Le symptôme d’un mal bien plus grand

CHRONIQUE / Il se masturbe. Un peu, souvent, tout le temps, à tout moment, il se masturbe. Même s’il est au travail, il se masturbe. Lors d’événements sociaux, il se masturbe également. Avec ses amis, il se masturbe assurément. En rencontre familiale, il se masturbe amplement. S’il vient tout juste de faire l’amour, il se masturbe tout simplement. Comme si sa vie en dépend, il se masturbe insatiablement ! Aucune raison, aucun événement, aucun lieu ne l’empêchent de s’isoler et d’alléger sa destinée ; il est dépendant de la masturbation.

Qu’a-t-il de si différent ?

« Tous les hommes se branlent ! » penseront certains. Probablement, et les femmes aussi, du moins je leur souhaite. Mais non ! Rares sont les hommes qui s’y adonnent de cette façon. Ce cas est différent puisque la visée se voit tout autre. Au diable branlette ici et là par envie grivoise, diminution des tensions sexuelles, plaisir solitaire, relaxation, suppression du stress, alouette.

Au-delà d’une fréquence précise, notre homme s’effeuille le baobab plus que régulièrement dans un seul et unique but : remédier à un malaise insoutenable, un inconfort majeur, une anxiété vive et réelle. Tel un traitement thérapeutique, ce passage à l’acte masturbatoire se voit seulement et uniquement la meilleure façon de se sentir mieux, ne serait-ce que pour un temps. 

Obsession et compulsion s’en suivent alors. Résister à la tentation dépendante n’aura que pour effet d’augmenter cette angoisse invivable. Dilemme pénible que subit alors cet homme à la main, et possiblement au pénis cornu. Se masturber pour pallier à sa détresse ou encore subir cette dernière pour se masturber. Un cercle vicieux n’en finissant plus…

Plus fort que tout

Un peu comme l’alcoolique tente de s’autoréguler, de diminuer sa consommation, de limiter ses besoins, le masturbateur en fait tout autant, en vain. Le contrôle s’en voit impossible. Au point qu’à un certain moment, ses activités de vie quotidienne s’en voient plus que perturbées. 

S’éclipser en plein milieu d’un repas entre amis au restaurant, pour un aller-retour dans le char, plutôt dérangeant ! Connaître toutes les salles de bain du centre commercial, un peu tannant. Placer dans l’horaire professionnel du jour quelques petits trous pour s’échapper, embêtant. Feindre une diarrhée chronique à sa chérie pour expliquer les multiples séances au trône, discutable. Mais le pire, choisir de s’isoler, de rester seul, d’éviter les autres pour se voir disponible à l’impulsivité qu’occasionne la masturbation compulsive, ça, c’est grave. 

Cause

Ce type de comportement a certainement ce point commun qu’ont toutes les dépendances sexuelles impliquant la consommation à outrance de la sexualité, quelle qu’en soit la forme. Celui d’être le symptôme d’un mal bien plus grand.

Tant en consultation, au journal, à la radio, en entrevue, en conférence ou ailleurs, je ne le dirai jamais assez. Un mal non reconnu s’organisera toujours par l’être, d’une manière ou d’une autre. 

Que la masturbation compulsive soit expliquée par un manque d’amour, de reconnaissance, d’estime, de confiance, par un trouble affectif ou psychologique, par une impulsivité problématique, une mauvaise gestion du stress, par des antécédents d’abus sexuels ou autre, elle mérite d’être prise par les cornes !

Je ne veux plus me masturber !

De l’aide, il en faudra plus que probablement. Bien que certains sachent se tirer d’affaire par eux-mêmes, il n’est pas rare par contre de voir à court, moyen ou long terme, un déplacement de la dépendance. L’excessivité en guise d’explication a souvent le dos trop large à mon goût. De consulter pour régler une fois pour toutes le pourquoi du comment, voici le meilleur conseil que je peux vous donner.