Il y a plusieurs voies, dans le domaine de l'identité de genre et de l'orientation sexuelle, à côté de celle dite de la normalité, et elles nécessitent d'être reconnues pour le bien-être de ceux qui les empruntent.

Au-delà de la soi-disant normalité

Non-binarité, transsexualité, queer ou allosexualité, transgenrité, bispiritualité, alouette, en voici de ces différentes voies allant bien au-delà de cette soi-disant « normalité ». Je parle de celle présentant l’individu comme étant seulement et uniquement attribuable à son sexe de naissance ou à son orientation hétérosexuelle. Quoique majoritaire, elle ne représente pas l’univers des étendues. Le comprenez-vous ?

Rien de si simple, pour certains à qui le chapeau ne fait pas, ou qui refusent possiblement de le porter. Fruit de l’imagination, besoin d’attention, invention de toutes pièces, trop de temps, balivernes, les hypothèses expliquant ces diversités sont abondantes, pourquoi pas farfelues ? Pourtant…

Suffit de présenter ici et là, de par mes tribunes, cette personne ne se sentant ni fille ni garçon, ce parent élevant son enfant sans jamais faire allusion à son sexe ou ce type attiré par l’humain, peu importe le contenu de sa culotte, pour quasi semer une bombe ! Agitation, incompréhension, échanges musclés voire appel à la ségrégation chez les plus intenses, c’est ce à quoi je fais allusion.

Force est donc de constater qu’au-delà d’une histoire de tolérance, ces diversités sexuelles et de genre liées à la communauté LGBTQ+ sont en plus confrontées à divers enjeux sociétaires importants. Le festival Fierté Montréal 2018, de par ses communiqués, les expose. Laissez-moi vous en partager quelques-uns.

Autochtones
Population ô combien déjà vulnérable de par son exclusion, imaginez la réalité de ces membres des Premières Nations se déclarant munis de deux esprits, soit celle de l’homme et de la femme. Peu de ressources adaptées se voient disponibles en milieu autochtone pour briser l’isolement et la discrimination en lien avec leur bispiritualité.

Famille
Pluriparentalité, polyparentalité ou encore transparentalité, le manque de reconnaissance légale, sociale et gouvernementale est criant. Se faire qualifier de « père » lorsqu’on se sent, s’affiche et se dit femme, en voici une réalité dérangeante.

La coalition des familles LGBTQ+ demande, entre autres, à ce que la formation d’une famille leur soit également accessible (adoption, famille d’accueil, procréation assistée, etc.). Les compétences parentales, une possibilité chez tous et toutes !

Personnes trans migrantes
Le Directeur de l’état civil refusant tout changement de prénom et de mention sexe sur les documents d’identité aux personnes non-citoyennes, impossible d’accéder, chez ces derniers, aux mêmes droits qu’autrui. Le processus d’immigration d’abord.

Don de sang
Les antécédents de relations sexuelles homme à homme restent encore un facteur de refoulement quand vient le temps de donner du sang. L’hypothèse voulant qu’il y ait peut-être infection demeure discriminatoire, ne prenant aucunement en compte les risques réels basés sur des pratiques individuelles. Tous dans le même panier que ces mecs !

Organismes communautaires
Leurs besoins à l’égard de la communauté LGBTQ+ sont évidents, bien que le financement gouvernemental soit fort précaire. Les réalités relatives à la prévention et la prise en charge du VIH, sida et de l’hépatite C semblent entre autres visées. À quand les budgets ici aussi ?

En constante évolution, oui, la diversité sexuelle et de genre nécessite tolérance, mais préalablement reconnaissance. D’en parler, d’exposer ces minorités que j’appelle « sexuellement visibles ou invisibles », permettront, je l’espère, un plus haut niveau d’acceptation sociale.

Les enjeux auxquels la diversité fait face témoignent certainement d’un manque flagrant à la fois d’informations, mais aussi de connaissances. Ce que l’on ne connaît pas fait souvent peur, il en va de même pour le bouleversement des mœurs de chacun.

Et vous, savez-vous faire preuve d’ouverture ?