Attention, le couple « étranger », « coloc » ou encore en mode « frère et soeur », ne s'établit pas du jour au lendemain, prenant tout le monde, et principalement vous, par surprise !

Étrangers sous un même toit

CHRONIQUE SEXOLOGIE / Étrangers sous un même toit, qui l'eût cru ! Comment en venir là ? Vous savez, quand l'autre est là et qu'on ne le voit pas parce qu'à bien y penser, il n'est plus si beau. Quand il parle et qu'on ne l'écoute pas parce qu'il est tout, sauf intéressant. Quand il devient cette personne qui fait mieux les commissions que l'amour, parce que côté sexe, ce n'est plus les « gros chars ». Quand, telle la vieille tapisserie du salon, il se confond parfaitement à un décor qui aurait grand besoin d'une « thérapie Rose bonbon ». Qu'en est-il de ces couples qui ne font finalement que de la cohabitation ? Voyons-y.
Les facteurs de risque
Attention, le couple « étranger », « coloc » ou encore en mode « frère et soeur », ne s'établit pas du jour au lendemain, prenant tout le monde, et principalement vous, par surprise ! Ce processus insidieux, que j'appelle dans mon langage professionnel « le manque de reconnaissance amoureux », s'installe tel un fauve en plein bois : tranquillement, mais surtout sournoisement. Ce ou cette partenaire devient alors tout doucement moins plaisant, moins attrayant, moins surprenant, moins attirant, moins tout ! 
Comment est-ce possible ? Un paquet de facteurs peuvent expliquer l'abnégation ressentie. Des déceptions, un manque de communication, des inégalités, une colère refoulée, le surmenage, l'absence de considération, le manque de respect, la routine, nommez-moi toutes les raisons du monde, elles pourront justifier ce pourquoi du comment en s'adaptant à votre réalité. 
Le sexe, toujours au rendez-vous ?
Des fois oui, d'autres fois non ! Un peu à l'image d'une relation platonique où règnent train-train et fonctionnalités, certains verront la possibilité de se tourner vers « l'utile et l'agréable » pour combler leurs besoins physiques d'ordre sexuel. Une formalité qui peut tenir le couple un temps. Grâce au détachement, le lit devient le point de rassemblement. 
« Au moins quelque chose qui marche ! »... abdiqueront certains.
Inversement, d'autres ayant besoin d'un tout pour accéder à une sexualité épanouissante mettront de côté cette sphère que, selon leurs convictions, seuls les amoureux pratiquent. Une autre tangente mise en veilleuse élargissant davantage le fossé, voire le précipice.
Et l'amour
L'amour, ce nerf de la guerre pas si loin de la haine, m'a-t-on déjà spécifié. Cette réalité du couple dépareillé, pas juste une histoire d'amour disparue. Au contraire, les symptômes de ce dernier peuvent certes témoigner une quête d'amour importante. Un besoin d'être reconnu, valorisé, aimé, comblé peut mener officiellement à l'ignorance des plus totales. Se protéger d'une souffrance éventuelle, d'attentes jamais assouvies, en voilà un mécanisme de défense louable pour plusieurs. Avant de crier au manque d'amour, j'envisage beaucoup plus la possibilité d'un mal d'amour comme chez bien de ces gens ne sachant juste plus comment s'y prendre pour en donner, mais aussi pour en recevoir.
S'en sortir ? 
La vie rêvée, n'y croyez pas. Nous ne sommes pas à Hollywood, mais bien au Saguenay-Lac-Saint-Jean ! Ceci dit, un couple vivant la vie de colocataires a réellement besoin d'un petit meeting entre chacun de ses partenaires. Et que ça saute, ajouterais-je même ! Reconnaître la situation, nommer le malaise, prendre ses torts, avouer ses sentiments, en voilà un pas vers le changement. À moins que vous ne soyez confortable dans cette situation... Une possibilité aussi à considérer. Bonne réflexion !