La lettre de madame Propre

COURRIER D'UNE LECTRICE / Bonjour Myriam, Ma première question parle des premiers contacts amoureux. Aujourd’hui, l’heure est souvent à la baise et à toutes sortes de jeux érotiques inimaginables. Est-ce normal, en 2019, qu’un homme, ou bien une femme, ne se soigne pas à 100 % ? Je parle de sentir bon, de porter des vêtements et des sous-vêtements propres ? Que le corps soit propre et que jamais une odeur ne vienne déranger les envies ? Chez moi, nous sommes du monde propre, même un peu trop des fois. Alors, quand je soupçonne une odeur, le gars est foutu… Madame Propre

CHRONIQUE / L’hygiène est une notion ô combien sensible, pour ne pas dire névralgique. Sans lancer de débat, je vous dirais qu’il est bien vrai qu’en 2019, madame Propre, il est souvent plus aisé de plonger le nez et/ou la bouche dans les sous-vêtements de l’étranger, sans pour autant briser le tabou de l’hygiène, en s’informant préalablement sur son dernier bain ! Une histoire de gêne mal placée ou de priorité, allons savoir ? 

Propreté, qui es-tu ? 

Se laver, c’est quasi un enjeu philosophique, en ce qui a trait à la fréquence. Certains recommandent la douche quotidienne, alors que d’autres valorisent les vertus du cleansing reduction, qui, selon Isabelle Burgun, de l’Agence Science-Presse, se caractérise par un « retour au naturel », soit à une époque avant celle où l’hygiène avait pris la place qu’elle occupe aujourd’hui dans la société.

De ce fait, être propre signifie quoi au juste ? Ne pas être crasseux, répugnant, poussiéreux ? Ou tout simplement ne pas dégager d’odeurs, d’être exempt de bactéries ? Ou encore d’être sec tel le désert à force de savonnage ? Comme quoi tout est relatif !

Je sens, tu sens, il sent…

Avec une hygiène que je qualifierai de standard, soit un bain tous les jours, le saviez-vous, madame Propre, qu’il est possible, voire probable, de dégager effectivement des senteurs ?

À la grâce de Dieu ou tout simplement des vertus biologiques de l’être humain, tous et toutes émanent une odeur corporelle le distinguant de la masse.

C’est naturel !

Le fumet de vos partenaires sexuels fait de ces derniers – ou dernières, c’est selon – des personnes uniques, singulières, dignes de votre intérêt. Nous ne sommes pas si loin des animaux et de leurs phéromones, après tout.

Odeur, d’où viens-tu ?

La toilette, impliquant savonnette aux parfums douteux, vise à camoufler l’arôme de tout un chacun. Pas surprenant de ressentir du malaise une fois que l’odeur de la chèvre, du beurre de karité, de la mûre sauvage ou du printemps irlandais baisse en intensité !

Pourtant, dégager son effluve, la voici la normalité ! Sudation, sébum, haleine : tous en sont munis à degré divers. C’est comme ça !

D’un extrême à l’autre

Bien entendu, madame Propre, il y a des gens qui puent, effectivement. Rarement par problèmes physiques, et plus souvent par manque d’hygiène.

Pour éviter les mauvais tours, je vous suggère la possibilité d’offrir, à titre de préliminaire sexuel, l’activité de la douche, histoire de ne pas sursauter une fois les petites culottes retirées. À l’autre bout du continuum, il y a aussi de ceux pour qui les odeurs corporelles, réelles ou non, préoccupent grandement, soit parce qu’ils ont peur de puer ou qu’ils considèrent l’odeur de chacun comme étant une source de puanteur. La bromophobie est un mal réel pour quelques-uns. Puisque pour ressentir, il faut aussi sentir, je vous invite, madame Propre, à reconsidérer votre nez, pour en faire un allié. Bonne journée !