Le besoin de liberté

CHRONIQUE / « À force de rester célibataire, on tombe amoureux de sa liberté ! »

Voilà ce que scandait cette page française affichant, jour après jour, ces affirmations plus ou moins réflectives sur mes réseaux sociaux. Vrai ou faux ? Y voyant l’opportunité d’éclaircir le phénomène dudit célibat, je vous ai demandé, chers abonnés, s’il y avait lieu effectivement de croire davantage en l’amour de la liberté qu’en celui de la complémentarité.

À ma plus ou moins grande surprise, la plupart des répondants ont réagi par l’affirmative. Témoignages confirmant que pour eux, cette dernière semble être un principe difficilement négociable, et ce, même au prix d’une vie à deux.

Définition

Liberté, qui es-tu ? Mon Larousse se voit généreux en termes de précisions.

État de quelqu’un qui n’est pas soumis à un maître ;

Situation de quelqu’un qui se détermine en dehors de toute pression extérieure ou de tout préjugé ;

Possibilité d’agir selon ses propres choix, sans avoir à en référer à une autorité quelconque ;

Temps libre, dont on peut disposer à son gré ;

État de quelqu’un ou d’un animal qui n’est pas retenu prisonnier ;

Situation psychologique de quelqu’un qui ne se sent pas contraint, gêné dans sa relation avec quelqu’un d’autre.

De ce fait, est-ce possible, inestimables célibataires, que vous n’ayez pas compris la réelle définition de cette boutade ? Parce qu’avec de pareilles caractéristiques, je confirme qu’il est envisageable, voire obligatoire, d’être en couple et libre comme l’air ! Ce que je souhaite à tous. Autrement, la composante de la violence autre qu’avec coups et blessures m’apparaîtrait évidente. À vous d’exiger !

À moi la liberté !

« Faux ! Pas supposé être moins libre en couple ».

« Faux. Couple n’est pas l’opposé de liberté ».

Ne pas rendre de compte, avoir à se rapporter, se limiter, partager, pouvoir explorer, butiner, s’épivarder, en voici des raisons de crier à l’affranchissement. Sans port ni attache, il y a réellement lieu d’être soi, sous son vrai jour, sans flaflas ni artifices. Concevable au sein du couple ? Le couple s’imageant par deux solitudes distinctes, ne m’apparaît libre dans ce contexte que celui qui sait s’affirmer et rester tel qu’il est réellement. À vous de décider.

Paradoxe maudit

« Vrai ! Jusqu’à un certain jour… »

« Vrai ! Mieux vaut être seul que mal accompagné. Malgré tout, on souhaite trouver (...) »

« Vrai ! Jusqu’au jour où l’on rencontre la BONNE personne, la liberté est là même en couple ».

Disons-le, le goût de cette désinvolture peut aussi laisser un goût amer en bouche. Combien de personnes ont souhaité jouir de celle-ci pour ensuite crier à la solitude ? Efficace pour un temps d’être empreint de ce sentiment nouveau. Mais à la longue, ce besoin louable d’être réuni ne tarde jamais réellement si longtemps. Pas si loin de la bête, l’humain est un être social, ne l’oublions jamais. Étant donné qu’il y a une marge entre le carcan et l’indifférence, l’établissement des limites de la liberté reste un défi pour tous les couples. L’engagement envers un tiers témoigne d’abord et avant tout de cette capacité à s’affirmer, négocier, se positionner et exister ! Être libre est aussi un droit, à vous de vous le donner, même en couple.