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Myriam Bouchard
Le Quotidien
Myriam Bouchard

Mes parents font l’amour

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CHRONIQUE / « Eurk, ouache, dégueu, taisez-vous, je ne veux pas le savoir ! », tous des mots voulant nier cette fameuse possibilité que des parents, en l’occurrence possiblement les vôtres et les siens, aient une vie sexuelle active !

Mains sur les oreilles, expression de dédain, feinte de nausées, fugue instantanée, tous des gestes laissant supposer que l’enfant d’aujourd’hui, âgé de quelques ou plusieurs années, ne puisse tolérer le rôle de maîtresse ou d’amant qu’empruntent papa et maman.

Tel un courant, majoritaire est cette progéniture balayant du revers de la main la sexualité de leurs ascendants comme s’il s’agissait d’une invraisemblance, d’une absurdité, voire d’une répugnance sans borne.

Pourquoi ? Que faut-il y comprendre ? À quoi rime cette quasi-interdiction ? Puisque vos parents font officiellement l’amour, du moins je leur souhaite, démystifions le sujet !

Réactions

C’est en 2015 que j’ai publié, via mon blogue Myriam la sexologue, cette mini-enquête maison à la méthodologie et aux données aucunement scientifiques, mais ô combien amusantes. Celle-ci recueillait effectivement les diverses réactions ressenties chez des enfants de 12 à 45 ans au fait que leurs parents étaient aussi amants.

Le malaise fut certainement décrit par cette sensation pénible et irraisonnée d’impossibilité.

« Tous mes interlocuteurs se sont montrés assez brefs, merci, dans leur réponse, un peu comme s’ils étaient prêts à passer au sujet suivant. La plupart ont minimisé la fréquence des relations sexuelles pratiquées par leurs parents en élaborant des problèmes de santé (souvent non fondés) ou encore un âge tardif. Finalement, en aucun temps, l’un d’eux n’a démontré une satisfaction, ne serait-ce que minime, face au fait que ses parents puissent faire l’amour », avais-je noté.

Normalisation

Dans un contexte sexuel comme pour bien d’autres, il est souvent difficile pour l’enfant, jeune et moins jeune, de dissocier sa mère et son père dans un rôle social autre que celui relatif aux fonctions parentales.

Cela dit, au-delà de ce cadre, ces êtres sont plus que ça. Exit sexualité uniquement reproductive ! Comme chacun d’entre vous, ils sont aussi des femmes et des hommes gravitant au-delà de leur progéniture. Ils sont des individus à part entière ayant droit à une vie conjugale et sexuelle.

Alléluia

La sexualité faisant partie intégrante de la définition de la santé globale émise par l’Organisation mondiale de la santé, si vos parents sont actifs sexuellement, tant mieux !

La voici cette belle preuve confirmant qu’ils sont bien dans leur peau, bien dans leur tête, bien dans leur coeur et que leur relation conjugale se porte possiblement à merveille. Assurément une plus-value pour leurs petits !

Respect

Nullement obligatoire d’envisager cette totale ouverture face à la sexualité personnelle de vos parents. Puisqu’elle demeure un pan de leur vie ne devant pas être approfondie avec les enfants, même adulte, un jardin secret se doit d’être maintenu.

Cependant, de reconnaître sa présence, sans refus, humiliation, animosité ou préjudice, voila un grand pas vers sa légitimité et vers le respect des parents. Faire l’amour, c’est un droit pour tous et toutes !

Et si c’était vous ?

Je terminerai avec cette réflexion m’étant venue aussi en 2015. « C’est souvent qu’on m’interpelle à savoir comment entretenir une vie sexuelle active et satisfaisante lorsque l’on devient parent. À l’inverse, on accepte difficilement la sexualité de nos parents. Pourtant, ce qui est bon pour minou est bon pour pitou ! Non ? »