Saguenéens et Jeannois solidaires dans l'isolement

Depuis un peu plus d’une semaine maintenant, le monde vit une situation sans précédent. Le Québec n’est pas épargné par la pandémie de la COVID-19 et les gens s’isolent de plus en plus, écoutant les directives des gouvernements. Mais ce ne sont pas que les cas de coronavirus qui se multiplient sur le territoire, les gestes de solidarité aussi. Le Progrès s’est attardé à quelques-uns d’entre eux, histoire de donner un peu d’espoir à tous ceux et celles qui vivent ces moments plus difficilement.

Du sport en ligne

L’entraîneur de boxe bien connu Michel Desgagné a décidé de faire sa part, offrant, depuis mercredi, des petits cours de boxe en ligne. La fermeture des salles d’entraînement l’a poussé à lancer cette initiative.

«Je m’entraîne toujours à la maison quand je ne suis pas au gym! Mais avec ce qui nous tombe sur la tête présentement, et parce que la majorité des gens n’ont accès à aucun gymnase, je me suis dit que c’était le temps de partager et d’encourager l’entraînement à la maison (même si l’espace est restreint)! Donc, encouragé très fort par ma petite femme Johanne, j’ai créé une première vidéo d’entraînement et une deuxième d’initiation à la boxe!», explique Michel Desgagnés.

Avec les commentaires reçus, il compte bien en faire une tradition.

«Pour tout le temps qu’il va y avoir des gens confinés à la maison, je vais avoir une nouvelle présentation tous les deux jours», a souligné l’entraîneur. 

Michel Desgagné n’est pas le seul à y avoir pensé. L’entreprise régionale Remix Santé a également lancé des capsules d’entraînement via Facebook au cours de la dernière semaine, comme plusieurs entraîneurs privés d’ailleurs. 

Leur message: continuez à bouger, même si vous êtes confinés!

L’entraîneur Michel Desgagnés offre des cours de boxe en ligne.
La kinésiologue Myriam Boucher, de la clinique Remix Santé, propose des exercices à faire à la maison.

Des concerts et des cours en ligne

Durant la semaine, de nombreux artistes ont offert des concerts gratuits, via les médias sociaux. La troupe de Québec Issime a d’ailleurs ravi bien des internautes, cette semaine. Certains artistes ont même lancé des cours en ligne, notamment des cours de peinture. C’était le cas de l’artiste Laurie Marois, qui offrait un cours en ligne, vendredi soir, accompagné d’un petit verre de vin! La Jeannoise d’origine invitait les abonnés de sa page Facebook à réaliser, grâce à ses conseils, un oeil de hibou. L’invitation a été lancée aux peintres amateurs ainsi qu’aux personnes désirant simplement assister à la classe virtuelle.

« J’ai eu une petite idée avec la proposition de François Legault concernant la sensibilisation envers les jeunes à rester chez eux. Je me suis dit pourquoi pas non seulement sensibiliser les jeunes, mais tout le monde. J’ai eu l’idée de vous inviter pour un cours de peinture en direct. C’est une chose que je n’ai jamais vraiment faite. Je trouvais que c’était le bon temps pour faire cela », mentionnait-elle dans un vidéo publié plus tôt cette semaine.

L’artiste Laurie Marois, offrait un cours en ligne, vendredi soir, accompagné d’un petit verre de vin!

Une brigade d’enseignants commissionnaires

Trois enseignants du Saguenay, Simon Lavoie, Mathieu Tremblay et Pierre-Alexandre Tremblay, ont lancé cette semaine un service d’aide aux commissions. Ils voulaient donner un coup de pouce à ceux qui sont en quarantaine ou qui s’isolent préventivement, comme les personnes âgées, par exemple. 

«Notre action se veut une initiative citoyenne qui permet aux personnes dans le besoin d’avoir accès à du matériel et des denrées de base. Le système est basé sur celui de Tolérance zéro (TZ), mais sans carte de membre. Nous prenons la commande, nous faisons la course, nous livrons, vous nous remboursez. Les gens décident ou non de laisser un montant pour le service, le temps et/ou le kilométrage. Évidemment, par mesure préventive, nous prenons toutes les moyens nécessaires en ce qui a trait à l’hygiène : utilisation de gants, lavage des mains et dépôt de la commande à la porte afin de minimiser les contacts entre personnes. En ce sens, nous privilégions les virements Interac comme mode de paiement», a expliqué le trio derrière le service. 

Vous pouvez les joindre via Facebook, en tapant «Aide aux commissions/livraisons-Chicoutimi» dans la barre de recherche. 

«Présentement nous couvrons les secteurs de Chicoutimi et de Chicoutimi-Nord, mais nous n’excluons pas d’agrandir notre zone de couverture», soulignent les enseignants.

Trois enseignants du Saguenay, Simon Lavoie, Mathieu Tremblay et Pierre-Alexandre Tremblay, ont lancé cette semaine un service d’aide aux commissions.

Des maisons des jeunes en virtuel

Les jeunes aussi ont plus que jamais besoin de communiquer entre eux, en cette période d’isolement. Les maisons des jeunes ont elles aussi dû fermer leurs portes et certaines d’entre elles ont pris la balle au bond, trouvant de nouvelles façons de faire auprès de leur clientèle. C’est le cas, entre autres, de la Maison de jeunes de Desbiens, au Lac-Saint-Jean, qui accueille habituellement les enfants et adolescents âgés entre 10 et 17 ans. 

« C’est un lieu de rassemblement pour y faire des activités, pour s’impliquer, pour se divertir et avoir une écoute par les intervenants. Depuis la COVID-19, notre maison des jeunes est fermée et nos jeunes ont quand même besoin d’une présence significative, soit pour parler de leurs craintes, de leurs problèmes ou simplement pour discuter. J’ai pensé toute la journée de lundi à essayer de trouver une solution pour que les jeunes puissent faire autre chose que rester à la maison. J’ai tout d’abord parlé à quelques personnes de mon entourage de la problématique et de mon idée de se rassembler virtuellement et, avec quelques discutions, une amie m’a suggéré l’application Zoom. J’ai téléchargé l’application et c’est vraiment simple », explique Lara Bergeron, intervenante en loisirs à la maison des jeunes.

Deux soirs et un après-midi par semaine, les jeunes pourront se connecter via la plateforme Zoom pour y jouer, faire des jeux-questionnaires, participer à des concours ou tout simplement pour jaser. Les intervenants peuvent aussi discuter du virus, comme ce fut le cas lors d’une discussion avec des parents et « Quarantaine ou pas, les jeunes ont besoin de nous », a souligné Mme Bergeron.