Les gens heureux n’ont pas d’histoire...

CHRONIQUE / C’est ce que disait du moins le roman ! Vrai ou faux que cette affirmation dans un contexte amoureux, relationnel, voire sexuel ? Certes difficile à croire si l’on se fie à l’entourage, aux cancans, aux médias carburant à grandes pompes qu’aux annales négatives, aux récits rocambolesques, aux évènements chaotiques ou encore aux fastes chicaniers.

Exit, orgueil mal placé. Qui, d’entre vous, n’éprouve pas ce malin plaisir à visionner ces téléréalités, programmées ou pas, où bisbille se verra assurée ? Qui ne se délecte pas de ses revues à potins cherchant à savoir si notre chanteuse internationale préférée couche enfin avec son danseur ? Qui ne savoure pas une petite coupe entre camarades histoire de se mettre à jour sur tel ou telle ?

Chamaillerie, infidélité, ambiguïté, séparation, altercation et conflit ont tous la cote sur ces représentations dont la plupart se délectent.

Pourtant ! Ce sont possiblement ces mêmes qui, devant ce couple centenaire amouraché, témoigneront de l’émotion ou encore de l’envie d’imitation ! Qu’est-ce qu’il faut comprendre ?

Malheur, où es-tu ?

Celui que l’on souhaite partout sauf dans sa propre cour présente certainement, en plus d’une facette divertissante, une pointe rassurante sur sa propre réalité.

« Finalement, pas si pire que ça ma vie… »

Voici ce que penseront plusieurs à force d’épier tout un chacun. Quand on se compare, on se console, semble-t-il ! Une vie de misère chez autrui permet à l’anxieux, l’éternel insatisfait, l’ambiguë, le passif, l’incertain, celui vivant de déni, et pourquoi pas monsieur et madame Tout-le-Monde, d’opérer divers mécanismes de défense glorifiant sa propre réalité ! De « l’humainerie » à l’état pure quoi !

Ceci dit, puisque l’herbe peut aussi devenir plus verte chez le voisin, les constats peuvent apparaître inévitables. Comme quoi tout peut nous revenir en pleine face !

Vrai ou Faux

Les héros, les vedettes, les gens du monde.

Ceux dont la vie et la légende se confondent.

On les admire on les envie.

Mais eux aussi nous envient.

Car toi et moi ça saute aux yeux.

On est des gens heureux.

Ce n’est pas moi qui l’ai dit, mais plutôt Chantale Pary qui me l’a chanté de toute sa fougue. Est-ce effectivement envisageable pour le commun des mortels de fabuler un tant soit peu sur son vécu ou encore sur celui d’autrui ? De confondre effectivement la vie et la légende ? D’aller au-delà de la vérité ?

De ce fait, s’il était possible de résoudre le vrai du faux, il y aurait certainement matière à constater que les gens heureux possèdent eux aussi leur propre histoire !

Nouveau modèle

Liseuse que je suis, c’est depuis toujours que je conclue mes journées sur cette dernière phrase voulant que mes personnages préférés, principalement féminins, finissent heureux et eurent beaucoup d’enfants malgré leurs épopées. Telle une fatalité, ou encore une liberté, c’est selon, l’option d’exposer une seule alternative au bonheur limite l’étalage d’autres modèles. De la misère pour ensuite des jours heureux. Baliverne.

Pas étonnant que cet individu qui ne finit pas casé avec huit bébés devienne homologué « pas heureux ». L’est-il assurément ? Aucunement, puisque la béatitude ET le malheur sont relatifs à chacun.

Les gens heureux ont une histoire, tout comme les malheureux. La vie n’étant pas un continuum long et rectiligne, parions même que les rôles s’inversent forcément, un jour ou l’autre. Puisque le bonheur est beau, changer les mœurs pour le mettre au premier plan, voilà l’option. Ce dernier n’est qu’un moment, pas un état constant.