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Myriam Bouchard
Le Quotidien
Myriam Bouchard

Diversifier les modèles de beauté

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CHRONIQUE / Couvrez-moi ce corps que je ne saurais voir...

Des hommes et des femmes n’aiment pas leur corps, malheureusement, parfois au point de cumuler les couches de vêtement ou de barrer la porte à double tour à l’heure de la douche. Au lit, ces personnes peuvent se limiter à des rapports sexuels à la grande noirceur ou se camoufler sous les couvertures. Bien entendu, elles évitent souvent leur ennemi juré : le miroir.

Cette disharmonie est à la base d’un mal plus grand qui nous guette, tous et toutes. Voyons-y.

Normes sociales

Tant de descriptifs négatifs sont entendus, ici et là. Ces commentaires projettent une image que ni vous ni moi n’aurions remarquée autrement.

Plusieurs de ces termes sont tellement pointus et ciblés qu’ils laissent croire qu’une simple spécificité corporelle vient définir une globalité, tranchant entre le splendide et l’affreux.

Il n’est donc pas étonnant de constater un désamour de soi chez un nombre incalculable d’hommes et de femmes. Nous sommes bombardés d’images de corps qui proposent encore et toujours les mêmes modèles de beauté, que ce soit via les publicités, les réseaux sociaux ou les médias divers. L’imaginaire collectif n’a pu faire autrement que de croire qu’il s’agit effectivement d’une norme.

Et nos petits ne sont pas en reste...

Le « corps Instagram » amplifie cette réalité. À l’image desdites soeurs Kardashian ou d’un de ces mâles alpha, beaux, voire parfaits aux yeux du grand public, ces clichés hypnotisent au point d’en oublier les fameux filtres, modifications, retouches, travail professionnel de coiffure, maquillage, stylisme, et j’en passe. Adieu les regards critiques ; c’est d’abord l’adoration. Suivent les comparaisons et la dépréciation dont il est question.

conséquences psychosociales

C’est une véritable tyrannie que la quête du culte de la beauté. Cette idée sous-entend de ne pas s’aimer aujourd’hui, ici et maintenant, et impose l’aspiration à un passé meilleur ou à un futur corps idéalisé. Est-ce possible de s’aimer là, là ?

Des enjeux psychosociaux en découlent : problèmes psychologiques, relationnels et sexuels. De quoi rendre la vie difficile pour plusieurs...

Diversité corporelle

La diversité corporelle est une réalité « tendance », mais elle devrait simplement être une normalité déjà bien établie. Tout de même, je félicite Julie Munger, cette délicieuse participante saguenéenne d’Occupation Double qui a chamboulé l’apparence corporelle de cette émission stéréotypée. Alléluia !

Reste que le fait de devoir souligner sa « différence », la re-souligner et la re-re-souligner, encore et partout, m’indique que l’idée d’un modèle indicateur de beauté est malheureusement systémique. De ce fait, toutes les représentations du corps sont à maintenir et, encore plus, à multiplier.

« En étant exposé quotidiennement à une plus grande diversité corporelle, c’est-à-dire à des modèles de beauté de toutes les silhouettes, tout le monde pourrait alors s’identifier et se reconnaître en eux. Chacun.e se sentirait mieux dans sa peau et il y a fort à parier qu’on assisterait à une diminution des préoccupations à l’égard du poids et de l’apparence. » Voilà une belle suggestion de l’organisme québécois ÉquiLibre.

À nous de l’appliquer !