est homosexuel, citant notamment la Turquie et l’Égypte.

«Ça avance, c’est plus évolué qu’on pense, mais c’est une chose à laquelle on doit penser.»

C’est après un voyage en Inde que Charles Simard a eu l’idée de faire le tour du monde.

Neuf mois sur des bateaux

Charles n’en sera pas à son premier voyage de longue durée. Il y a 10 ans, celui qui a commencé à danser avec Les Farandoles à l’âge de trois ans a passé neuf mois sur des bateaux de croisière comme danseur professionnel. Mais cette fois, il avait le goût de voir le monde d’un oeil différent, plus humain.

«Passer neuf mois sur des bateaux m’a permis d’en apprendre plus sur moi-même, j’ai fait des changements dans ma vie professionnelle, je suis moins carriériste et plus tourné vers mes amis, ma famille.

Lors d’un safari en Tanzanie, Charles Simard a pu faire l’une de ses passions, la photographie.

«Ce ne sera pas une rencontre avec moi-même, mais je veux rencontrer les peuples. Je veux connecter avec la planète, voir comment les gens se débrouillent», a-t-il ajouté, ce qui explique en partie pourquoi il logera principalement dans les auberges de jeunesse.


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UNE LONGUE PRÉPARATION

Pour pouvoir visiter le plus d’endroits possible sans trop de tracas, Charles Simard s’est procuré un billet d’avion tour du monde avec Air Canada. Il peut donc choisir jusqu’à 20 vols et le principe est de ne jamais revenir sur ses pas.

Après s’être fait une «liste de souhaits», le voyageur y est donc allé par élimination. Par manque de temps, il a notamment dû faire une croix sur l’Australie et l’Asie du Sud-Est. 

Ses billets d’avion sont donc achetés, il connaît les dates où il changera de pays, mais les itinéraires plus précis vont se définir pendant le voyage. Il sélectionnera donc ses activités quelques semaines avant de les vivre.

Pour bien choisir, il a lu énormément de blogues, y consacrant de six à huit heures par semaine au cours des six derniers mois. «C’est devenu un hobby», indique-t-il. 

Il avoue que le sommeil est plus difficile à trouver maintenant que la date du départ approche. Il en est maintenant rendu à la double et à la triple vérification pour le passeport, les visas, la paperasse. «Pour le moment, c’est plus de l’excitation que du stress», mais il concède que le fameux sac à dos lui donne quand même des maux de tête, lui qui passera du temps en hiver, en été, dans les montages, en randonnée et en ski.

Est-ce qu’il a rencontré des embûches pendant sa préparation? Pas nécessairement, mais il a dû travailler fort pour régler certaines situations.

«Je ne veux pas dire que la société ne veut pas qu’on parte, mais c’est d’ouvrir toutes les petites portes barrées qui nous permettent de partir six mois sans que ce soit compliqué. Tu es en appartement, tu as un travail, des engagements, une auto, des procurations pour les impôts, c’est toute la petite logistique qui fait que c’est difficile de lâcher prise. Du jour un à aujourd’hui, je me suis heurté à plein de petites portes et je me suis dit: ‘‘est-ce que je continue?’’».