Sexologie

Quand dire «je t’aime» devient banal

CHRONIQUE / Je t’aime, je t’adore mon beau trésor en or…

À peine exagérée comme déclaration d’amour du samedi matin, j’en conviens. Ceci dit, je le demande à vous, chers lecteurs, êtes-vous du genre à dévoiler vos sentiments avec des mots ou, au contraire, plus du type à les taire ? La question à savoir s’il faut dire « je t’aime » m’a été posée. J’ai donc reconsidéré ce témoignage sentimental assez coutumier, histoire de revoir sa valeur, sa nécessité, son message, mais encore plus important, sa réelle signification. Investissons-nous donc à grands coups de « je t’aime » sur le « je t’aime »…

Un peu, beaucoup, passionnément…

Et si ces grandes manifestations survenant à toutes sauces avaient pour effet de justement trop la diluer ? Le dire, en voilà une chose. Le prouver, un tout autre mandat. À coup d’un, de dix ou de mille mots doux, il n’y a pas de fréquence quantifiable pour faire l’éloge de son affection. Au-delà du bon moment, l’important vise davantage à ce que les babines suivent les bottines. Vaut mieux un bon coup que dix-huit mal sentis non ?

Lorsqu’il y a absence de congruence entre les gestes posés et les propos d’amour, à mes yeux à moi, l’annulation va de soi. Idem quand l’éloge sert d’objet de pardon, de négociation, de persuasion, voire même de manipulation. Agir en amoureux, en voici un beau « je t’aime », un préalable à bien des élocutions.

Pas assez

Jamais, comme dans « pas pantoute », ça peut aussi vouloir dire beaucoup. S’il s’agit de votre réalité, aussi saisissante que je sais l’être, je me dois d’être honnête en affirmant que bien sûr, il est possible que de l’amour, chez vous, il n’y en ait pas.

Mais avant de friser la crise de panique avec ce pire des cas, cette absence de discours d’amour avec un grand A, comme le dirait Janette, parle également sur l’autre. Peut-être se voit-il incapable d’exprimer ses ressentis via des mots, craint-il la vulnérabilité venant avec, est-ce pour lui un babillage inutile que trop facile ? Allons donc savoir ! Et si le demander était nécessaire ? 

Quémandage de « je t’aime »

« M’aimes-tu, pourquoi, comment gros, combien sur dix » ? Ces questions… une fois ça va, mais plus souvent que l’enfant qui tarde à arriver à Montréal après cinq heures de route, ça fera ! Comme si rien d’autre ne comptait, la requête amoureuse constante ne témoigne-t-elle pas un peu d’une certaine insécurité ? J’en ai bien peur.

Je parle bien sûr de cette crainte de ne pas être digne d’amour. Un problème d’estime, d’amour-propre, une blessure enfouie, un manque de confiance, une ambigüité sur le manque de preuve d’amour. Qu’en savons-nous, mis à part le fait que de demander, c’est un peu affaiblir la suite des événements ? 

Trop tôt, trop tard

Les débuts de couple comportent eux aussi leur baptême du « love you ». À quand le bon moment, me demande-t-on ? Encore une norme non définie, puisqu’inutile ! Pourquoi pas juste quand on le sent ? Comme si le dire ou le taire serait salutaire de votre relation future ! Vous aimez ? Dites-le ! Vous doutez ? Attendez ! À l’autre de gérer alors cet effluve. 

Je finirai juste en vous rappelant que rien n’est banal dans le « je t’aime », à vous d’établir votre norme. D’ici là, je ne peux m’en empêcher… je vous aime !

Sexologie

Ah! Les fameux sites de rencontre!

CHRONIQUE / «Bonjour Myriam, ça m’est arrivé. C’était supposément fini avec mon chum. Durant cette séparation, il a eu recours aux sites de rencontre. Finalement, après la volonté de nous redonner une seconde chance, je me rends compte qu’il magasine encore sur ces sites en cachette ! Qu’en penses-tu ?»

Ah ! les fameux sites de rencontre ! Ce monde virtuel où bien des choses se passent à l’insu de plusieurs. Qu’est-ce que je pense de cette situation ? La femme s’abstiendra de répondre, histoire de faire taire ses valeurs, mais la sexologue vous dira par contre que tout est relatif ! Précisons…

Commençons chère amie par définir ce que signifiait d’abord pour votre couple cette dite séparation. Puisqu’il y a possibilité de double problématique dans la situation décrite, je me dois de tout analyser. Bon ! S’agissait-il d’une rupture définitive, du divorce en bonne et due forme, d’une cessation « finale-bâton » du couple ou plutôt d’une simple pause, d’une période de recul, de réflexion, d’analyse de votre vie à deux ?

Dans ce premier cas, votre chéri devenu désormais « ex » se voit libre de tout ! Adios amigos, grand bien lui fasse de rencontrer où il veut avec ou sans votre bénédiction ! Tout comme vous, d’ailleurs. Passons à autre chose. 

Mieux vaut prévenir

S’il en est autrement, en revanche, voilà où tout devient relatif. Pour reprendre les dires de mon amie Marie-Pier, la notaire, « rien de mieux que de prévoir avant coups » ! Ce qui implique, sexologiquement parlant, des règles précises définissant préalablement ce qui est acceptable ou non pour vous pendant la mise en veilleuse de la vie conjugale. Certains respecteront une entente maintenant l’exclusivité, si tel était le cas, alors que d’autres en profiteront pour vivre une récréation côté rencontre, libertinage, sexe. Les sites de rencontre ne deviennent alors que de simples outils pour en venir aux fins.

De ce fait, si absence d’accord il y avait entre vous deux, madame, officiellement que l’inscription à divers sites puisse vous avoir blessé quoique malencontreusement. Ce qui semble horrible pour l’un peut paraître fort convenable pour l’autre, d’où l’importance de jaser un tant soit peu avant !

Secundo. Le meilleur des mondes arrive maintenant ! Alléluia, vous voici raccommodés ! Partir sur des bases nouvelles pour offrir ce second souffle que votre couple nécessitait probablement. Un beau bonheur jusqu’à ce que la découverte se fasse. Oui, je me dois de déduire qu’encore cette fameuse exclusivité fasse partie intégrante de votre « prise 2 » puisque cachette vous m’avez mentionnée. 

Réaction variable

Votre réaction peut varier selon, bien entendu, les sites utilisés et forcément selon votre tolérance face aux rencontres 2.0. Oui, je constate souvent une hiérarchie-maison du degré de gravité des sites utilisés par l’autre en catimini en fonction du « produit » offert. Je vois aussi de ceux qui n’apportent pas le même intérêt au fait que les rencontres puissent se passer seulement et uniquement à travers un écran versus la concrétisation d’un rendez-vous dans la vraie vie. C’est selon ! Et pour vous ? 

Comment interpréter cette consommation furtive de votre chum ? Je ne le sais pas parce qu’il me manque des données ! Ceci dit, je pourrais facilement imaginer la vague d’émotions pouvant vous traverser ; colère, peine, sentiment de « bouche-trou », trahison, déception, découragement, agressivité, alouette…

Et si, pour éclaircir tout cela, la solution ne gravitait pas autour de la communication ? D’abord pour nommer votre découverte, ensuite pour étaler votre ressenti et finalement pour refixer vos limites. Comme quoi rien ne pourrait être plus clair ! Allez, bonne soirée…

Sexologie

Un éléphant dans son salon

CHRONIQUE / Pas un ni deux, mais bien trois ! Au-delà du couple, chez vous, il serait plus indiqué de parler de triade. Il y a l’autre, vous et, bien entendu, la bouteille. En amour avec cette personne qui boit, la voilà votre réalité. Un peu, beaucoup, passionnément, cette affection pour la boisson s’est-elle immiscée sans invitation ou, au contraire, faisait initialement partie de l’équation ? Quand chéri (e) lève le coude par-delà votre raison, reste-t-il une place pour l’amour-passion ? Une question légitime…

L’alcoolisme de l’autre

Inutile de vous expliquer ce qu’est l’alcoolisme. Si vous vivez avec l’une de ces personnes souffrant de ce mal, pas besoin de docteur, la définition vous ne la connaissez que trop, à moins que...

À moins que vous en fassiez fi. Face aux problèmes d’alcool de l’autre, chacun réagit à sa façon, c’est selon. Cette psychologue nommée Susan Forward, dont je me délecte des écrits, m’a bien expliqué à travers ses lignes les positions que peut adopter chaque témoin du phénomène. 

Prenons son exemple analogique en supposant que l’éléphant prenne les traits de la problématique que l’on nommera ici dépendance aux substances chez le partenaire. De ce fait, vous comprendrez que de se voir imposer par son ou sa chérie cette pareille bête de compagnie dans le salon de son 41/2 peut être perçue différemment d’un individu à l’autre. 

Merci, bonsoir !

Il y a d’abord ceux et celles qui le refuseront carrément. Comment vivre avec cet animal incongru prenant toute la place ? Qui dégage des odeurs nauséabondes. Qui fiente à longueur de journée. Qui coûte une fortune à nourrir. Qui se voit non domesticable à moins de se réorienter en dompteur, et encore. Qui rend chaque visiteur mal à l’aise. Que l’on ne peut laisser seul, mais qui n’est pourtant pas déplaçable et encore moins le bienvenu chez autrui. Qui nécessite toute votre attention, votre énergie, votre liberté, votre argent. Non merci, jamais de votre vivant vous ne tolérerez. L’éléphant de l’autre prendra le bord et que ça saute, avec ou sans lui. Dossier réglé !

Bonjour tolérance !

Viennent ensuite les mitigés. Ceux qui ne sont pas friands de la famille des éléphantidés, mais qui l’accepteront, pour mille et une raisons. Par choix ? Certains y croiront, d’autres non. Une chose qui est certaine, par contre, c’est que ceux-ci doivent apprendre à vivre avec ce géant du salon et subir les dommages collatéraux reliés à sa présence. Perturbation des activités quotidiennes, isolement, solitude, conflits fréquents en lien avec sa présence, prise en charge, compromis en sa défaveur, de sacrés accommodements pouvant parfois être tolérés un temps, d’autres fois tout le temps.

Où ça un éléphant ? 

Finalement, il y a de ces malvoyants pour qui l’éléphant est invisible, absent, inexistant. Bien que, tous autour, autant de près que de loin, clament sa présence, il n’y a pas lieu, pour eux, de s’arrêter à cette simple invention d’autrui. 

Contournement, évitement, mensonges, déni, manipulation, alouette, tous les mécanismes possibles et imaginables seront déployés pour s’éloigner de « Dumbo » et surtout des conséquences reliées à sa reconnaissance. Des « maris-pas-alcooliques », j’ai déjà vu ça ! De dénoncer des éléphants inventés dans le salon des autres également !

Peu importe à quoi ressemble votre éléphant, sachez que la place que vous lui accordez sera conséquente de la vie que vous aurez choisie. 

Votre vie de couple, familiale, mais encore plus, personnelle, vous appartient, contrairement à l’éléphant.

Ne l’oubliez pas!

Sexologie

Le symptôme d’un mal bien plus grand

CHRONIQUE / Il se masturbe. Un peu, souvent, tout le temps, à tout moment, il se masturbe. Même s’il est au travail, il se masturbe. Lors d’événements sociaux, il se masturbe également. Avec ses amis, il se masturbe assurément. En rencontre familiale, il se masturbe amplement. S’il vient tout juste de faire l’amour, il se masturbe tout simplement. Comme si sa vie en dépend, il se masturbe insatiablement ! Aucune raison, aucun événement, aucun lieu ne l’empêchent de s’isoler et d’alléger sa destinée ; il est dépendant de la masturbation.

Qu’a-t-il de si différent ?

« Tous les hommes se branlent ! » penseront certains. Probablement, et les femmes aussi, du moins je leur souhaite. Mais non ! Rares sont les hommes qui s’y adonnent de cette façon. Ce cas est différent puisque la visée se voit tout autre. Au diable branlette ici et là par envie grivoise, diminution des tensions sexuelles, plaisir solitaire, relaxation, suppression du stress, alouette.

Au-delà d’une fréquence précise, notre homme s’effeuille le baobab plus que régulièrement dans un seul et unique but : remédier à un malaise insoutenable, un inconfort majeur, une anxiété vive et réelle. Tel un traitement thérapeutique, ce passage à l’acte masturbatoire se voit seulement et uniquement la meilleure façon de se sentir mieux, ne serait-ce que pour un temps. 

Obsession et compulsion s’en suivent alors. Résister à la tentation dépendante n’aura que pour effet d’augmenter cette angoisse invivable. Dilemme pénible que subit alors cet homme à la main, et possiblement au pénis cornu. Se masturber pour pallier à sa détresse ou encore subir cette dernière pour se masturber. Un cercle vicieux n’en finissant plus…

Plus fort que tout

Un peu comme l’alcoolique tente de s’autoréguler, de diminuer sa consommation, de limiter ses besoins, le masturbateur en fait tout autant, en vain. Le contrôle s’en voit impossible. Au point qu’à un certain moment, ses activités de vie quotidienne s’en voient plus que perturbées. 

S’éclipser en plein milieu d’un repas entre amis au restaurant, pour un aller-retour dans le char, plutôt dérangeant ! Connaître toutes les salles de bain du centre commercial, un peu tannant. Placer dans l’horaire professionnel du jour quelques petits trous pour s’échapper, embêtant. Feindre une diarrhée chronique à sa chérie pour expliquer les multiples séances au trône, discutable. Mais le pire, choisir de s’isoler, de rester seul, d’éviter les autres pour se voir disponible à l’impulsivité qu’occasionne la masturbation compulsive, ça, c’est grave. 

Cause

Ce type de comportement a certainement ce point commun qu’ont toutes les dépendances sexuelles impliquant la consommation à outrance de la sexualité, quelle qu’en soit la forme. Celui d’être le symptôme d’un mal bien plus grand.

Tant en consultation, au journal, à la radio, en entrevue, en conférence ou ailleurs, je ne le dirai jamais assez. Un mal non reconnu s’organisera toujours par l’être, d’une manière ou d’une autre. 

Que la masturbation compulsive soit expliquée par un manque d’amour, de reconnaissance, d’estime, de confiance, par un trouble affectif ou psychologique, par une impulsivité problématique, une mauvaise gestion du stress, par des antécédents d’abus sexuels ou autre, elle mérite d’être prise par les cornes !

Je ne veux plus me masturber !

De l’aide, il en faudra plus que probablement. Bien que certains sachent se tirer d’affaire par eux-mêmes, il n’est pas rare par contre de voir à court, moyen ou long terme, un déplacement de la dépendance. L’excessivité en guise d’explication a souvent le dos trop large à mon goût. De consulter pour régler une fois pour toutes le pourquoi du comment, voici le meilleur conseil que je peux vous donner.

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«Ayoye, ça fait ben mal ça, arrête…!»

CHRONIQUE / « Ayoye, ça fait ben mal ça, arrête… ! »

Cette phrase, mesdemoiselles ou mesdames, l’avez-vous déjà dite cette fois où vous avez eu, tentez, voire même juste espérez une relation sexuelle ? Ces douleurs gynécologiques, une calamité mettant certainement la vie sexuelle de jeunes ou moins jeunes femmes trop souvent et trop longtemps en veilleuse. Parce que rabrouer le sexe pour un mal à la tête, ça passe encore, mais pour un mal de vulve, de vestibule, de vagin, en voilà une tout autre réalité qu’encore aujourd’hui peu de gens reconnaissent par faute d’explications scientifiques médicales précises. Que faire alors de cette perturbation physique qui, soit dit en passant, s’avère tout à fait réelle ?

Qu’est-ce que c’est ?

Souffrir des organes génitaux, ça ne signifie pas seulement et uniquement avoir bobo quand vient le moment d’être pénétrée. Au-delà de la souffrance vaginale, il est possible que certaines dames ressentent plus qu’un inconfort au simple contact des organes génitaux avec les doigts de quiconque, exerçant pressions, effleurements, caresses minimes. C’est ce que l’on nommera la vulvodynie.

La vestibulite vulvaire se caractéristique par une sensation de démangeaison, brûlure, écorchure au vestibule, soit cette petite partie de l’anatomie faisant office d’entrée du vagin. « Un cactus », voilà comment cette patiente me comparait le doigt ou le pénis de son chéri cherchant à entrer en elle. Rien d’amusant jusqu’à maintenant. 

Vient enfin le vaginisme, souvent conséquent aux deux premières difficultés, se caractérisant par un spasme involontaire, répété et persistant, de la musculature du vagin. Ne s’introduit pas alors qui veut dans cet orifice fermé à double tour, excluant autant le sexe de l’homme, le speculum que le minuscule cure-oreille. L’obliger s’avèrerait une réelle torture pour sa propriétaire. 

Pourquoi ?

Le DSM-V reste constant sur ce point. Pour qu’il y ait diagnostic, il faut qu’il y ait davantage qu’une explication physiologique. La ménopause, la sécheresse vaginale, l’hypertonicité du plancher pelvien, les problèmes utérins, hormonaux, alouette, ne peuvent expliquer à eux seuls le mal du jour. C’est plus que ça…

Vous l’aurez compris, l’aspect psychologique entre alors grandement en ligne de compte. La peur, les problèmes conjugaux, l’anxiété de performance, une attitude négative à l’égard de la sexualité, des antécédents d’abus sexuels, les problèmes d’excitation, de désir, l’absence d’autoérotisation, des raisons pour que ça fasse mal, en voulez-vous ? Je vais vous en nommer ! Quand le corps parle, ne reste qu’à l’écouter… à chacune sa cause. 

Ça se soigne ?

Parce qu’éviter tous rapports sexuels consiste trop souvent à gérer ces maudites douleurs gynécologiques. Toutes femmes souffrantes doivent savoir qu’il y a de l’espoir. Oui, j’en ai vu en guérir, mais non sans se munir à la fois d’une volonté de fer, de patience, mais aussi d’une aide multidisciplinaire plus que nécessaire. Une affaire d’équipe !

L’aspect physique nécessite certes ce spécialiste qu’est le gynécologue, grand manitou des crèmes, pilules, consultations physiques, voire même chirurgicales, dans certains cas. 

Viennent ensuite les sexologues, lesquels permettent à la fois la désensibilisation, l’éducation face à la reprise de la sexualité, l’ajout de méthodes de gestion de la douleur, des rouages de la communication et bien sûr l’enseignement d’exercices de base en lien à l’autoérotisation, etc. 

Finalement, puisque l’adage « grouille ou rouille » s’avère applicable ici, la physiothérapeute se voit une alliée essentielle afin de rééduquer chacun des muscles périnéaux figés dans le temps et étant en cause avec les douleurs.

Parce que quand ça fait mal, ce n’est pas normal, rien ne sert d’endurer son calvaire. Omettre sa sexualité, ce n’est trop souvent que déplacer le problème. Pour toute aide, faites-moi signe ! 

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L'utilité du #MoiAussi

CHRONIQUE / Mesdames, avez-vous écrit #MoiAussi sur vos réseaux sociaux ? Êtes-vous l’une de ces victimes ? Avez-vous déjà vécu cette triste réalité que l’on nomme harcèlement ou encore abus sexuel au cours de votre vie ? Alors, avez-vous joint ce mouvement quantitatif venu directement des États-Unis, préalablement de l’Europe, voulant dénoncer ce fléau que représente la violence sexuelle ? Un pensez-y-bien ou encore une révélation que ce fameux mot-clic ? J’y pense.

Unissons-nous

Il y a les pour et il y a les contre reliés à ce grand courant social, pour ne pas dire planétaire. « Unissons-nous dans l’adversité », ai-je déjà entendu ! De nommer, de partager, de dénoncer tout délit sexuel commis à son égard, en voilà un défi plus que grand. Pas étonnant que plusieurs de ces dames choisissent de se lier, histoire d’être plus fortes, plus reconnues, plus considérées, davantage prises au sérieux. Au-delà de ce simple #moiaussi offert sur écran, parions qu’il y a des libérations qui se feront bien aussi grandes, sinon plus, que celles impliquées dans tout processus judiciaire. 

Toutes sur un pied d’égalité ?

Et ces mots-clics de dénonciation, tous sur le même pied d’égalité ? Certains ont dit que non. Qu’il était inadéquat de comparer un acte au détriment d’un autre. Que quelques-unes avaient vite le doigt sur la gâchette, où sur le clavier, quand vient le temps d’interpréter certains événements. Triste comparaison me rappelant que même dans l’unicité, la hiérarchisation des accusations mène encore à cette maudite banalisation. Quantifier, calculer, mesurer la violence sexuelle représente selon moi le début de l’indulgence sur ces regards, paroles, sous-entendus, gestes qui sont tout aussi dévastateurs les uns que les autres. La violence sexuelle reste de la violence sexuelle bien au-delà des faits commis, point final. 

Réseaux sociaux

Oui, l’ère 2.0 offre aussi cela. À force de ne pas être entendues dans la sphère publique, les femmes dénoncent haut et fort ce lot que représente la violence sexuelle via un autre média que ceux utilisés conventionnellement. Efficace l’est-il ? Absolument, on entend haut et fort que des victimes, il y en a une puis une autre. 

À partir de là, la suite c’est quoi ? Parce qu’entendre, c’est une chose. Écouter, c’en est une autre. 

Entre vous et moi, êtes-vous si surpris, précieux lecteurs, de savoir qu’autant de femmes – les statistiques disent même une sur trois – subissent ces assauts à caractère sexuel ? Aviez-vous réellement besoin d’un mot-clic pour être informés de cela ?

Hé bien pour moi, c’est non ! Peut-être parce je ne vis pas dans un vase clos ? Peut-être aussi parce que je suis infirmière-sexologue baignant dans ce milieu ? Ou peut-être parce que je suis femme et que j’ai eu affaire à des harceleurs ? Allons savoir ! 

Et vous, enseignants, coiffeurs, plombiers ou journaliers, êtes-vous tombés en bas de votre chaise en voyant tous ces #MoiAussi ? 

Si oui, et bien voilà ce à quoi aura servi cette mode. Autrement, dites-moi quel sera le cours des choses pour cette tendance. 

On fait quoi maintenant que toutes ces victimes ayant pris parole du bout de leurs doigts ? Et des agresseurs ? 

À quand un mouvement décisif à l’égard des femmes, des enfants, mais aussi des hommes subissant la violence sexuelle ? Peut-être que District 31 offrira des réponses à mes questions. En attendant, il y a #MoiAussi.

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Bonne jasette les tourtereaux!

CHRONIQUE / On jase encore ! Parce qu’il y a de ces fois où tout sort de travers. Où les mots ne suffisent pas. Où ça va trop loin. Où le silence serait d’or.

 

La communication de couple, un mal nécessaire ? Absolument, puisqu’au-delà du « as-tu payé les taxes ? », « ma mère vient souper demain », « achète du papier toilette en passant » ou « il fera beau demain », il y a de ces discussions plus profondes qui s’imposent, histoire d’optimiser cette relation supposément amoureuse entre vous et l’autre. Comment s’y prendre pour que jasette ne devienne pas empoignade ? Pas si simple…

Chut !

Entendre ce que l’autre dit, en voilà une chose. Écouter ses propos par exemple, une tout autre paire de manches demandant du silence. Seriez-vous par hasard en train d’interpréter des choses ? De faire de mauvaises prédictions ? D’exagérer le contenu ? De le détourner en votre faveur ?

Possible aussi que votre tête soit déjà au stade de réfléchir à l’argumentation à venir, faisant en sorte que vos oreilles soient bien bouchonnées. Puisque tout ne tourne pas autour de vous, soyez réceptif à votre interlocuteur !

D’être attentif aux messages qu’il lance permet certainement cette cueillette de données vous aidant à mieux comprendre les choses. Vous pourrez ensuite vous situer par rapport au sujet et, par le fait même, proposer une réplique moins défensive ou du tac au tac. Rien ne presse d’appuyer sur la gâchette. 

Parler au JE

Comment culpabiliser l’autre d’exprimer, de nommer, de vivre ses émotions ? Impossible ! Comment par contre lui en vouloir de vous blâmer si ou ça ? Facile ! Entre un « tu n’es jamais à la maison » versus « je m’ennuie, j’aimerais t’avoir davantage à mes côtés », la réception du message risque de se voir tout autre. Ventiler ses ressentis à la première personne du singulier, toujours un « must » irréfutable. Un effet bœuf semant la graine du « je n’avais pas vu ça de même ! ». 

Exit la joute

Je vois de ces couples qui, à première vue, proposent davantage les traits d’adversaires sportifs que de membres d’une même équipe. La communication devient alors une véritable compétition à savoir qui aura la meilleure réplique, qui atteindra l’autre en premier, qui aura le dessus et bien entendu, qui dira le dernier mot ! 

« Allo ! », aie-j’ alors envie de m’écrier. Nous ne sommes ni au centre Bell ni à la Cour suprême du Canada. Pourquoi ne tout simplement pas mettre la compétitivité, les luttes de pouvoir, les duels inutiles au profit du couple qui, soit dit en passant, sera LE grand gagnant ?

Le bon moment

Frais et dispo, voilà ce qu’il faut être avant d’entamer ce petit meeting à deux ayant comme ordre du jour: ajustement de la dyade ! Puisqu’il y a des moments pour tout, choisir celui où aucune autre préoccupation extérieure n’interférera dans le déroulement de la causerie s’avère aussi une solution gagnante. La prise du rendez-vous-causerie se voit obligatoirement une nécessité à mettre à l’agenda hebdomadaire, au moins. 

Les écureuils

À force d’accumuler encore et toujours, ce n’est pas une noix que vous prendrez en pleine gueule, mais plutôt ce trop-plein menant à l’explosion du presto. Des paroles dépassant vos pensées, ça vous dit quelque chose ? Afin de ne pas transformer ces simples ajustements en drames matrimoniaux, allez-y au fur et à mesure.

La communication 101 vous est accessible. Allez, bonne jasette les tourtereaux !

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Rudiments de communication 101

CHRONIQUE / Parce qu’on jase là. Je vous informe qu’il y a de ces couples qui ne se comprennent pas comme dans pas « pantoute », le saviez-vous ? À croire que l’un parle chinois et l’autre russe. C’est tout simplement comme s’ils n’arrivaient pas à communiquer. Et la pauvre sexualité dans tout ça ? Celle qui a le dos si large et à qui l’on attribue difficultés conjugales par-dessus difficultés conjugales ?

Et bien, sachez qu’il y a fort à parier qu’elle soit la résultante d’une jasette plus qu’ardue. Bien que remplie de la plus belle des volontés, je prendrai non pas une semaine, mais bien deux pour vous adresser les rudiments de la communication 101. Qui sait, peut-être ferez-vous enfin l’amour en octobre…

Interprétation

« Je n’ai jamais dit ça de ma vie ! »

Sans doute avez-vous déjà répondu par cette affirmative à votre amour qui croit pourtant dur comme fer vous avoir entendu clamer tel ou tel propos. Qui a alors raison ? Difficile d’en convenir puisque le bla-bla ne se limite pas seulement et uniquement aux mots qui sortent de votre bouche.

Le non verbal se voit encore plus important. Une face en grimace avec une allégation confirmant le fait que vous ayez passé la plus belle soirée de votre vie laisse effectivement place à certaines suppositions… Voilà donc la raison pour laquelle il est facile d’interpréter au-delà des propos tenus.

Valider, histoire de valider que les babines de l’autre suivent bien ses bottines, en voici une solution !

Déduction

« Puisque tu es parti si tôt, c’est certain que tu étais fâché, sinon tu serais resté avec moi. »

Maudite déduction qui tend possiblement vers une fausse vérité. Qu’est-ce qui vous pousse à croire ceci ? Et s’il était parti plus tôt parce qu’il avait de l’ouvrage ? Parce qu’il voulait éviter le trafic ? Parce qu’il voulait vous préparer une surprise ? Avant de sauter un peu vite aux conclusions, juste demander la réponse à votre question peut éviter bien des escalades.
Cause à effet

« Tu es un homme, c’est certain que tu fantasmes sur d’autres femmes. »

Ce type d’équation voulant qu’un plus un égale deux limite énormément la sphère individuelle que représente votre partenaire. Ces croyances s’avèrent grandement limitatives et ne laissent guère place à l’unicité. Généraliser en mettant tous les œufs dans le même panier freine les possibilités d’être autre chose qu’une idée préconçue. Un véritable arrêt-stop à la discussion.

Lecture de pensées
Oui, il y a de ceux qui communiquent en pensant pouvoir lire dans les pensées de l’autre ! L’ère de Jojo Médium n’a pas fait ses preuves en termes de communication, croyez-moi ! « Je sais que tu m’aimes moins », « tu es fâchée », « tu ne me crois pas de toute façon »; en voilà de bons exemples. Prendre la chance de se tromper sur les réactions de son ou sa chérie, ça mène officiellement à cette ouverture favorisant l’échange entre chacun. Quand les dés sont joués d’avance, inutile d’essayer ne serait-ce que de parler, non ?

Un sacré mandat que d’éviter ces pièges de la communication qui, soit dit en passant, découlent d’abord et avant tout de « l’humainerie » ! Des jaseurs parfaits, ça n’existe pas. Reconnaître ses lacunes conduit par contre à des changements permettant une conversation optimale entre vous et votre amour.

À suivre la semaine prochaine…

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Ce sexe dont on ne veut parler

CHRONIQUE / Rébarbatifs, ils l’étaient.

C’était en 2004 que j’entamais ma dernière année d’université. Mon mandat pour ce blitz final : créer, instaurer, implanter, évaluer, tout au long d’une année scolaire, un programme de prévention des abus sexuels chez les enfants d’âge préscolaire en centre de la petite enfance. Maman depuis à peine trois semaines, les seins gorgés de lait, les hormones encore en dents de scie, je suis arrivée à la fin août prête et blindée, histoire d’alléger un tant soit peu ma tâche. 

Cueillette de données montées, méthodologie de recherches instaurée, je croyais qu’il ne me resterait qu’à observer ma clientèle pour ensuite me mettre en action. Ce que j’avais par contre oublié, naïvement, c’est que ces enfants de 4 ans avaient des parents veillant plus qu’au grain. Une sexologue, bien qu’elle puisse être aussi infirmière, mère, belle ou fine, ils étaient plus que nombreux à ne rien vouloir savoir de « ça » auprès de leur progéniture. Oups…

Effectivement, quoique plusieurs aient vu ma présence comme un plus dans l’éducation de leur chérubin, certains ont manifesté poliment leur inconfort, d’autres un peu moins. Quelques-uns ont réclamé la nécessité de consulter point par point mon programme afin, j’imagine, d’avoir la certitude de ne pas y trouver les grandes lignes du kama sutra ou encore du sado-masochisme. OK. D’autres que je présenterai comme étant plus sensibles ont carrément changé leurs enfants de groupe. Bofff…

De ce fait, à ma demande et à celle de mon maître superviseur, nous avons demandé à ces derniers quelle serait la meilleure façon pour eux d’envisager les notions relatives à mon champ d’études auprès de leurs enfants dans une sphère préventive, je vous le rappelle. 

« Rien », ont-ils alors répondu. Rien comme dans « merci-de-disposer » ! Peut-être comme dans cette pensée magique voulant que si on ne parle pas des risques d’abus sexuels, il n’y en aura pas ? Peut-être aussi pour éviter toutes informations en lien à la sexualité préalablement nécessaires à cet enseignement ? Peut-être aussi par malaise de ce sujet encore tabou ? Peut-être par allégeance à leurs convictions-valeurs-culture-éducation-religion ? Qui sait, peut-être aussi par inconfort par rapport à leur propre sexualité ? Allons donc savoir…

2017, mon bébé a 13 ans et toutes ses dents. Les temps ont-ils changé ? Si les vôtres oui, les miens malheureusement pas tant que ça. À l’image de ces parents, c’est quand mon gouvernement ignore pendant plus d’une décennie l’importance d’enseigner les rudiments de la sexualité à nos enfants, que cette réalité me saute en pleine face en observant les conséquences venant avec. 

Quand enfin j’entends parler, à voile à peine couvert, de cette hésitation à instaurer officiellement un programme d’éducation sexuelle dans nos écoles québécoises, je le constate. Quand l’on préfère me qualifier de professionnelle de la santé au lieu de SEXE-ologue pour éviter tout malaise chez une clientèle X ou leurs parents, je le vois aussi. Quand mes compétences sexologiques, qui soit dit en passant m’ont été inculquées par mon ministère de l’Éducation, sont carrément biffées en milieu scolaire pour laisser place à celles du prof de maths, français, chimie, je le remarque encore. 

Quand une école se doit d’être avant-gardiste en m’engageant sous forme contractuelle, je l’aperçois aussi. 

Finalement, quand je vois la résultante auprès des jeunes et moins jeunes en mal d’amour à cause de cette ignorance, rébarbative je le deviens ! 

Me battre contre ça, le voilà mon cheval de bataille.

Sexologie

L'humain, pas si loin de la bête

CHRONIQUE / L'humain, pas si loin de la bête... À l'image de l'espèce animale, et si l'homo sapiens que vous êtes ne voyait pas son train-train quotidien influencé par le sexe, le sexe et encore le sexe ? Le volume Bête de sexe, présenté aux Éditions Michel Quintin, ça vous dit quelque chose ? C'est ce livre offert par Michel Leboeuf, biologiste, et Michel Quintin, médecin vétérinaire, qui m'a fait prendre conscience que bien qu'adaptés à l'époque 2017, les comportements humains sont encore instinctifs et associés à la perpétuation de l'espèce ! Certes plus subtil que cette mante religieuse bouffant son chéri après le coït pour survivre, laissez-moi vous prouver que celui-ci n'est effectivement pas si loin de certaine bête !
Paon