Qui est celui que nous fêtons à Noël ?

CHRONIQUE / Depuis plusieurs années, nous entendons parler de Noël comme étant une tradition à laquelle on associe la crèche et le sapin « de Noël ». Pourquoi cette tradition ? Pour un croyant, la réponse est Jésus, Fils de Dieu, né il y a plus de 2000 ans dans le village de Bethléem, en Israël. Loin d’être un mythe, comme le pensent certaines personnes, Jésus a bel et bien existé.

Un historien de l’époque, Flavius Josèphe, né en 39 de notre ère, fait mention de ce dernier dans ses écrits. Dans l’histoire de l’humanité, à ma connaissance du moins, nul autre que Jésus n’a une fête qui a traversé des centaines d’années et qui mobilise autant de gens, de temps et d’énergie. Mais qui est cette personne qui mérite autant de reconnaissance ?

L’attente d’un Messie

Des centaines d’années, bien avant sa naissance, on attendait la venue d’un Messie en Israël. Chez les juifs, cette attente était au centre de leur foi et de leur espérance. Elle l’est encore aujourd’hui, pour les gens de religion juive. L’idée d’avoir un Messie faisait référence au souhait que ce dernier apporte la paix et la justice dans ce monde. Il y avait également cette croyance que celui-ci viendrait restaurer l’indépendance du peuple d’Israël, souvent aux prises avec des guerres et des conflits, sans oublier l’emprise des dominations de peuples étrangers comme ce fût le cas avec les Romains à l’époque de Jésus.

L’incarnation de ce que devrait être une personne

Après sa naissance et à la suite d’un séjour obligé en Égypte, la famille de Jésus s’est établie dans le petit village de Nazareth, dans la région de la Galilée. Jésus y a vécu discrètement jusqu’à l’âge d’à peu près 30 ans où, par la suite, il s’est manifesté publiquement.

Il s’est fait connaître comme étant un homme d’une grande bienveillance et d’une grande sagesse. Peu à peu, sa renommée a dépassé les frontières. De partout, on venait vers lui, non pas uniquement en raison de ses prodiges, mais aussi pour ses enseignements. Constamment tourné vers les gens, il avait une très grande sensibilité pour ceux et celles qui vivaient des difficultés personnelles ou qui, socialement, étaient méprisés et rejetés. Dans la société patriarcale de son temps, il faisait en sorte de donner une place à la femme. Aux enfants, il leur donnait toute l’importance qui leur était due.

À cette époque, on croyait dur comme fer que si quelqu’un était malade, lépreux ou souffrait d’une quelconque infirmité, cela était dû au fait que lui ou ses parents avaient été punis par Dieu pour avoir commis un péché. C’est pourtant vers toutes ces catégories de personnes que Jésus s’est tourné et qu’il s’est fait proche.

Lorsqu’il faisait un miracle à leur endroit, c’était pour appuyer son accueil, ses paroles par des signes concrets et signifier aux gens que Dieu ne voulait que leur bien-être. Lorsqu’il adressait la parole aux foules, c’était pour leur signifier que chaque personne était digne aux yeux de Dieu et que ce dernier ne les rejetait pas. Pour Jésus, chaque personne est sacrée. Chacune est digne d’être enfant de Dieu, peu importe son histoire, peu importe son passé. Pour lui, il est d’une évidence qu’aucune personne, en raison du fait qu’elle soit enfant, qu’elle soit femme, qu’elle soit malade ou souffrante d’un quelconque handicap, qu’elle soit étrangère, qu’elle pratique un métier parfois dédaigné, qu’elle appartienne à telle ou telle classe sociale, ne doive être exclue ou méprisée.

Évidemment, Jésus ne s’est pas fait que des amis. Il a eu souvent à se défendre devant les chefs religieux et les biens pensants de son époque. Que ce soit en privé dans la maison de son hôte, ou encore publiquement, il lui est arrivé de dénoncer leur hypocrisie. Il ne cherchait pas à le faire pour les ridiculiser devant les gens, mais pour leur permettre de prendre conscience de leur bêtise et d’envisager les choses autrement.

Si pour les personnes attendant un « Messie » politique, Jésus ne correspondait pas à leurs attentes, si pour les chefs religieux il était devenu gênant, il a été, pour une très grande majorité de personnes, l’incarnation d’un Dieu amoureux de l’humanité et éprouvant une très grande sollicitude en laissant place au pardon.

Source d’un espoir inégalé

Sa mort sur la croix a été pour plusieurs, en commençant par ses proches et amis, une très grande déception. Par contre, sa résurrection d’entre les morts, fondement même de la foi de tous les chrétiens et chrétiennes, a instauré une source d’un espoir inégalé. À ce moment de notre histoire, il est alors devenu incontestable que Jésus correspondait désormais en tout à ce que Dieu attendait de lui.

Un Amour inspirant

À Noël, c’est cet homme que nous célébrons. Non pas un homme du passé, mais un homme et un Dieu présent encore aujourd’hui. Pour un nombre important de femmes et d’hommes, il demeure une source d’inspiration. Il est le modèle d’humanité par excellence. Il est celui qui, par tout ce qu’il incarne, rend possibles encore aujourd’hui, dans la mesure où nous nous en inspirons, la paix et la justice dans ce monde, avec tout ce qui en découle. Noël, c’est l’incarnation d’un Amour, un Amour inspirant.

Jean Gagné, prêtre