L’art du célibat

CHRONIQUE / «Célibataire, tant qu’à l’être, j’en profite pis pas à peu près ! »

Vous l’aurez compris, cette personne jouit bel et bien de son nouveau statut matrimonial. Victime, ou pas, d’une séparation qu’elle avait plus ou moins vue venir, celle-ci s’adonne maintenant à une nouvelle réalité. Liée par l’amour ou en couple depuis l’âge du jeune adulte, la voici maintenant, plus de deux décennies plus tard, libre comme l’air, et ce, encore plus concrètement une semaine sur deux. Faute de mieux ou par forfait, comme elle minimise, rationalise ou justifie possiblement sa peine d’amour, elle m’explique s’en donner à cœur joie dans l’art nouveau du célibat. Est-ce votre cas ?

Nouveau célibataire

Pas nécessairement si simple de regagner le rang de la « catherinette » ou du « garçon » et les grâces venant avec. Situation encore plus véridique lorsque vous avez emprunté les bottines de l’accompagné depuis plus d’une « bonne secousse ».

Il y a de ces nouveaux célibataires que je qualifierai d’avisés. Je parle de ceux pour qui la prudence a bien meilleur goût en ce qui a trait aux rencontres éphémères, à la multiplication des sorties et bien entendu, aux galipettes avec l’étranger.

Entre les deux viennent les extrêmes.

Jasons du reclus choisissant de mettre une croix sur les plaisirs des réunions de socialisation. Dans ses locaux il restera… et possiblement se protégera !

Et, à l’autre pan du continuum, vient l’exubérant. Celui pour qui tout mérite d’être vécu à fond puisqu’il y est. L’épandage des expériences parfois anticipées par le passé, parfois subites, puisque même jamais imaginées, se voit à l’ordre du jour. Des veillées, « trottes », rencontres de toutes sortes, intimes ou pas, il en fera ! À jour, il se mettra, du moins selon lui.

Vivement le célibat

Puisqu’il y a un temps pour tout, il y en a un aussi pour se situer entre la solitude extrême et le libertinage à ne plus finir ! Un certain « entre-deux » me semble de mise entre ce tsunami que peut représenter la séparation et, selon la volonté de chacun, le désir de mener à nouveau une vie à deux.

Fonctions

Cette période que certains qualifieront de galère comporte elle aussi son lot de nécessités. Ne serait-ce que pour sa fonction occupationnelle. De courailler un tant soit peu éloigne les pensées envahissantes, distrait des émotions sombres et comme le dirait l’autre, change le mal de place !

La découverte de soi représente également un bienfait qu’impose l’esseulement. Avec une vie à deux ayant pour résultante la dissolution, il y a certes à parier que notre larron doit réapprendre à vivre seul, mais aussi à interagir avec autrui. L’épopée des rencontres, bénéfiques ou non, favorise cette exploration du soi.

Ce que vous ne voulez plus, les obstacles de la vie vous l’ont sûrement appris. Y va-t-il de même pour ce que vous voulez pour maintenant, voire pour un futur rapproché ? Rien ne presse de le définir. Le célibat peut constituer cette période de transition pour tranquillement établir la suite des évènements constituant la balance d’une vie différente.

Et côté pratiques sexuelles, étant donné qu’il y a des lunes que vous vous adonnez sexuellement parlant à une seule et même personne, l’envie de vérifier si l’herbe est plus verte – et pourquoi pas meilleure ailleurs – se voit légitime. La barrière de la supposée fidélité étant tombée, de butiner peut aussi vous glorifier.

Qui dit nouveau rôle dit aussi période d’adaptation, et le célibat, pourquoi pas ? À condition de respecter ce rythme et les intentions qui vous collent le plus à la peau.