Certains couples peuvent être mal à l’aise d’avoir des relations sexuelles pendant les menstruations.

La semaine écarlate

J’ai fait mes calculs ! Oui, j’ai tout évalué sur une base annuelle. Si, mesdames, vous êtes menstruées en moyenne une semaine par mois, ceci équivaut à 84 jours, 12 semaines, 23 % ou encore quasi le quart des pages du calendrier de vos approximatives 30 années de fertilité. C’est long ça ! Encore plus si vous vous abstenez de sexualité lors de cette période. Est-ce votre cas ?

Parce qu’il y a de ces femmes, de ces hommes, voire de ces couples qui refusent d’être actifs sexuellement parlant lors des menstruations. Y a-t-il effectivement lieu de crier à « l’alerte rouge » et de mettre sur pause tous rapprochements physiques ? Et si cette suspension était tout simplement la résultante de tabous ? Voyons-y...

Ouache !
Inutile de remonter aussi loin qu’au temps d’Émilie Bordeleau. Il n’y pas si longtemps, les menstruations avaient encore mauvaise presse. Sales, répugnantes, malodorantes, restreignantes et pourquoi pas handicapantes, on ne lésinait pas sur les mots pour les calomnier. Cette « semaine », considérée trop souvent comme une calamité, est encore souvent victime d’un héritage historique et culturel négatif, tel que le qualifie plusieurs ouvrages.

Indisposition, élimination de toxine, mauvais jours, arrivée des Anglais, débarquement de l’Armée rouge, histoire de corbeau, bref, toutes des expressions péjoratives prouvant le malaise face à ce sang dont on ne pouvait parler, encore moins voir ou toucher ! Imaginez, les plus affligées se voyaient même contraintes à rater leur gâteau, réduire les blancs d’œuf en colle ou encore à faire « décaper » les conserves ! Un drame en soi, non ?

Du sang, c’est du sang !
Le sang menstruel n’est finalement que le produit de la nidation que l’utérus prépare, mois après mois, en prévision d’y installer un bébé. Travail vain dans la plupart des cas, je vous rappelle que l’indice synthétique de fertilité était de 1,73 enfant par femme québécoise en 2013 ! Avec une pareille statistique, on comprendra que ça reviendra ! Composantes sanguines, particules de l’endomètre, muqueuse vaginale, sécrétions du col et du vagin, flore vaginale, voici la liste du contenu menstruel.

Le sexe pendant
Il y a les pours, il y a les contres ! Si vous êtes de ceux voulant passer outre cette dite semaine et vivre votre sexualité toute l’année durant, sachez qu’aucun problème il n’y a. Les avantages sont ainsi nombreux : exit lubrifiant, élévation de la libido chez certaines et température du corps plus chaude. La possibilité d’utiliser la cape cervicale (normalement utilisée comme moyen de contraception, à retirer par la suite), pour ne pas gêner la manipulation des organes génitaux externes par le sang, se voit aussi une option. Pourquoi pas !

Des ennuis, il y en a aussi, particulièrement lors des jours de grand écoulement ! Comme dans l’expression « trop, c’est comme pas assez », il est possible que les sensations se voient amoindries autant chez monsieur que madame. Les positions du type madame-en-décubitus-dorsal sont à privilégier pour restreindre le flot et, pourquoi pas, préserver vos draps et matelas ! La douche peut aussi s’avérer une alternative intéressante.

Côté contraception, en aucun temps je vous recommanderai de prendre cette période comme étant une méthode efficace de prévenir toute grossesse. Une ovulation surprise est si vite arrivée et un bébé roux, comme le disait faussement l’adage de l’époque, aussi !

Parce que tout est possible à l’année longue, à vous de voir d’un autre œil les menstruations et de choisir si oui ou non, elles freineront votre sexualité. Pour le reste, c’est selon. Bonne et heureuse semaine.