Êtes-vous intelligent émotivement?

CHRONIQUE / Tout le monde possède une forme d’intelligence. Rikiki, menue, moyenne ou encore supérieure. Nous tous, quelque part, à divers degrés, avons des capacités dans divers domaines. Le monde des émotions en est un. L’idée m’est venue de jaser des émotions, des vôtres, plus spécifiquement. Je vous le demande donc : êtes-vous intelligent émotivement ?

L’intelligence émotionnelle

Exit l’intelligence linguistique, logico-mathématique, spatiale ou musicale ; c’est de l’intelligence émotionnelle dont il est question ! 

Celle qui se définit par la capacité de reconnaître, de comprendre et de maîtriser ses propres émotions, tout en composant avec celles des autres. Pas si simple, cette définition proposée par les imminents psychologues Peter Salovey et John Mayer, puis popularisée par Daniel Goleman ! Pour mieux comprendre, et pour mieux vous comprendre, allons-y de simples questions. 

Êtes-vous « conscient de vous » ?

Parce qu’il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir, reste à savoir si vous portez les bonnes lunettes ! Plus qu’une histoire de miroir, prendre « conscience de soi » consiste à être en mesure d’observer ses ressentis avec le plus d’objectivité possible. Être attentif à ses émotions, ça prend un temps d’arrêt et la volonté de faire un minimum d’introversion. On jase alors de connaissance de soi. 

Combien d’individus vois-je en difficulté de me nommer ce qu’ils éprouvent pour la simple et bonne raison qu’ils ne se permettent pas, initialement, de même ressentir quoi que ce soit ! Préoccupés, soucieux, contraints par le temps, surmenés ; pour eux, toutes les raisons sont bonnes pour s’anesthésier. Pourtant...

Qui êtes-vous ? 

Vos qualités, vos forces, vos faiblesses, vos défauts, les connaissez-vous ? Êtes-vous, vous-même, ou plutôt cet étranger masqué que vous aimeriez tant personnaliser ? À l’image du pictogramme pour identifier les émotions des amis de la maternelle, êtes-vous apte à pointer les vôtres et à les nommer ? Vos limites sont-elles fixées ? Des temps de pause pour réfléchir, prendre du recul, vous en permettez-vous de temps en temps ? Êtes-vous plus du type réactions spontanées ou agissements mûris ? Qui êtes-vous ? Dites-le vous ! 

Êtes-vous libre?

Détour, évitement, contournement, déviation ; les astuces sont nombreuses pour ne pas faire face aux émotions. Pourquoi ? Peut-être parce que les affronter s’avère difficile. Mais le pire, c’est quoi ? Vivre longtemps – consciemment ou pas – avec cette crotte sur le coeur qui mine toujours un peu plus la qualité de votre vie ou être confronté à un grand bouleversement pour ensuite jouir d’une plus grande liberté ? À vous de choisir ! 

Comment s’y prendre ?

« Les émotions, c’est la vie », dicte Les 50 règles d’or de l’intelligence émotionnelle, de Latifa Gallo. Il n’en existe ni de bonnes ni de mauvaises. Il revient à vous de faire avec celles qui émergent dans votre tête... et dans votre coeur ! 

Une fois identifiées, reste à savoir maintenant quoi en faire. Les accueillir, c’est vital ; les gérer, un autre mandat ! D’autant plus vrai lorsqu’il y a interaction avec autrui. C’est là que le bât blesse. 

La mauvaise gestion des émotions est un mal fréquent qui a certainement des répercussions sur le couple. Chicane, bouderie, violence, adultère ; en voulez-vous des exemples, en voilà ! Se maîtriser, mais surtout s’autoréguler, c’est une idée superbe !

Et les autres ?

À moins de vivre dans un vase clos, il est quasi impossible de ne pas interagir. Bien que l’étranger ait le dos large, libre à lui d’agir comme bon lui semble. Avouez-le, ce qui dérange, c’est davantage ce que l’autre suscite en vous plutôt que ses agissements comme tels.

Capacité de gestion émotive veut forcément dire absence de réactions inadéquates face aux comportements de Pierre, Jean et Jacques. 

Vous voilà en mesure de gérer convenablement à peu près n’importe quoi, puisque vous êtes désormais intelligent émotivement.

Un plus pour le couple qui se verra officiellement exempt, dans bien des cas, d’impulsions maladroites. 

Bon travail sur vous !