Myriam Bouchard
Le Quotidien
Myriam Bouchard

Trop, c’est comme pas assez

COURRIER DU LECTEUR / Bonjour ! J’ai un nouveau conjoint depuis quelques mois. Nous faisons l’amour plusieurs fois par semaine, souvent matin et soir. Il m’attire ! En fait, il m’excite tellement que je lubrifie énormément ! Au point que ça devient « malaisant » parfois tellement je suis mouillée. À l’occasion, je ne sens rien tellement ça glisse. Je me doute que plusieurs femmes peuvent s’inquiéter d’un manque de lubrification. Ça m’est d’ailleurs déjà arrivé dans le passé. Mais le contraire est aussi un défi. Est-ce qu’il existe des positions mieux que d’autres dans ce temps-là ? Faut-il s’arrêter pour s’essuyer ? Est-ce que la taille de son gros pénis y est pour quelque chose ? Il est circoncis. Est-ce que ça veut dire qu’il me pénètre autrement que mon ex, faisant en sorte que je suis plus stimulée et plus lubrifiée ? Avez-vous des conseils pour en tirer profit ? Merci !.

Comme quoi « trop » semblerait aussi problématique que « pas assez ». C’est à se demander où diable se situe le juste milieu de la lubrification ! Excellente question... que seul le corps humain saura justifier.

Effectivement, en fonction de cette première phase de la réponse sexuelle qu’est l’excitation, il est possible que le corps humain réagisse au-delà des souhaits de la gent féminine.

De prime abord, à toutes ces femmes qui lubrifient beaucoup, voire trop, je crie au « beau problème ». Celui de ne pas avoir à vivre un mal lié au désir et au plaisir, et de ne pas souffrir de divers soucis d’ordre gynécologique ou de fluctuations inadéquates des hormones.

Vous êtes « mouillées », pour reprendre vos propos ? Alléluia !

Ceci dit, bien que synonyme de normalité physique et sexuelle, loin de moi l’incompréhension quant au malaise que peut engendrer une telle situation. Je suis de tout coeur avec vous.

Lubrification vaginale

À l’image du pénis se durcissant par afflux sanguin lors de l’attisement, le vagin se prépare aussi aux visiteurs en s’humidifiant, histoire de faciliter la pénétration.

Ce phénomène s’explique d’abord par la transsudation. Dr Sylvain Mimoun, gynécologue-andrologue-psychosomaticien, et plusieurs autres la décrivent comme la transpiration des parois du vagin via ses pores. Un signe de bonne santé, encore là, mais cette fois vasculaire !

Entrent également en ligne de compte les fameuses glandes de Bartholin. Présentes à l’entrée du vagin, elles sécrètent ce liquide nommé « cyprine », trempant – ou détrempant, dans votre cas – ce dernier, mais aussi les petites lèvres de la vulve.

Nombreux questionnements

Puisque vous en avez émis quelques-uns, voyons-les un à un.

En premier lieu, sachez que la position sexuelle n’interfère en rien sur la lubrification, mis à part le fait qu’une ou l’autre puisse vous exciter davantage.

Il en va de même pour la taille du pénis. La musculature du vagin étant capable de beaucoup d’étirement, votre sexe se soucie peu d’une longueur impressionnante ou d’un diamètre ahurissant. Pour lui, c’est plutôt du pareil au même, toutes ces histoires de grosseur.

Bonne idée que cette petite serviette ! Bien que n’arrêtant pas les sécrétions d’abonder, celle-ci peut certes en absorber une peu, ici et là.

Le prépuce, quant à lui, vise seulement et uniquement à protéger le gland du pénis pendant les instants de grand repos. Ce dernier se décalotte lors de l’érection ferme que nécessite la pénétration. La circoncision n’est donc pas une avenue explicative.

Puisque vous êtes comme vous êtes, dans ce contexte de nouveauté conjugale, acceptez et profitez du fait d’être lubrifiée !