Myriam Bouchard

Le double standard homme-femme

CHRONIQUE / Le phénomène entourant le double standard, ça vous concerne ?

Vous savez, celui voulant que pour un même comportement donné, l’individu le commettant soit jugé différemment en fonction du fait qu’il soit un homme ou une femme, quoi !

Triste nouvelle ! Bien qu’ayant dernièrement franchi le cap d’une nouvelle année, c’est en entendant parler de cette supposée « salope » qui, à l’instar de son ex-chéri, a visiblement cumulé plus de cinq partenaires sexuels depuis son divorce en 2015 que l’idée m’est venue de décortiquer l’affaire.

Puisque ce qui est bon pour Minou devrait officiellement l’être pour Pitou, jasons effectivement de cette notion inégalitaire qu’est le double standard sexuel.

Fille et garçon

Bien que relativement similaires sur un grand nombre de points, c’est principalement dans l’agir sexuel qu’il se voit possible de rencontrer un maximum de doubles standards entre le sexe masculin et féminin.

Dès leur jeune âge, nos enfants se voient martelés de diktats précisant, consciemment ou non, comment ils doivent se comporter, s’exprimer, réagir émotionnellement, se vêtir, voire même jouer en fonction de leur genre. Adieu liberté, bonjour conformité aux rôles de genre auxquels nous adhérons probablement tous et toutes à degrés divers !

De ce fait, pas étonnant qu’en vieillissant, le processus se poursuive via les comportements sexuels, histoire de se modeler, encore une fois, à ce que la société demande et exige.

Un exemple de double standard dans un contexte sexuel, en voici un !

Retournons aux bancs d’école de mon époque, de la vôtre, mais aussi de la leur.

Un ado garçon cumulant copine après copine se considérerait cool, nice, hot et ne se gênera certainement pas de vanter sa réalité ô combien enviée par ses pairs. Gageons qu’en prime, sa popularité auprès de la gent féminine s’en verra quadruplée. Un mâle alpha, alléluia !

Inversement, l’ado fille vivant la même situation cachera inévitablement sa situation, histoire de ne pas traîner ad vitam aeternam cette étiquette de fille facile, putain, garce, alouette. Gageons qu’en prime, certains membres du boys club ne l’interpelleront que dans l’espoir de perdre leur virginité. Ses amies, même les plus proches, la jugeront peut-être. À quand le cégep, qu’on l’oublie ?

Conséquences

De tous les écrits lus, le terme discrimination semble être la principale répercussion négative qu’engendrent les doubles standards. Celle-ci se définit par le Larousse comme étant le fait de distinguer et de traiter différemment (le plus souvent plus mal) quelqu’un ou un groupe par rapport au reste de la collectivité ou par rapport à une autre personne.

Par conséquent, du sexisme en découle, et ce, encore aujourd’hui, davantage à l’égard des femmes que des hommes sexuellement parlant. Ce qui est fort malheureux pour la moitié de la planète.

Alimentant l’inégalité entre ce qui est acceptable dans une visée masculine et féminine, versus ce qui ne l’est pas, les doubles standards dictent les comportements de plusieurs brimant, par le fait même, ce droit fondamental qu’est la liberté.

Difficile, pour cette personne en questionnement tel l’adolescent, mais aussi l’adulte en mal de confiance, d’agir en toute quiétude au-delà des conventions. Certains feront de leur sexualité un produit de conformité exempté de leurs besoins réels, pouvant ainsi même compromettre les notions relatives au fameux consentement. Dommage !

Vive le Québec libre !

Et partout ailleurs dans ce bas monde ? Et s’il était possible qu’en semant de toutes petites graines, les doubles standards perdent en importance ?

Qu’individuellement, chacun d’entre nous porte attention, ne serait-ce qu’à la transmission de doubles standards. Gageons qu’avec ces simples changements, cette supposée « salope » sera perçue de la même façon que son ex-chéri. Allons savoir ?