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Myriam Bouchard
Le Quotidien
Myriam Bouchard

Quand l’infertilité étouffe la sexualité

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CHRONIQUE / Prise 1, prise 8, prise 20, prise 100...

Pour faire un bébé, pour le couple hétérosexuel, la relation sexuelle s’avère, évidemment, la première des options. Mais qu’advient-il quand elle ne suffit pas ? Quand les bébés ne se font pas ? « Faire l’amour » peut alors ne devenir qu’un besoin reproductif. Plus rien ne rime avec magie, spontanéité, plaisir et intimité. Les difficultés de conception ont un impact sur la sexualité du couple.

« Avoir de la misère à tomber enceinte » : voilà une façon de définir l’infertilité dans le langage populaire. En fait, c’est plus que ça. L’Association des obstétriciens gynécologues du Québec définit l’infertilité comme « une incapacité de concevoir après 12 mois de relations sexuelles non protégées ».

Minimalement une année complète, douze pages du calendrier, à tenter sa chance, à espérer voir la vie s’installer, à rêver de cette possibilité, à se projeter dans le futur, à s’imaginer, enfin, dans ce rôle de maman et papa. Il y a de quoi prendre une douche froide, encore et encore, à la vue de ces gouttes de sang menstruel rapportant chaque mois le fameux verdict : meilleure chance la prochaine fois...

Impacts sur le couple

À qui la faute ? Parfois à monsieur, parfois à madame, parfois aux deux, parfois à personne. Peu importe ! La résultante reste la même, et les impacts de cette incapacité à procréer se manifestent variablement d’une personne à l’autre, mais aussi d’un couple à l’autre.

Sur le plan relationnel, une montagne russe d’émotions est envisageable, et ce, chacun sur son wagon. Découragement, espoir, tristesse, culpabilité, impression de deuil, colère, impuissance : tantôt l’un se voit affligé ; tantôt l’autre se montre le pilier.

Il n’est donc pas étonnant que l’infertilité en vienne à prendre une grande place. Avec cette constante ombre au tableau, le lâcher-prise, l’insouciance et le détachement nécessaires au plaisir conjugal sous toutes ses formes disparaissent. La chicane et les tensions peuvent ainsi se pointer.

Réponse sexuelle

« Il faut que ça marche ! » « J’ovule, GO ! » « Pas aujourd’hui, il faut le faire mercredi soir ou jeudi matin... » « On s’en fout de mon orgasme ! »

À force d’être exposé à ce stress continu, de sentir l’anxiété du sexe sur demande s’incruster, le corps peut abdiquer, perturbant votre réponse sexuelle. En effet, la pression de performance s’immisce tôt ou tard pour plusieurs. Après tout, qui rêve de tenir un agenda pour ses relations sexuelles ?

Ainsi, plusieurs rapportent une baisse d’intérêt pour l’excitation sexuelle. Dans ce contexte, l’acte sexuel prend des airs d’obligations redondantes... et vaines.

Une association malsaine en découle, pouvant aller jusqu’à diminuer les rapports sexuels, histoire d’éviter les conflits ou d’éventuelles déceptions.

Lubrification insuffisante, douleurs gynécologiques, vaginisme, retard ou défaillance de l’orgasme, difficulté érectile, éjaculation retardée ou absente : en voilà des « dommages collatéraux » ô combien tabous vécus par ces personnes qui, initialement, n’ont que la volonté louable d’agrandir la famille.

Puisque le projet bébé ne laisse présager initialement que du bonheur, l’infertilité et ses conséquences ne sont pas en reste du point de vue sexologique. Le couple risque d’être fragilisé. Il doit reconnaître la difficulté et en faire un défi à surmonter à deux, la piste initiale pour garder le cap. De l’aide est disponible, au besoin.