Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Myriam Bouchard
Le Quotidien
Myriam Bouchard
123RF
123RF

Le réel portrait des agressions sexuelles

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / Qui dit agression à caractère sexuel pensera possiblement aux pires scénarios que l’on voit à la télévision et qui présentent encore et toujours l’exception. Agresseur inconnu, laid et bizarre, sévissant brutalement de nuit auprès de ces pauvres femmes naïves et insouciantes. Si seulement…

Toutes ces fausses croyances sont basées sur des préjugés ô combien perpétrés à l’égard des violences sexuelles en général ! Exit les mythes ! Laissez-moi vous présenter un réel portrait des agressions à caractère sexuel.

Les agresseurs

Qui sont les agresseurs ? Pour les identifier, encore faut-il être apte à brosser un portrait juste de ces derniers. Bien que souvent décrit comme un étranger, l’agresseur sexuel représente davantage cette personne familière ayant un lien avec la victime.

Le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) confirme que dans 80 % des cas, les agresseurs sont proches de la victime. Donc, ils utilisent souvent des stratégies comme la manipulation, le chantage et la menace pour arriver à leurs fins.

L’organisme à but non lucratif définit l’agresseur simplement comme cet homme « bien ordinaire », « normal », un « monsieur Tout-le-Monde » ; un ami, un professionnel, une personne en autorité, un voisin, un membre de la famille, un conjoint ou une connaissance. À ceci j’ajoute qu’il peut aussi s’agir d’un adolescent.

Et ces femmes qui agressent ? Bien que peu nombreuses, il y a effectivement certaines femmes qui peuvent elles aussi commettre des agressions à caractère sexuel et/ou faire preuve de complicité. Une réalité qui constitue encore aujourd’hui un grand tabou sociétal.

Les victimes

Qui sont les victimes ? Majoritairement des femmes, selon les données de la Sécurité publique et, le plus souvent, des femmes de moins de 18 ans. Mais des hommes agressés sexuellement et des petits garçons, il y en a. C’est une réalité qui constitue encore aujourd’hui un grand tabou.

Trop souvent, on me décrit la victime comme étant vulnérable, incapable de s’affirmer, facilement manipulable, provocatrice par son habillement, son attitude, sa légèreté ou flirtant entre le oui et le non.

Tout faux ! L’agression à caractère sexuel ne fait pas de discrimination. Tous et toutes peuvent être victimes un jour ou l’autre de ses toiles, y compris nos enfants. La seule personne responsable du crime commis, quel qu’il soit, reste et restera toujours l’agresseur. Qu’on se le répète.

Dénonciation

Pas facile de prendre parole et de dénoncer dans un contexte que l’on sait, pour la plupart du temps, issu d’une même cellule familiale ou de connaissances.

Le RQCALACS l’explique entre autres par la honte, la culpabilité et les peurs associées à la violence sexuelle pouvant maintenir les victimes pendant très longtemps dans le silence.

Le risque de l’éclatement de la famille ou encore du lien de proximité muselle souvent les victimes et les témoins qui se voient tiraillés entre des sentiments paradoxaux. Faire reconnaître les abus sexuels vécus tout en protégeant un agresseur.

Le voilà, le défi de plusieurs les poussant à considérer et reconsidérer cette volonté de dénoncer ou plutôt de se taire.

Les agressions à caractère sexuel ne sont jamais que des jeux, des blagues, des gestes mérités ou encore des évènements à taire et à oublier. Elles se doivent d’être nécessairement prises au sérieux et dénoncées.

Éliminer les mythes et les préjugés à leur égard peut certes amener les victimes, mais aussi les agresseurs, à recevoir l’aide nécessaire.