Résolution: consulter un sexologue

CHRONIQUE / Pas encore ? Je vais vous en faire moi des résolutions ! Arrêter de fumer, arrêter de manger, arrêter de boire, arrêter de magasiner, la mise en forme, l’argent de côté, le bénévolat, des raisons de s’améliorer en 2018, en voulez-vous ? En voilà ! Et consulter, y aviez-vous pensé ?

Pas le docteur, le dentiste ou l’oculiste, comme le disait ma grand-mère, encore moins le comptable, l’exterminateur ou le ramancheur, je parle du ou de la sexologue, bien entendu ! 

Pas pour moi ! 

Nombreux sont ceux à se demander qui peut bien solliciter ce professionnel. Les déductions rapido presto surgissent alors. Toujours ces hommes pour qui « ça ne lève pas ». Évidemment, ces femmes « archi écœurées de l’acte sexuel ». Sans doute, les accros du sexe essoufflés d’en avoir trop fait. Parfois, ces supposés « tordus » volant les talons hauts d’autrui pour s’exciter. Et pourquoi pas ces homos qui ne le savent pas ! Caricatural tout ça…

J’ai des petites nouvelles pour vous, moi. Ces gens vivant les problématiques énumérées ci-dessus, ce n’est que rarement que je les reçois. Effectivement, vous serez surpris d’apprendre que la majorité de ma clientèle sexologique vous ressemble possiblement beaucoup plus que ce vous croyez.

Estime décroissante, baisse de confiance en soi ou envers autrui, besoin de plaire, anxiété de toutes sortes, trouble de l’attachement, dépendance affective, douleurs gynécologiques, quête de performance, difficultés relationnelles, communication inadéquate, problèmes conjugaux, voilà ce sur quoi j’interviens jour après jour. Tous des maux qui ont nécessairement une influence sur la sexualité, votre sexualité. 

Comment ça se passe dans mon bureau ? 

Mon premier mandat consiste d’abord et avant tout à vous rencontrer histoire d’évaluer vos besoins, vos comportements, et bien sûr, de comprendre vos requêtes. Au-delà d’un contexte du genre « je ne fais plus l’amour, ce n’est pas normal », je cherche plutôt à voir en quoi est-ce anormal, dérangeant, préoccupant de ne pas avoir une vie sexuelle active selon votre perception. C’était un exemple. 

À partir de là, des objectifs se fixent. Que puis-je faire pour vous monsieur, madame ou les deux ? Que voulez-vous ? Le but vise à se centrer sur un résultat atteignable visant l’amélioration de la santé sexuelle, mais aussi de la connaissance de soi. À partir de là, au travail ! Les interventions se mettent en œuvre.

On jase de quoi ? 

Puisque c’est vous le boss, on jase de ce que voulez ! Plus vous me donnez du contenu, plus il m’est facile de vous orienter, de faire des liens avec votre présent, mais aussi les bribes de votre passé, d’analyser votre environnement, de cerner vos besoins d’être rassurés en termes de normalité, de nommer vos émotions et sentiments, de mettre à votre disposition des exercices adaptés et, je me le gardais pour la fin, de vous donner des devoirs comme à l’école ! 

Ça fonctionne ? 

Vous saurez me le dire ! En fait, tout est une question de motivation, mais aussi de cœur à l’ouvrage. Certains voudraient crier victoire en peu de temps, mais aussi en peu d’efforts ce qui n’est pas compatible avec le travail sur soi. Loin d’être présidente du département des miracles, la clé du succès vous appartient ! 

Et si c’était votre résolution pour 2018 ? Et si vous vous faisiez ce cadeau ? Puisqu’une sexualité épanouie, ce n’est pas juste pour les fous, tentez la chance de grandir en ce sens. Bonne année.